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Vous n’aimez pas du tout le baril de pétrole à 140 $, vous allez détester celui à 200 $ et plus si Israël attaque l’Iran. Conséquences.

Importance stratégique du Détroit dOrmuz. La centrale nucléaire israélienne de Dimona en ligne de mire des missiles Shabab B3 iraniens. Les perspectives d’un Moyen Orient transformé en une « boule de feu » selon l’expression du directeur de l’AIEA Mohammed Al Baradei.



Vous n’aimez pas du tout le baril de pétrole à 140 $, vous allez détester celui à  200 $ et plus si Israël attaque l’Iran. Conséquences.

Focus sur le Détroit d’Ormuz

Situation géographique :

C’est une étroite bande maritime séparant Oman et l’Iran et qui lie les plus grands producteurs de pétrole du Golfe comme l’Arabie Saoudite au Golf d’Oman et à la Mer d’Arabie. Le Détroit consiste en une bande de 3,2 Km de large de voies navigables pour le trafic entrant et sortant de même qu’une zone tampon de 3,2 km de large.

Le commandant en chef des Gardes de La Révolution, Mohammad Ali Jafari, a déclaré, en réponse aux propos belliqueux tenus par plusieurs responsables israéliens menaçant d’attaquer l’Iran, que l’Iran imposerait des contrôles sur les navires circulant dans le Détroit d’Ormuz, voie maritime vitale d’acheminement du pétrole dans le Golfe, si Israël attaquait l’Iran. Il a déclaré au journal Jam – e Jam : « naturellement tout pays attaqué par un ennemi utilise toutes ses capacités et opportunités pour faire face à cet ennemi ». « Concernant la route principale pour faire sortit le pétrole, l’Iran agira pour imposer un contrôle sur le Golfe Persique et le Détroit d’Ormuz » Jusqu’à présent, les responsables iraniens n’avaient pas évoqué cette possibilité aussi clairement. Il semble donc qu’à Téhéran, face à l’agressivité et au chantage israélien, le ton monte, la communauté internationale est prévenue. Il a également prévenu les voisins du Golfe de ne pas laisser l’ennemi (US ou Israël ) utiliser leur territoire pour lancer une attaque. I[ « S’il y a une attaque utilisant le territoire d’un autre pays- - -le pays attaqué a le droit de répondre à l’action militaire de l’ennemi là où l’opération a démarré »]i. Le Koweït, qui a servi de base d’attaque contre Irak, et l’Irak lui-même, où sont stationnés plus de 160 000 soldats américains, ont tous deux dit qu’ils ne laisseraient pas les US utiliser leur territoire pour attaquer l’Iran. L’armée américaine a également des troupes stationnées dans d’autres pays du Golfe et en Afghanistan.

Selon certains analystes, l’Iran, deuxième plus important producteur de pétrole brut de l’OPEC, si attaqué par Israël, pourrait sérieusement perturber le transport pétrolier dans le Golfe en bloquant le Détroit d’Ormuz. Des amiraux US se disent préoccupés par le fait que l’Iran pourrait miner le Détroit et plus largement tout le Golfe, en cas de guerre.

Cette voie maritime bordée à l’Est par la côte iranienne à l’entrée du Golfe est la plus importante mondialement à cause de l’énorme volume de pétrole exporté qui y transite.

En gros, c’est 40% du pétrole commercialisé sur le marché mondial qui y transite selon l’EIA ( Energy Information Administration des US). Ce chiffre varie cependant en fonction des décisions prises à l’OPEC concernant les réajustements de production.

En Mai 2007, l’IEA ( International Energy Agency – Agence Internationale à l’Energie) estimait que 13,4 millions de barils de pétrole brut y circulaient par jour à bord de pétroliers.

En plus, 2 millions de barils de produits pétroliers sont exportés quotidiennement via ce passage, de même que du gaz naturel liquéfié – LNG.

Le plus grand exportateur de LNG, le Qatar, fait transiter ses livraisons de gaz par le Détroit d’Ormuz en direction de l’Asie et de l’Europe, soit un total de 31 millions de tonnes par an.

90% du pétrole exporté à partir des pays producteurs du Golfe est transporté par des pétroliers via le Détroit.

L’une des missions clés de CentCom (le Commandement Militaire Central Américain stationné au Qatar) c’est de s’assurer que le pétrole circule librement dans le Golfe et que les approvisionnements restent libres.

Un antécédant : Entre 1984 et 1987, il y a eu une « guerre des pétroliers » entre l’Iran et l’Irak, chaque pays attaquant les pétroliers de l’autre se dirigeant vers leurs ports respectifs. Des navires battant pavillon étranger ont été pris dans des tirs croisés. La navigation dans le Golfe a diminué de 25% à cause des échanges de tirs, les US étant obligés d’intervenir pour sécuriser les voies maritimes. C’est au cours de cette guerre navale que l’Iran a développé ses capacités grâce à ses vedettes ultra rapides qui harcèlent et attaquent en « essaim » les bateaux ennemis avant de regagner à toute vitesse les eaux territoriales iraniennes.

L’Iran a reconnu avoir déployé des missiles anti - aériens et anti – navires sur l’île stratégique d’Abu Musa, située près des voies maritimes de circulation du Golfe.

Selon l’EIA, les exportations de pétrole transitant par le Détroit d’Ormuz devraient doubler atteignant entre 30 et 34 millions bdp en 2020.

Plus de 75% du pétrole destiné au Japon passe par le Détroit

Des navires contenant des céréales, du fer, du sucre, des denrées périssables et des containers remplis de produits manufacturés passent également par ce corridor stratégique maritime en direction des pays du Golfe et des plus importants ports tels celui de Dubaï

Des approvisionnements militaires tels que véhicules blindés, à destination des forces armées US stationnées en Irak et en Afghanistan et dans d’autres pays du Golfe passent également par le Détroit d’Ormuz, transportés par des navires battant pavillon américain mais aussi étranger.

B[EN SIX MOIS LE PRIX DU PETROLE A AUGMENTE DE + 46%]B

Coups fatals : La centrale nucléaire de Dimona en ligne de mire

Jafari a suggéré que les alliés (Hezbollah, Hamas, Syrie) de l’Iran dans la région, pourraient mener des représailles contre Israël si ce dernier attaquait son pays. « Israël sait que s’il agit militairement contre l’Iran… les capacités du monde Islamique et Shi’ite, spécialement dans la région, délivreraient des coups fatals » ajoutant qu’Israël était à portée de missiles Shabab 3B iraniens.

L’Iran a également positionné ses rampes de lancements de missiles Shabab 3B pour frapper la centrale nucléaire de Dimona, où Israël fabrique ses bombes atomiques, suite à des vols d’entraînement de l’aviation israélienne au dessus de la Méditerranée et de la Grèce, perçus par certains comme les préparatifs d’une attaque israélienne contre l’Iran, et par d’autres, dont les iraniens, comme une opération de psyop, pour faire du chantage aux US et à l’UE, pour amplifier les sanctions économiques contre de l’Iran et faire comprendre aux Américains que s’ils n’attaquaient pas l’Iran, eux le feraient. Un éditorial du journal gouvernemental Jomhouri Eslami, disait : « Notre réponse frappera fort leur temple » ( La Centrale de Dimona)

Ces propos sont tenus alors que le président du comité des chefs d’état major de l’armée US, l’amiral Michael Mullen, était en visite en Israël hier pour des discussions avec son homologue israélien, le lieutenant général Gabi Ashkénazi, qui doit à son tour se rendre à Washington dans quelques semaines. Mullen s’est également entretenu avec le ministre de la défense israélienne Ehud Barak. Selon un responsable au ministère de la défense israélienne, « bien que cette visite ait été programmée d’avance, nous avons eu le sentiment qu’il venait pour s’assurer que nous respecterions l’agenda strict sur lequel nous sommes tombés d’accord avec les US ». Certains y voient une confirmation qu’Israël cherche à obtenir le feu vert de Washington pour une attaque possible contre l’Iran.

Le Président George W. Bush a donné son accord pour qu’Israël soit relié au système de détection satellitaire à infra rouge qui pourrait détecter en quelques secondes le lancement des missiles Shabab B3 iraniens permettant à l’armée de l’air israélienne de détruire de tels missiles en vol. Le système offre également 15 minutes aux Israéliens pour se rendre aux abris avant qu’un missile touche sa cible. Mais, si les iraniens décidaient de lancer, en représailles à une attaque israélienne contre leurs installations nucléaires, d’une pluie de Shabab B3 sur Israël, et en priorité sur sa centrale nucléaire de Dimona, comme a prévenu le directeur général de l’AIEA, Mohammed Al Baradei, le Moyen Orient se transformerait en une « boule de feu », l’état sioniste réincarnant le geste fou, suicidaire, de Samson contre les Philistins.


Sources Reuters, AP, MSNBC, Times on line.


Attention à Ehud Barak

Dimanche 29 Juin 2008
Mireille Delamarre


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