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Violences urbaines Qui est responsable ? La famille, l'école ou l'Etat ?

A la radio les politiciens se renvoient misérablement la balle. Nos enfants nés dans de tristes banlieues, eux, ne jouent plus...Que cherchons-nous ? Un bouc émissaire ou les racines plus profondes d'un germe de tragédie ? Nos enfants s'enflamment. Qui est responsable ? La famille, l'école, l'Etat ? Nous sommes tous responsables. OUI, Nous sommes tous responsables car nos enfants ne savent plus qu'il n'est pas souhaitable de s'amuser à tuer ou à incendier. Que tuer est un acte grave, même en jeu. Qu'aucun lieu ne mérite d'être brûlé, même en jeu.
La jeunesse de nos sociétés d'opulence est sacrifiée depuis longtemps et nous sommes tous responsables !



 Violences urbaines Qui est responsable ? La famille, l'école ou l'Etat ?
J'ai jeté mon poste de télévision depuis longtemps.

La consommation d'images du désenchantement du monde fini, heureusement, par lasser les âmes sensibles.

J'imagine que les alliés des libéraux mondialistes qui préparent nos cerveaux aux consommations du ventre ou des loisirs et qui nous inventent des divertissements débiles mais bien nécessaires à notre société d'abondance anotique, ont concocté spécialement pour cette boite noire qui sévit au milieu des salons, de fortes images de Désespérance et de savants montages sur les violences urbaines de ces jours derniers.

J'imagine : Surabondances de cris, de feux, de sirènes et de larmes. J'imagine bien la pauvreté d'analyses des vedettes de la politique nationale. Vraiment ! nul besoin d'un écran plat pour imaginer leurs plates et tristes mines ! Tous doivent invoquer un contexte économique et social catastrophique.

Je ne suis pas politicienne. Loin d'être neuf, le regard que je porte sur la situation actuelle, "les évènements ", n'est même pas imprévu. Le désir de formuler des questions (la philosophie) fais signe, par ces quelques mots, d'un vital et constant étonnement de citoyenne sur notre cité et sur son devenir.

J'entends à la radio les échos d'une distillation constante de la peur : après le terrorisme, la grippe aviaire, voici les violences urbaines. J'entends surtout à la radio les mesures qui font toujours suite à ces échos et qui amenuisent nos droits de circulation, qui rétrécissent nos espaces de liberté.

A l'écoute des pitoyables discours de certains de nos élus démocratiques qui utilisent dix fois le vocable" extrême " (et ses dérivés ) dans une interview de moins de 2 minutes, on se demande qui l'est.

Et je crois ne pas me tromper : Je n'ai pas entendu sur nos radios, un seul de ces jeunes hommes des quartiers en flamme nous expliquer le pourquoi de son affolement d'aujourd'hui.

Le Démos ne s'exprime pas librement sur cet espace particulier de l'agora contemporaine : l'espace des médias.

Il est courant de penser aujourd'hui que le démos a un besoin absolu de traducteurs, d'interprètes ou de représentants et le jeu démocratique se contente d'une spéculation d'argumentations par voix interposées.

Ainsi ne reste-t-il au coeur politique de la cité qu'un amas de voix (souvent masculines !) qui parlent au nom de voix que nous n'entendons pas.

A la radio les politiciens se renvoient misérablement la balle.

Nos enfants nés dans de tristes banlieues, eux, ne jouent plus.

Peut importe de savoir qui joue au grand méchant loup.

Peut importe de connaître le nom de celui qui a mis le feu aux poudres.

Que cherchons-nous ? Un bouc émissaire ou les racines plus profondes d'un germe de tragédie ?

Nos enfants s'enflamment. Qui est responsable ? La famille, l'école, l'Etat ?Nous sommes tous responsables.

Dites-moi de M.Sarkosy ou de M. Braouezec (ou des autres) qui s'est une seule fois exprimé contre l'industrie des jouets qui transforment nos enfants en futurs voyous guerriers ou en policiers détenteurs d'une légale violence ?

Bientôt la folie de Noël ! Chouette ! Qu'allez vous offrir à votre enfant mâle ?Un revolver en plastique à la mode de la police nationale ou bien le dernier fusil du trappeur canadien ? Un Action man bien équipé pour une expédition dans de lointaines colonies exotiques ? Le costume d'une tortue Nindja prête au combat ou celui d'un guerrier de l'espace prêt à conquérir des mondes nouveaux peuplés d'êtres étranges qu'il n'osera pas encore nommer homme ? Un bionicle ? Un char blindé ? Quels nouveaux jeux interactifs guerriers ?

Un joli hélicoptère miniature, peut-être, comme ceux qui sillonnaient hier les quartiers de la plaine St Denis dans l'espoir de débusquer ceux qui, lassés de jouer aux jeux vidéo d'une guerre inactive, sont devenus actifs ? Nos enfants consomment à outrance les produits des industries des jeux de guerre et tous nous acceptons cette accumulation plastique des signes de violence. AH ! Qu'on ne vienne pas nous charger les oreilles avec de prétendues considérations psychologiques sur la nécessaire expression de la violence chez l'enfant. Je ne crois pas en cette science là.

Dites moi, de M. Sarkosy ou de M. Braouezec ou des autres qui a alerté "l'Opinion" sur les violences terribles qui existent depuis longtemps dans les cours de nos écoles MATERNELLES?

Espaces de violences de Neuilly à Saint-Denis, en passant par Montrouge, je vous assure. "Une véritable jungle " vous répondront les instituteurs (trices) ou directeurs(trices) des écoles "Mais il faut bien que les enfants apprennent la Vie ".

Mon rêve de vie s'appelle non violence.

Je sais que l'école aujourd'hui ne nourrit pas le même rêve pour l'avenir de notre Cité. Prochainement, les enseignants apprendront officiellement à mon enfant à chanter au rythme du groupe "Marchons, marchons, qu'un sang impur, abreuve nos sillons ". Comme dans les dictatures.

Trop peu d'adultes dans les écoles maternelles (ces lieux fréquentés par nos petits qui passent alors du langage du corps au Logos), pour enseigner la distance, la résolution des conflits, le jeu des émotions contrôlés (le Théâtre), la culture de la non-violence.

OUI. Nous sommes tous responsables car nos enfants ne savent plus qu'il n'est pas souhaitable de s'amuser à tuer ou à incendier.

Que tuer est un acte grave, même en jeu.

Qu'aucun lieu ne mérite d'être brûlé, même en jeu.

Peut-être leur a-t-on trop peu appris cela. Nous n'avions plus le temps

Peut-être le leur a-t-on trop peu rappelé, occupés que nous étions à consommer, avec eux, le pire : Les produits en plastiques colorés de l'industrie du jouet.

Ne soyons pas snobs ! Ne cherchons plus les responsables.

La jeunesse de nos sociétés d'opulence est sacrifiée depuis longtemps et nous sommes tous responsables !

Barbara Bouley metteur en scène et dramaturge 9.11.05


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Samedi 12 Novembre 2005
Barbara Bouley

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