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Propagande

Violence et Guerre des images : naissance de la 'Guerre Psychologique' pendant la guerre civile d’Espagne (1936-1939)

Le champ de bataille de la guerre d’Espagne s’ouvre à la presse étrangère, les correspondants de presse et photographes affluent et les clichés des combats et des exactions sont utilisés pour ou contre l’un des deux camps.



soldats républicains Cordoue 1936 copyright R. Copa/Magnum/T
soldats républicains Cordoue 1936 copyright R. Copa/Magnum/T

Guerre des images en interne pour convaincre l’opinion publique espagnole

Avant même de se déchaîner pendant la seconde guerre mondiale, la guerre par l’image appelée dés lors « guerre psychologique » va faire ses « premières armes » pendant la guerre d’Espagne opposant le camp républicain soutenu par les démocraties européennes et l’Union Soviétique, au camp de Franco aidé matériellement et militairement par les puissances de l’Axe (surtout l'Allemagne nazie d'Hitler, et l'Italie fasciste de Mussolini).

Rappel des faits

La guerre débute suite à l’assassinat du monarchiste Sotelo le 13.07.1936. Les généraux Franco et Sanjurjo avec l’appui de l’Italie ont préparé le soulèvement de garnisons au Maroc et en Espagne contre le gouvernement républicain, soulèvement qui a lieu du 17 au 19 juillet 1936 . Franco suite au décès accidentel de Sanjurjo devient le chef suprême et installe son gouvernement à Burgos, et s’empare de la moitié du pays. La guerre civile dure 3 ans et coupe l'Espagne en deux. Aux nationalistes, appuyés sur l’armée régulière, la légion étrangère, et les troupes marocaines, sur le clergé catholique et sur la Phalange (une organisation fasciste), s’opposent les républicains, les libéraux, les catholiques autonomistes, les anarchistes et les partis du Frente popular.

Les republicains utilisent les supports classiques avec des textes condamnant les exactions fascistes des franquistes contre les populations civiles, mais surtout des campagnes d’affichage qui montrent ces exactions en images et des caricatures des nationalistes franquistes. Ces affiches ont la particularité, outre l’introduction de nouvelles techniques de mise en scène avec stylisation, d’allier à une image un texte tres court, type affiche commerciale pour frapper l’opinion publique et la rallier à la cause républicaine.

Les nationalistes franquistes de leur côté s’organisent : au côté de l’état major militaire s'ouvre un bureau de presse et de propagande qui deviendra ensuite un ministère. Leur propagande se cristallise comme dans l’Allemagne d’Hitler et l’Italie de Mussolini autour de la figure du chef, le « Généralissime » Franco présenté en photo ou en dessin, parfois entouré d’autres généraux responsables du coup d’état militaire afin de figurer la junte au pouvoir. Autres figures de proue de l’imagerie propagandiste des franquistes : les responsables politiques d’extrème droite, La phalange dont le fondateur Jose Antonio Primo De Rivera assassiné par les républicains en 1936 verra sa photo de "martyr" (en tenue phalangiste : chemise noire) souvent accompagnant celle de Franco. Ainsi les phalangistes et les militaires franquistes au pouvoir se partagent-ils pendant toute la guerre civile chacun ses prérogatives, la guerre par l’image qui outre les cartes postales les affiches et la presse va s'appuyer sur le cinéma comme « arme lourde ». La production de films de guerre à caractère propagandiste va envahir les écrans ( cela continuera jusqu’au début des années 70), mais aussi les productions de fictions ou de films "sentimentaux" à l'eau de rose, pour toucher le coeur du peuple et surtout le convaincre de se rallier à l’idéologie franquiste : fidélité, obéissance et sacrifice.


Guerre des images en externe pour convaincre l’opinion publique sur la scène internationale

Pour triompher chaque partie a besoin de soutiens extérieurs, et la guerre des images vise aussi l’opinion publique internationale. On a désormais à faire à une véritable campagne de propagande politique via les images. Les franquistes se tournent vers l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, les républicains appellent à l’aide les français, les anglais, les soviétiques. Le champ de bataille de la guerre d’Espagne s’ouvre à la presse étrangère, les correspondants de presse et photographes affluent et les clichés des combats et des exactions sont utilisés pour ou contre l’un des deux camps.

Ainsi les clichés montrant des républicains s’attaquant à des édifices religieux vont-ils provoquer en France une véritable vague d’indignation, alors que ceux des massacres de prêtres au Pays Basque commis par les nationalistes franquistes ont pour effet de renverser l’opinion publique en faveur des républicains. Les journalistes ne sont pas libres de leurs mouvements doivent avoir un laisser-passer et sont obligés de se concentrer sur certains lieux et de suivre des « guides » mis à disposition par l’armée ou les phalangistes. Pour passer côté républicain, passage que ne leur facilitent bien évidemment pas les franquistes, ils doivent quitter le champ des opérations et relier l’autre côté à leurs risques et périls avec pour seul signe de reconnaissance un brassard de presse.

Certains photographes engagés politiquement se joindront aux combattants républicains et par leur travail de presse soutiendront leur cause ( c'est le cas de Robert Capa dont une photo est présentée ci dessus). L’état major franquiste, dont c’est une priorité majeure, s’emploie grace à d’énormes moyens à travers sa « guerre psychologique » à fragiliser les relations que tentent d’organiser les républicains avec ceux qui les soutiennent ou qui sont susceptibles de le faire. Il utilise aussi des réseaux d’influence notamment ceux de l’Allemagne nazie en Europe du Nord et en Amerique Latine, qui bien implantés et bien organisés relaient la propagande franquiste.

Ainsi donc, La guerre d’Espagne va ouvrir la boîte de pandore de la guerre médiatique psychologique, guerre des images, qui n'a pas cessé depuis va s'amplifier et se professionnaliser pendant la seconde guerre mondiale et apres. Cette guerre des images, avec son cortège de souffrances et d'horreurs est devenue une arme redoutable à laquelle certaines grandes puissances dont les Etats Unis consacrent des budgets conséquents tant dans les moyens techniques utilisés, que dans les productions, et les personnels mis à disposition (psychologues, professionnels des médias).

Ci-dessous peinture d'Ignazio Zuloaga représentant Franco portant le beret rouge du Rekete (la milice catholique) et l'uniforme de la Phalange

copyright archives Giunti
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Lundi 18 Avril 2005
Mireille Delamarre



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