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MONDE ARABE

Urbicide en Irak

Outre Fallujah, une douzaine d’autres villes irakiennes ont été attaquées, massivement détruites en utilisant les mêmes tactiques, provoquant de nombreuses victimes civiles, le déplacement de centaines de milliers de personnes, avec pour objectif de morceler la population, ce qu’on appelle urbicide (destruction du tissu urbain comme entité culturelle et sociale)



Urbicide en Irak

Urbicide en Irak

Une nouvelle analyse détaillée vient d’être publiée sur «la guerre et les opérations en Irak» rédigée par le Global Policy Forum et 30 ONG. Elle est basée précisément sur des comptes rendus d’informations principales et de rapports officiels

Actuellement, la « pacification « en cours de Baqubah, une ville de 300 000 habitants, par quelque 10 000 soldats US utilise les mêmes méthodes que celles documentées par les ONG concernant Fallujah et une douzaine d’autres villes irakiennes.

Extraits du sommaire principal (Voir en pièce jointe doc pdf):

Les forces de la coalition US ont attaqué et détruit un nombre important de villes irakiennes, le justifiant parce qu’elles étaient « des fiefs d’insurgés ». Les attaques ont eu pour résultat un déplacement massif de population, un grand nombre de victimes civiles, et une destruction colossale de l’infrastructure physique urbaine. En plus de Fallujah,il y a eu des assauts menés contre une douzaine d’autres villes dont al-Qaim, Tal Afar, Samarra, Haditah, et Ramadi. Les attaques comprenaient des bombardements massifs aériens et terrestres, et la coupure d’électricité, d’eau, le blocage de l’approvisionnement en nourriture et médicaments. Les attaques ont fait des centaines de milliers de sans domicile vivant dans des camps pour déplacés.

Cette tactique est appelée « urbicide ». La destruction du tissu urbain de la ville comme entité culturelle et sociale. L’objectif plus profond de l’urbicide c’est de fractionner la population. La définition originale, a d’abord été utilisée en lien avec la Bosnie :

L’urbicide est la destruction du tissu urbain dans la mesure ou il comprend les conditions rendant possible l’urbanité. L’urbanité est caractérisée par une hétérogénéité dans laquelle l’identité est constituée en relation avec la différence. L’urbicide, en détruisant les conditions d’une possible urbanité nie une telle hétérogénéité. Cette négation est accomplie en transformant le semblable en antagonisme donnant ainsi l’impression d’avoir dissipé la relation d’identité à la différence.

En 2001/2002, l’urbicide a été largement employé par l’occupation israélienne de la Cisjordanie. Des bulldozers Caterpillar D-9 blindés utilisés comme des armes stratégiques ont détruit les centres des principales villes et l’infrastructure de Jenin, Naplouse, Hébron, et Ramallah. Cette approche a été reprise par l’armée US en Irak.

La résistance locale à l’occupation est qualifiée « d’al Qaeda » ou « terroristes » pour justifier sa suppression et l’élimination de la ville comme « infrastructure terroriste ».

Aujourd’hui le New York Times donne un aperçu de comment cela se produit à Baqubah :

« Au cours des premières heures de l’assaut de l’armée américaine, après minuit, tôt lundi, des hélicoptères ont amené deux équipes de l’armée américaine et un peloton d’éclaireurs irakiens pour qu’ils puissent bloquer les routes sud permettant de fuir la ville. Des véhicules blindés Stryker se sont déplacés le long des abords ouest de Baqubah et puis on descendu une route principale nord sud qui coupe à travers le centre de la ville.

A l’aube du mardi, le sanctuaire des insurgés à l’ouest de Baqubah avait été encerclé. Puis les forces américaines ont établi des positions à la périphérie de la zone et on lentement fait pression vers l’intérieur.

Le problème pour coincer les combattants d’al Qaeda est un défi à plusieurs égards. Contrairement à Fallujah où la majeure partie de la population s’est enfuie avant la bataille, des milliers de civils sont restés dans la partie ouest de la ville.

Les américains ont l’intention de prendre les empreintes et autres données biométriques de chaque résident qui semble être un combattant potentiel après qu’ils est pris le contrôle eux et les irakiens de la partie ouest de la ville.

L’opération de contre insurrection américaine utilise une partie de la puissance de feu associée avec une guerre conventionnelle. Des forces américaines ont déjà tiré plus de 20 missiles guidés par satellite dans l’ouest de Baqubah. Des hélicoptères Apache ont attaqué des combattants ennemis.

Des avions de guerre ont également largué des bombes guidées par satellite sur des bombes suspectes en bordure de route et sur une cache d’armes, ce qui a produite des explosions spectaculaires après qu’elle eut été touchée. Des tanks M1 ont manoeuvré à travers les ruelles étroites de la ville. Les américains ont répondu aux attaques des insurgés par des tirs de mortier. (Note : le NYT dit qu’à Fallujah « la plupart de la population s’est enfuie ». en fait 50 000 sont restés tandis que le reste campait dans le désert dans des circonstances insoutenables).

Au lieu de Caterpillars, les US utilisent des bombes, des roquettes et des tanks.

La partie 6 de l’analyse des ONG explique que les mesures principales prises à Fallujah et ailleurs sont actuellement appliquées à Baqubah. Extraits (sans les sources ni les notes) :

Bouclages de villes et couvres feu intenses


Des troupes de la Coalition se sont emparés du contrôle de tous les mouvements de sortie et d’entrée dans les villes, inclus les biens et ravitaillements, l’eau, la nourriture, les médicaments et l’assistance d’urgence de toutes natures. Cette stratégie de « bouclage » cherche à isoler les insurgés et montre aux civils ordinaires le prix lourd à payer pour ne pas coopérer.

Les forces de la coalition imposent aux résidents des contrôles intensifs aux check points, où ils doivent présenter des cartes d’identification spécifiques. Aux check points, les troupes arrêtent et gardent en détention certains irakiens (souvent arbitrairement), tandis qu’ils refusent l’accès à d’autres de manière routinière avançant que leurs documents ne sont pas en règle. « Nous sommes comme des oiseaux en cage » a dit un résident d’Abu Hishma au New York Times, se plaignant de l’humiliation subie.

Evacuation forcée et ceux qui restent


Parmi ceux qui s’enfuient, les plus fortunés peuvent trouver refuge dans de la famille en dehors de la ville, mais beaucoup s’enfuient dans la campagne où ils doivent affronter des conditions difficiles dont des pénuries de nourriture et d’eau.

Alors que beaucoup quitte les villes au moment des alertes, un grand nombre reste – environ 50 000 à Fallujah et plus de 100 000 à Ramadi. Les forces de la coalition les considèrent comme des insurgés ou des sympathisants. Mais parmi ceux qui restent derrière cela inclus de nombreux civils non combattants – qui ne peuvent ou ne veulent pas abandonner leurs maisons, cela inclus des enfants, des malades, des personnes âgées et ceux qui craignent un sort pire qui pourrait les attendre en dehors de la protection familière de la ville.

Couper l’eau, la nourriture et l’électricité


En même temps que l’eau, la Coalition a coupé l’électricité (qui peut faire fonctionner des pompes et des puits). Ils ont également coupé les ravitaillements en vivres et médicaments, créant un « état de siège » et imposant une crise humanitaire sur toute la population urbaine restante.

Dans certains cas, la Coalition a utilisé ouvertement le siège comme outil de négociation. A Ramadi, les forces US et irakiennes ont dit aux résidents qu’il n’y aurait pas de retour de l’eau, l’électricité, les téléphones et autres services s’ils ne livraient pas « les terroristes ». Selon le lieutenant colonel Hassan al - Medan, le porte parole irakien de l’opération dans Najaf, « si nous autorisons l’entrée de la nourriture et de médicaments dans la ville nous nourrissons ainsi les insurgés » - cela malgré le fait que des milliers de civils sont encore à l’intérieur.

Confinement des journalistes et blocage de la couverture médiatique

Tout le personnel des médias non « incorporés » avec les forces US est banni pendant la durée des combats et habituellement longtemps après. Parfois, même les médias « incorporés » se sont vus refuser l’accès. Cela donne à la coalition un contrôle presque total sur les perceptions du public international sur ce qui se passe sur le champ de bataille.

Bombardement massif

Les forces de la coalition ont infligé des bombardements massifs aériens et terriens sur ces villes, détruisant des milliers de maisons, de commerces, de mosquées, de cliniques et d’écoles, et – inévitablement – tuant et blessant beaucoup de civils. La stratégie de bombardements indiscriminés et massifs, avant des offensives terrestres, a réduit le nombre de victimes de la coalition mais ce sont les résidents irakiens des villes qui paient un prix élevé en terme de perte de vies et de blessés.

Assaut urbain, tireurs d’élite et fouilles violentes

Apres des bombardements intensifs, les forces de la Coalition et forces armées s’engouffrent avec des colonnes de tanks et autres véhicules blindés dans les villes. De puissants tirs de tanks visent de nombreuses structures, accroissant la désolation urbaine.

Les troupes s’emparent des immeubles resta nts et procèdent à des fouilles maison par maison dans les structures qui restent encore debout. Les soldats utilisent souvent des méthodes violentes pour entrer dans les maisons telles que utiliser des explosifs ou bien démolir une partie du mur de façade avec un véhicule militaire.

L’armée US dépend de plus en plus de tireurs d’élite pour soutenir les opérations d’infanterie. Les commandants décrivent les tireurs d’élite comme une méthode de précision pour éviter des victimes civiles mais en fait les équipes de tireurs d’élite tirent souvent sur tout ce qui bouge dans les rues, dans les jardins ou même à l’intérieur des immeubles. Dans les villes assiégées chaque personne est traitée comme un ennemi.

Attaques des installations médicales et prévention de l’assistance humanitaire.

Les troupes de la Coalition ont ciblé des installations médicales pendant des offensives urbaines et détruit et confisqué de manière répétitive des ambulances, rendant les soins d’urgence impossible.

D’autres rapports de l’ONU ont mentionné des tireurs d’élite de la Coalition stationnés sur le toit de l’hôpital général de Ramadi, des troupes cantonnées dans le jardin de l’hôpital, et des résidents apeurés évitant l’hôpital. A Tal Afar, l’ONU a rapporté que l’hôpital de la ville avait été « occupé » par des forces de la Coalition pendant six mois.

Victimes civiles


Des opérations militaires menées par les US dans des zones peuplées ont causé la mort de nombreux civils et des blessés. Les personnes ont été tuées par des explosions, l’effondrement d’immeubles, des feux, des tirs de tireurs d’élite et bien d’autres causes violentes. Tandis que les forces de la Coalition affirmaient que la plupart des tués au cours des attaques étaient des hommes ayant l’âge du service militaire, des rapports fiables suggèrent que beaucoup si ce n’est la plupart des victimes de ces opérations étaient des non combattants.

Destruction massive


Des bombardements intensifs ont causé de grandes destructions dans les villes attaquées, dont des sites historiques et religieux, de même que les systèmes d’eau, d’électricité et de tout à l’égout. Les forces dirigées par les US ont bombardé et même détruit au bulldozer de nombreux immeubles, soit dans le cadre d’offensives, ou comme représailles contre des civils qui ne donnent pas d’information sur les insurgés.

Avec des systèmes d’électricité d’eau et de tout à l’égout en panne et la plupart des immeubles en ruine, nombre de ces villes ne pourront être habitées que de façon marginale pendant longtemps malgré les annonces de programmes de reconstruction ( qui ne sont pas appliqués).

Opérations militaires « conjointes » et critique par les autorités irakiennes

Des commandants US ont décrit de plus en plus les opérations militaires contre les villes irakiennes comme des opérations «conjointes US et les forces irakiennes.
… En fait, les autorités du gouvernement irakien ont souvent critiqué ces opérations et condamné la conduite des forces US.

Conclusion

Le droit international pose des normes claires pour la conduite d’opérations militaires. La Convention de Genève interdit les attaques qui ne font pas clairement la distinction entre les cibles militaires et les civils. Les opérations militaires de la Coalition ont clairement violé ces lois, avec des déplacements massifs de population, le massacre indiscriminé de civils, et des destructions à grande échelle d’habitations et de l’infrastructure urbaine, incluant des bâtiments historiques et des sites religieux. Les forces de la Coalition ont violé d’autres provisions des Conventions en ciblant délibérément des hôpitaux, stoppant des soins médicaux d’urgence et en bloquant la livraison d’aide humanitaire. De plus en violation de l’interdiction des « tactiques de siège » ils ont privé les civils de nourriture, d’eau, d’électricité, de ravitaillement en médicaments, et de services vitaux. De telles pratiques sont des punitions collectives infligées aux irakiens. Ensemble cela représente une violation grave du droit humanitaire international.

Comme d’habitude, les médias US ne couvrent pas les tactiques utilisées par les forces américaines qui constituent une violation du droit.

Ils ne couvrent même pas le fait que l’armée US agit contre les conseils contenus dans ses livres de droit.

Le général Petraeus a été félicité comme créateur des tactiques nouvelles de contre insurrection documentées dans le manuel de terrain 3-24. Mais l’armée sous sont commandement ne suit pas le manuel.

Matthew Yglesias le fait remarquer en relation avec les bombardements intensifs en Afghanistan dans un récent commentaire paru dans The Guardian :

« Tandis que les dirigeants militaires le savent clairement à un certain niveau – c’est juste là dans le manuel – ils n’agissent pas en conséquence. Au lieu de cela, même en Irak, où David Petraeus, l’auteur du manuel de contre insurrection cité plus haut, est au commandement, nous lançons plus d’attaques aériennes et pas moins. »

Sur la contre insurrection en zone urbaine le manuel de terrain dit :

« (7-36) Les dirigeants doivent considérer non seulement le premier ordre, effets désirés d’une arme ou d’une action mais aussi les effets possibles de second ou troisième ordre – inclus les effets non désirés. Par exemple, des bombes fixées aux ailes délivrées par support aérien peuvent effectivement détruire la source des tirs de petites armes provenant d’un immeuble dans une zone urbaine ; cependant, les tirs directs d’armes peuvent être plus appropriés, à cause du risque de dommages collatéraux aux immeubles proches et aux non combattants.

(7- 37) Les principes de discrimination dans l’utilisation de la force et la proportionnalité dans les actions sont importants pour contrer les insurgés pour des raisons pratiques de même que pour leurs implications morales et éthiques. Les tirs qui causent du mal ou la mort inutilement de non combattants peuvent créer plus de résistance et augmenter l’appel à l’insurrection - spécialement si la population perçoit une absence de discrimination dans leur utilisation. L’utilisation de la force discriminante et proportionnelle comme façon de penser va au-delà des règles d’engagement. La proportionnalité et la discrimination appliquée dans COIN nécessitent que les dirigeants s’assurent que leurs unités emploient correctement les bons outils avec un discernement mûr, un bon jugement et une résolution morale. »

Comment cela peut-il se réconcilier avec l’utilisation massive de tirs indirects de missiles guidés par satellite, des bombes et des obus de mortier dans une ville densément peuplée comme Baqubah ?

L’armée US pratique l’urbicide par ses attaques destructrices sur des villes irakiennes, viole la loi internationale, la loi nationale US et même les règles qu’elle s’est fixée.

Actuellement, c’est juste un autre participant brutal, hors la loi, au sein de groupes létaux en Irak. C'est-à-dire, une entité « terroriste ».

Bernhard, Moon of Alabama 20 juin 2007

Source : www.uruknet.info?p=33873

Introduction et Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

655 000 tués: pouvons nous enfin parler de génocide ?

La loi de la jungle

















sommaire_principal_guerre_et_occupation_en_Irak.pdf sommaire principal guerre et occupation en Irak.pdf  (41.52 Ko)


Mercredi 27 Juin 2007
Mireille Delamarre

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