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Une hibakusha témoigne des horreurs de la guerre atomique à Hiroshima le 6 août 1945

J’ai vu de longues files de réfugiés, tellement calmes, je ne comprends pas pourquoi ils étaient si calmes. Il y avait de longues files, marchant tels des fantômes. La plupart avançaient bras tendus parce que des lambeaux de leur peau pendaient au bout de leurs doigts. Je voyais clairement cette peau pendante, cette peau écorchée, et leur chair rouge humide et leur cheveux brûlés qui dégageaient une odeur, une odeur tres forte.



Dos d'une survivante brûlé par le rayonnement de la bombe A
Dos d'une survivante brûlé par le rayonnement de la bombe A
60 ans apres : 242 437 morts c’est le chiffre des victimes de ces premiers crimes nucléaires contre l’humanité commis par les américains, chiffre annoncé ce 6 août 2005 à la cerémonie de commémoration de ces massacres nucléaires sans précédent à Hiroshima. Une cérémonie sobre qui a débuté à 8h 15 précise par l’ajout des noms de 5375 nouvelles victimes car 60 ans après les bombes nucléaires américaines continuent de tuer.

Puis ce fut le rituel de don d’eau en souvenir de ces milliers de survivants errants terriblement brûlés agonisant et réclamant inlassablement de l’eau. Après l’éclair aveuglante, le bruit terrifiant de l’explosion, c’est l’image de cette soif intense tourmentant les rescapés, qui revient sans cesse dans les témoignages des hibakusha ( survivants) dont certains culpabilisent car donner de l’eau à ce moment là pouvait chez certaines victimes entraîner la mort.


photo original copyright mainuchi newspapers utilisation limitée à des fins personnelles non commerciales

Survivre à la bombe d’Hiroshima – Témoignage de Keiko Ogura

 Une hibakusha témoigne des horreurs de la guerre atomique à Hiroshima le 6 août 1945
Keiko Ogura avait 8 ans lors du bombardement nucléaire sur Hiroshima. Elle y vit encore actuellement.

« Je voulais aller à l’école mais mon père me dit – je ressens quelque chose de tres bizarre, tu ne devrais pas aller à l’école, reste avec nous.

Ce matin là j’étais sur la route prés de la maison quand soudain j’ai aperçu un éclair lumineux bleuté comme une lumière de magnesium et peu après un énorme bruit accompagné de poussière – j’ai été projettée et je suis tombée sur le sol.

Je me suis retrouvée allongée par terre prés de la maison. Je pensais que la maison était juste devant moi mais je ne pouvais pas la voir car tout était devenu obscur, et plein de morceaux de tuiles, de bois et de débris tombaient sur ma tête. Et dans l’obscurité il y avait un vent tres tres fort comme celui d’un typhon. Je ne pouvais ouvrir les yeux mais j’ai essayé de revenir à la maison et dans l’obscurité j’ai entendu des pleurs – ceux de mon frère et ma sœur.

J’étais à 2,4 kms de l’épicentre mais les maisons à proximité de celui-ci avaient pris feu et brûlaient.

J’ai vu de longues files de réfugiés, tellement calmes, je ne comprends pas pourquoi ils étaient si calmes. Il y avait de longues files, marchant tels des fantômes. La plupart avançaient bras tendus parce que des lambeaux de leur peau pendaient au bout de leurs doigts. Je voyais clairement cette peau pendante, cette peau écorchée, et leur chair rouge humide et leur cheveux brûlés qui dégageaient une odeur, une odeur tres forte.

Et c’est ainsi que beaucoup de personnes sont passées devant ma porte.

Terriblement assoiffés

Brusquement une main a saisi ma cheville. J’étais tellement effrayée mais ils disaient - va me chercher de l’eau – La plupart des gens demandaient – de l’eau – et – aidez moi .

Je me suis précipitée dans la maison qui contenait un puits et leur apportait de l’eau. Ils m’ont remerciée mais certains buvaient puis vomissaient du sang et puis mouraient, arrêtant de bouger. Ils sont morts devant moi. J’étais pleine de regrets et si terrifiée. Peut être les avais-je tués ? Est-ce que je les ai tués ?

Cette nuit là, nuit du 6 août, mon père était tres occupé à chercher les voisins mais quand il revint à la maison il nous dit : » vous ne devez pas donner d’eau, certains des réfugiés meurent apres avoir bu. Souvenez vous en. »

Alors je me suis sentie si coupable, et je les ai vus de nombreuses fois dans mes cauchemars. Je pensais que j’étais une tres méchante petite fille – je n’ai pas fait ce que mon père avait dit , aussi ai-je gardé cela secret. Je n’ai raconté cette histoire qu’après la mort de mon père.

Il pleuvait une pluie noire, une pluie noire mélangée à de la cendre, des détritus et de l’huile, ou quelque chose de ce type. Cela sentait mauvais, et il y avait plein de tâches sur ma blouse blanche – une pluie sale collante.

Le matin les gens se déplaçaient, chassant les mouches de sur leur peau. Ma maison était pleine de blessés.

Mais petite j’étais si curieuse. Je voulais voir à quoi ressemblait la ville. Ma maison était en bas d’une colline – J’ai grimpé la colline prés de la maison et alors j’ai vu la ville entière – J’étais terriblement surprise toute la ville était rasée, démolie. J’ai compté qu’il restait juste quelques bâtiments en béton.

Déni

Le lendemain certains bâtiments continuaient de brûler, et le jour suivant, et le jour suivant, et pendant 3 ou 4 jours je suis montée sur la colline pour voir à quoi la ville ressemblait.

J’ai un beau-frère. Il vivait à proximité du centre ville – sa famille était très prés de l’épicentre. Jusqu’à recemment les membres de sa famille étaient portés disparus et il ne voulait pas reconnaître qu’ils étaient tous morts aussi n’avait –t-il pas déclaré leur disparition à l’administration et il ne voulait pas visiter Hiroshima.

Actuellement il vit tres loin à Tokio, et c’est seulement l’année dernière qu’il a décidé de déclarer à la municipalité d’Hiroshima que les membres de sa famille – sa mère et sa sœur – étaient mortes.

Il y avait tellement de personnes qui ont vu tant de morts et de mourants, mais en fait la plupart ont décidé de ne rien dire de ce qu’ils avaient vu.

Paru sur le site de BBC News le 5.8.05- Traduit bénévolement et publier à des fins informatives et éducatives non commerciales – Copyright BBC NEWS www.news.bbc.co.uk

Ceux comme Keiko Ogura qui ont décidé de parler le font pour qu’il n’y ai plus d’Hiroshima, plus de Nagasaki, plus de guerre.

« Notre civilisation technologique vient d’atteindre son stade le plus elevé de sauvagerie. Nous devrons choisir dans un avenir plus ou moins proche entre le suicide collectif et l’utilisation intelligente de nos conquêtes scientifiques. » Albert Camus peu après les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki.

Lire notre article sur les pères des bombes atomiques leurs responsabilités



Dimanche 7 Août 2005
Mireille Delamarre

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