Impérialisme Américain

Un empire américain mondial constitué de bases militaires

L'empire mondial américain, est un empire sur lequel Alexandre le Grand, Cesar, Genghis Khan, Suleiman le Magnifique, Justinien et le roi Georges V n'auraient certainement pas refuser de régner. Ce qui fait l'unicité de l'hégémonie américaine, ce n'est pas le contrôle de vastes étendues de territoires ou de centres urbains densément peuplés, mais une présence militaire mondiale qu'aucun autre pays n'a jamais égalé dans l'histoire à ce jour.



Un empire américain mondial constitué de bases militaires

L'empire mondial américain introduction

L'empire d'Alexandre le Grand s'est étendu jusqu'aux abords de l'Inde. L'empire romain contrôlait les régions celtiques du nord de l'Europe et les états héllenisés du pourtour méditerranéen. L'empire Mongol le plus grand empire géographiquement contigü de l'histoire, s'étendit du sud de l'Asie jusqu'à l'Europe. L'empire Byzantin, lui s'est illustré par sa longévité (de 395 à 1453). Au XVI ème siècle, l'empire Ottoman s'étendait du golfe persique jusqu'à l'est de la Hongrie au nord est, et de l'Egypte au sud au Caucase au nord. Au sommet de sa domination, l'empire britannique lui comprenait ¼ de la population mondiale.

Mais rien de comparable avec l'empire mondial américain. Ce qui fait l'unicité de l'hégémonie américaine, ce n'est pas le contrôle de vastes étendues de territoires ou de centres urbains densément peuplés, mais une présence militaire mondiale qu'aucun autre pays n'a jamais égalé dans l'histoire à ce jour. L'étendue de l'empire global des Etats-Unis est presque incalculable. Selon un rapport du Pentagon "Structure des Bases" (2003), le patrimoine immobilier du ministère de la défense comprend 600 000 bâtiments et structures individuelles, sur plus de 6 000 endroits, et s'étendant sur plus de 15 millions d'hectare. Le nombre de pays où les Etats-Unis maintiennent une présence militaire est de 135 (voir la liste en fin d'article), ce qui veut dire que les Etats-Unis ont des troupes dans 70% des pays du monde. Le nombre de troupes stationnées à l'étranger va de 1 ( Malawi) jusqu'à 74 796 en Allemagne. En 2003, le total des troupes déployées dans le monde était de plus de 250 000, sans compter celles déployées en Irak qui avoisinaient les 180 000. Le total du personnel militaire américain est d'environ 1 500 000, dont plus de 17,5% se trouve sur le sol de pays étrangers.

L'empire mondial américain, est un empire sur lequel Alexandre le Grand, Cesar, Genghis Khan, Suleiman le Magnifique, Justinien et le roi Georges V n'auraient certainement pas refuser de régner.


Un empire mondial américain constitué de bases militaires

La plupart des américains, à la différence d'autres peuples, ne reconnaissent pas – ou ne veulent pas reconnaître - que les Etats-Unis dominent le monde par leur puissance militaire. Nos citoyens ignorent souvent le fait que nos garnisons encerclent la planète, le gouvernement agissant en secret. Ce vaste maillage de bases américaines sur chaque continent, à l'exception de l'Antartique, constitue en fait une nouvelle forme d'empire – un empire constitué de bases avec sa propre géographie qui n'a aucune chance d'être enseignée dans les cours sur cette matière au lyçée. Si on ne saisit pas les dimensions de cette guirlande mondiale de bases, on ne peut aborder la nature de ces aspirations impériales ou l'impact sur notre ordre constitutionnel de cette nouvelle forme de militarisme.

Notre armée a déployé plus d'un demi million de soldats, d'espions, de techniciens, d'enseignants, de subordonnés, d'entrepreneurs civils dans d'autres nations. Pour dominer les océans et les mers du monde, nous avons crée 13 flottes de porte avions dont les noms résument bien notre héritage guerrier : Kitty Hawk, Constellation, Enterprise, John F. Kennedy, Nimitz, Dwight D.Eisenhower, Carl Vinson, Theodore Rooselvelt, Abraham Lincoln, Georges Washington, John C. Stennis, Harry S. Truman et Ronald Reagan. Nous opérons une multitude de bases secrètes en dehors de notre territoire, pour surveiller ce que les gens dans le monde, inclus nos propres citoyens, disent, faxent, e-mailent les uns aux autres.

Nos installations à l'étranger font faire des profits à nos industries civiles, qui conceptualisent et fabriquent l'armement destiné à nos forces armées, ou, comme la nouvellement célébre société Kellog Bronw & Root, une filiale de la multinationale Halliburton d'Houston, qui obtient des contrats de services pour construire et entretenir nos avant postes éloignés. L'une des tâches de ces entreprises c'est de garder les membres en uniforme de la maison impériale dans des quartiers confortables, bien nourris, de leur fournir des distractions et des possibilités de vacances financièrement accessibles et agréables.

Des pans entiers de l'économie américaine se retrouvent dépendre du militaire pour faire du commerce. Par exemple, la veille de notre deuxième guerre en Irak, alors que le département de la défense ordonnait un supplément de missiles de croisière et des bombes à l'uranium appauvri pour transpercer les tanks, il a aussi acheté 273 000 flacons de crème solaire, presque le triple de ce qu'il avait commandé en 1999, une aubaine pour le fournisseur, la société de contrôle en approvisionnement de Tulsa, Oklahoma, et son sous traitant la société de production Sun Fun de Daytona Beach en Floride.


Au moins 700 bases à l'étranger

Ce n'est pas facile d'évaluer la taille ou la valeur exacte de notre empire de bases. Les documents officiels sur le sujet quoique instructifs induisent en erreur. Selon le rapport annuel du département de la défense "Structure des Bases" pour l'année fiscale 2003, qui détaille le foncier de l'armée américaine sur notre sol et à l'étranger, le Pentagon est actuellement propriétaire ou loue 702 bases à l'étranger dans environ 130 pays et à en plus environ 6000 bases aux Etats Unis et ses territoires. Les bureaucrates du Pentagon ont calculé qu'il faudrait au moins 113,2 mille milliards pour simplement remplacer les bases à l'étranger – un chiffre certainement bien en dessous de la réalité, mais néanmoins largement supérieur au GDP de la plupart des pays – et aussi approximativement 591 519.8 millions pour les remplacer toutes. Le haut commandement militaire déploie sur les bases étrangères 253 288 personnes en uniforme, plus un nombre égal de subordonnés et de responsables civils du département de la défense, et emploie en plus 44 446 travailleurs étrangers locaux. Le Pentagon affirme que ces bases contiennent 44 870 baraquements, hangars, hôpitaux, et autres bâtiments, qui lui appartiennent plus 4 844 qu'il loue.

Ces chiffres bien que prodigieusement grands, sont loin de couvrir toute les bases actives que nous occupons dans le monde. Le rapport 2003 "Structure des Bases" oublie de mentionner par exemple les garnisons du Kosovo – alors même que c'est là que se trouve l'énorme camp Bondsteel, construit en 1999, et dont la maintenance est assurée depuis par Kellog, Brown & Root. Le rapport omet en même temps des bases en Afghanistan, Irak, Israël, Kuwait, Kyrgystan, Qatar, et Uzbekistan, alors que l'armée US a établi des structures colossales pour des bases dans le dénommé "arc d'instabilité" dans les deux ans et demi qui ont suivi le 11 septembre.

En ce qui concerne Okinawa, l'île la plus au sud du Japon qui est une colonie militaire américaine depuis ces 58 dernières années, le rapport induit en erreur en ne mentionnant qu'une base de marines, Camp Butler, alors qu'en fait Okinawa est "l'hôte" de 10 bases de régiments de marines, inclus Futenma et son régiment de marines de l'armée de l'air qui occupe 593 ha au centre de la deuxième plus grande ville de cette île de petite dimension. (le parc central de Manhattan par comparaison ne fait que 421,5 ha). Le Pentagon a également oublié de noter la totalité des 5 mille milliards de dollars d'équipement militaire et d'espionnage installé en Grande Bretagne, qui ont été maquillé en bases de l'armée de l'air de sa majesté depuis longtemps.

S'il y avait un dénombrement honnête, l'actuelle taille de notre empire militaire atteindrait probablement plus de 1000 bases différentes dans les autres pays, mais personne n'en connaît– même pas le Pentagon – le nombre exact, pourtant ce chiffre a augmenté constamment ces dernières années.

Pour leurs occupants, ce ne sont pas des endroits désagréables où vivre et travailler. Le service militaire aujourd'hui, sur la base du volontariat, n'a pratiquement plus rien à voir avec le service d'un soldat pendant la seconde guerre mondiale ou les guerres de Corée et du Vietnam. Les corvées : lessive, cuisine, distribution du courrier, nettoyage des latrines sont sous traitées par des compagnies militaires privées telles Kellogg Brown et Root, Dyncorp, et la multinationale Vinnell. Au total, par exemple, 1/3 des fonds récemment engagés pour la guerre en Irak (environ 30 mille milliards de dollars) vont dans des mains américaines privées pour payer de telles services. A chaque fois que cela est possible, tout est fait pour que le quotidien est l'air d'une version hollywoodienne de la vie à la maison. Selon le Washington Post, à Fallujah, à l'ouest de Bagdad, des serveurs en chemise blanche pantalon noir et nœud papillon noir servent le dîner aux officiers de la 82ème division de l'armée de l'air, dans leur garnison étroitement gardée, et le premier Burger King s'est déjà ouvert à l'intérieur de l'énorme base militaire que nous avons établi sur l'aéroport international de Bagdad.

Certaines de ces bases sont tellement gigantesques, qu'elles ont besoin d'au moins 9 lignes internes de bus pour les déplacements des soldats et des entrepreneurs à l'intérieur de ces espaces entourés de remblais et de barbelés. C'est le cas du Camp Anaconda, le quartier général de la 3ème brigade, 4ème division d'infanterie, dont la mission est de surveiller 2400 kms au nord irakien de Bagdad, de Samarra à Taji. Anaconda occupe 25 km2 et doit héberger jusqu'à 20 000 hommes de troupes. Malgré des précautions sécuritaires étendues, la base s'est trouvé fréquemment bombardée au mortier, notamment en juillet 2003, alors qu'Arnold Schwarzenegger discutait avec des blessés à l'hôpital local.

Les militaires préfèrent des bases qui ressemblent aux petites villes fondamentalistes de la ceinture biblique plutôt que les grands centres de population des Etats-Unis. Par exemple, alors même que plus de 100 000 femmes vivent sur ses bases à l'étranger, obtenir un avortement à l'hôpital local est interdit. Comme il y a 14 000 agressions sexuelles ou tentatives d'agression sexuelles chaque année chez les militaires, les femmes qui tombent enceintes à l'étranger et qui veulent avorter n'ont pas le choix et doivent s'adresser à l'économie locale, ce qui n'est actuellement ni facile ni agréable à Bagdad où dans d'autres endroits de notre empire.

Nos missionnaires armés vivent dans un univers isolé autarcique, désservi par nos propres services aériens – "Commandement de Deplacement Aérien" avec sa flotte de Globemasters longue distance, de Galaxies C-5, de Starlifters, de KC6135 Stratotankers, de KC-10 Extenders, et ces C69 Nightingales qui relient nos avant postes les plus lointains du Groeland à l'Australie. Pour les généraux et les admiraux, l'armée fournit 71 Learjets, 13 gulfstreal IIIs , et 17 jets de luxe Cessna Citation pour les transporter jusqu'au centre de ski de l'armée situé dans les Alpes Bavaroises, ou jusqu'à l'un des 234 terrains de golfe que le Pentagon gère dans le monde entier. Le secrétaire de la Défense Donald Rumsfeld voyage dans son Boeing 737 personnel, un C-32A.

Marquer notre empreinte sur le monde

Toutes les métaphores insensibles, mais chiffrées que nous nous sommes autorisés à inclure dans notre vocabulaire, n'égalent en rien "l'empreinte" utilisée pour décrire l'impact de notre empire militaire. Le général Meyers président du groupe des chefs d'état major et des membres anciens du sous comité pour la construction militaire du Senat telle Dianne Feinstein ( D-CA), sont apparemment incapables de finir une phrase sans y avoir recours. L'établissement d'une empreinte plus impressionnante fait désormais partie de la nouvelle justification pour un élargissement important de notre empire – annonçant un repositionnement de nos bases et de nos forces à l'étranger – depuis notre conquête de l'Irak.

L'homme en charge de ceci c'est Andy Hoehn, sous secrétaire d'état en stratégie à la défense. Lui et ses collègues sont supposés tirer des plans pour réaliser la stratégie de guerre préventive du président Bush contre les "états voyous", les "mauvais types" et les "faiseurs de mal". Ils ont identifié quelque chose qu'ils appellent "l'arc de l'instabilité" qui est supposé aller de la région andine d'Amerique du sud ( lisez : la Colombie) en passant par l'Afrique du nord puis traverse le Moyen Orient jusqu'au Philippines et l'Indonesie. Ceci, bien sûr, ressemble presque à ce qui a été appelé le Tiers Monde – et peut être ce qui n'est pas le moins important, il couvre les régions clé de la production pétroliere. Hoehn soutient que "quand vous recouvrez tout cela de votre empreinte, on ne semble pas vraiment en bonne position pour affronter les problèmes qui surgissent maintenant."

Autrefois vous pouviez suivre l'extension de l'impérialisme en comptant le nombre de colonies. La version américaine des colonies ce sont les bases militaires. En suivant l'évolution de la politique de nos bases mondiales, on peut en apprendre beaucoup sur l'accroissement de notre comportement impérial et le militarisme qui vient avec. Le militarisme et l'impérialisme sont deux sœurs siamoises, liées par les hanches et se nourrissant l'une de l'autre. Tres développées dans notre pays, elles sont sur le point de pousser nos forces militaires bien au-delà de leurs capacités, de plonger le pays dans une insolvabilité fiscale et probablement de porter un coup mortel à nos institutions républicaines. Les medias en discutent seulement sous l'angle du positionnement des troupes à l'étranger, selon des plans qu'il faut aborder avec suspicion.

Le brigadier général des forces navales Mastin Robeson, qui commande nos 1800 hommes de troupes occupant l'ancienne base de la légion française à Camp Lemonier à Djibouti, à l'entrée de la mer rouge, affirme que pour mettre "la guerre préventive" en pratique, nous avons besoin d'une "présence mondiale, ce qui veut dire pour lui, étendre notre hégémonie sur tout endroit qui n'est pas encore sous notre coupe. D'aprés l' American Enterprise Institute, l'idée c'est de créer "une cavalerie globale" qui peut galoper d'une frontière à l'autre et tirer sur les "mauvais types" dés que nous avons des renseignements sur eux.


Feuilles de nénuphar en Australie, Roumanie, Mali, Algérie…

Pour placer nos forces à proximité des points chauds ou des zones dangereuses dans ce nouvel arc d'instabilité découvert, le Pentagon a proposé – cela est habituellement appelé "repositionnement" - de nombreuses nouvelles bases, dont 4 peut être même 6 bases permanentes en Irak. Un certain nombre d'entre elles sont déjà en construction – à l'aéroport international de Bagdad, à la base aérienne de Tallil prés de Nasariyah, dans le désert ouest prés de la frontière syrienne, et sur l'aéroport de Bashur dans la région kurde au nord. Ceci n'inclut pas la base d'Anaconda mentionnée auparavant et qui est actuellement appelée "base d'opération", bien qu'elle puisse avec le temps se transformer une base permanente. En plus, nous projetons de garder le contrôle de la totalité du quart nord du Koweit –soit 2560 km2 des 11 040 km2 du Koweit - que nous utilisons actuellement pour le ravitaillement de nos légions en Irak et comme place de détente pour les bureaucrates de la "Zone Verte" de Bagdad.

Les autres pays mentionnés comme sites de nos nouvelles "familles de bases" comme les appelle Colin Powell inclus : dans les zones pauvres de la nouvelle Europe – la Roumanie, la Pologne, et la Bulgarie ; en Asie – le Pakistan (où nous avons déjà 4 bases) l'Inde, l'Australie, Singapore, la Malaisie, les Philippines, et même, ce qui est incroyable, le Vietnam ; en Afrique du Nord – le Maroc, la Tunisie, et plus particulièrement l'Algérie (scène de massacres de quelque 100 000 civils depuis 1992, quand, pour annuler une élection, les militaires ont pris le pouvoir soutenus par notre pays et le France) et dans l'ouest africain – le Sénégal, le Ghana, le Mali, le Sierra Léone (bien que ravagé par une guerre civile depuis 1991). Le modèle pour toutes ces nouvelles installations, selon des sources du Pentagon, c'est la ceinture de bases que nous avons construite tout autour du Golfe Persique ces deux dernières décennies, dans ces autocraties anti démocratiques que sont le Bahreim, le Kuwait, le Qatar, Oman, et les Emirats Arabes Unis.

La plupart de ces bases seront, selon l'expression métaphorique de l'armée, des "feuilles de nénuphar" sur lesquelles nos troupes pourront sauter comme une nuées de grenouilles bien armées venant du front intérieur, ou de ce qui reste de nos bases de l'OTAN, ou des bases de nos satellites dociles du Japon et de la Grande Bretagne. Pour compenser le coût d'une telle expansion, le Pentagon a orchestré des fuites concernant un plan de fermeture de bases liées à la guerre froide, en Allemagne, en Corée du sud, et peut être à Okinawa, en lien avec lien avec une "rationalisation" de nos forces armées concoctée par le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld. Suite à la victoire en Irak, les Etats-Unis ont déjà retiré presque toutes leurs forces d'Arabie Saoudite, et de Turquie, en partie pour les punir de ne pas avoir apporté un soutien massif à cette guerre. Ils veulent faire de même avec la Corée du sud, peut être la démocratie la plus anti américaine sur la planète à l'heure actuelle, ce qui libérerait la 2ème division d'infanterie stationnée dans la zone démilitarisée entre les deux Corées, pour un redéploiement probable en Irak, où nos forces sont surexploitées.

En Europe, ces plans inclus de laisser tomber plusieurs bases en Allemagne, à cause aussi de la position de défiance populaire sur l'Irak du chancelier allemand Gerhard Schroder vis-à-vis de Bush. Mais nos capacités de le faire reste cependant limitées. Simplement parce que les planificateurs du Pentagon ne réalisent pas le nombre de bâtiments occupés par nos 71 702 soldats et aviateurs stationnés en Allemagne, et le coût en constructions similaires pour repositionner la plupart d'entre eux, ainsi que les infrastructures d'accompagnement, dans les ex pays communistes comme la Roumanie, l'un des pays les plus pauvres d'Europe. Le lieutenant Colonel Ami Ehmann, d'Hanau en Allemagne a dit à la presse "il n'y a pas de place où mettre ces gens en Roumanie, Bulgarie, à Djibouti" et elle a prédit que 80% d'entre eux resteraient finalement en Allemagne. Il est aussi certain que le haut commandement n'a pas l'intention de vivre dans ce trou de Constanta, en Roumanie, et gardera son quartier général à Stuttgart tout en conservant les bases aériennes de Ramstein et Spangdahlem, et la zone d'entraînement de Grafenwöhr.

L'une des raisons pour laquelle le Pentagon envisage de quitter ces riches démocraties comme l'Allemagne et la Corée du sud, en lorgnant avec convoitise sur des dictatures militaires et des pays vassaux ravagés par la pauvreté, c'est de saisir les avantages qu'ils offrent et que le Pentagon appellent "leurs régulations environnementales plus permissives". Le Pentagon impose toujours aux pays où il déploie nos forces armées, un soi disant statut d'accords concernant ces forces déployées, statut qui en général exempte les Etats-Unis de nettoyer ou payer les dommages environnementaux causés par ses forces armées. A Okinawa c'est actuellement un sujet de mécontentement, les dommages causés par les américains étant abominables. Une partie de cette attitude résulte du fait que le Pentagon se place au dessus de toutes les contraintes gouvernant la vie civile, une attitude qui se développe également sur le front intérieur. Par exemple, la proposition de loi pour la défense en 2004 chiffrée à 401,3 billions de dollars et signée comme loi par le président Bush en novembre 2003 exempte l'armée de respecter la loi sur la protection des espéces protégées et celle sur la protection des mammifères marins.

Alors qu'il y a toute raison de croire que l'impulsion de créer encore plus de "feuilles de nénuphar" dans le tiers monde restera hors contrôle, il y a plusieurs raisons de douter que les plans plus grandioses d'expansion ou de réduction deviendront un jour effectifs, et s'ils le deviennent cela aggravera le problème du terrorisme. Une chose est sûre, la Russie est opposée à l'extension des pouvoirs militaires américains sur ses frontières, et agit déjà pour faire échec aux tentatives américaines d'installation de bases en Georgie, au Kyrgyzstan, en Uzbekistan. La base aérienne russe post URSS vient d'étre achevée au Kyrgyzstan à 64 kms de la base américaine de Bishkek, et en décembre 2003, le dictateur uzbek Islam Karimov a déclaré qu'il ne permettrait pas le déploiement permanent des forces armées américaines bien que nous ayons déjà une base là bas.

Cependant, l'un des plus grands défauts de la stratégie de la "cavalerie mondiale", c'est que cela accentue l'impulsion de Washington à appliquer des remèdes militaires inadaptés au terrorisme. Comme l'a fait remarqué le célébre historien militaire anglais, Correlli Barnett, les attaques des Etats-Unis en Afghanistan et en Irak n'ont fait qu'augmenter la menace posée par al Qaeda. De 1993 aux attaques du 11 septembre 2001, il y a eu 5 attaques majeures d'al Qaeda dans le monde ; dans les deux ans qui ont suivi, il y a eu 17 attentats, inclus les attaques suicide d'Istambul sur le consulat britannique et une banque HSBC. Les opérations militaires contre les terroristes ne sont pas la solution. Comme le dit Barnett : "plutôt que de donner des grands coups de pied dans les portes et de bousculer des sociétés complexes anciennes, avec des remèdes de bonne femme tels que " liberté et démocratie" nous avons besoin d'utiliser des tactiques basées sur l'astuce et la subtilité, et sur une profonde compréhension des peuples et cultures auxquels nous avons à faire" – une compréhension qui manque jusqu'à maintenant au sommet des décideurs politiques à Washington, spécialement au Pentagon.

Dans son célébre mémo "long, et difficile travail de romain" sur l'Irak du 16 octobre 2003, le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld écrivait "aujourd'hui, nous manquons de mesures pour savoir si nous gagnons ou perdons la guerre contre le terrorisme". Les mesures de Corelli-Barrett donnent des indications différentes. Mais la "guerre contre le terrorisme" est au mieux une petite partie des raisons invoquées pour développer nos stratégies militaires. La vraie raison pour construire cette nouvelle ceinture de bases militaires américaines le long de l'équateur c'est d'étendre notre empire et de renforcer notre domination sur le monde.


Auteur : Chalmers Johnson. Journaliste et écrivain, son dernier livre paru : The Sorrows of Empire: Militarism, Secrecy, and the End of the Republic (Metropolitan). Livre precedent: Blowback: The Costs and Consequences of American Empire.

Article Publié sur www.globalpolicy.org en janvier 2004 - Copyright son auteur.

Introduction et liste ci dessous: source "The US global empire" de Laurence M. Vance publié sur Lewrockwell.com mars 2004

Traduction bénévole pour information à des fins non commerciales par MD pour Planete Non Violence

Liste des pays avec une presence militaire des USA

Afghanistan
Albania
Algeria
Antigua
Argentina
Australia
Austria
Azerbaijan
Bahamas
Bahrain
Bangladesh
Barbados
Belgium
Belize
Bolivia
Bosnia and Herzegovina
Botswana
Brazil
Bulgaria
Burma
Burundi
Cambodia
Cameroon
Canada
Chad
Chile
China
Colombia
Congo
Costa Rica
Cote D'lvoire
Cuba
Cyprus
Czech Republic
Denmark
Djibouti
Dominican Republic
East Timor
Ecuador
Egypt
El Salvador
Eritrea
Estonia
Ethiopia
Fiji
Finland
France
Georgia
Germany
Ghana
Greece
Guatemala
Guinea
Haiti
Honduras
Hungary
Iceland
India
Indonesia
Iraq
Ireland
Israel
Italy
Jamaica
Japan
Jordan
Kazakhstan
Kenya
Kuwait
Kyrgyzstan
Laos
Latvia
Lebanon
Liberia
Lithuania
Luxembourg
Macedonia
Madagascar
Malawi
Malaysia
Mali
Malta
Mexico
Mongolia
Morocco
Mozambique
Nepal
Netherlands
New Zealand
Nicaragua
Niger
Nigeria
North Korea
Norway
Oman
Pakistan
Paraguay
Peru
Philippines
Poland
Portugal
Qatar
Romania
Russia
Saudi Arabia
Senegal
Serbia and Montenegro
Sierra Leone
Singapore
Slovenia
Spain
South Africa
South Korea
Sri Lanka
Suriname
Sweden
Switzerland
Syria
Tanzania
Thailand
Togo
Trinidad and Tobago
Tunisia
Turkey
Turkmenistan
Uganda
Ukraine
United Arab Emirates
United Kingdom
Uruguay
Venezuela
Vietnam
Yemen
Zambia
Zimbabwe

A cette liste on peut ajouter des regions non considérées comme des états souverains parce qu'encore sous contrôle britannique tels l'île de Diego Garcia dans l'Océan Indien, Gibraltar, l'île de St Hélène sur l'Atlantique. Le Groeland, qui fait partie pour des raisons techniques du Danemark héberge également des troupes américaines, de même qu'il y en a au Kosovo, à Hong Kong. Des possessions américaines comme Guam, L'Atoll Johnson, Puerto rico, le Trust Territory des îles du Pacifique, les îles Virgin ont également des troupes américaines

CIA partout

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Dimanche 22 Janvier 2006

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