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US/OTAN Georgie Russie – Une Guerre en Gestation dans un Contexte de Nouvelle Guerre Froide

"...Washington joue en fait potentiellement avec le feu nucléaire en escaladant la pression pour pousser la Georgie et l’Ukraine au sein de l’OTAN..." Cet article a été publié le 22 juillet, il explique comment la Géorgie est manipulée par Washington qui en fait vise Moscou.



Une Guerre en Gestation

US/OTAN Georgie Russie – Une Guerre en Gestation dans un Contexte de Nouvelle Guerre Froide
La République du Caucase, la Georgie, n’est pas un acteur principal sur la scène mondiale au sein des nations. Pourtant Washington y a investi de vastes sommes d’argent et a fait en sorte de placer au poste de président un despote à sa botte, Mikhail Saakashvili, pour clore l’encerclement nucléaire par l’OTAN de la Russie.

La secrétaire d’état US Condoleezza Rice s’est rendue dans la capitale Tbilisi et a vivement critiqué Moscou pour le soutien aux états séparatistes de Géorgie, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, accusant explicitement Moscou d’une guerre imminente qu’en fait Washington suscite pour faire accepter l’adhésion de la Georgie dans l’OTAN lors de sa prochaine réunion en décembre.

Les médias occidentaux ont soit eu tendance à ignorer les tensions croissantes dans la région stratégique du Caucase soit suggéré, comme Rice le fait, qu’à l’origine du conflit on trouve le soutien russe aux velléités indépendantistes des républiques d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. En réalité, c’est une partie d’échecs bien différente qui se joue dans la région, une partie qui a le potentiel de servir de détonateur pour une escalade majeure des tensions entre Moscou et l’OTAN.

Le problème sous jacent c’est le fait que depuis la dissolution du Pacte de Varsovie en 1991, les anciens membres, de même que d’anciens états de l’Union Soviétique, ont été, les uns après les autres, persuadés, et dans bien des cas achetés à l’aide de fausses promesses par Washington de rejoindre l’OTAN, organisation créée pour contrer le Pacte de Varsovie.

Plutôt que d’initier des discussions après la dissolution du Pacte de Varsovie en 1991 sur la dissolution automatique de l’OTAN, Washington a systématiquement transformé l’OTAN en ce que l’on peut appeler le véhicule militaire de la domination impériale américaine, lié par un réseau de bases militaires allant du Kosovo à la Pologne, à la Turquie, l’Irak et l’Afghanistan.

En 1999, les anciens membres du Pacte de Varsovie, la Hongrie, la Pologne, et la République Tchèque ont rejoint l’OTAN. La Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, et la Slovaquie, ont suivi en mars 2004. Maintenant Washington exerce une énorme pression sur les membres de l’OTAN appartenant à l’UE, spécialement l’Allemagne et la France, pour qu’ils votent en décembre l’adhésion de la Georgie et l’Ukraine.

Perspective d’une confrontation militaire Georgie Abkhazie

L’actuelle escalade des tensions dans la région ont commencé en mai quand l’Abkhazie a dit avoir descendu deux drones géorgiens dans son espace aérien. L’annonce est survenue deux semaines après que la Georgie ait accusé la Russie d’avoir abattu un drone au dessus de l’Abkhazie, que Tsibili considère comme son territoire souverain. Moscou a nié son implication.

La Russie administre un contingent de maintien de la paix en Abkhazie et en Ossétie du sud depuis les conflits sanglants dans les années 90, et a envoyé des troupes en renfort en Abkhazie récemment pour dissuader la Georgie de ce que Moscou considère comme une offensive militaire planifiée géorgienne. Entre les deux partis, Georgie et Abkhazie, le conflit est suspendu depuis 1993, lorsque les séparatistes abkhazes, soutenus par des forces russes, ont réussi à chasser les géorgiens de la province.

Tsibili affirme sa souveraineté sur l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud et faire référence à celles-ci comme des républiques « en sécession ». En 2001, des troupes géorgiennes rejointes par des mujahideen entraînés par des soldats tchétchènes de la province russe musulmane voisine de Tchétchénie, ont monté une attaque qui a échoué contre l’Abkhazie.

Dans une analyse de ce que pourrait être une confrontation militaire possible, un peu avant une guerre nucléaire entre la Russie et l’OTAN, le commentateur militaire, Ilya Kramnik, de l’agence d’information gouvernementale Ria Novosti, a présenté les forces des deux camps. Fin 2007, les forces armées géorgiennes avaient environ 33 000 officiers et hommes de troupes, dont 22 000 intégrés dans 5 brigades, et 8 bataillions séparés. Ces unités disposaient de plus de 200 tanks, dont 40 T-55 et 165 T-72 tanks de combat qui sont actuellement en révision.

Kramnik a dit que l’armée géorgienne fait face à une force solide d’auto défense abkhaze de 10 000 hommes, disposant de 60 tanks, dont 40 T-72s, et 85 pièces d’artillerie et mortiers, dont plusieurs douzaines de calibre 122-152 mm, et de 116 véhicule blindés de différents types, d’un grand nombre d’armes anti tanks allant des lances roquettes RPG-7 aux missiles guidés anti tanks Konkurs-M ( ATMGs). La marine abkhaze a plus de 20 vedettes armées de mitrailleuses et de canonnières de petit calibre.

Mais plus décisif encore, comme cela a été démontré lors du conflit Géorgie Abkhazie de 1992-1993, même de petites unités peuvent résister pendant longtemps à des forces armées supérieures dans des zones montagneuses. Par conséquent, le résultat d’un hypothétique conflit dépendrait du niveau d’entraînement militaire de l’agresseur et de l’influence de tierces parties, principalement les unités russes des forces de maintien de la paix du Commonwealth Collectif des Etats Indépendants. Les forces armées de la Géorgie sont connues pour être corrompues et peu entraînées.

Bien que les Etats-Unis aient entraîné des unités d’élite géorgiennes ces dernières années, les capacités de combat de tous les autres éléments sont incertaines. Il n’y a pas de sergents formés et le moral des troupes est bas. 50% seulement de l’équipement militaire est opérationnel et des opérations coordonnées dans des conditions défavorables sont impossibles.

Les forces armées abkhazes ont une capacité de frappe bien plus dévastatrice parce qu’elles résisteraient à un agresseur qui a déjà essayé de priver la république de son indépendance. Et les unités abkhazes sont commandées par des officiers qui ont été formés dans des écoles militaires russes. Un grand nombre d’entre eux ont combattu au début des années 90. La plupart des analystes sont d’accord pour dire que l’armée abkhaze est prête au combat et ne souffre pas de corruption. Moscou a récemment renforcé le contingent local de maintien de la paix. Les états voisins du Caucase dont l’Ossétie du Sud prennent le parti de l’Abkhazie et sont prêts à s’en prendre à la Géorgie.

La stratégie possible de Moscou

Moscou a opéré un rapprochement avec les deux petites républiques sur fond de candidature de la Georgie à l’OTAN et la reconnaissance par l’Ouest de l’indépendance du Kosovo de la Serbie. Cependant, la Russie n’a pas formellement reconnu l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud.

Néanmoins, Moscou soutient depuis longtemps la de facto indépendance de l’Abkhazie. Elle a accordé la nationalité russe à un grand nombre de ses habitants, et a récemment légalisé des liens économiques avec la république séparatiste. Pour la Russie, le conflit fournit une source de contre poids à la fois sur l’Abkhazie et la Georgie. Plus la Géorgie essaie de se distancer de la Russie, plus la Russie accroît son soutien à l’Abkhazie.

Cependant, la Georgie dirigée par l’homme fort de Washington, le président Mikhail Saakashvili, un dictateur brutal comme il l’a récemment démontré contre l’opposition intérieure, refuse d’abandonner la candidature de son pays à l’OTAN.

La Georgie est aussi un pays de transit stratégique pour le pipeline pétrolier anglo-américain venant de la Caspienne, de Baku en Azerbaïdjan à destination du port turque de Ceyhan en traversant la Georgie. De même, le pipeline de gaz Baku Tsibili Erzurum a joué un rôle clé pour l’Azerbaïdjan comme alternative au contrôle de l’état russe via son groupe Transneft pour transporter ses ressources en pétrole et en gaz vers l’Ouest. Tout le Caucase fait partie de ce que l’on décrit comme le nouveau grand jeu entre Washington et la Russie pour contrôler l’Eurasie.

Selon le Moscou Times : « l’une des manières de perturber l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN serait d’activer le conflit en Abkhazie à niveau tel que cela serait inacceptable pour l’alliance de l’Ouest qui agit dans le cadre d’un consensus de tous ses membres, de proposer l’adhésion. La direction de la Géorgie pourrait augmenter les tensions dans l’espoir de pousser l’Abkhazie et la Russie à agir de sorte que l’Ouest n’aurait pas d’autre alternative que d’intervenir.

« Quelque soit la motivation, quiconque réactive le conflit doit réaliser qu’il joue avec le feu. Cette politique du pire peut conduire à une guerre intégrale. La Georgie perdrait certainement la guerre si la Russie soutenait l’Abkhazie, tandis que la Russie perdrait son espoir de devenir un acteur mondial à influence bénéfique, et risquerait de créer de sérieuses tensions dans ses liens avec l’UE et les US. »


Rice jette de l’huile sur le feu

L’administration de G.W. Bush jette de l’huile sur le feu dans le Caucase. A Tsibili le 10 juillet, Rice a dit à la presse « la Russie doit faire partie de ceux agissant pour résoudre le problème et non pas y contribuer. Je l’ai dit aux Russes publiquement. Je l’ai dit en privé. »

Les effets de ses commentaires, blâmant Moscou pour l’escalade des tensions, c’est pour signaler le soutien de Washington à la Georgie, et ses efforts pour chasser les troupes russes de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie.

En mai, le président abkhaze, Sergei Bagapsh, a dit qu’il voulait conclure un traité militaire avec Moscou identique à celui entre Washington et Taiwan. I[« l’Abkhazie proposera à la Russie de signer un traité militaire qui garantira la sécurité de notre république «]i a déclaré Bagapsh. « Nous sommes également prêts à accueillir des bases militaires russes sur notre territoire dans le cadre de ce traité. J’aimerai mettre l’accent sur le fait que cela ne va pas à l’encontre de précédents existant déjà en matière de pratique internationale. Par exemple, ce traité pourrait être identique au traité entre les US et Taiwan. »

Tout comme Moscou refuse de reconnaître la souveraineté du Kosovo, Washington refuse d’admettre la souveraineté de l’Abkhazie. En mai, une délégation de haut niveau du département d’état US était en Abkhazie et y a rencontré des organisations non gouvernementales de même que le président. Par le passé, de la Serbie à la Géorgie à l’Ukraine, les services de renseignement de Washington ont utilisé les ONG , dont les fondations d’Open Society de Georges Soros, Freedom House une agence liée à la CIA, et l’Institution Albert Einstein de Gene Sharp dont le nom est trompeur, pour susciter une vague de changements de régime connus depuis sous le nom de « révolutions colorées ».

Dans chaque cas, le nouveau régime était pro Washington et anti Moscou comme c’est le cas avec Saakashivili en Georgie et Viktor Yushchenko en Ukraine. Les deux pays ont commencé à postulé à l’OTAN après le succès des révolutions colorées financées par les US.

Dans tout cela, Washington joue en fait potentiellement avec le feu nucléaire en escaladant la pression pour pousser la Georgie et l’Ukraine au sein de l’OTAN. Le ministre tchèque des affaires étrangères a signé le 8 juillet un accord autorisant le déploiement par les US sur le sol tchèque d’un radar spécial faisant partie de la « défense anti missile »top secrète qui soit disant vise à protéger contre la menace de missiles errants de l’Iran.

Comme même l’a fait remarqué récemment l’ancien secrétaire d’état Henry Kissinger, le refus catégorique de l’administration Bush de considérer en 2007 la contre proposition faite par le président russe de l’époque Vladimir Poutin de stationner le radar US dans une installation louée parla Russie en Azerbaïdjan, était une erreur provocatrice.

Cela montre clairement que Washington oriente sa stratégie militaire vers le démantèlement de la Russie comme adversaire potentiel. Cela mène tout droit à une possible guerre nucléaire par mauvais calcul. La dernière visite de Rice au Caucase et en République Tchèque n’a fait qu’ajouter au danger croissant.

F. William Engdahl 160708. Copyright Asia times On line http://www.atimes.com/atimes/Central_Asia/JG16Ag01.html

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

F. William Engdahl est l’auteur de « A Century of War: Anglo-American Oil Politics and the New World Order”, et termine actuellement un livre provisoirement intitulé , “The New Cold War: Behind the US Drive for Full Spectrum Dominance.”

Son site : www.engdahl.oilgeopolitics.net





Vendredi 8 Août 2008
Mireille Delamarre

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