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Samedi 06 Septembre 2008
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Droit International ONU
Torture américaine : programme SAP, Rumsfeld, Rice, Bush responsables et coupables. La CPI doit être saisie immédiatement.Un article de Seymour M. Hersh, paru le 24/05/05 dans "The New Yorker" (magazine américain) dans la rubrique Fact/ Annals of national Sécurity, intitulé "the Gray zone" (la zone d'ombre) explique comment un programme secret du Pentagon est arrivé à Abu Graib et pointe un doigt accusateur sur les responsables américains dont au sommet de l'administration américaine actuelle, Donald Rumsfeld, Rice et Bush lui-même ainsi que d'autres sous fifres. Les informations ci-dessous sont tirées de cet article toujours d'actualité.
Torture américaine : programme SAP, Rumsfeld, Rice, Bush responsables et coupables. La CPI doit être saisie immédiatement.
Les racines du scandale de la prison d'Abu Graib ne sont pas à trouver dans les tendances criminelles de quelques réservistes de l'armée américaine, mais dans une décision approuvée en 2003 par le secrétaire de la défense Donald Rumsfeld, ayant pour objectif d'étendre les méthodes d'une opération top secrète, focalisée sur la chasse de membres d'al Qaeda, aux interrogatoires des prisonniers en Irak.
Selon des interviews de plusieurs fonctionnaires des services secrets américains en poste ou à la retraite, l'opération du Pentagon, connue au sein de la communauté des services secrets sous plusieurs noms de code dont "Copper Green" encouragent les mauvais traitements physiques et l'humiliation sexuelle des prisonniers irakiens dans le but d'obtenir des renseignements sur la résistance irakienne qui se développe. Selon un haut responsable de la CIA qui a confirmé les détails de cette opération, elle visait à placer sous la coupe de Rumsfeld des opérations para militaires et clandestines longtemps menées par la CIA. L'histoire de ce qui s'est passé à Abu Graib et s'y passe encore, a démarré juste quelques semaines après les attaques du 11 septembre 2001, avec le bombardement américain de l'Afghanistan. Presque des le début, l'administration américaine a entrepris de chercher des membres d'al Qaeda dans la zone de guerre, et sa recherche mondiale de terroristes s'est heurtées à des problèmes majeurs au niveau du commandement et du contrôle. Par exemple, les unités de combat qui avaient dans leur ligne de mire des forces d'al Qaeda avaient obligation d'obtenir l'autorisation pour tirer avant de le faire. C'était la même chose pour les cellules anti terroristes partout dans le monde qui devaient obtenir l'aval des ambassadeurs américains et en référer à leurs supérieurs dans la chaîne de commande. Rumsfeld a autorisé la création d'un programme top secret qui a donné carte blanche pour tuer ou s'emparer et interroger des personnes définies comme de "grande valeur" pour l'Administration Bush et sa "guerre contre le terrorisme". Un programme SAP directement sous contrôle du ministère de la défense et tenu secret, a été hébergé dans une partie très sécurisée du Pentagon. Le programme prévoyait de recruter des agents, et d'acquérir les équipements nécessaires, y compris des avions, en maintenant ses opérations secrètes. Rumsfeld a réuni sous sa coupe toutes les agences menant des opérations secrètes inclues la CIA et la NSA (National Security Agency, le service d'espionnage intérieur sur les citoyens américains accusée récemment d'écoutes téléphoniques illégales) qui pour obtenir le feu vert n'avaient qu'à décliner le mot de passe pour pouvoir immédiatement lancer leurs actions. Ces opérations avaient le feu vert de Rumsfeld et de Condoleezza Rice, alors secretaire d'état à la sécurité à l'époque. Autre responsable impliqué, Cambone nommé en 2003 sous secrétaire à la défense, et Richard Meyers qui présidait l'assemblée des chefs d'étar major. Le président Bush a été informé de ce programme selon la même source. Au total, c'est moins de 200 agents et responsables qui sont impliqués, empêchant toute enquête possible y compris du Congres sur toutes ces opérations puisque définies Top Secret. Ce programme SAP permet à l'administration Bush de répondre immédiatement à des informations secrètes très sensibles : des "commandos sans frontière" sans visas, réagissent immédiatement pour s'emparer puis interroger en utilisant la force des personnes suspectées de terrorisme dans les centres de détention de la CIA éparpillés dans le monde. Les "règles" : s'emparer de ceux suspectés et carte blanche pour faire avec eux ce que l'on veut. En 2003, ce programme SAP fut considéré comme un succès par ceux du Pentagon La guerre en Irak a démarré, et des unités spéciales de ce programme SAP ont commencé leur travail en Irak notamment pour y traquer Saddam Hussein et les armes de destruction massive de ce dernier, sans succès pour ces dernières. Dans les premiers mois de la guerre en Irak et après, Rumsfeld et ses aides avaient une connaissance limitée de la résistance irakienne, la réduisant à n'être que le dernier sursaut d'inconditionnels du parti Baath de Saddam Hussein, Rumsfeld allant même jusqu'à la comparer à celle menée par les poches de résistance des nazis à la fin de la seconde guerre mondiale. Néanmoins, cette résistance s'amplifiant, il fallait désormais lutter contre, parce qu'elle était en plus très efficace comme l'atteste un rapport interne de l'époque de l'armée américaine qui stipulait : "Leur capacité à attaquer les convois et autres cibles vulnérables et en particulier des individus, est le résultat d'opérations de surveillance et de reconnaissance. Des information provenant des forces de sécurité irakiennes, principalement de la police irakienne, de certains ministères irakiens et d'irakiens travaillant dans la Zone Verte (zone forteresse des américains et de leurs supplétifs dans Bagdad) ont été communiquées aux cellules des résistants, concernant les mouvements de troupes et convois et les habitudes quotidiennes des irakiens travaillant pour la coalition" Le rapport concluait que les Etats-Unis avaient échoué à ce jour, notamment contre la résistance irakienne. La solution proposée par Cambone, sous secrétaire d'état à la défense, partisan acharné de la guerre en Irak, et approuvée par Rumsfeld, c'était d'utiliser des mesures coercitives dures contre les prisonniers d'Abu Graib. Un personnage central dans ce durcissement des conditions de détention et d'interrogation des prisonniers irakiens et des moyens de torture alors mis en place c'est le général en chef Geoffrey Miller le commandant de la prison et du centre d'interrogation de Guantanamo qui a été appelé à Bagdad en août 2003 pour revoir les procédures d'interrogatoire à Abu Graib et qui est devenu en avril 2004 le commandant en chef des prisons irakiennes. D'après un enquête interne de l'armée américaine rédigée par le général en chef Antonio Taguba en février 2004, Miller a demandé aux commandants en charge de ces procédures de les changer immédiatement, et quelles soient placées sous le contrôle de la CIA. Ce rapport stipulait aussi que les conditions de détention devaient "faciliter" les interrogatoires. Comme il est apparu ensuite dans les déclarations faites auprès du Sénat dans le cadre des tortures menées à Abu Graib, la théorie de Miller, c'était de guantanamoiser le système de détention en Irak et de faire qu'il se concentre sur les interrogatoires. Miller a aussi exposé devant les commandants militaires en Irak les méthodes utilisées à Guantanamo, qui comportaient entre autres : empêcher le prisonnier de dormir, exposition à des températures extrêmes froid et chaud, mettre les prisonniers dans des positions particulièrement pénibles des heures durant. Rumsfeld et Cambone sont allés plus loin en ce qui concerne les prisons irakiennes. Ils ont autorisés les méthodes utlisées par les cellules anti terroristes du programme SAP, les commandos pouvant opérer en Irak comme en Afhganistan. Les prisonniers males peuvent subir des traitements extrêmement durs, être humiliés sexuellement comme l'ont prouvé ensuite les photos publiées, dont celles rendues publiques tout récemment. Malgré les méthodes utilisées et toujours d'après l'un des agents des services secrets américains qui y a participé, ces interrogatoires n'ont rien donné. Cambone a alors décidé d'y appliquer toutes les règles de fonctionnement du SAP, et de placer les officiers des services secrets de l'armée américaine sous le contrôle de ce programme, considérant cela comme une opération secrète à protéger entre les quatre les murs du Département de la Défense (à l'abri d'une éventuelle enquête du Congres américain). Des agents des services spéciaux de contre terrorisme travaillaient à l'intérieur de la prison d'Abu Graib. Alors que les gardes de la police militaire portaient des uniformes, les autres, agents de la CIA, officiers des services secrets de l'armée, personnel de sociétés sous traitantes tels des interprètes, et agents de ce programme spécial, SAP, étaient en civil. La générale Janis Kaplinsly alors commandante de l'unité 800 des forces de police militaire et qui perdra plus tard ses galons dans l'affaire des tortures d'Abu Graib, a révélé ne pas avoir su réellement qui était qui, tant il y avait de va et vient de personnes civiles qui apparaissaient interrogeaient puis disparaissaient. Dans cette affaire, il semble que la Maison Blanche a fait sous traiter la torture par le Pentagon qui s'est lui-même reposé sur Cambone, Rumsfeld et Meyers approuvant ce programme même s'ils n'avaient pas connaissance de tous les détails de ce dernier. Le fait que les arabes soient particulièrement sensibles aux humiliations sexuelles fut le sujet de conversation des va en guerre néo conservateurs de Washington dans les mois qui ont précédé l'attaque et l'invasion de l'Irak. L'un des livres de référence le plus fréquemment cité dans ces milieux s'était le livre de Raphaël Patai (décédé en 1996) un anthropologue enseignant à Colombia et Princeton, publié en 1973 et intitulé "l'esprit arabe, une étude de la culture et de la psychologie arabe". Ce livre comprend un chapitre de 25 pages sur le sexe et les arabes, le dépeignant comme sujet tabou réprimé et honteux. Toujours selon ce livre, la ségrégation homme femme, le voile, et toutes les règles qui gouvernent les rapports et les contacts entre hommes et femmes, font du sexe une préoccupation majeure. Les enseignements sexuels ne sont pas divulgués sur la place publique, ce sont des affaires privées qui doivent le rester. Ce livre en fait devait devenir "la bible" des néo conservateurs et dans leurs discussions, il était clair pour eux que premièrement les arabes ne comprenaient que la force (une théorie soutenue également par les sionistes israéliens à l'égard des palestiniens) et que deuxièmement la plus grande faiblesse des arabes c'est la honte et l'humiliation. Ces va en guerre utilisent ces mantras racistes islamophobes jusqu'à aujourd'hui et ce donc intentionnellement. L'objectif de ses humiliations sexuelles, hommes nus maintenus dans ces conditions pendants des périodes extrèmemnt longues parfois menacés dans leur extrême nudité par des chiens sans muselière dont certains les ont attaqués et mordus, et photographiés, est de proposer à certains détenus de collaborer et d'espionner pour le compte des américains, sachant que certains d'entre eux seraient prêt à tout pour que ces photos ne puissent être vues par leurs familles et leurs amis (déduction de la "théorie" de Patai). De peur que celles-ci soient divulguées, ils seraient donc prêts à espionner les résistants. Cependant, il semble que ces méthodes n'aient pas produit l'effet escompté mais probablement l'effet inverse car la résistance s'est amplifiée, de nouveaux combattants sont venus renforcer ses rangs comme le prouve les attaques quotidiennes sur les forces américaines et leurs supplétifs britanniques australiens polonais japonais et autres. Rumsfeld en 2003 a essayé sans succès de mettre de son côté le président de l'association d'avocats du comité international sur les droits de l'homme new yorkais de l'époque Scott Horton, lui rendant visite par deux fois dans ses bureaux de la ville de New York. D'après celui-ci, le flou juridique entretenu sciemment par le Pentagon sur ce qui se passe dans les prisons sous contrôle américain a détruit 50 ans de respect volontaire américain des Convention de Genève qui interdisent explicitement tout recours à la torture notamment en matière d'interrogatoires de prisonniers. Ces atrocités étant organisées dans le cadre de ce programme ultra secret SAP, les hauts responsables américains qui ont donné carte blanche aux responsables de celui-ci et à ses agents et sous traitants, se croient au dessus de toutes les lois, y compris quand des ONG comme Amnesty International, Human Rights Watch, le CICR, et tout récemment la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU, dénoncent ces tortures et demandent en ce qui concerne Guantanamo, que cette prison soient fermée et les prisonniers jugés ou relâchés. Ces demandes sont de loin insuffisantes. Les citoyens de conscience doivent exiger que la Cour Pénale Internationale soit saisie et les responsables de ces tortures, du plus haut niveau jusqu'aux exécutants soient inculpés et condamnés. Ces actes sont inqualifiables, et font partie d'un projet machiavélique américain de domination du monde, avec en toile de fond des méthodes qui rappelle l'époque lointaine de l'Inquisition, et celle, plus proche de nous, du Nazisme et des méthodes de torture utilisées par la Gestapo. Source : Article de Hersh New Yorker du 24/05/05 Tortures américaines Dimanche 19 Février 2006
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