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Torture Sexuelle Utilisée Par Les Américains: Ce Qui Est Connu Et Ce Qui Reste Inconnu



Torture sexuelle utilisée par l'armée US en Irak
Torture sexuelle utilisée par l'armée US en Irak

Selon le rapport du Comité Des Forces Armées au Sénat récemment publié portant sur l'utilisation de "techniques d'interrogatoires cruelles" ( euphémisme pour torture ndlt) la "mise à nu a été autorisée par le secrétaire à la défense (Rumsfeld) pour utilisation à GTMO (Guantanamo) le 2 Décembre 2002". Il rapporte aussi que l'utilisation prolongée de la nudité a prouvé être si efficace qu'en Janvier 2003, elle a été approuvée pour utilisation en Afghanistan et , fin 2003, a été adoptée pour utilisation en Irak.

"Enquête sur le traitement des détenus aux mains des US"

Le rapport du Sénat a été publié peu de temps après qu'un rapport du CICR ( Comité International de la Croix Rouge) sur les techniques de torture utilisées par la CIA comme faisant partie de son programme de détention a été transmis sous le manteau par Mark Danner du " New York Review of Books". L'attention médiatique s'est engouffrée sur ces rapports, se concentrant principalement sur l'utilisation du simulacre de noyade ( ou ce que le CICR appelle plus précisément " suffocation par l'eau" ) et, en particulier, son utilisation 183 fois sur Khalid Sheikh Mohammed et 83 fois sur Abu Zubaydah.

Les médias ont porté moins d'attention sur d'autres éléments que le CICR appelle les "autres méthodes de mauvais traitements". Le rapport du Sénat identifie ainsi ces techniques : utilisation de chiens militaires, positions stressante et d'endurance physique, perturbation du sommeil/gestion du sommeil, privation sensorielle, et nudité. Le CICR les identifie comme suit : position debout prolongée stressante, tabassage en utilisant un collier, frapper et rouer de coups de pieds, confinement dans une boîte, privation de sommeil et utilisation de musique forte, exposition au froid/eau froide, utilisation prolongée de menottes et de chaînes, menaces, rasage forcé, privation/restriction d'approvisionnement en nourriture solide et nudité prolongée.

Ces rapports ensemble avec la publication récente des "mémos sur la torture" de l' Administration Bush ont aidé à focaliser l'attention nationale sur l'aspect honteux si ce n'est illégal de la guerre contre le terrorisme du roi Georges le fou. Cependant, ces rapports sont des documents "officiels" basés sur des révélations venant de sources très limitées. L'information rassemblée, bien que précieuse, est limitée par ces sources.

Les sources limitées restreignent l'accès du public à la connaissance de tout l'éventail de tortures utilisées par les agents des renseignements américains, les officiers militaires et les agents privés. Se concentrer sur la torture sexuelle qui inclut la nudité prolongée, révèle ce qui a été rendu public mais aussi la dimension de ce qui reste encore à porter à la connaissance du public.

Ne pas rendre compte publiquement de toute l'étendue de la torture sexuelle utilisée parallèlement à toutes les autres techniques d'interrogatoires "cruelles", crée une histoire "officielle" aseptisée. Les Américains ne sauront jamais quelles méthodes de torture ont été pratiquées en leur nom, ils ne pourront pas non plus demander des comptes à ceux qui ont ordonné et exécuté ces actions sauf s'ils vont chercher au delà des sources "officielles".

Le CICR a mené des interviews avec 14 " combattants ennemis" originaires de 8 pays. Les détenus ont été arrêtés sur une période d'un peu plus de trois ans, de Mars 2002 à Mai 2005. 11 de ces détenus ont été soumis à une nudité prolongée " pendant la détention et les interrogatoires, allant de plusieurs semaines en continu jusque plusieurs mois par intermittence".

Le CICR raconte ce qu'elle appelle les " présumées " expériences de 7 détenus ayant subi une nudité prolongée :

Khalid Sheikh Mohammed - laissé nu pendant un mois en Afghanistan.

Abu Zubaydah - laissé nu pendant deux semaines et demie en Afghanistan après s'être rétabli dans un hôpital pakistanais; il rapporte que par la suite on lui a fourni à plusieurs reprises des vêtements et puis on l'a laissé nu pendant plusieurs semaines de suite.

Walid Bin Attash - laissé nu pendant deux semaines en Afghanistan et de nouveau pendant un mois dans un deuxième centre de détention inconnu.

Encep Nuraman (aka Hambali) - laissé nu pendant 4 ou 5 jours en Thaïlande et une semaine en Afghanistan, puis par périodes intermittentes pendant lesquels il était laissé nu ou vêtu.

Majid Khan - laissé nu pendant trois ou quatre jours en Thaïlande puis en Afghanistan et 7 jours dans le troisième lieu de détention.

Mohammed Nazir Bin Lep - laissé nu pendant deux à trois mois en Afghanistan et puis a subi des périodes intermittentes où il était nu ou vêtu.

Détenu, nom non révélé - laissé nu pendant deux ou trois mois en Afghanistan et puis a subi des périodes intermittentes où il était nu ou vêtu.

Les sources de ces rapports proviennent d'interviews des détenus.

Le rapport du Sénat fournit une estimation tres différente de ce qu'il appelle " enlèvement de vêtement". Il fait clairement état que l'utilisation de la nudité bénéficiait d'un soutien fort de la CIA et de l'armée comme technique d'interrogatoire. Il rapporte que la nudité a été importée en Irak, spécialement à la prison d'Abu Ghraib, d'Afghanistan et de GTMO.

Il déclare que cette technique a servi certain nombre d'objectifs d'interrogatoire, dont " humilier les détenus", " renouveler le choc de la capture des détenus" et comme récompense pour bonne conduite. Elle était largement utilisée comme l'indique l'interview de deux officiers parmi un grand nombre interrogés. COL Jerry Philabaum, le commandant du 320ème MP, rapporte avoir vu " entre 12-15 détenus nus dans leurs propres cellules individuelles." CPT Donald Reese, commandant de la Cie du 372ème MP, a reconnu que la nudité prolongée était "connue de tous" et que c'était " une pratique habituelle d'arpenter les étages et voir des détenus transportant leurs vêtements et literie". D'autres officiers ont fait des déclarations identiques.


Comme le rapport du CICR, le rapport du Sénat se base principalement sur des interviews mais ce sont celles d'officiers de l'armée de la police militaire et des renseignements. En plus, le rapport du Sénat se base également sur des rapports militaires connus rendus public tel le rapport Fay bien connu, établi par le Major General George Fay. L'une de ses citations est particulièrement candide peut être plus révélatrice que ce qu'il voulait révéler à l'origine : " la détention créait un environnement qui exploitait la dépravation et la dégradation plutôt que le traitement humain des détenus." Le rapport mentionne aussi en passant une seule référence au rapport sur Abu Graib du Major Général Antonio Taguba.

Les premiers "combattants ennemis" sont arrivés à Guantanamo le 11 Janvier 2002, près d'un an avant que Rumsfeld autorise officiellement l'utilisation de la torture sexuelle. Selon une édition spéciale de CBS, un "avion de l'US Air Force en provenance d'Afghanistan a atterri à Guantanamo transportant 20 détenus, marquant le début de l'opération de détention" ( CBS News Gitmo Timeline, 24 Aout 2004). Dans le rapport du Sénat, SMU ( Special Mission Unit - Unité Mission Spéciale) le commandant de la Task Force/TF (dont le nom est noirci) déclare que quand il " a pris le commandement ( de Guantanamo) il a "découvert que certains détenus n'étaient pas autorisés à porter des vêtements" comme technique d'interrogatoire, ( noirci) a dit qu'il avait mis fin à cette pratique en Décembre 2003 ou Janvier 2004."

Ces révélations sur la nudité prolongée ont été peu discutées publiquement. Comparée à des techniques bien pires employées, notamment celles de "suffocation par l'eau" frapper la tête, coups de pieds, positions stressantes, utilisation de chiens et privation de sommeil, la torture sexuelle semble plutôt bénigne. Pourtant, son objectif était, parallèlement à d'autres techniques, de saper la dignité humaine et créer un sentiment d'inutilité... ayant comme résultat, l'épuisement, la dépersonnalisation et la déshumanisation.

Cependant, s'appuyer sur d'autres sources permet de donner un autre aperçu, beaucoup moins aseptisé et bien plus sadique. Ce qu'on ne sait pas c'est si ces techniques supplémentaires ont été approuvées par l'armée US et les dirigeants civils ou étaient des actions improvisées d'officiers en ligne de front et de sous traitants? Quelques exemples illustrent ces techniques.

La meilleure source d'information sur l'utilisation de la torture sexuelle à Abu Ghraib reste le rapport Taguba. Dans le sommaire du rapport, la liste d'actes "sadiques, d'abus criminels flagrants et gratuits" identifiés comme ayant été utilisés dans la prison :

forcer les détenus à enlever leurs vêtements et les laisser nus pendant plusieurs jours de suite;

enregistrer sur vidéo et photographier des détenus mâles et femelles;

forcer des détenus mâles nus à porter des sous vêtements féminins;

forcer des groupes de détenus mâles nus à se masturber tandis qu'on les photographiait et on les enregistrait sur vidéo;

empiler des détenus mâles nus les uns sur les autres et puis sauter dessus;

positionner un détenu mâle nu sur une boite de MRE ( meals ready to eat - repas tout prêt) avec un sac de sable sur la tête, et attacher des fils électriques à ses doigts, doigts de pied, et pénis et simuler la torture électrique;

placer une chaîne pour chien ou un collier autour du cou d'un détenu nu et faire poser une soldate à ses côtés pour la photo;

sodomiser un détenu avec une lampe électrique et peut être un manche à balais.

Pourquoi cette partie du rapport Taguba n'est pas apparu dans le rapport du Sénat ? Son absence est révélatrice de la façon don les rapports officiels sont aseptisés et comment on écrit l'histoire de l'intérieur ( voir "Terrorisme Sexuel : le côté sadique de la guerre contre le terrorisme de Bush" Counterpunch 13 Mai 2008).

La presse US et internationale ont révélé des épisodes troublants du terrorisme sexuel utilisé par les forces américaines. Par exemple, l'AP a rapporté qu'un ancien détenu, Dhia al-Shweiri, a reçu l'ordre des soldats américains de se mettre nu, de se pencher et de placer ses mains sur un mur; bien que n'ayant pas été sodomisé, il dit qu'il a été humilié :" nous sommes des hommes. C'est OK s'ils me frappent" al Shweiri a dit. "Les coups ne me blessent pas; c'est juste un coup. Mais personne ne veut que sa mascuinité soit anéantie".

Le "Sunday Herald" d'Ecosse a rapporté qu'un ancien prisonnier irakien a affirmé qu'il y a une photo d'un traducteur civil violant un adolescent prisonnier mâle; il a déclaré : " ils ont couvert toutes les portes avec des draps. J'ai entendu les cris,...et la femme soldate prenait des photos."

Le quotidien Independent de Londres a rapporté l'expérience de Hayder Sabbar Abd, immortalisé comme l'homme tenu en laisse sur la photo abjecte de Lynndie England. Abd affirme qu'on lui a donné l'ordre de se masturber tandis que Ms England " mettait ses mains sur ses seins" ce qu'il n'a pas pu faire; et de simuler une fellation avec un autre prisonnier, ce qu'il semble avoir fait.

Le "Sydney Morning Herald" a noté : " des femmes menant des interrogatoires ont essayé de briser ls détenus musulmans à Guantanamo Bay par des attouchements sexuels, en portant une mini jupe et un string, et dans un cas en barbouillant le visage d'un homme saoudien avec du faux sang menstruel, selon le compte rendu écrit de quelqu'un de l'intérieur".

La torture sexuelle servait deux objectifs contre ceux sujets à ces abus : faire mal physiquement et ravager émotionnellement. Cela avait pour but de briser les détenus mâles. Cela avait pour but d'infliger à la fois douleur et honte, faire souffrir la victime et qu'elle se culpabilise. La torture sexuelle a essayé de briser la victime à la fois physiquement et spirituellement, de laisser des cicatrices sur et dans le corps et dans la psyché.

Avec l'élection d'Obama, l'armée US a probablement cessé d'employé des " techniques d'interrogatoires cruelles " ( Sachant qu'Obama vient d'accepter la nomination au poste de commandant des forces US/OTAN en AfPAk de l'ancien commandant des forces spéciales de contre terrorisme, McChrystal, impliqué indirectement dans des actes de torture de prisonniers, on peut en douter ndlt). Malheureusement, compte tenu du pragmatisme d'Obama de la complicité du Congrès, du zèle de la bureaucratie militaire, et de l'immoralité de la CIA ( et des agents privés) on peut se demander ce qui adviendrait s'il y avait un nouveau 11 Septembre.

L'ampleur réelle de l'utilisation de la torture sexuelle " techniques d'interrogatoire cruelles" (torture ndlt) pendant la guerre contre le terrorisme est inconnue. De même on ne sait pas vraiment qui au sein de l'Administration Bush a approuvé l'utilisation de telles techniques, ni qui dans l'armée US et la communauté du renseignement ( de même que chez les agents privés) a utilisé de telles techniques. Répondre à ces questions devrait être la première tâche d'une enquête " officielle" sur la guerre contre le terrorisme. Et ceux chargés de mener cette enquête devraient utiliser une plus grande diversité de sources que celles dites " officielles". Ainsi seulement le peuple américain comprendra ce qui a été fait en son nom, en espérant que cela ne se reproduise plus.

David Rosen - 15/05/2009 - www.counterpunch.org

Troupes US/OTAN sous commandement de McChrystal ex commandant des escadrons de la mort de Cheney

Mardi 19 Mai 2009
Traduction Mireille Delamarre

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