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Samedi 30 Août 2008
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The Road to Guantanamo film de Michael Winterbottom et Mat WhitecrossCe film vient d'être présenté (et obtenir l'Ours Blanc) au Festival International de Berlin. Documentaire fiction, il raconte l'histoire vraie de 3 jeunes musulmans britanniques arrêtés au Pakistan et envoyé à la prison de Guantanamo, puis libérés après avoir subis sévices et tortures. Il sera montré à la télévision britanniques au printemps, et diffusé en salle, en même temps qu'en DVD et sur Internet afin que, comme l'ont dit les coréalisateurs, le maximum de personnes puissent le voir le plus tôt possible.
The Road to Guantanamo film de Michael Winterbottom et Mat Whitecross
Ce film vient d'être présenté (et obtenir l'Ours Blanc) au Festival International de Berlin. Documentaire fiction, il raconte l'histoire vraie de 3 jeunes musulmans britanniques arrêtés au Pakistan et envoyé à la prison de Guantanamo, puis libérés après avoir subis sévices et tortures. Il sera montré à la télévision britanniques au printemps, et diffusé en salle, en même temps qu'en DVD et sur Internet afin que, comme l'ont dit les coréalisateurs, le maximum de personnes puissent le voir le plus tôt possible.
Les 3 jeunes britanniques dont les tragiques expériences servent de trame à "La Route de Guantanamo", y ont passé 2 ans, suspectés d'être des "terroristes", puis relâchés, ils ont déposé plainte contre le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld notamment pour torture. La plainte déposées mentionne qu'ils ont été "battus à maintes reprises avec des crosses de fusils, punis, ont reçu des coups de pieds et ont été tabassés. Ils ont été maintenus dans des positions pénibles pendant des heures, menottés serrés, provoquant des blessures profondes qui ont laissé des cicatrices permanentes. Ils ont aussi été menacés par des chiens sans muselière, obligés de se dévêtir entièrement, ont subi de force des fouilles corporelles répétées anales et d'autres orifices et ont été soumis à des températures extrêmes alternativement de chaud et de froid pour causer intentionnellement des souffrances." Ils ont porté plainte contre Rumsfeld parce qu'ils pensent que les tortures qu'on leur a infligé étaient "le résultat d'actions délibérées et prévisibles conduites par Rumsfeld et des officiers supérieurs pour se moquer ou se dérober à la Constitution, la loi américaine, aux obligations des traités et au respect des normes obligatoires depuis longtemps établies en droit international". Ils ont rendu public un dossier de 115 pages sur leur traitement à Guantanamo. Des responsables de la Croix Rouge y ont réagi avec horreur affirmant que si les allégations contenues dans ce dossier sont vraies, cela équivaut à des crimes de guerre. Ruhel Ahmed, Asif Iqbal, Shafiq Rasul, tous trois britanniques musulmans, âgés entre 19 et 23 ans, se sont rendus en 2001 du centre de l'Angleterre au Pakistan, où, Iqbal devait, dans le cadre d'un mariage pré-arrangé par sa mère à Islamabad, y rencontrer et épouser une jeune femme. Les deux autres jeunes devaient servir de témoins. Mais les trois jeunes de passage à Karachi ont répondu à l'appel d'un imam d'une mosquée locale pour se porter volontaire pour l'Afghanistan. Ce qui a débuté comme une épopée en bus dans le pays voisin sur le point d'être attaqué par les Etats-Unis, et qu'ils ont entrepris pour aider et à titre d'expérience selon leurs dires, c'est transformé en cauchemar avec traitements dégradants et tortures. Tombés dans de mauvaises mains, ils ont été emprisonnés puis transférés à Guantanamo. Aucune charge n'a jamais été portée contre eux et c'est le gouvernement britannique qui a négocié leur libération. Les 3 Tipton, comme ils ont été surnommés, une fois rentrés en Grande Bretagne ont raconté les détails de ce qu'ils avaient subi. Le coréalisateur du film, Michael Winterbottom, est déjà connu pour avoir remporté le premier prix du Festival International de Berlin en 2003 avec son film "in this world", film dans lequel il fait le portrait de personnes qui s'enfuient d'Afghanistan combinant documentaire et fiction et pour lequel il a employé des réfugiés comme acteurs. Ci-dessous un interview accordé au journal allemand Der Spiegel on line par les deux coréalisateurs Michael Winterbottom et Mat Whitecross S : Qu'est ce qui vous a poussé à faire un film sur Guantanamo ? Wh : Ce qui nous a attiré dans cette histoire, c'est ce que nous avons lu dans les journaux britanniques ; c'était absolument incroyable. Et tous les éléments en ont été corroborés. Cela semblait être une histoire extraordinaire qui s'est transformée en un voyage en enfer. WI : Dans un sens c'est une histoire très classique – des gens ordinaires dans des circonstances extraordinaires - et ils le racontent d'une façon tellement attachante et simple, c'est ce que nous avons essayé de faire dans ce film. Nous ne faisons pas un film politique – ils ne discutent pas de politique, ils n'attaquent personne, ils racontent simplement leur histoire. Guantanamo a été crée spécialement à Cuba en dehors de toute juridiction. La raison pour laquelle ce camp ne se trouve pas en Amérique c'est parce que ce serait illégal de les y emprisonner. C'est un endroit de cauchemar. Si vous voyez l'histoire de "personnes qui ont atterri là bas," cela vous remet en mémoire le fait qu'il y a encore 500 personnes qui y sont détenues. Ce ne sont pas des terroristes cinglés – ce sont des personnes, et ils ont les mêmes droits que les autres. Le slogan sur les portes de la prison c'est "lié par l'honneur pour défendre la liberté" Mais vous ne pouvez défendre la liberté en enfermant des gens sans passer par la justice. S : Dans le film vous mélangez interviews, images d'actualités et reconstitutions. Ne craignez vous pas que les spectateurs ne puissent distinguer entre ce qui est réel et ce qui est joué ? Wi : Nous avons seulement voulu raconter l'histoire de la meilleure façon possible, et de la manière la plus fonctionnelle. Et cela nous a semblé important que les personnes concernées soient dans le film parce qu'il nous faut nous souvenir que c'est une vraie histoire. Et aussi de manière à ce que les spectateurs puissent comprendre qui ils sont. Quand on les a rencontrés pour la première fois, ils ont raconté leur histoire d'une façon incroyablement ordinaire. Ils ont parlé des diarrhées et de la mauvaise nourriture, comme n'importe qui, qui partirait voyager en Afghanistan ou au Pakistan. Ils n'ont pas d'opinion politique à exprimer, ils ne veulent pas placer leur histoire dans un contexte politique. Ils disent simplement : "C'est ce qui m'est arrivé". On démarre avec eux alors qu'ils se rendent au Pakistan pour un mariage, ce sont des adolescents, très naïfs, et ils finissent à Guantanamo comme s'ils étaient les plus dangereux terroristes au monde. S : Dans le film vous montrez des soldats américains abusant des prisonniers. Est –ce que vous essayez de diaboliser les Etats-Unis en les montrant ainsi ? Wh : Le fait est que nous recréons ce que les garçons nous on dit. Et le fait est que la plupart des gardes qu'ils ont rencontré et qui les détenaient étaient extrêmement brutaux. C'est la façon dont ils ont été traités. Bien sûr, il y avait aussi des gardes qui les traitaient humainement. S : Est-ce que ce film sera montré aux Etats-Unis ? WI : Nous l'espérons. Le film a été financé en Grande Bretagne, et nous l'avons montré au Festival International de Berlin dans l'espoir de le vendre à un maximum de pays. Et nous espérons le vendre aux Etats-Unis. Finalement ceux qui vont fermer Guantanamo ce sont les gens de l'administration américaine. C'est les seuls qui le peuvent. Donc plus il y a d'américains qui le voient qui sont contre Guantanamo, plus tôt viendra le jour ou Guantanamo sera fermé. S : Beaucoup peuvent être d'accord sur le fait que Guantanamo est une prison inacceptable, mais comment pensez vous que les gouvernements tels celui des USA devraient s'occuper des ces "combattants ennemis" qui ont, en quelque sorte, un troisième statut ? Wi : C'est quoi "combattants ennemis" ? Je pense que la façon d'utiliser le langage est l'une des choses les plus terribles qui soit arrivée ces dernières années. Je pense qu'il y a une stratégie volontaire de changer les noms des choses dans l'espoir de pouvoir faire certaines choses que normalement on ne pourrait pas faire. Au lieu d'appeler cette guerre une guerre en Afghanistan, on appelle cela "guerre contre le terrorisme". Cela veut dire quoi ? Si cela avait été une guerre en Afghanistan, il y aurait eu des prisonniers de guerre, et lorsque celle-ci s'est terminée, ils auraient du rentrer chez eux. Cela veut dire que des individus sont retenus prisonniers pendant 4 ans sans pouvoir avoir recours à la justice. S : The Road to Guantanamo passera à la télévision britannique au printemps, et aussi simultanément dans les salles, et sera diffusé en DVD et sur internet. Pourquoi rompez vous avec la tradition et montrez vous votre film sur tant de supports à la fois ? Wi : Pour ce type de film sur ce qui se passe maintenant, nous voulons que les gens le voient maintenant, aussi là où il y a le plus d'audience c'est à la télévision. Nous ne voulons pas vraiment avoir à attendre un an avant qu'il ne soit diffusé à la télévision parce qu'il a été vu au cinéma ou l'audience est moins importante. Et puis l'idée c'est que le DVD, Internet, sont des supports complémentaires plutôt que compétitifs en ce qui concerne l'audience. Nous voulons juste que le plus de personnes voient ce film le plus tôt possible. Susan Stone – Berlin – 17/02/06 Source et Copyright : Der Spiegel on line www.speigel.de Traduction bénévole pour information à caractère non commercial par MD pour Planète Non Violence Torture américaine: lien vers une vidéo de photos accablantes Torture dans les goulags américains: du personnel médical impliqué Jeudi 23 Février 2006
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