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Vendredi 08 Août 2008
21:08
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Colonialisme Sioniste
Terreur, terrorisme - Qui sont les terroristes ? Israéliens, palestiniens, les deux ?Réflexion d'un historien israélien sur le sujet, à partir notamment de ce qu'a pu être la terreur pré étatique israélienne menée par des groupes clandestins comme l'Irgoun contre la population civile palestinienne.
Source Wikipédia
Le test de Tzipi Livni
La semaine dernière, la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni a déclaré qu'il y a une différence entre les combattants palestiniens pour la liberté qui s'en prennent aux soldats et des terroristes qui s'en prennent aux civils. Le test de Livni est intéressant, bien sûr parce que la ministre des affaires étrangères parlait en fait en se référant à son père Eitan Livni, qui a été l'officier responsable des opérations dans l'Irgoun*, et plus tard un membre du parlement. Bien sûr Livni ne considère pas les gens de l'Irgoun comme des terroristes mais comme des combattants de la liberté. Et c'est ainsi aussi que l'histoire officielle de l'Irgoun les présente: elle agissait contre des structures militaires et gouvernementales, mais pas contre des civils.
Livni a probablement été élevée dans ce mythe, d'une image de soi noble entretenue par Menahem Begin avant même que son organisation ne se désintègre. La vérité est différente. Le 6 juillet 1938, des gens de l'Irgoun ont dissimulé une bombe dans un marché aux légumes dans la rue Hamelachim à Haifa. Deux membres de l'Irgoun ont rapporté plus tard dans un livre imprimé avec l'aide du ministère de la défense que 18 arabes palestiniens avaient été tués et 38 blessés dans cette opération. Deux jours plus tard, des gens de l'Irgoun ont mené une attaque dans Jérusalem ; 4 arabes ont été tués. 10 jours après cela, l'Irgoun est retournée sur le marché de Haïfa : 27 arabes ont été tués et 47 blessés. Dans leur livre "Divrei hayamim le'milhemet hashihrur", (chronique de la guerre d'indépendance), les éditeurs Yaakov Amrami et Arie Melitz décrivent comment les attaques ont été menées : deux fois les bombes ont été amenées dans des paniers de légumes. Une bombe a été placée à l'intérieur d'une caisse de cirage à chaussures. Pendant des années, l'organisation s'est attaquée à des bus, des cafés et des cinémas. Des gens de la Haganah et du Palmach ont aussi menés des actions contre des civils arabes. Ils étaient aussi, suivant la définition donnée par Tzipi Livni lors de l'émission « Nightline » des terroristes. Comme on le sait la plupart des terroristes se définissent comme des combattants de la liberté, et la plupart des combattants de la liberté sont persécutés comme des terroristes : et les deux ont habituellement raison ; donc, à la base, essayer de différencier entre eux n'a pas de sens. Livni se concentre sur les cibles des attaques, pas sur les objectifs ; un moment on a pu penser qu'elle semblait écarter en principe le fait de s'en prendre à des civils. Ceci renvoie aussi à une leçon d'histoire intéressante : en fait, il n'y a aucune justification pour s'attaquer à des civils. Jamais. Ni à Dresde, ni à Hiroshima, ni à Hanoi, ni à Beyrouth, ni à Ramat Gan ou Gaza. Mais Livni justifie aussi les tirs d'artillerie sur Gaza, et alors le jeu des définitions fait appel à d'autre participants : la terreur d'état, qui s'en prend au civils en temps de guerre. Ce n'est pas si facile de vivre avec la règle que vous ne devez jamais faire de mal à des civils : ni quand les palestiniens place des lance roquettes au milieu de quartiers résidentiels, ni quand Israël donnent des armes à ses citoyens et les envoie vivre dans les colonies. Le test de Livni semble ainsi être quelque chose qui pourrait être discuté sur Popolitika (une émission TV satirique israélienne ndt) ; mais la guerre pour la terre d'Israël n'a jamais été à la hauteur du test. Ni les israéliens ni les palestiniens n'ont jamais renoncé à la terreur. Les deux l'ont utilisé et ont trouvé dans certaines occasions qu'elle faisait avancer leurs objectifs. La terreur arabe dans les années 30 a presque conduit à l'expulsion des britanniques de Palestine, à la veille de la seconde guerre mondiale ; la terreur juive a facilité leur expulsion à la fin des années 40. Il y a une génération d'israéliens qui ont grandi non seulement en admirant la terreur utilisée par les organisations clandestines pré étatiques, mais aussi dans le cadre de guerres contre les régimes coloniaux partout. Yitzhak Shamir s'appelait « Michael » en référence à Michael Collins, le célèbre chef clandestin irlandais. Bien sûr, des israéliens ont aussi grandi dans l'admiration des partisans qui ont combattu contre les nazis. Dans les années 50 et 60, ils se sont identifiés avec les mouvements de libération en Afrique et en Amérique du sud. En même temps que leur admiration pour Che Guevara et Steve Biko – un dirigeant de la lutte contre l'Aparthied en Afrique du sud. Des israéliens ont entretenu des amitiés avec des chefs qui ont fait de la prison parce qu'ils étaient alors considérés comme des terroristes : Israël leur a donné des armes et de l'argent, les a invité en Israël, et les a reçu avec tous les honneurs. Leurs livres ont été traduits en hébreu, et publiés par des maisons d'éditions de l'état. Rien ne pouvait alors plus offenser les israéliens que ce qualificatif péjoratif d' « impérialistes ». Jusqu'à l'arrivée du président égyptien Gamal Abdel Nasser, qui s'est placé à la tête des nations « non alignées » et a évincé Israël de la famille des bons types. En 1956, Israël s'est alliée avec la Grande Bretagne et la France, en partie en espérant chasser Nasser, et à partir de 1965, il a du affronter une nouvelle génération de terroristes palestiniens – avec le Fatah. Depuis, il s'est posé inlassablement la question – qui est un terroriste et qui est un combattant de la liberté ? Moshé Dayan comparait le Fatah à l'Irgoun ; dans cette comparaison, Israël endossait le rôle de l'anglais méprisé. Des années plus tard, Ehud Barak, a dit que s'il était un palestinien, il aurait rejoint les organisations terroristes. Le Fatah a fait des détournements d'avions, et a ainsi mis le problème palestinien à l'ordre du jour de la communauté internationale – Qui sait si quelqu'un aurait entendu parler de leur détresse s'il n'y avait pas eu cette terreur ? Il y a fort peu de chance qu'Ariel Sharon ait initié le démantèlement des colonies dans la bande de Gaza s'il n'y avait pas eu la terreur palestinienne. C'est le même Ariel Sharon qui dans les années 50 dirigeait une unité de parachutistes célèbre qui a commis des actes de terreur contre des villages palestiniens au-delà de la frontière. Qu'est que tout cela veut dire ? Seulement que la terreur est la terreur, est la terreur. Extraits d'un article de Tom Segev, historien israélien, paru dans le Haaretz daily on line version anglaise du 20/04/06 sous le titre « The Tzipi Livni test » . Copyright Haaretzdaily. Traduction bénévole pour information à caractère non commercial par MD pour Planete Non Violence. *Irgoun : Irgoun Zwaï Leoumi, (Organisation militaire nationale) organisation clandestine pré étatique née en 1935 d'une scission de la Haganah, et dirigée après 1945 par Menahem Begin. Entre 1936 et 1939 l'Irgoun commet des attentats qui font au total 250 morts civils palestiniens. En 1946, l'Irgoun fait sauter l'hôtel King David siège de l'administration britannique tuant 91 personnes civils et militaires. Pendant la guerre de 1948, elle participe au massacre du village palestinien de Deir Yassin, qui fait 254 victimes civiles palestiniennes La plupart de ses membres furent ensuite intégrés dans l'armée régulière israélienne (Zva Haganah le Israel – Armée de Défense d'Israel). Son dirigeant, Menahem Begin qui rejoint l'Irgoun en 1942 , organisa l'attentat du King David en 1946, pris la tête de l'organisation en 1947, fut premier ministre de l'état d'Israel de 1977 à 1983. Judaisme et objection de conscience Mardi 25 Avril 2006
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