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Surpasser les Soviétiques en Afghanistan

Point de vue de l’ambassadeur russe sur l’enlisement actuel des troupes d’occupation US/OTAN en Afghanistan.



Surpasser les Soviétiques en Afghanistan

Qui est l’ennemi ?

Il y a vingt ans cette semaine l’Union Soviétique commençait son retrait d’Afghanistan, huit ans et demi après y avoir été invitée par le PDPA désespéré (People ‘s Democratic Party of Afghanistan – Parti Démocratique du Peuple d’Afghanistan) alors secoué par des querelles internes et assailli par les rebelles islamistes financés par les Etats-Unis. Le coup fatal porté aux Soviétiques c’est quand les US ont commencé à fournir des missiles Stinger à Osama Ben Laden et ses amis.

Actuellement, après une occupation de huit ans par les US/OTAN , on peut établir des parallèles – et des différences – entre les deux occupations, nombreuses et saisissantes, comme le confirme l’actuel ambassadeur de Russie en Afghanistan, Zamir Kabulov.

« Toutes les erreurs commises par l’Union Soviétique ont été répétées par la communauté internationale ici en Afghanistan » a dit Kabulov. « Sous estimation de la nation afghane, la croyance que nous détenons une supériorité sur les Afghans, qu’ils sont inférieurs et qu’on ne peut pas leur faire confiance pour gérer les affaires de ce pays. Une manque de connaissance de la structure sociale et ethnique de ce pays ; un manque de compréhension suffisante des traditions et de la religion ».

Ce n’est pas seulement cela, car les nouveaux patrons du pays commettent de même de nombreuses erreurs.

« Les soldats et officiers de l’OTAN s’excluent eux-mêmes de la population afghane – ils n’ont pas de contact quotidien. Ils communiquent avec les Afghans à la pointe du fusil dans leur Humvees (véhicules blindés tout terrain ndlt). » Comme diplomate de carrière en poste en Afghanistan depuis 1977, il considère comme une justice divine la situation actuelle des US. « Mais je suis encore plus satisfait qu’il n’y ait pas de soldats russes au sein de l’ISAF ( International Security Assistance Force – Force Internationale d’Assistance de Sécurité) parce que je ne veux pas qu’ils souffrent des mêmes conséquences.»

Kabulov explique que les choses sont encore plus dures maintenant qu’elles ne l’étaient dans les années 80. « Les structures du gouvernement à l’époque étaient en place et notre tâche était de le soutenir et d’obtenir qu’il soit loyal – si vous voulez de gagner les cœurs et les esprits – mais nous avions une administration en place qui fonctionnait ». Tout ceci n’existe plus depuis longtemps, bien qu’ironiquement, dans la province du Helmand et à d’autres endroits, les forces de l’OTAN combattent à partir de postes militaires construits par les Soviétiques.

Au moins les Soviétiques avaient été invités à venir, ne serait-ce que par une des factions – Parcham l’une des plus inoffensives – du PDPA dirigeant le pays. Les US ont simplement lancé un ultimatum aux Talibans qui gouvernaient de livrer leur ancien allié, Osama Ben Laden, sachant très bien qu’aucun musulman croyant ne va livrer son hôte à l’ennemi. L’offre des Talibans de l’envoyer dans un pays tiers neutre jusqu’à ce que les preuves de son implication à la tête des attentats du 11 septembre soient réunies, a été balayée d’un revers de main et les forces US, ainsi que celles de l’OTAN, ont envahi illégalement le pays et renverser le gouvernement légitime, lançant des attaques aériennes sans merci, utilisant des bombes «à pénétration souterraine» à l’uranium appauvri, qui rendent les horreurs du Vietnam et de l’occupation soviétique de l’Afghanistan pâles en comparaison.

Une autre différence c’est que les US ont réussi à conditionner le monde à soutenir leur invasion, tandis que lorsque les troupes de l’Union Soviétique sont arrivées en 1979, les US avaient déjà armés les rebelles islamistes avec des équipements militaires les plus sophistiqués, comme l’avait dit à l’époque le sous secrétaire à la défense, Slocumbe, « engloutir les Soviétiques dans un bourbier vietnamien ». Le conseiller à la sécurité nationale du Président Carter, Zbigniew Brzezinski, a fait en sorte de maintenir le flot d’armes, même après que le Président soviétique, Mikhail Gorbachev, ait clairement fait comprendre que les troupes seraient retirées, ce, avec l’intention d’utiliser cette opportunité en or pour enfoncer le couteau aussi profondément que possible dans une Union Soviétique en décomposition. Sur cette seule base, on peut dire que l’actuelle invasion devrait avoir bien plus progressé que n’avaient progressé les Soviétiques après huit ans d’occupation, mais ce n’est pas le cas.

Un autre contraste c’est qu’alors que les Soviétiques fournissait une aide massive, tirant réellement l’Afghanistan dans le vingtième siècle, avec une éducation pour tous, des droits égaux pour les femmes, de l’eau potable – les normes communistes habituelles – la stratégie de l’US/OTAN a été principalement de combattre ce qui restait des Talibans, l’aide se trouvant en bas de la liste. En ce qui concerne la qualité de l’aide, alors que les enseignants et ingénieurs soviétiques ne gagnaient pas beaucoup plus que les locaux, et étaient généralement sélectionnés sur la base de leur idéalisme, l’aide ayant le soutien de l’Occident est fournie presque exclusivement par les ONG, avec des professionnels occidentaux touchant de gros salaires et vivant dans des conditions dont les locaux ne peuvent que rêver, créant un ressentiment justifié.

On doit noter qu’entre 1989, date du retrait soviétique et 2001, date de l’invasion US, on a presque complètement oublié l’Afghanistan, il n’y a pas eu de programme de reconstruction occidental. La Russie, bien sûr, à cette époque n’avait plus le sou, et on ne pouvait rien attendre d’elle. Ahmed Shah Ahmadzai, un dirigeant mujahideen et premier ministre en exil pendant les années 90, admet que les mudjahideen ont échoué à redresser le pays, durant les années suivant le retrait soviétique. Il est actuellement un opposant du gouvernement et s’est présenté contre le Président Hamid Karzaï aux dernières élections. « A mon avis la situation sur le terrain n’est pas différente parce que les Soviétiques nous imposaient leur régime communiste. Les forces actuelles – ils nous imposent la soit disante démocratie. Ils avaient tort autrefois, et les forces de l’OTAN font le mal en tuant des personnes innocentes – des hommes, des femmes et des enfants ».

Etant donné les immenses avantages prévalant actuellement sur l’expérience soviétique, et étant donné la possibilité d’apprendre des erreurs soviétiques, il n’y a vraiment aucune excuse à l’actuelle tragédie qui se déroule en Afghanistan, sans aucune fin en vue. Et puis, en envahissant l’Irak, les Américains n’ont apparemment rien appris de l’invasion des Britanniques dans les années 20, répétant à la virgule près toutes les horreurs que les britanniques ont infligées aux Irakiens.

Est -ce possible que le chaos et les assassinats soient intentionnels ? Tandis que les Talibans n’étaient pas des tendres, ils avaient complètement désarmé le pays et éradiqué l’opium. De même, tandis qua Saddam Hussein ne pouvait pas être considéré comme un oncle chéri, il présidait un état stable offrant des services sociaux, où les différents groupes ethniques ne se faisaient pas exploser les uns parmi les autres. Par contraste, les US ont détruit les structures dans les deux pays, et les ont transformé en dépotoirs d’armes. Ils ont réussi à monter les gens des deux pays les uns contre les autres, avec comme perspective une guerre civile et la désintégration en une multitude de mini états.

Tout ceci pour suivre les plans d’Israël publié pour la première fois en 1982 « Une Stratégie pour Israël » un plan pour assurer sa « sécurité » (lisez son expansion) avec un Moyen Orient devenu un patchwork de petits états formés sur une base ethnique, sur lesquels il pourrait assurer son emprise.

Une innovation brillante des US, en s’inspirant probablement de la Haganah (l’ancêtre de l’armée israélienne ndlt) et de l’Irgoun (groupe terroriste sioniste d’avant la création de l’état ndlt) d’Israël, c’est l’utilisation de mercenaires privés pour assassiner et pour l’espionnage, ce que l’OTAN ne peut faire à cause de leur « préoccupation » concernant le droit international. Cette politique est déjà bien connue des Irakiens sous la forme de Blackwater. L’enquêteur spécial pour le Conseil d es Droits de l’Homme des Nations Unies, Philip Alston, a évoqué trois raids de ce genre menés récemment dans le Sud et l’Est de l’Afghanistan, lors de sa visite la semaine dernière, faisant clairement allusion aux agences de renseignement US, bien qu’il n’ait pas osé le déclarer publiquement. Alston a dit que ces raids faisaient partie d’un problème plus vaste de massacres illégaux de civils et qu’en Afghanistan personne n’avait à rendre de comptes. Lors d’un incident deux frères ont été tués par des troupes opérant à partir de forces spéciales américaines basées à Kandahar. Un autre groupe, connue comme Shaheen, opère à partir de Nangahar, dans l’Est de l’Afghanistan, où les forces américaines sont en charge du secteur. « Ce sont principalement des bataillons d’Afghans avec une poignée de personnes étrangères qui les dirigent. Je ne sais pas de quel commandement ils dépendent.»

Un responsable occidental proche de l’enquête a dit que les unités secrètes sont connues sous le nom de Forces de Campagne, nom datant de l’époque où les Forces Spéciales Américaines et les espions de la CIA recrutaient des troupes afghanes pour aider à renverser les Talibans lors de l’invasion conduite par les US en 2001. « Ils ont gardé les types les plus brillants et les plus doués dans ces milices » a dit le responsable. « Ils ont été entraînés et réarmés, et on les utilise encore. Le niveau de tolérance face aux tueries est incroyablement élevé. »

Encore une autre innovation – la plus effrayante de toutes – c’est le rôle joué par les US pour autoriser voire même faciliter l’énorme augmentation de la production d’opium, qui, comme déjà mentionné, avait été éradiqué par les Talibans. Cela sera discuté dans la Partie II.

Difficile d’exagérer la profondeur de l’abysse dans lequel a plongé l’Afghanistan sous l’occupation US/OTAN, ou de concevoir une sortie honorable pour les occupants. Des mercenaires, de l’opium et qui sait quoi, dans un script écrit au Ministère des Affaires Etrangères d’Israël.



Eric Walberg 21 mai 2008 Counterpunch www.counterpunch.org

Traduction Mirelle Delamarre www.plaentenonviolence.org

Eric Walberg écrit dans l'hebdomadaire Al Ahram Weekly. On peut le joindre à
www.geocities.com/walberg2002/

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Mercredi 28 Mai 2008
Mireille Delamarre



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