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Sionisme : Sur « le droit d’Israël d’exister » John Whitbeck Juriste International

Il y a une énorme différence entre « reconnaître l’existence d’Israël » et « reconnaître le droit d’Israël d’exister ». Vu d’une perspective palestinienne, la différence est de même nature que de demander à un juif de reconnaître que l’Holocauste a eu lieu et lui demander de reconnaître que c’était « juste » que l’Holocauste ait eu lieu - - que l’Holocauste (ou, dans le cas palestinien la Nakba) était moralement justifié.



Aghai Iran - irancartoon.com
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Sionisme : Sur « le droit d’Israël d’exister » John Whitbeck Juriste International

Aux honorables destinataires

De John Whitbeck

Maintenant que la guerre civile palestinienne longtemps recherchée par Israël, les US, et l’UE semble sur le point d’éclater, il serait peut être temps d’examiner la justification avancée par Israël, les US et l’UE concernant la punition collective infligée au peuple palestinien en représailles au « mauvais « choix fait lors des élections démocratiques de janvier dernier - - Le refus du Hamas de « reconnaître « Israël ou de « reconnaître l’existence d’Israël » ou de « reconnaître le droit d’exister d’Israël ».

Ces trois formulations verbales ont été utilisées par les médias, les politiciens, les diplomates de façon interchangeable, comme si elles voulaient dire la même chose. Ce n’est pas le cas.

« Reconnaître Israël », ou de tout autre état, est un acte officiel légal diplomatique d’un état vis-à-vis d’un autre état. C’est inapproprié - - en fait absurde- - de parler d’un parti politique ou d’un mouvement, même appartenant à un état souverain, accordant une reconnaissance diplomatique à un état. Parler du Hamas « reconnaissant Israël » cela manque tout simplement de rigueur, c’est confus et un raccourci trompeur pour la demande réelle qui est faite.

« Reconnaître l’existence d’Israël » n’est pas un non sens logique et semble au premier abord impliquer une reconnaissance plutôt directe d’un fait – comme la mort ou les impôts. Cependant il y a des problèmes sérieux, pratiques, avec cette formulation. Quel Israël, à l’intérieur de quelles frontières, les 55% de la Palestine historique prévus pour un état juif par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1947 ? Les 78% de la Palestine historique occupée par Israël en 1948 et actuellement vus par une grande partie du monde comme « Israël » ou « Israël officiel » ? Les 100% de la Palestine historique occupée par Israël depuis juin 1967 et montré comme étant « Israël » sur les cartes des livres d’école israéliens ? Israël n’a jamais défini ses propres frontières, car le faire c’est poser des limites. Néanmoins, si c’était tout ce qui était demandé au Hamas, il lui serait possible de reconnaître, comme une fait, que l’état d’Israël existe aujourd’hui à l’intérieur de certaines frontières spécifiques.

« Reconnaître le droit d’Israël d’exister » l’actuelle demande, c’est une tout autre affaire. Cette formulation ne concerne pas des formalités diplomatiques ou une simple acceptation d’une réalité actuelle. Cela demande un jugement moral.

Il y a une énorme différence entre « reconnaître l’existence d’Israël » et « reconnaître le droit d’Israël d’exister ». Vu d’une perspective palestinienne, la différence est de même nature que de demander à un juif de reconnaître que l’Holocauste a eu lieu et lui demander de reconnaître que c’était « juste » que l’Holocauste ait eu lieu - - que l’Holocauste (ou, dans le cas palestinien la Nakba) était moralement justifié.

Demander que les palestiniens reconnaissent « le droit d’Israël d’exister » c’est demander à un peuple, qui a pendant presque 60 ans été traité et continue d’être traité comme constitué de sous humains, de proclamer publiquement qu’ils sont sous humains- - et , au moins implicitement, qu’ils méritent ce qui a leur a été fait. Même les gouvernements américains du XIX ème siècle n’ont pas exigé des amérindiens survivants de proclamer « la justesse » de leur nettoyage ethnique par les Visages Pâles comme une pré condition pour simplement discuter quelles réserves pourraient être mises de côté pour eux - - Sous blocus économique et menace de famine, jusqu’à ce qu’ils se dépouillent du reste de fierté qu’ils ont encore, et cèdent sur ce point.

Certains croient que Yasser Arafat a effectivement cédé sur ce point pour acheter un ticket de sortie de la jungle de la diabolisation et gagner le droit d’être réprimandé directement par les américains. En fait, dans son fameux discours de Stockholm fin 1988, il a accepté « le droit d’Israël d’exister en paix et sécurité ». Cette formulation, tient compte de manière significative des «conditions» d’existence d’un état qui, en fait existe. Elle ne répond pas à la question existentielle de la « justesse » de la dépossession et de la dispersion du peuple palestinien chassé de sa terre pour laisser la place à un autre peuple venant de l’étranger.

La conception à l’origine de la formulation « Le droit d’Israël d’exister » et son utilisation comme excuse pour ne pas discuter avec la direction palestinienne qui défendait alors les droits fondamentaux du peuple palestinien, est attribué à Henry Kissinger, le grand maître du cynisme diplomatique. Il n’y a pratiquement aucun doute que les états qui utilisent encore cette formulation le font conscients de ce que cela implique, moralement et psychologiquement pour le peuple palestinien et pour le même but cynique - - comme obstacle contre tout progrès vers la paix et la justice en Israël/Palestine et pour aider Israël à gagner plus de temps pour créer plus de « faits accomplis » tout en blâmant les palestiniens pour leur propre souffrance.

Cependant, de nombreux citoyens de bonne volonté et attachés à des valeurs décentes pourraient se laisser avoir par l’apparente simplicité de ces mots « le droit d’Israël d’exister » (et encore plus facilement par les deux formulations raccourcies) et croire qu’elles constituent à l’évidence une demande raisonnable et que de refuser une telle demande raisonnable procède d’une perversité (ou d’une « idéologie » terroriste) plutôt que d’un besoin de s’accrocher au respect de soi et de sa dignité en tant qu’être humain à part entière ce qui est profondément ressenti et compréhensible dans les cœurs et les esprits d’un peuple longtemps maltraité, qui a été dépouillé de presque tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécu. Cet état de fait est prouvé par les résultats de sondages montrant que le pourcentage de la population palestinienne qui approuvent la ténacité du Hamas refusant de se plier à une demande humiliante de leurs ennemis, malgré l’intensité de la dureté économique et de la souffrance infligée par le siège israélien et occidental, dépasse largement le pourcentage de la population palestinienne qui a voté pour le Hamas en janvier.

Il n’est peut être pas trop tard pour que des esprits décents de par le monde se concentrent sur l’immoralité grotesque et fondamentale d’une telle demande et de la formulation verbale bizarre sur laquelle elle se base, dont l’utilisation et l’abus ont déjà causé tant de misère et menace d’en causer encore plus.

John Whitberg juriste international 18 décembre 2006

Transmis par New Profile une ONG israélienne qui milite pour la dé militarisation de la société israélienne contre l’occupation colonisation. www.newprofile.org

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org


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Mercredi 27 Décembre 2006
Mireille Delamarre

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