Qui ne s'est pas retrouvé un jour ou l'autre engagé dans une conversation avec une personne qu'il connaît peu ou avec qui il souhaite développer des relations, face à un silence pesant d'où naît un réel sentiment de malaise. Quoi faire ? Continuer la conversation, ou se réfugier dans une « fuite polie » ? Les personnes timides connaissent bien ce genre de problème mais cela arrive aussi à bien d'autres. En général, deux conversations ont lieu en parallèle: celle que l'on a avec la personne, et celle que l'on a avec soi-même, «on se parle dans sa tête ». Cette dernière a tendance à rendre nerveux, car cette « voix intérieure » nous dit souvent « regardes comme tu as l'air stupide, tu ne sais jamais quoi dire ». En fait on se laisse aller à penser que la personne est entrain de porter des jugements, ce qui rend encore plus hésitant et malhabile, et cela a souvent des effets contagieux. Bref la conversation est entrée dans une phase complètement paralysante. Comment s'en sortir ?
Petite préparation mentale aux conversations avec de nouvelles connaissances
Conscient des difficultés rencontrées dans ce genre de situation, on peut se préparer mentalement par quelques affirmations positives quant à ses capacités relationnelles. Il suffit de se rappeler un constat fréquent, que d'une conversation à l'autre de nets progrès sont réalisés. C'est un encouragement à l'estime de soi primordiale pour développer de bonnes capacités relationnelles parlées. On peut réfléchir aussi à l'attention qu'on aime porter aux autres, la curiosité qu'on a à rencontrer de nouvelles personnes sachant ce qu'apportent de positif de telles rencontres. Tout ceci contribue à construire une certaine confiance en soi et l'aisance conversationnelle vient avec.
Dire son embarras, développer ses qualités d'écoute
Le fait de dire tout simplement que ce n'est pas toujours facile de s'exprimer lorsqu'on se trouve dans une nouvelle situation, face à de nouveaux interlocuteurs, peut rassurer ceux-ci qui ont probablement le même problème, et de fait détendre l'atmosphère pour favoriser les échanges de paroles. La conversation est une activité à partager autrement dit il est bon que chacun assume sa part de parole et aussi celle d'écoute. Pour favoriser cette dernière, quelques questions posées à l'interlocuteur sur lui-même, ses activités, et
une écoute attentive des réponses données sont aussi un bon moyen de briser ces silences pesants.
Etre attentif aux préoccupations d'autrui, sans en être esclave
Parfois on engage la conversation avec une personne extrêmement timide ou qui semble particulièrement préoccupée, tendue. Les efforts entrepris pour sortir l'autre de son mutisme ou du cercle vicieux dans lequel elle s'enferme en ressassant ses préoccupations, peuvent parfois se révéler infructueux. Si tel est le cas, le moment n'est peut être pas venu pour « ouvrir » la conversation, il faut alors le reconnaître et ne pas vouloir à tout pris « faire parler » autrui. Insister peut parfois bloquer, donc le mieux c'est de se retirer de cette conversation avec courtoisie, et un appel à se revoir ultérieurement, ceci en attendant des jours meilleurs pour converser avec cette personne.
Derriere les capacités conversationnelles se cache une bonne culture générale
Pour pouvoir parler il faut savoir de quoi parler. Si la conversation se limite aux histoires de travail, histoires personnelles, cela peut être une introduction mais risque de vite lasser.
S'informer est devenu un besoin que beaucoup cherche à satisfaire en lisant, en fréquentant les salles de cinéma, les conférences où sont abordés des problèmes de sociétés, des problèmes qui touchent à l'avenir de l'humanité, de la planète ect… Tout ceci permet de développer une ouverture d'esprit et une compréhension qui mettent à l'aise et fournissent des sujets de conversation. Pour les introduire il suffit d'en parler et d'interpeller l'autre : qu'est ce que vous en pensez ? L'avez-vous vu, entendu ? Ect…Une solution aux « trous noirs » conversationnels.
La conversation c'est comme une danse, l'un conduit, l'autre suit et vice versa. Pour la conduire on prend l'initiative d'aborder de nouveaux sujets, de partager des savoirs, des expériences. Pour la suivre, on écoute attentivement, on pose des questions. Un tango conversationnel en quelque sorte!