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Se taire pour mieux se parler

« Le silences est d'or ! » Certaines personnes redoutent le silence qui s'installe parfois dans les conversations. Pourtant, le silence peut être un outil efficace lorsqu'on apprend à bien le maîtriser. Certains silences sont des ponts qui relient des paroles difficiles à articuler.



Le silence ses sens son contexte

Se taire pour mieux se parler
Le silence peut avoir différentes significations selon les cultures. Certaines en font une marque de respect, de sagesse, parfois même le sacralise. Certaines cultures sont des cultures traditionnellement parlées, alors que d'autres reposent sur des expressions non verbales, des signes, des attitudes, y compris les attitudes silencieuses. En Asie par exemple le silence est une pratique courante très appréciée alors que dans les cultures occidentales il est plutôt perçu comme désagréable.

Pour bien comprendre la signification du silence qui peut surgir dans une conversation, il faut toujours le replacer dans son contexte. Ce contexte inclus les relations interpersonnelles qui sont à l'œuvre dans la conversation, l'occasion et le but à l'origine de celle-ci, et les règles culturelles qui la régissent. Ainsi, si vous conversez avec des japonais, sachez qu'ils feront plus confiance à quelqu'un qui parle peu plutôt qu'à une personne bavarde. Les anglo-saxons sont vite frustrés lorsqu'ils n'obtiennent de leurs interlocuteurs que quelques mots ou un silence poli.


Quelques exemples d'utilisations positives du silence dans les conversations

Parler                          Se taire
Parler Se taire
C'est vrai que certains silences pèsent lourdement dans les conversations, et peuvent troubler les participants. Par exemple, lorsqu'une personne attentive à ce que va dire son interlocuteur se trouve brusquement confrontée à un mur de silence intentionnel. Ces silences négatifs perturbent, embarrassent, sont difficiles à appréhender, voire parfois effraient. On parle alors de silence de plomb, de silence de mort.

Mais il y a d'autres silences qui ceux-là sont d'or, parce qu'ils mettent à l'aise, procurent tranquillité, temps de réflexion, respect, confort, sentiment profond de paix. Ce sont ces silences qu'il faut apprendre à maîtriser pour qu'ils deviennent des outils créatifs de communication permettant de développer des relations harmonieuses.

Les qualités positives du silence dans les conversations :

Le silence donne du temps à l'auditeur pour réfléchir
Il est expression du respect vis-à-vis de celui qui parle
Il permet la concentration sur le sujet de conversation
Il permet d'exprimer dans certaines situations, certains sentiments profonds que les mots eux-mêmes ne peuvent traduire
Il permet d'exprimer par d'autres moyens de communication parfois plus subtils dans certaines circonstances des ressentis (regard, expression du visage, gestuelle discrète).



Le silence est un outil de communication

Se taire                                     Parler
Se taire Parler
Au même titre que la parole, le silence à sa place dans la communication. Il importe d'apprendre à l'utiliser comme outil créatif pour développer du lien avec les autres. Il est nécessaire d'apprendre à se sentir bien dans une conversation entrecoupée par des temps de silence, et faire en sorte que tous les interlocuteurs se sentent eux-mêmes confortables. Pour ne pas mettre mal à l'aise, ou que le silence soit mal interprété, il suffit de dire quelques mots du type : « j'aimerais m'accorder quelques instants de réflexion pour comprendre ce qui a été dit », « intéressant de réfléchir sur ce mot », ou « peut être chacun peut-il réfléchir quelques instants à la signification de cette phrase » etc

Dans les conversations menées à bâton rompu, on a souvent l'impression que les interlocuteurs ne s'écoutent pas vraiment, que les conversations se juxtaposent ou sont conduites en parallèle, bref qu'on monologue. Peut être est-ce la peur du silence qui empêche de vraiment se parler, une intolérance au silence, le sien, celui d'autrui, silence qui est pourtant nécessaire pour digérer ce qui a été dit, y réfléchir et pour apporter sa contribution pour faire avancer la conversation. Car si le besoin se fait sentir de répondre immédiatement, la conversation risque de s'enliser dans le réactif plutôt que le réflexif avec les risques de tension et d'incompréhension qui peuvent en naître. Il faut donc positiver le silence et l'utiliser pour donner du souffle et de la profondeur à la conversation.



Mardi 14 Décembre 2004

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