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Scott Ritter : Obama A Tout FauxTechniquement & Légalement Sur Le Programme Nucléaire Iranien

Dans la partie d’échecs qui se joue actuellement sur le nucléaire entre d’une part Obama et ses laquais Brown et Sarkozy, et d’autre part l’Iran d’Ahmadinejad, l’Iran vient d’infliger un sérieux camouflet à ces trois mousquetaires du Sionisme malgré leur Grand Show Médiatique de vendredi. Explications de Scott Ritter, ex inspecteur d'ADM pour l'ONU sur les erreurs d'Obama.



Scott Ritter : Obama A Tout FauxTechniquement & Légalement Sur Le Programme Nucléaire Iranien

Maintenir l’Honnêteté De L’Iran

La centrale nucléaire secrète de l’Iran donnera lieu à une nouvelle tournée d’inspection de l’AIEA et mènera même à une période de plus grande transparence de la part de l’Iran.

On a assisté à un moment particulièrement dramatique. Barack Obama, à peine sorti de sa prestation historique à la tête du Conseil de Sécurité, a suspendu un moment ses obligations au sommet économique du G20 à Pittburgh pour annoncer l’existence d’une centrale nucléaire secrète non déclarée en Iran, non compatible avec un programme nucléaire pacifique, confirmant sa conclusion que « l’Iran viole les règles que toutes les nations doivent respecter. »

Obama, soutenu par Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, a menacé l’Iran de sanctions dures s’il ne se conformait pas totalement à ses obligations concernant la surveillance internationale de son programme nucléaire, les Etats Unis, la Grande Bretagne et la France exigeant actuellement une suspension immédiate de toute l’activité nucléaire d’enrichissement.

La centrale en question, qu’on dit être située dans une installation militaire secrète à proximité de la ville sainte de Qom, et capable d’abriter jusqu’à 3000 centrifugeuses utilisées pour enrichir l’uranium, a été surveillée par les services secrets des US et d’autres nations depuis un certain temps. Mais ce n’est que lundi que l’AIEA a découvert l’existence de cette centrale, non pas à partir d’un « scoop « des renseignements fournis par les US mais par le biais d’une déclaration de l’Iran faite de son plein gré. L’action de l’Iran a forcé la main des US conduisant à la conférence de presse improvisée d’Obama vendredi matin.

Attention au battage médiatique politiquement motivé.

Alors que superficiellement l’intervention dramatique d’Obama semble solide, le diable est dans les détails. Les « règles » qu’on accuse l’Iran de violer ne sont pas floues, mais plutôt exprimées clairement. Selon l’Article 42 de l’Accord de Sauvegardes de l’Iran, et le Code 3.1 d’une Partie Générale portant sur des Arrangements Secondaires ( aussi connus sous le nom de « Protocole Additionnel » ) de cet Accord, l’Iran est obligé d’informer l’AIEA de toute décision de construction de toute installation qui abriterait des centrifugeuses opérationnelles, et de fournir à l’avance une information sur sa conception, même s'il n'y a pas introduction de matériau nucléaire. Cela donne lieu alors à un processus d’accès complémentaire er de vérification de la conception par l’AIEA.
Cet accord a été signé par l’Iran en Décembre 2004.

Cependant, puisque le « Protocole Additionnel » n’a pas été ratifié par le parlement iranien, il n’est pas légalement contraignant, l’Iran ayant considéré son application comme volontaire, et comme tel s’est dit d’accord pour se conformer à ces nouvelles mesures pour construire la confiance plus que comme une obligation.

En Mars 2007, l’Iran a suspendu le texte modifié du Code 3.1, Partie Générale portant sur des Arrangements Secondaires concernant l’information sur la conception à fournir à l’avance. Par cela, l’Iran revenait à ses obligations légales contraignantes de l’Accord de Sauvegardes d’origine, ne nécessitant pas de déclaration préliminaire concernant des installations avant l’introduction de matériau nucléaire.

Bien que cette action soit vexatoire pour l’AIEA et ceux des états membres recherchant une transparence totale de la part de l’ Iran , ce qui se comprend, on ne peut parler dans l’absolu de violations par l’Iran de ses obligations dans le cadre du TNP. Donc quand Obama a annoncé que «l’Iran viole les règles que toutes les nations doivent respecter » il a tort techniquement et légalement.

Il y a plusieurs manières d’interpréter la décision de l’Iran de Mars 2007, spécialement sous l’éclairage des révélations d’aujourd’hui. On doit souligné que ce à quoi fait référence Obama, la centrale de Qom, n’est pas une usine de production d’armes nucléaires mais simplement une installation d’enrichissement d’uranium identique à celle construite et déclarée (et inspectée) de Natanz.

La centrale de Qom, si les descriptions qu’on en fait actuellement sont justes, ne peut pas fabriquer le matériau de base (héxafluoride d’uranium ou UF6) utilisé dans le processus d’enrichissement. C’est simplement une autre centrale où l’UF6 peut être enrichi.

Pourquoi cette distinction est-elle importante ? Car l’AIEA a souligné, encore et encore, qu’elle tenait un compte précis des matériaux nucléaires stockés par l’Iran. Il n’y a eu aucun détournement de matériau nucléaire vers la centrale de Qom (depuis qu’elle est en construction). L’existence de la soit disant centrale d’enrichissement de Qom ne change rien à la quantité de matériau nucléaire actuellement disponible en Iran.

Dit simplement, l' Iran n’est pas plus prêt de produire une hypothétique arme nucléaire aujourd’hui qu’il ne l’était avant l’annonce d’Obama sur la centrale de Qom.

On pourrait avancer l’argument que l’existence de cette nouvelle centrale fournit à l’Iran une «percée» dans la production d’uranium hautement enrichi qui pourrait être utilisé pour fabriquer ultérieurement une bombe nucléaire. La taille de la centrale de Qom, dont on suppose qu’elle est capable d’abriter 3000 centrifugeuses, n’est pas idéale pour une activité importante d’enrichissement d’uranium nécessaire pour produire les quantités significatives d’uranium peu enrichi pour que l’Iran puisse alimenter ses réacteurs nucléaires prévus. De là, on pourrait affirmer que son véritable objectif c’est de rapidement stocker de l’uranium peu enrichi et le recycler en uranium hautement enrichi utilisable pour fabriquer une arme nucléaire. Le fait que la centrale de Qom soit située dans une base militaire iranienne réenforce en fait ce type de réflexion.

Mais cette interprétation nécessiterait quand même le détournement d’une grande quantité de matériaux nucléaires sous surveillance des inspecteurs de l’AIEA, ce qui serait presque immédiatement repéré. Tout détournement significatif de matériau nucléaire sonnerait immédiatement l’alerte, et déclencherait une forte réaction internationale, incluant probablement une action militaire contre la totalité des infrastructures nucléaires iraniennes connues.

De toute façon, les 3000 centrifugeuses de la centrale de Qom, même si elles commençaient à tourner pour stocker de l’uranium enrichi à 5% devraient fonctionner pendant des mois avant de pouvoir produire suffisamment d’uranium enrichi pour une seule bombe nucléaire. Franchement, cela ne constitue pas une « percée » viable.

L’Iran , dans sa déclaration faite à l’AIEA le 21 Septembre sur la centrale d’enrichissement de Qom, l’a décrite comme une « installation pilote ». Etant donné que l’Iran a déjà une « installation pilote d’enrichissement » opérationnelle dans sa centrale déclarée de Natanz, cet effort de duplication évident peut vouloir dire soit un programme d’enrichissement nucléaire militaire en parallèle, ou plus probablement une tentative de la part de l’Iran d’avoir une profondeur stratégique et de survie de son programme nucléaire face aux menaces répétées de la part des US et d’Israël de bombarder ses infrastructures nucléaires.

N’oublions jamais que les paris étaient ouverts à 2 contre 1 que soit Israël soit les US bombarderaient les installations nucléaires de l’Iran avant même Mars 2007. Depuis qu’il a quitté ses fonctions, l’ancien vice président US, Dick Cheney, a reconnu avoir fortement poussé à une attaque militaire contre l’Iran pendant la période de l’ Administration Bush. Et le niveau de rhétorique venant d’Israël concernant ses plans de lancer une attaque militaire préventive contre l’Iran est alarmant.

Tandis qu’Obama a pu envoyer des signaux de conciliation à l’Iran concernant la possibilité d’un rapprochement juste après son élection en Novembre 2008, ce n’était pas l’environnement qu’affrontait l’Iran quand il a pris la décision de rompre avec son engagement de déclarer toute nouvelle installation nucléaire en construction. La nécessité de créer un mécanisme économique de survie face à une véritable menace d’une action militaire soit des US soit d’Israël, est probablement ce qui explique le mieux la construction de la centrale de Qom. La déclaration par l’Iran de cette installation à l’AIEA, qui précède de plusieurs jours l’annonce faite par Obama, est probablement une reconnaissance de la part de l’Iran que cet effort de duplication n’est plus représentatif d’une politique sensée de sa part.

En tout cas, la centrale est maintenant sortie de l’ombre, et sera bientôt sujette à toute une série d’inspections de l’AIEA ce qui rend toute spéculation sur les intentions de l’Iran caduque. De plus, l’Iran, en déclarant sa centrale, doit savoir que parce qu’il a mis des centrifugeuses opérationnelles dans la centrale de Qom (même si aucun matériau nucléaire n’a été introduit) il devra fournir à l’AIEA un accès total à la capacité de fabrication de ces centrifugeuses, de sorte qu’il soit tenu compte de ces stocks pour contrôler le non détournement.

Plutôt que de représenter la partie immergée de l’iceberg en termes de découverte d’une capacité militaire de fabrication d’armes nucléaires, l’émergence de l’existence de la centrale d’enrichissement de Qom pourrait bien marquer le début d’une période de plus grande transparence de la part de l’Iran, conduisant à son acceptation totale et à l’application du protocole additionnel de l’AIEA. Ceci, plus qu’autre chose, serait la conséquence souhaitée de la « déclaration de Qom ».

Les appels à des sanctions « paralysantes » contre l’Iran d’Obama et de Brown (et de Sarkozy ndlt) ne sont certainement pas les options les plus efficaces disponibles pour ces dirigeants mondiaux. Tous ont donné des signes de vouloir renforcer le TNP. L’action de l’Iran, en déclarant l’existence de la centrale de Qom, a crée la possibilité de faire cela, et devrait être complètement exploitée dans le cadre des négociations avec l’AIEA et les inspections, et non pas donner lieu à plus de fanfaronnades et de menaces de la part des dirigeants occidentaux.

Scott Ritter – 25/09/09 www.guardian.co.uk

Scott Ritter a été inspecteur en ADM pour l’ONU en Irak de 1991 à 1998. Il est connu pour s’être opposé à la politique étrangère américaine en ce qui concerne l’Irak, affirmant publiquement avant le lancement de l’attaque contre l’Irak en Mars 2003 par les US et leurs alliés, que l’Irak ne possédait pas d’arme de destruction massive (ADM). Depuis il est devenu une personnalité anti guerre très écoutée surtout de par ses compétences en matière d’ADM.


Article en anglais

Dimanche 27 Septembre 2009
Mireille Delamarre introduction traduction

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