information critique contre l'islam conquerant supremaciste le terrorisme
Sarkozie

Sarkozy Cultive l’Anti Intellectualisme

Les politiques bling bling touchent la France

«…Avant Sarko, la droite gaulliste n’était pas fondamentalement vulgaire et anti- intellectuelle… Sarkozy rompt avec la tradition gaulliste sur ce point : c’est un idiot qui se vante de l’être…



Sarkozy Cultive l’Anti Intellectualisme

Sarkozy Cultive l’Anti Intellectualisme - Les politiques bling bling touchent la France

Nicolas Sarkozy, soi disant le président le plus anglophile (ou plutôt le plus américanophile) de la 5ème République, a raté son diplôme de Science Po à la fin des années 70 parce que son anglais était si pauvre qu’on lui a interdit de passer les examens politiques. Lors des préparatifs de la guerre contre l’Irak, Chirac, le soit disant «anti américain» a pu expliquer la position française en anglais devant les médias US, un petit exploit complètement hors d’atteinte de Sarkozy monolingue.

Quand il a rencontré récemment la Reine au château de Windsor, Sarkozy n’a pas eu besoin de parler en anglais, car la Reine parle couramment le français. A cette occasion, certains ont pu prévenir la reine que le français de Sarkozy est généralement pas très cérémonial : sa réplique crue à une personne qui refusait de lui serrer la main lors du Salon de l’Agriculture de Paris ou l’utilisation dérogatoire du « Tu » - une forme utilisée pour s’adresser aux étrangers (dans le contexte français ce n’est pas une façon décontractée de se comporter, mais cela traduit plutôt une attitude condescendante ou une attitude de patron) - ont fait les unes sur internet. Rencontrant il y a quelques mois avant son élection des jeunes des banlieues, Sarkozy s’est vanté devant les gamins : «je parle comme vous, je pourrais être l’un d’entre vous.». «Sarko bling bling » fait la confusion entre familiarité et vulgarité. Comme l’un de ses critiques dans un média français l’a dit cruellement : « Sarkozy n’est pas petit, il est bas (vulgaire). »

Avant Sarko, la droite gaulliste n’était pas par essence vulgaire et anti- intellectuelle. Charles De Gaulle était un homme instruit qui a eu le bon goût de choisir André Malraux comme Ministre de la Culture. Georges Pompidou était Agrégé de Lettres et avait fait ses études à l’Ecole Normale Supérieure. Jacques Chirac, apparemment moins intellectuel, est un grand connaisseur de la civilisation japonaise (et certains cyniques pourraient ajouter, de son système bancaire) (Et laisse le magnifique Musée Branly en héritage, ajout les éditeurs). Sarkozy rompt avec la tradition gaulliste sur ce point : c’est un idiot qui se vante de l’être. A l’un de ses conseillers qui suggérait qu’il visite un musée lors d’un voyage à Madrid, Sarko a répondu : « Le con te dit merci ». La diatribe ironique n’a pas réussi à dissimuler la profonde insécurité de Sarkozy concernant le monde de la connaissance en général, et celui des intellectuels en particulier. Sarkozy a admis haïr l’école et avoir mal réussi en tant qu’étudiant. Récemment on l’a entendu s’emporter en public contre «ces chercheurs qui ne découvrent rien ».

Sarkozy ne lit pas et ne prétend même pas le moins du monde être intéressé par la littérature et les arts, ce qui constitue une autre rupture d’avec la tradition des présidents français. Il est le fils d’un immigré * d’Europe Centrale qui a réussi à parvenir au sommet en politique sans étudier dans les « Grandes Ecoles » élitistes. Ces caractéristiques auraient du lui valoir la sympathie des français car ils aiment à prendre partie pour l’opprimé. Cependant, Sarko a gâché cette opportunité : son profil ostentatoire de nouveau riche et la cour qu’il fait aux méga riches a dégoûté toute la nation.

Finalement, Sarkozy pourrait ne pas réussir à américaniser la France si le peuple français trouve les ressources politiques de faire échouer les destructions néolibérales qu’il conduit par le biais de l’économie. Pendant ce temps, le pays est gouverné par un président qui, comme Georges W. Bush, pense que le monde est divisé entre «les bons» et «les mauvais», que les intellectuels sont des poules mouillées et, enfin et surtout, que c’est bien de ne pas être si éduqué, d’être un sale riche, et de s’en vanter.

Philippe Marlière 02/04/08 www.counterpunch.org
Il est professeur de français et des politiques de l’UE au Collège Universitaire de Londres (GB) depuis 1994.

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org


* Paul Sarkozy de Nagy-Bocsa, le père de Nicolas Sarkozy, est né à Budapest, en 1928. Fils d'un Hongrois, Pál Nagy-Bócsa qui appartenait à une famille de l'aristocratie hongroise possédant des terres et un château à Alattyán, à 100 km de la capitale. À l'arrivée de l'Armée Soviétique en 1944, la famille s’exile, d’abord en Autriche puis en Allemagne où Paul Sarkozy rencontre un recruteur de la Légion Étrangère à Baden-Baden. Il s’engage pour cinq ans et fait ses classes en Algérie à Sidi-Bel-Abbès. Déclaré inapte au départ en Indochine, il est ensuite démobilisé à Marseille en 1948. Il est naturalisé français et son nom est alors francisé en " Paul Sarkozy ".

En Sarkozie ce n'est plus "Mort pour la Patrie" mais "Mort pour les Etats Unis"

Samedi 5 Avril 2008
Mireille Delamarre

Dans la même rubrique :
1 2 3 4

Special Présidentielle Sarkozy Dégages Hollande Ecoutes | Sarkozie