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Sarko et les fantômes de Mai 1968

Bernard Kouchner : Media Doc de l’Intervention Humanitaire

Nicolas Sarkozy, qui était un adolescent apolitique accro de TV en Mai 1968, vivant dans un milieu bourgeois, horrifié du désordre dans les rues, est lui-même un héritier exemplaire de ce Mai 68 ambigu qu’il a fustigé dans sa diatribe électorale… La leçon la plus marquante de Mai 68 c'était le pouvoir extraordinaire des images des médias. Personne n’a le mieux absorbé à fond cette leçon et pour son profit que Nicolas Sarkozy.



Sarko et les fantômes de Mai 1968

Sarko et les fantômes de Mai 1968

Dans le dernier discours majeur de sa campagne présidentielle réussie, Nicolas Sarkozy a lancé une attaque bizarre sur Mai 1968. « Mai 1968 nous a imposé à tous un relativisme intellectuel et moral » a-t-il déclaré. I[« Les héritiers de mai 68 ont imposé l’idée qu’il n’y avait plus de différence entre le bien et le mal, la vérité et le mensonge, la beauté et la laideur. L’héritage de mai 1968 a introduit le cynisme dans la société et en politique. »]i

Sarkozy a même accusé l’héritage de Mai 68 pour les pratiques immorales en affaires : le culte de l’argent, les profits à court terme, la spéculation, les abus du capitalisme financier. L’attaque de Mai 68 sur les normes éthiques a aidé à « affaiblir la moralité du capitalisme, préparer le terrain pour le capitalisme sans scrupule des parachutes dorés pour les patrons voyous »

Cela voulait-il dire que le nouveau président projette de ramener la France à son passé pré Mai 68, ennuyeux, et moralement immaculé ? Certainement pas. Nicolas Sarkozy, qui était un adolescent apolitique drogué de TV en Mai 1968, vivant dans un milieu bourgeois, horrifié du désordre dans les rues, est lui-même un héritier exemplaire du Mai 68 ambigu qu’il a fustigé dans sa diatribe électorale.

Mai 68 en France a été une explosion sociale qui a plongé le pays dans sa propre version de la phase contemporaine du développement Occidental. Quel qu’aient été les diverses intentions et illusions de ses participants, l’aspect le plus extraordinaire de Mai 68 c’était son propre reflet dans les médias. La leçon la plus marquante cela a été le pouvoir extraordinaire des images des médias. Personne n’a le mieux absorbé à fond cette leçon et pour son profit que Nicolas Sarkozy.

Des contradictions agitant le soulèvement de Mai 68, le plus fondamental a opposé le parti communiste discipliné aux étudiants radicaux. La découverte par les étudiants de leur propre pouvoir pour secouer les structures de l’état a crée une illusion largement répandue d’une révolution imminente. Avec 7 millions de travailleurs en grève, le parti communiste a utilisé son influence pour orienter la grève massive vers un compromis avec le gouvernement De Gaulle paniquant. Que leur révolution ait été ou non une illusion, la génération de Mai 68 a blâmé les communistes de les avoir trompé en se contentant d’une maigre augmentation des salaires et de bénéfices syndicaux. Résultat, l’anti communisme occupe une part significative de l’héritage idéologique de la génération de Mai 68.

Un courant sérieux du mouvement radical a essayé de porter la révolution dans les usines. Un autre courant est allé dans les médias avec plus de succès. La « révolution » a déplacé sont centre de gravité de la classe des travailleurs et de la libération du Tiers Monde, vers des problèmes plus personnels et de classe moyenne, d’une « nouvelle gauche » focalisant sur la libération sexuelle, les politiques identitaires, l’écologie et les droits de l’homme.

La nouvelle droite s’empare de la vieille nouvelle gauche

Lors de ses premiers jours comme président de la France, Nicolas Sarkozy a montré que les valeurs de la nouvelle gauche étaient parfaitement compatibles avec la droite moderne. Sarkozy s’est emparé de ces « valeurs » et s’est enfui avec.

La parité hommes femmes.

Sarkozy a mis en place un gouvernement avec 8 males et 7 femelles comme ministres. Des femmes occupent deux postes majeurs concernant la loi et l’ordre : la justice et l’intérieur. En Occident il n’existe plus de réelle différence entre la gauche et la droite quand il s’agit d’égalité des femmes.

Egalité raciale et ethnique.

Sarkozy a nommé Rachida Dati, une fille d’immigré d’Afrique du Nord de 41 ans comme ministre de la justice. C’est en droite ligne avec son désir proclamé d’une politique de « discrimination positive » en faveur des minorités ethniques sur le modèle de l’action affirmative des Etats-Unis. Le père de Dati était un travailleur immigré du Maroc et sa mère est algérienne. Cette femme photogénique sera chargée de mener à bien le programme juridique de Nicolas Sarkozy, ayant pour but d’écraser encore plus la criminalité juvénile dans les banlieues d’où elle est originaire.

Ecologie.

L’environnement a été promu d’un ministère mineur avec pratiquement aucun budget au plus haut rang des cabinets : un nouveau ministère de l’Ecologie et du Développement Durable avec à sa tête l’ancien premier ministre Alain Juppé. Ceci a pu délivrer le coup de grâce au parti vert français, Les Verts, déjà dans les cordes après un score misérable lors du premier tour de la présidentielle. L’acceptation universelle du réchauffement climatique et ses périls supposés, loin de renforcer les verts ont tiré le tapis de dessous leurs pieds au moins pour le moment. Le nouveau gouvernement adoptera des mesures fiscales en faveur de l’environnement en espérant stimuler un nouveau cycle d’affaires contrastant avec les projets restrictifs des verts souvent présentés contre la croissance et donc impliquant une baisse du niveau de vie impopulaire.

Droits de l’homme.

C’est de loin la plus dangereuse de ces « valeurs » que Sarkozy a empruntées à la gauche post économique. En choisissant Bernard Kouchner comme ministre des affaires étrangères, Sarkozy a abandonné le « réalisme » en faveur de « l’intervention humanitaire » comme base de la politique étrangère.

Les bonnes nouvelles c’est que le monde a changé et que même la droite adopte de telles causes progressistes.

Les mauvaises nouvelles c’est que ces valeurs universellement acceptées peuvent, de par leur nature même, être utilisées pour différents buts, y compris comme prétexte d’oppression et de guerre.

Kouchner de la médecine aux médias.

Présenter la nomination de Kouchner comme une « ouverture à gauche » généreuse c’est la blague la plus amère que Sarkozy ait joué jusqu’à maintenant au parti socialiste. Si le parti socialiste est embarrassé il n’a qu’à s’en prendre qu’à lui-même. A cause de la célébrité médiatique de Kouchner, les socialistes l’ont laissé utiliser le parti pour faire avancer sa carrière, bien que son « socialisme » ait consisté à leur conseiller d’abandonner complètement le socialisme et une fois élu au parlement européen comme socialiste, il a rejoint un autre groupe, les radicaux de gauche.

Kouchner n’es pas « allé à droite ». C’est là qu’il s’est tenu depuis au moins 3 décennies, mais le parti socialiste était trop opportuniste pour prêter attention. Mai 1968 a probablement été la dernière fois ou Kouchner a vraiment été de gauche, mais il a vécu de cette réputation depuis, comme membre de l’élite des médias connue sous le nom de « gauche caviar ».

En Mai 1968, Kouchner a sauté dans l’arène politique comme dirigeant d’une grève à la faculté de médecine de l’Université de Paris. Son opposition institutionnelle n’a pas duré longtemps. 4 mois plus tard, il a rejoint une équipe médicale organisée par le gouvernement français pour fournir une aide humanitaire à la République cesses sioniste de courte durée du Biafra. Cette mission médicale était le côté humanitaire d’une intervention française clandestine qui a aussi fourni une aide militaire aux rebelles du Biafra dont la région du Nigeria sud séparatiste se trouvait inclure de vastes ressources en pétrole du pays.

En Mai 1967, suit à l’escalade du conflit entre les officiers de l’armée nigérienne appartenant au groupe ethnique chrétien Igbo (ou Ibo) et les musulmans Hausas, les dirigeants d’Igbo ont proclamé leur propre République indépendante du Biafra. Une guerre civile sanglante s’en est suivie. Le Biafra a reçu une aide militaire clandestine et d’autres aides de la France, de l’Afrique du sud, du Portugal, et d’Israël. Armée par la Grande Bretagne et l’Union Soviétique, l’armée nigérienne a réussi à imposer un blocus économique pour affamer le Biafra et l’obliger à se soumettre. Dés janvier 1970, la résistance Igbo s’est effondrée, et la zone riche en pétrole a été réincorporée dans le Nigeria.

Kouchner a rapidement échangé la médecine pour la propagande. De retour à Paris en 1969, il a coopéré avec les services secrets français pour fonder un comité contre « le génocide au Biafra ». Les civils du Biafra ont certainement souffert d’une terrible famine, mais l’utilisation du terme « génocide » sert un but politique, en dressant un portrait du conflit sur le contrôle d’un territoire comme un assaut unilatéral ayant pour objectif d’exterminer une population,

L’utilisation de missions humanitaires pour susciter la sympathie internationale envers l’un des partis en conflit, a marqué une brusque rupture d’avec la tradition de la Croix Rouge Internationale maintenant une stricte neutralité dans les conflits pour obtenir l’accès aux zones de guerre. En décembre 1971, 13 docteurs qui avaient travaillé au Biafra ont rompu avec la Croix Rouge pour fonder Médecins Sans Frontières ( MSF). Kouchner était le co-fondateur et à partir de là il s’est consacré avec la plus grande assiduité au côté publicitaire.

Initialement, en comparaison avec le génocide nazi pendant la seconde guerre mondiale, la nouvelle approche a été reçue comme étant plus morale que la discrétion ancienne de la Croix Rouge. Le problème c’est que c’est basé sur deux hypothèses contestables. Premièrement, l’hypothèse que dans chaque conflit il y a un « bon » côté fait de victimes et un « mauvais » côté qui veut tous les tuer. Et deuxièmement, que l’intervention occidentale, suscitée par les medias, peut résoudre ces problèmes par la force. Petit à petit, l’école de pensée « réaliste » qui mettait en doute ces hypothèses a été discréditée comme étant immorale.

La tragédie du Biafra a crée un modèle. Une ou plusieurs puissances occidentales soutiennent une cessession d’une minorité. Le régime en place réprime brutalement les rebelles, d’autant plus qu’il suspecte les souteneurs occidentaux d’essayer d’exploiter la rébellion pour en tirer des territoires ou des ressources pour leurs profits. Les travailleurs de l’humanitaire tiraient la sonnette d’alarme et des photographes envoyaient des photos aux médias occidentaux sur la souffrance humaine à fendre le cœur. Les humanitaires occidentaux décrivent la tragédie comme un « génocide » et appelle à une intervention militaire. Qu’il y ait ou non intervention, les populations impliquées continuent d’être victimes de la haine mutuelle, qui est intensifiée par la dramatisation médiatique.

Pendant toutes les années 70, une décennie pendant laquelle des groupuscules d’extrême gauche se sont impliqués, préparant le chemin pour une offensive anti communiste idéologique conduite par les « nouveaux philosophes », Kouchner a découvert l’utilité politique du journalisme de catastrophe. Cela a atteint le sommet en 1979, quand il a rejoint les nouveaux philosophes dans un geste humanitaire ostentatoire « un bateau pour le Vietnam ». En attirant l’attention des médias sur le sort des « boat people » vietnamiens, fuyant la misère économique de leur pays ravagé par la guerre, les humanitaires français n’ont fait aucune contribution significative pour le bien être des vietnamiens souffrant depuis longtemps. Cependant, ils avaient trouvé une manière acceptable de dénoncer ce qu’ils appelaient « le Goulag Vietnamien » par là détournant la sympathie pour le mouvement de libération vietnamien qui avait gagné une reconnaissance pratiquement universelle au cours de sa résistance à la guerre des US. En ignorant le facteur de dureté économique causée par les années de bombardements américains, le geste était un pas significatif pour redéfinir la « gauche » comme étant exclusivement concernée et sa militance tournée vers « les droits de l’homme », sans tenir compte du contexte. Ce n’est pas un hasard si cela coïncidait avec la campagne pour les « droits de l’homme » menée par le président Carter et Zbigniew Brzezinski pour remonter le moral US après le désastre du Vietnam.

A ce moment là, l’exploitation par Kouchner de son rôle comme co-fondateur de Médecins Sans Frontières, comme lettres de crédit pour sa propagande politique avait provoqué un dur affrontement au sein de l’organisation. Kouchner a quitté MSF pour créer un groupe rival Médecins du Monde (MdM) qui a poursuivi la ligne de Kouchner d’épouser « l’intervention humanitaire » incluant l’intervention militaire.

En janvier et février 1993, MdM a dépensé environ 2 millions de dollars dans une campagne publicitaire incluant 300 000 posters et des spots TV montrant les stars de cinéma Jane Birkin et Michel Piccoli pour identifier Slobodan Milosevic à Hitler et les camps de prisonniers serbo - bosniaques aux camps d’exterminations nazis. (Voir mon livre « Fool’s Crusade » Montly Review Press, p.74).

Cette campagne de publicité était remplie de mensonges factuels. Mais pour Kouchner, le zèle moral valait plus que la vérité sur le comparatif. L’idée originelle d’identifier les camps serbo- bosniaques de prisonniers comme équivalents aux camps de la mort nazis est venue du dirigeant des musulmans bosniaques, Alija Izetbegovic. En 2003, Kouchner a rendu visite à Izetbegovic sur son lit de mort, ou il ont échangé les paroles suivantes (comme rapportée par Kouchner dans son livre « Les Guerriers de la Paix »Paris Grasset, 2004,pp.373-374) en présence de Richard Holbrooke :

Kouchner : « vous vous souvenez de la visite du président Mitterrand ? Au cours de la conversation vous avez parlé de l’existence de « camps d’extermination » en Bosnie. Vous avez répété cela devant les journalistes. Cela a provoqué une émotion considérable à travers le monde. François m’a envoyé à Omarska et nous avons ouvert d’autres prisons. C’étaient des endroits horribles, mais les gens n’étaient pas systématiquement exterminés. Le saviez vous ? »

Izetbegovic : « Oui. J’ai pensé que mes révélations pourraient précipiter les bombardements. Oui, j’ai essayé, mais l’estimation était fausse. Il n’y avait pas de camp d’extermination quelque soit les horreurs de ces endroits. »

Kouchner conclut : « cette conversation est magnifique, cet homme sur son lit de mort ne nous a rien caché de son rôle historique. Richard et moi-même avons exprimé notre « immense admiration. »

Pour Kouchner le fait qu’un « rôle historique » est basé sur une falsification ne suscite que de l’admiration. Les guerres yougoslaves de désintégration étaient l’occasion idéale pour mettre en pratique ce qui dés lors est devenu la marque de fabrique de sa doctrine de « l’intervention humanitaire ». Cela coïncidait parfaitement avec le besoin des US de fournir à l’OTAN une nouvelle doctrine post guerre froide autorisant l’alliance militaire à survivre et s’étendre. La doctrine est entrée en totale action en mars 1999, quand l’OTAN a commencé sa campagne de 2 mois et demi de bombardements de la Yougoslavie. Comme récompense, Kouchner a reçu le poste de haut commissaire de l’ONU en charge de l’administration civile du Kosovo occupé (UNMIK). Comme quasi dictateur du Kosovo du 2 juillet 1999 à janvier 2001, Kouchner a montré la nature de son « humanitarisme » : démontrant du favoritisme pour les « victimes » désignées par l’OTAN, c'est-à-dire la majorité albanaise, et en même temps utilisant son superbe charme lors d’efforts sporadiques pour apaiser les serbes assiégés. Le résultat a été désastreux. Au lieu de promouvoir la réconciliation et la compréhension mutuelle, il a permis que la province tombe encore plus aux mains de clans armés et de gangsters, qui terrorisent depuis les non albanais en toute impunité.

Kouchner est un humanitariste sélectif. Les victimes qui suscitent son indignation se trouvent toujours avoir la faveur des intérêts impérialistes français ou américains : les biafrais, les non communistes au Vietnam, les albaniens au Kosovo. Il n’a jamais été touché par le sort des victimes nicaraguayennes des assassinats des Contras soutenus par les US et des sabotages dans les années 80, ni du nettoyage ethnique des serbes et des roms au Kosovo après sa prise en charge, encore moins des victimes palestiniennes du nettoyage ethnique israélien.

De même les victimes du régime militaire brutal de Myanmar n’ont pas inspiré sa croisade zélée, au moins pas en 2003, quand il a été payé 25 000 euros par la compagnie française de pétrole Total pour écrire un rapport sur les activités de Total dans ce pays. Le rapport de 19 pages, écrit après une courte visite guidée à travers les installations de Total, défendait la construction par Total d’un gazoduc au Myamar absolvant la compagnie des accusations que celle-ci profitait de l’utilisation par le gouvernement de travailleurs forcés dans des projets de construction. Maintenant, il se pourrait que la compagnie fût aussi innocente que le disait Kouchner. Mais c’est certain que Kouchner n’a pas été choisi pour ses capacités d’investigation, mais pour sa réputation «humanitaire ».

Ce n’est donc pas surprenant que suite à sa nomination comme ministre des affaires étrangères, Médecins Sans Frontières a publiquement appelé Kouchner à arrêter d’utiliser leur label comme moyen d’établir ses qualifications humanitaires. En réalité, Kouchner n’est plus depuis longtemps qu’un homme de publicité pour des interventions sélectives.

Un axe franco américain du Bien ?

La perspective de ce chasseur de publicité poids plume comme ministre des affaires étrangères de France est à la fois alarmant et comique. C’est difficile de savoir s’il faut pleurer ou rire.

Si vous voulez quelqu’un pour justifier une intervention militaire, Kouchner est votre homme. S’il avait dirigé le Quai d’Orsay en mars 2003, sa contribution à la débâcle irakienne cela aurait été de conseiller Georges W. Bush de larguer l’histoire des « armes de destruction massive « et de mener sa guerre pour les « droits de l’homme » pour « en finir avec le dictateur Saddam Hussein ». Au moins c’est ce qu’il n’a cessé de répéter depuis. Kouchner pense que c’est malheureux que GWH ait utilisé le mauvais prétexte pour détruire l’Irak. Il a même blâmé la France pour avoir « forcé » les US à se dépêcher d’envahir l’Irak en brandissant la menace d’un veto au Conseil de Sécurité de l’ONU. Cela ne lui est pas venu à l’idée que la foule des Cheney-Wolfowitz considérait que de pousser le peuple américain dans l’illusion d’« auto défense » marcherait mieux que de faire appel à leur altruisme. De toute faon l’Irak est en ruine, ce qui ne semble pas perturber l’humanitariste à la carrière la plus brillante en France.

Pour l’instant, il n’y a pas d’indication claire que Sarkozy veuille impliquer la France dans une guerre. Donc quelle est l’utilité de Kouchner ? Son expérience comme dirigeant de la Mission de l’ONU au Kosovo (UNMIK) n’a rien fait pour changer l’impression qu’il est plus doué pour faire sa promotion personnelle que pour diriger une administration. Mais c’est le principal talent de son nouveau patron qui n’est pas de ceux qui veulent partager les feux des projecteurs. Mis à part aider le parti de Sarkozy à gagner les élections législatives à venir, on ne sait pas exactement quelle est l’utilisation de Kouchner, ou pour combien de temps il sera maintenu dans son poste.

Il a démarré typiquement selon sa mode, faisant des déclarations qui résonnent bien dans les médias. La création d’un Tribunal International Spécial pour juger les assassins (non identifiés) de l’ancien premier ministre libanais Rafik Hariri, « montre la volonté de la communauté internationale de renforcer la stabilité du Liban «, selon Kouchner. En réalité, on est presque sûr que la politisation internationale de cette affaire déstabilisera encore plus ce pays. Kouchner a continué en disant que le Tribunal Spécial International correspondait aux « souhaits du peuple libanais de toutes les parties et de toutes les croyances », ce qui de nouveau est tout simplement faux. Peut être au moins la moitié de la population libanaise suspecte que le tribunal international sponsorisé par les puissances occidentales a été crée pour être utilisé comme un instrument pour blâmer la Syrie, comme prétexte pour une guerre et pour accuser le Hezbollah, décrit en permanence comme l’ »allié de la Syrie ». Ce Tribunal sponsorisé par l’Occident ne tiendra certainement pas compte du soupçon largement répandu que les israéliens ou les ennemis intérieurs de droite de Hariri, ou les deux, avaient plus à voir avec cette récente vague d’assassinats que la Syrie, qui a été le principal perdant dans l’affaire Hariri.

Ensuite, Kouchner est passé à l’acte Darfour en proposant que les forces armées françaises au Tchad créent un « couloir humanitaire » pour protéger l’aide humanitaire apportée aux victimes du conflit au Darfour dans le Soudan voisin. Les mêmes organisations qui ont fourni la base morale à l‘origine du plaidoyer interventionniste de Kouchner ont immédiatement dénoncé l’idée comme inappropriée.

Denis Lamasson de Médecins Sans Frontières, qui a actuellement 2000 travailleurs aidant les civils au Darfour, a dit de la proposition de Kouchner qu’elle était « dangereuse » parce qu’elle créerait la confusion entre des opérations militaires et humanitaires. Toute intervention militaire obligerait la majeure partie des organisations d’aide à se retirer et rendrait la situation pire qu’elle n’est aujourd’hui, a-t-il affirmé.

Toutes les organisations françaises, MSF, Action Contre La Faim, Solidarités, et même Médecins du Monde (MdM) - - sont d’accord que le seul moyen de mettre fin à la guerre civile entre l’armée soudanaise, les milices Janajaweed et d’autres groupes rebelles divers, passe par un arrangement politique, et non pas une intervention militaire. Le président de MdM Pierre Micheletti fait remarquer que la population est éparpillée «comme des tâches de léopard » sur toute une région de la taille de la France, dans des enclaves contrôlées par un côté ou un autre, sans ligne de front.

Lemasson observe que les expériences passées d’ »interférence humanitaire » confirment leurs inquiétudes. L’opération américaine « militaro humanitaire » en Somalie en 1992, les « zones de sécurité » en Bosnie, toutes ont crée des illusions et ont mener au désastre. Et, ajoute Alain Boinet, dirigeant Solidarités, l’échec en Irak prouve que la paix ne peut pas être imposée.

Ainsi Kouchner est arrivé trop tard. Trop tard pour lui pour sauter dans le wagon de Bush pour l’enfer de l’Irak. Il est déjà particulièrement discrédité parmi ceux qui savent ce que sont vraiment « les interventions humanitaires », et qui ont tendance à revenir au vieux modèle de neutralité de la Croix Rouge pour obtenir l’accès aux victimes. Il garde sa popularité dans le public général seulement parce que son image médiatique savamment entretenue, n’a pas été publiquement scrutée au test de la réalité.

Kouchner est peut être un personnage comique, mais sa comédie dissimule deux tragédies. L’une des tragédies c’est l’espoir qui a fleuri en Mai 68 d’un vrai changement social, pour être anéanti 40 ans plus tard par l’alliance entre Sarkozy qui le répudie et un Kouchner qui en est une parodie. L’autre c’est la tragédie de ce que la politique étrangère française aurait pu, aurait du et devrait être, dont on a eu un bref aperçu le 14 février 2003, lors du discours de Dominique de Villepin au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Contrairement aux us et coutumes, l’assemblée a éclaté en applaudissements. Il semblait que pendant un moment la France pourrait être la voix de la raison, du réalisme, de la paix et pour un meilleur monde.

On avait besoin, on a désespérément besoin d’une telle France. Mais ce que nous avons à la place c’est un autre caniche.

Diana Johnstone 4/06/07 www.counterpunch.org

Diana Johnstone est l’auteur de Fools Crusade: Yugoslavia, NATO and Western Delusions. Elle vit à Paris on peut la joindre à dianajohnstone@compuserve.com

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

Le Darfour ? C'est une affaire de pétrole, idiot...

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Mercredi 6 Juin 2007
Mireille Delamarre

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