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Liban

Retour Du Hezbollah Dans L’Arène Politique Libanaise.

"...le monde politique complexe libanais a prouvé que peu importe les chiffres du parlement, le pays ne peut pas être dirigé sans le consentement des Shi’ites qui sont largement en faveur du Hezbollah et de son parti frère, Amal..."



Retour Du  Hezbollah Dans L’Arène Politique Libanaise.

Damas – Les observateurs de la scène politique du Moyen Orient qui misaient sur une réduction progressive de l’influence du Hezbollah au Liban ont eu une grande surprise lundi. Après 5 mois de tergiversation politique, le Hezbollah a eu ce qu’il voulait dans la formation du cabinet, dirigé par le chef de la majorité au Parlement, Saad Hariri.

Ceux empressés de rayer le Hezbollah de la scène politique avaient vu leurs espoirs accrus en Juin, quand le parti et ses alliés n’avaient pas réussi à obtenir une majorité aux élections parlementaires. L’opposition dirigée par le Hezbollah a effectivement maintenu le statu quo, gagnant 57 des 128 sièges du Parlement.

Les membres de la Coalition du 14 Mars se sont réjouis affirmant que le Hezbollah ne serait plus en mesure de dicter sa politique. Cependant, le monde politique complexe libanais a prouvé que peu importe les chiffres du parlement, le pays ne peut pas être dirigé sans le consentement des Shi’ites qui sont largement en faveur du Hezbollah et de son parti frère, Amal.

Bien que le Hezbollah n’ait pu nommer que deux ministres parmi les 30 du cabinet Hariri, l’opposition, dirigée par le Hezbollah, a reçu un total de 10 sièges. La Coalition de Mars pro occidentale a reçu 15 sièges, tandis que le Président indépendant, Michel Suleiman, a obtenu de nommer 5 ministres : l’intérieur, la défense, et trois ministres d’état – un Sunnite, un Shi’ite, et un Chrétien.

L’une des raisons du retard de 5 mois pris dans la formation du cabinet c’est la question du 1/3 de blocage. Le Hezbollah avait demandé le droit de veto sur toute loi prise par le cabinet, par le biais du 1/3 de blocage, craignant que le 14 Mars n’utilise sa majorité pour discuter de la question du désarmement du Hezbollah.

Mars 14 affirmait que c’était impossible, car l’opposition n’avait pas la majorité au parlement, et par conséquent ne pouvait pas avoir un droit de véto. Le Hezbollah a insisté, et simplement refusait d’accepter la formation d’un cabinet tant que cette question n’était pas résolue.

Hariri a essayé unilatéralement de former un cabinet cet été mais a échoué réalisant qu’aucun gouvernement ne pouvait être considéré comme constitutionnel s’il ne contenait pas toutes les communautés religieuses libanaises. Un cabinet sans Shi’ite aurait provoqué de vastes manifestations de rue, identiques à celles qui ont paralysé la vie économique et politique du Liban pendant presque deux ans de 2006 à 2008.

Pour trouver une solution à la dispute, tous les partis sont tombés d’accord sur une solution créative. Le Hezbollah pourrait nommer un ministre parmi les cinq ministères attribués à Suleiman, le ministre d’état, Adnan al-Sayyed Hussein (un Shi’ite). Bien que légalement le Hezbollah n’ait prise que sur 10 postes au gouvernement, en fait il en a 10+1, soit au total pour le parti 11, ce qui constitue 1/3 de blocage. Ce ministre- surnommé Ministre Roi – aura le pouvoir de faire passer ou de bloquer toute loi, et il est proche du Hezbollah, bien qu’il ne soit pas officiellement membre de l’opposition.

Le deuxième point de blocage, qui a joué en faveur du Hezbollah, c’est le ministère des télécommunications. En Mai 2008, le cabinet de Mars 14 dirigé par l’ex premier ministre Fouad al-Siniora a essayé de démanteler le système de communication du Hezbollah sur l’autoroute 17 menant à l’aéroport international de Beyrouth. Ce simple évènement a conduit à des combats de rues dans Beyrouth rappelant la guerre civile.

Quiconque obtient le ministère des télécommunications se trouve en position de protéger – ou combattre- l’appareil de communication du Hezbollah. Le parti de l’allié chrétien, Michel Aoun, avait demandé que ce poste aille à son gendre, Gibran Bassil. D’abord Mars 14 avait nettement refusé, affirmant que Bassil ayant perdu aux élections parlementaires de juin 2009 ne pouvait pas prétendre à un poste au sein du cabinet.

Aoun et le Hezbollah ont refusé de céder, insistant pour que le poste revienne à l’opposition dirigée par le Hezbollah. Suleiman a pris leur défense disant qu’il n’y avait aucune loi – seulement une coutume politique – disant qu’un candidat battu aux élections parlementaires ne pouvait pas devenir ministre. Ce problème a aussi été résolu en faveur du Hezbollah, le poste controversé ayant été attribué à Carbel Nahhas, membre du Free Patriotic Movement d’Aoun, qui est proche du Hezbollah. Non seulement Mars 14 a accepté de céder ce poste, mais également accepté de nommé Bassil comme ministre de l’énergie et de l’eau.

Au total, les Chrétiens Maronites ont maintenant six sièges au cabinet Hariri, dont trois pour Aoun, et les Shi’ites on de même six postes, dont deux pour le Hezbollah (l’agriculture et les affaires de la jeunesse). L’allié du Hezbollah, Amal, a obtenu de nommer Ali al-Shami, un nouveau venu en politique, comme ministre des affaires étrangères. Le ministère des finances est allé à Raya Haffar, une nouvelle tête de Mars 14, l’une des deux femmes au gouvernement.

Le dirigeant druze, Walid Jumblatt, a trois de ses alliés en place – Akram Shuhayeb comme ministre des déplacés, Wael Abu Faour, ministre d’état, et Ghazi al-Aridi, ministre des travaux publics. Parmi les anciens ministres restés au sein du nouveau cabinet, on trouve le vice premier ministre et ministre de la défense, Elias el-Murr, et le ministre de l’intérieur, Ziad Baroud.

En plus d’être une nouvelle victoire pour le Hezbollah, la formation du cabinet promet d’amener un calme relatif et la sécurité dans ce petit pays méditerranéen. C'est un signal que les relations Syrie – Arabie Saoudite se portent bien, étant donné l’influence importante de ces deux pays respectivement sur le Hezbollah et Mars 14.

En Octobre, le roi d’Arabie Saoudite, Abdullah, a visité Damas, envoyant des signaux positifs qui ont eu un effet fort sur le match de foot politique se jouant à Beyrouth. Sa relation avec la Syrie s’était tendue depuis 2005 à cause du Liban, mais actuellement le roi saoudien semble plus intéressé pour trouver un terrain d’entente avec les Syriens sur l’Irak – se concentrant sur ce qui l’unit au Syriens concernant l’Irak plutôt que ce qui les divisent sur le Liban.

Le président des Etats Unis, Barack Obama, a facilité depuis son arrivée au pouvoir en Janvier cette ambiance positive. Sous Obama, le Liban est passé d’une position de priorité pour les US à celle d’»importante », étant donné que le président américain est nettement plus intéressé à trouver des solutions pour des zones critiques telles celles d’ Afghanistan, d’Irak, du Pakistan, et d’ Iran.

Les Syriens et les Saoudiens ont compris cela et que s’ils coopéraient ils pourraient obtenir des résultats tangibles liés à la sécurité de l’Irak, ce qu’Obama recherche actuellement dans le Monde Arabe. Avant de faire cela, avant les élections parlementaires d’Irak en Janvier, ils devaient faire en sorte que d’autres régions agitées, telle le Liban, soient pacifiées.

Si obliger Mars 14 à offrir le poste du ministère des télécommunications à l’opposition, ou leur donner un pouvoir de veto était la solution à la crise à Beyrouth, alors c’était le prix que les Saoudiens étaient, semblent-t-ils, prêts à payer pour la paix et la tranquillité au Liban. Il y avait trop d’enjeux pour l’Arabie Saoudite – politique, financier, et moral – pour laisser le Liban sombrer dans le chaos. Saad Hariri, 39 ans, est un ami fidèle de longue date des Saoudiens. Etant donné que c’est son premier mandat de premier ministre, l’Arabie Saoudite veut qu’il réussisse – à tout prix.

Sami Moubayed 11 Novembre 2009 – www.atimes.com

Sami Moubayed es éditeur en chef du Forward Magazine en Syrie.

Dimanche 15 Novembre 2009
Mireille Delamarre traduction

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