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Résistantes italiennes pendant la seconde guerre mondiale : la résistance des estafettes

Les femmes ont participé activement à la Résistance en Italie et payé un prix élevé. Elles furent 623 à tomber au combat ou tuées en représailles ; 4600 furent arrêtées, jugées et torturées, 2750 déportées dans les camps de concentration. Sur 250 mille activistes, 75 mille furent des femmes dans les Groupes de défense féminins et 30 mille dans les forces combattantes.



Maquisarde italienne
Maquisarde italienne

La résistance des estafettes

Les jeunes filles qui décidèrent en 1943 de rejoindre les formations partisanes n’étaient pas obligées, à la différence de leurs camarades du même âge, de s’engager dans la milice de Saló ou dans la Résistance. Elles firent ce choix parce qu’elles le voulaient, parce qu’elles cherchaient quelque chose de plus. C’est ce choix que raconte « Stafette » un documentaire réalisé en recueillant le témoignage de quatre partisanes (c’est le terme en Italie, pour désigner les résistants, ndt) piémontaises, produit grâce à la contribution de la Commission des élues et de l’Assessorat au budget de la province de Rome.

Anna Cherchi, Claudia Balbo, Marisa Ombra et Nicoletta Soave avaient environ 18 ans quand le 8 septembre bouleversa l’Italie (capitulation de l’Italie et occupation par l’armée nazie, ndt). Elles prirent part à la Résistance dans les collines du Piémont méridional sur fond de Mont Viso, entre le Montferrat et les Langhes (la région de Beppe Fenoglio, ndt). Leur récit aujourd’hui, intégré dans des images provenant en grande partie d’archives privées et presque toujours inédites, en partie re-sonorisées, nous restitue une histoire politique, de lutte mais aussi de sentiments, d’émotions et de corps. Dans cette richesse se trouve la perspective de genre déclarée et voulue par la réalisatrice (Paola Sangiovanni, qui dédie ce film à sa mère, nom de guerre « Prima ») et des productrices (Laura Cafiero et Gabriella Galluzzi pour Metafilm).

Il y avait le courage, « quand les camarades nous mettaient à l’épreuve pour voir nos réactions » et quand, ensuite, la partie se fit plus dure et qu’il fallut affronter la brutalité des républicains (de Saló, ndt) et des nazis à visage découvert. Et il y avait la peur, profonde et ancestrale, provoquée par les aboiements des chiens plus encore que par la perception de l’approche des allemands.

Dans les brigades partisanes, les filles firent l’expérience de nouvelles formes de solidarité. C’était une solidarité libératrice, parce qu’on pouvait s’exprimer, dire ce qu’on pensait, « pas comme en famille » dit Claudia Balbo. Les estafettes partagèrent le quotidien des hommes, jusqu’à devoir occuper le même grabat, la nuit. Pour certaines c’était goûter à une nouvelle dimension : se sentir camarades ; pour quelqu’autre, éduquée avec plus de sévérité, une question à traiter avec une certaine prudence - « la paille près du feu s’enflamme » - en essayant par exemple de toujours dormir du côté du mur.

Si la Shoah n’est pas mentionnée, le récit intense et lucide de Anna Cherchi donne la parole à tous ceux – juifs, tziganes, témoins de Jéhovah, homosexuels, malades mentaux, handicapés, opposants politiques- qui subirent ce même sort. Combattante dans la IIème Division des Langhes, elle fut déportée en 44 pour n’avoir pas avoué, sous la torture, où les partisans avaient caché les armes lancées par les avions anglais. Dans le camp d’extermination, épuisée par le travail forcé, torturée par un boucher qui lui avait arraché les dents, Anna comprit jusqu’au fond que le projet poursuivi était celui de l’anéantissement : faire qu’un homme ou une femme devienne « un rien ». C’est ça la chose la plus difficile à accepter, que seule le calme des femmes plus âgées, camarades de détention, peut aider à supporter, dit la résistante avec une sobriété absolue. Elle pleurera à son retour en Italie, en retrouvant la nourriture de chez elle, les gressins.

Nicoletta Soave, arrêtée à Santo Stefano Belbo en 44, avec une camarade, fut conduite à l’interrogatoire où elle retrouva le soldat allemand qui avait été prisonnier des partisans quelques temps avant, et qu’elle avait elle-même surveillé. Pendant cette période de détention elle avait secouru le jeune allemand affamé, avec une miche de pain. Le soldat reconnaît les filles ; non seulement il ne les trahit pas mais, la nuit, il entre sans bruit dans la cellule et, délicatement, les couvre avec une couverture, en laissant une cruche pleine de chocolat. Le geste, plus encore que la boisson bouillante, lui réchauffe le cœur et la réconforte.

Dans les nuits passées dans les stalags on parlait du monde. On parlait de comment le changer comme si « c’était une petite chose de rien du tout, là, facile à refaire », se souvient Marisa Ombra. Dans les Groupes de défense de la femme et d’assistance aux combattants de la liberté – « jamais un nom ne fut plus bête et plus impropre » - on essayait de comprendre comment fonctionnait un parlement démocratique. L’émancipation et la conscience de la différence allaient venir après ; en attendant les résistantes discutaient de pouvoir enfin aller voter comme les hommes. Nous savons que sans leur choix et sans leur expérience audacieuse de liberté, la suite des batailles des femmes, dans un pays patriarcal et catholique, aurait risqué d’avancer beaucoup plus lentement.

La conviction de pouvoir changer les choses demeura après la Libération : les cinq terribles années une fois passées, il semblait que commencer une nouvelle vie et un monde nouveau était possible. Ce rêve en tête, les jeunes filles résistantes continuèrent, certaines s’engagèrent en politique, d’autres se partagèrent entre famille et travail, ce travail, à la fin des années 40, qu’il était difficile de revendiquer parce qu’une femme ne pouvait pas prendre le poste à un père de famille. Marisa Ombra confirme : « Rien n’a été offert aux femmes italiennes, nous avons tout conquis et nous avons été grandioses ».

Les femmes ont participé activement à la Résistance en Italie et payé un prix élevé. Elles furent 623 à tomber au combat ou tuées en représailles ; 4600 furent arrêtées, jugées et torturées, 2750 déportées dans les camps de concentration. Sur 250 mille activistes, 75 mille furent des femmes dans les Groupes de défense féminins et 30 mille dans les forces combattantes.

ALESSANDRA BARBERIS

Edition du 10 février 2006 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/10-Febbraio-2006/art107.html
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Les Langhe sont la région natale de l’écrivain Beppe Fenoglio, lui-même partisan, et auteur de Les vingt-trois jours de la cité de Alba, (récit très original, et non dépourvu d’humour des années de lutte) et aux excellentes (oui) éditions La fosse aux ours, de : Journal 1954 suivi de Epigrammes (144 pages, 15 euros, avec une belle photo de l’auteur sur la couverture). Fenoglio est un des grands écrivains italiens du 20ème siècle, méconnu en France.

Non violence et resistance dans et contre l'Allemgane nazie: le groupe Rose Blanche

Lundi 1 Mai 2006
Mireille Delamarre

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