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Propagande

Propagande israélienne dans les médias– manipulation sémantique – manipulation visuelle

Décryptage de la sémantique propagandiste israélienne. Suivi d’une analyse incluant des réferences journalistiques sur la propagande visuelle planifiée de l’évacuation des colons de Gaza



Propagande israélienne dans les médias– manipulation sémantique – manipulation visuelle

Dire ce qui n’est pas (mentir ndt)

Note
Les remarques faites dans l'article ci dessous concernent la presse américaine et anglo saxonne mais elles s’appliquent aussi, à des degrés divers, à la presse française.

Dire ce qui n'est pas

J’ai constaté l’énorme pression sur les journalistes américains spécialistes du Moyen Orient quand je suis allé dire au revoir il y a quelques années à un collègue du Boston Globe. Je lui ai exprimé ma tristesse de le voir quitter une région qu’il avait apparemment apprécié de couvrir. "Tu peux garder tes regrets pour quelqu’un d’autre" dit-il. L’une des côtés positifs de son départ, c’était qu’il n’aurait plus à falsifier la vérité pour satisfaire une partie des lecteurs vociférant contre son journal.

"J’avais l’habitude de nommer une faction au sein du Likoud comme d’extrême droite" dit-il, "mais récemment, mes chefs de publication m’ont dit de ne pas employer ce genre de terminologie. Un grand nombre de nos lecteurs étaient contre". " Et maintenant ?"je lui ai demandé ? "Nous ne les appelons plus extrême droite."

Je savais que ces "lecteurs" étaient considérés au sein de son journal comme des "amis d’Israël", mais je savais aussi que le Likoud sous Netanyahu était d’extrême droite comme il ne l’avait jamais été.

Ceci est seulement la partie visible de l’iceberg sémantique qui s’est écrasé sur le journalisme américain couvrant le Moyen Orient. Les implantations de juifs, pour les juifs seulement, construites sur des terres arabes sont clairement des colonies et nous avions l’habitude de les appeler ainsi. Je ne me souviens plus à partir de quel moment nous avons commencé à les appeler des implantations. Mais, je peux me souvenir du moment, il y a de cela deux ans, ou le mot "implantation" à été remplacé par quartiers juifs et même dans certains cas par "avant postes".

De même, la terre palestinienne occupée est devenue dans certains médias américains disputée - juste après que le secrétaire d’état Colin Powell eut donné des instructions aux ambassades américaines au Moyen Orient de mentionner la Cisjordanie comme territoire disputé plutôt qu’occupé.

Et puis, il y a le mur cette obstruction massive de béton dont le but, selon les autorités israéliennes, est d’empêcher les kamikazes palestiniens de tuer des innocents israéliens. Là il a eu quelque succès mais ce mur ne suit pas la frontière israélienne de 1967 et s’enfonce profondément en terre arabe. Et, très souvent ces derniers temps, les journalistes l’appellent une clôture plutôt qu’un mur. Ou, une barrière de sécurité le terme qu’Israël préfère les voir utiliser. Sur une certaine partie de sa longueur, nous dit-on, ce n’est pas du tout un mur – donc nous ne pouvons pas l’appeler un mur, même si le long serpent de béton et de fer qui court à l’est de Jerusalem est plus haut que le mur de Berlin.

L’effet sémantique de cette obscurité journalistique est clair. Si la terre palestinienne n’est pas occupée, mais fait simplement partie d’une dispute qui peut être résolue devant des tribunaux ou des discussions au dessus d’une tasse de thé, alors l’enfant palestinien qui jette une pierre à un soldat israélien dans les territoires agit clairement de façon insensée.

Si une colonie juive construite illégalement sur une terre arabe est simplement un bel et amical "quartier" alors tout palestinien qui l’attaque doit mener un acte de terrorisme gratuit.

Et, il n’y a sûrement aucune raison de manifester contre une "clôture" ou une "barrière de sécurité" - des mots qui font penser à une clôture de jardin, ou à la porte d’entrée d’une résidence immobiliere privée.

Si les palestiniens objectent violemment à l’un de ces phénomènes, c’est le signe qu’ils sont apparentés à un peuple vicieux. Selon l’utilisation faite de notre langage, nous les condamnons.


Alors appelons une colonie, une colonie, une occupation ce que c’est, une occupation, appelons un mur un mur. Et peut être aussi, exprimer la réalité d’une guerre en montrant ce qu’elle représente, non point essentiellement une victoire ou une défaite, mais une faillite totale de l’esprit humain.

Extraits d’un article de Robert Fisk paru le 27 décembre 2005 sur latimes.com (Los Angeles Times)

Robert Fisk est correspondant au Moyen Orient depuis de nombreuses années pour le journal Londonien The Independent et l’auteur d’un ouvrage récent "la Grande guerre pour la civilisation : la conquête du Moyen Orient" publié chez Knopf en novembre 2005


Politique et sémantique - Représailles

"Représailles"

La plupart du temps les medias mentionnent les attaques israéliennes comme étant des " représailles".

Représailles de quoi ?

Il est rarement fait mention de la chronologie des évènements qui améne à ces "représailles" israéliennes. Cette sémantique à des visées essentiellement politiques : faire porter la responsabilité de la violence sur les palestiniens. A l’opposé, l’état d’Israël est présenté comme "une démocratie" qui ne fait que se défendre contre des "terroristes" palestiniens, et non comme une puissance coloniale expansionniste engagée dans une politique de nettoyage ethnique violent, d’expulsion forcée sur le long terme de la population autochtone palestinienne. Fi des incursions militaires quotidiennes israéliennes dans les territoires occupés, des bombardements aériens, des tirs d’artillerie, des exécutions sommaires de militants, des arrestations arbitraires, des détentions administratives illégales, des démolitions de maisons, des expropriations illégales de terres, notamment pour la construction du mur.

Tous ces faits ne sont pas rapportés.

Brusquement, surgi d’on ne sait où, ni pourquoi, on annonce des "représailles" israéliennes, car Israël a bien sûr le droit d’assurer sa propre sécurité, non ?

Mais qui mentionne que les actions palestiniennes sont elles aussi pour assurer la sécurité de leurs familles, leurs biens, leurs moyens de subsistance ?

L’étude chronologique des faits permet de conclure que les attaques systématiques de l’armée d’occupation israélienne à l’encontre de la population palestinienne ne sont pas des "représailles". Elles sont clairement la cause de la violence palestinienne en retour aux violentes exactions commises contre l'ensemble de la population palestinienne par les soldats de l’armée d’occupation israélienne.



Retrait de Gaza : l’un des grands évènements médiatiques de 2005 – Le show a commencé !

Parmi les "grands évènements médiatiques" de l’année 2005, le redéploiement israélien de la bande de Gaza et l’évacuation de 4 colonies au nord de la Cisjordanie occupée est en bonne place. Qui peut oublier ces visions de la colère de ces colons israéliens s'étant barricadés eux-mêmes dans des synagogues, ou se tenant sur les toits des maisons hurlant des injures, lançant de la peinture ou de la farine sur les soldats, images projetées sur les écrans cathodiques du monde entier. Qui peut oublier ces visages en larmes de colons et femmes de colons sortis de leurs maisons, entourés d’enfants en bas âge le regard perdu, ou d’adolescents poussant des cris hystériques, eux aussi montrés sur les écrans de par le monde ?

Et si tout cela n’avait été qu’une mise en scène théâtrale médiatiquement orchestrée par un gouvernement et ces supplétifs colons pour s’attirer la sympathie du monde entier et faire croire à des "concessions généreuses" et douloureuses de la part des israéliens ?

"C’était un chef d’oeuvre" s’exclame un éditeur d’une importante agence de presse devant l’une des photos de l’évacuation des colons. "Apres, nous avions tous le sentiment d’avoir participé à un jeu, que nous avions été utilisés, achetés avec de grandes images." Cet éditeur n’est pas le seul a éprouvé un tel sentiment. D’autres journalistes présents sur les lieux parlent "d’un formidable taux de manipulation" et du "plus grand coup publicitaire jamais réalisé" ou affirment, plus modestement, que l’évènement "était définitivement théâtralisé".

Selon Hazel Ward, reporter à l’AFP, " il y a eu un sentiment clair que malgré toute la colère et l’apparent chaos sur le terrain, l’évacuation s’est déroulée comme prévue".

Le gros de l’évènement c’était l’évacuation des colons par des soldats compatissants. Pour certains reporters, cette histoire avait été pré négociée.

David Ratner, une reporter du quotidien israélien Haaretz décrit un tel arrangement à Homesh, une ancienne colonie du nord de la Cisjordanie. "Ils ont tenu des rencontres où les colons disaient : "on s’accorde pour ne pas battre les soldats, nous nous étendrons par terre en nous tenant par les mains". Les soldats eux disaient : " Nous briserons votre rassemblement, sans utiliser la violence, par petits groupes de 4 soldats, et vous n’êtes pas autorisés à donner des coups de pieds aux soldats". "C’est ce que m’a dit un officier".

Il a confirmé que le show avait été accepté de part et d’autre jusqu ‘au moindre détail : ce que les colons pouvaient jeter sur les soldats et la police, la farine c’était ok, l’acide interdit. "Un officier m’a dit qu’ils avaient accepté que les colons puissent jeter tout type de nourriture, tomates, houmous, à l’exception de conserves au vinaigre."

Ratner affirme également que dans la plupart des colonies qu’il a visité les évènements n’étaient pas spontanés mais bien "complément sous contrôle". Un photojournaliste confirme ses dires. "Souvenez vous du reportage de Gush Katif (la plus grande colonie de Gaza) avec en toile de fond un grand feu allumé par les colons. C’était une affaire arrangée entre eux et l’armée, les colons ayant dit qu’ils ne résisteraient pas trop s’ils pouvaient allumer ce feu."

Personne ne sait précisément quand et à quel type de négociation cette évacuation a donné lieu, l’armée israélienne se refusant à tout commentaire et se contentant de réaffirmer qu’elle "ne discutait pas des détails de rencontres qui ont eu lieu à huit clos".

Alors que les colons sont en général hostiles aux journalistes qui viennent enquêter dans les territoires occupés palestiniens, allant jusqu’à détruire leur matériel, crever les pneus des véhicules de presse, voire parfois même les agresser physiquement, les colons de Gaza et des 4 colonies de Cisjordanie évacuées se sont cette fois rués sur les journalistes. Certains journalistes bien que conscients que les colons agissaient de façon théâtrale ont accepté de jouer le jeu et retransmis cela dans le monde entier.

Quelle crédibilité ensuite leur accorder ?

Pour certains journalistes, l’objectif du gouvernement israélien et des colons s’était de montrer au monde entier la difficulté d’une telle évacuation afin qu’elle ne se répète pas.

Si l’évacuation a donné (ce qui était l’objectif médiatique) de Sharon une image d’homme ayant fait "des concessions pénibles" elle a donné des soldats israéliens une image de héros, au bon cœur, prévenants, compatissants jusqu’aux larmes. Le but : essayer de faire oublier les images qui circulent dans le monde entier sur des soldats brutaux, utilisant un maximum de violence, démolissant des maisons, malmenant les palestiniens aux check points, conduisant des attaques sanglantes, tirant sur des enfants palestiniens. Et voilà qu’on les montrait calmes, dignes, face aux insultes. Ainsi, quelle aubaine, on leur donnait la possibilité de montrer au monde qu’ils étaient de braves, et gentils soldats.


Certains journalistes comme Amelia Thomas du Christian Monitor (magazine américain) ne s’y sont pas trompés : "oui, ces reportages et images de soldats remplis de compassion, mais quand vous y étiez, cela ressemblait plutôt à : " Oh la là, maintenant je dois encore serrer un autre colon dans mes bras !". Un autre photographe qualifie tout cela de "Woodstock Gaza 2005".

La plupart des colons de la Bande de Gaza sont partis sans en faire toute une histoire, ayant bénéficié de compensations conséquentes. En fait ce sont des extrémistes israéliens venus de l’extérieur, rentrés à Gaza avec la complicité des autorités, qui ont mené le show.

Les préparations médiatiques pour cet évènement ont commencé des mois à l’avance, et ont été menées de façon à montrer que cette évacuation était un long combat de tous les instants. En fait, l’évènement en lui-même n’a pris que 6 jours et personne n’a été blessé sérieusement. Des budgets médiatiques importants avaient été prévus pour couvrir l’évènement.

Chacun en voulait donc pour son argent.


Selon David Ratner, les médias étrangers ont surestimé la violence qui pourrait surgir de ce redéploiement car ils n’ont pas compris la cohésion existant dans la société israélienne. Il y a une ligne rouge à ne pas dépasser et les colons à 99,9% ne la franchiront pas.

Alors, les medias étaient-ils myopes ou manipulés ?

Pour répondre à cette question il faudrait que les journalistes fassent un petit travail de réflexion sur ce qui s’est passé et ce qu’ils ont fait ou pas fait. Un travail qui reste à faire avant le prochain "désengagement", s’il y en a un, et s’ils veulent récupérer un tant soi peu de crédibilité.


Source de certains commentaires journalistiques : un article paru dans The Guardian, quotidien britannique le 9 janvier 2006 et intitulé « making human drama out of a political crisis »


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Dimanche 22 Janvier 2006
Mireille Delamarre

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