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Propagande

Propagande et images - naissance et envol à la faveur de la Grande Guerre

La propagande, grande productrice d’images, est l’un des phénomènes marquants de notre époque. Théorisée au XIX ème avant « l’ère des masses », mobilisée pendant la Grande Guerre comme « bourrage de crâne », elle va souvent tenir lieu de mode d’information.



Naissance de la propagande de masse

Propagande et images - naissance et envol à la faveur de la Grande Guerre
La propagande existe depuis longtemps. On en trouve des traces chez les peuples de nouvelle Guinée selon Margareth Mead antrophologue entre les deux guerres, et certains de ses confrères utilisent cette terminologie pour évoquer la mise en scène des souverains de Babylonie.

Le néologisme « propaganda » a été formé en 1622 par la curie romaine lorsqu’elle fonde la congrégation pour la propagation de la foi ( congrégation de propaganda fide ). Il désigne toutes les techniques utilisées pour diffuser la foi catholique. Mais au XIXème siècle, avec le développement de la démocratie et des systèmes électoraux, il prend la signification de propagation d’idées puis, plus tard, de doctrines politiques.

La propagande outil de la politique de masse

Elle est très largement utilisée par les socialistes qui reprennent le concept chrétien d’activité s’adressant à de larges auditoires appartenant à un vaste territoire géographique. En Italie, elle est conçue comme l’éducation du prolétariat illettré, alors qu’en France les socialistes envoient leurs propagandistes porter leur message aux masses des travailleurs. Les prophètes du socialisme (Marx, Bakounine, Proudhon) ont leurs missionnaires pour convaincre les travailleurs du bien fondé des changements politiques qu’ils préconisent. La propagande s’accompagne d’images produites sur différents supports (cartes postales, médailles, journaux illustrés, bustes…) pour en assurer l’impact. La sécularisation de la propagande gagne aussi d’autres mouvements dont ceux des nationalistes.

La propagande devient objet de réflexion : on réfléchit sur ses méthodes, les moyens utilisés, ses contenus

Elle devient un domaine particulier de l’activité politique avec ses théories intellectuelles : théorie des foules apparentées à des êtres moraux, doués de réactions, de passions, le théoricien le plus connu étant Gustave Le Bon et sa « psychologie des foules « 1895 qui a inspiré Lénine et Mussolini. La propagande a ses agents, ses outils, et quelques artistes, des peintres, des dessinateurs vont contribuer à l’illustrer.

Mais c’est au tournant du siècle que la relation propagande-image va s’accentuer sous l’effet du changement du rapport entre l’art et les masses. L’art cherche à sortir de l’élitisme qui lui est propre et s’inspirant de l’essor de l’imagerie commerciale, va « s’ouvrir » aux masses. C’est Georges Morel ( 1847 -1922 ) l’un des pères de la psychologie sociale, qui focalise sur l’impact des images en politique et qui pose la nécessité de mythes mobilisateurs qu’il définit comme des images mentales, des représentations : nation, révolution, grève générale, société idéale. Son objectif est de sortir les masses de leur léthargie et les amener à réagir collectivement. Désormais le lien entre image et appréhension de la vie publique se solidifie avec pour objectif de façonner les comportements humains.

La Grande Guerre naissance de l’Etat propagandiste

Propagande et images - naissance et envol à la faveur de la Grande Guerre
La propagande va devenir au moment de la grande Guerre un élément essentiel du débat dans l’espace public et va aussi donner naissance à la contre propagande. Cette propagande est d’abord destinée à l’opinion publique intérieure, mais elle va prendre des allures de guerre iconographique sur la scène internationale.

Première arme de la propagande qui se développe dans tous les états belligérants : la censure. Elle permet de freiner les tentatives d’opposition aux décisions du régime en place en France. Elle touche principalement la presse : mesures limitatives des libertés de la presse dés le mois de sept 1914. Celle-ci est accusée d’esprit défaitiste ou d’atteinte au prestige des armées, des mesures sont également prises contre des tracts ou des affiches jugés séditieux. Les préfets ont autorité pour faire procéder à l’arrachage sur les supports muraux d’affiches- textes ou illustrées abondamment utilisées, ou à la saisie de documents défaitistes ( entendez pacifistes). Les contraintes de la censure modifient les comportements des graphistes et journalistes pour éviter la répression.

Le bourrage de crâne, l’iconographie, les arts au service de l’Etat propagandiste

Propagande et images - naissance et envol à la faveur de la Grande Guerre
Les gouvernements mettent en place des organes chargés de contrôler les informations diffusées au public. En Grande Bretagne en septembre 1914, est crée un bureau spécial chargé de la propagande qui diffuse tracts, affiches avec slogans et mots d’ordre. Cette propagande s’élabore en secret, et les masses populaires ont vite fait dés 1915 de devenir suspicieuses et d’y voir des informations trompeuses qu’elles prennent pour des « bobards ». La contre propagande utilise cette suspicion pour accuser l’adversaire de mensonges comptant sur le sentiment patriotique des masses.

Pour légitimer ses décisions, le pouvoir en place utilise toute une iconographie telle médailles, décorations avec mises en scène de distinctions militaires. Les croix, qui symbolisent la justesse du combat identifié à une véritable croisade, fleurissent partout, de même que les images héroïques de combattants, de personnalités célèbres, de victimes civiles.

L’état pèse sur la création artistique par le biais des institutions académiques des beaux arts afin quelle rende compte de l’effort militaire sans précédent. Le gouvernement français va même jusqu’à créer une commission des missions artistiques aux armées en 1916 à qui est confiée l’organisation de voyages d’artistes sur le front début 1917. Le théâtre et les chansonniers sont également mis à contribution pour annoncer l’espoir de la victoire.
La publicité accompagne elle-même « l’effort de guerre ». Ainsi, l’image du soldat est utilisée pour créer une connivence entre le produit à vendre et le futur acheteur. On a recourt à des exemples historiques pour exalter le combat : on représente les poilus comme les descendants des traditions guerrières chevaleresques de la Grande Nation. Comme il est difficile de représenter visuellement la spécificité de cette guerre des tranchées, les Etats mettent l’accent sur leur « supériorité » technologique : matériel d’artillerie, armement lourd aviation. D’où le succès de l’image de « la grosse bertha «

Le recours aux images à grande diffusion pour la défense de la patrie

Propagande et images - naissance et envol à la faveur de la Grande Guerre
En plus de l’esprit patriotique, tous les Etats en guerre mobilisent les supports de l’opinion de masse : presse illustré à grand tirage, affiches politiques, cartes postales pour distiller l’idéologie nationale guerrière. Ils sont soutenus par les secteur commercial, bancaire et industriel privés via les publicités commerciales qui prennent un caractère mobilisateur pour attirer le client « patriote ». Bref le sentiment patriotique fait vendre. Des associations patriotiques viennent également renforcer cette propagande de masse. Mais c’est surtout sur les organes de presse que s’appuient les Etats belligérants : reportages rassurants sur les troupes alors que les journaux de tranchées exposent, eux, la dureté de l’existence au front.

Les images stéréotypées sont diffusées sur tous les supports : soldat valeureux, exemplaire, partant au combat, femmes au travail remplaçant les époux, frères, pères, mobilisés, ou bien images de repos du guerrier avec femmes avenantes. L’ennemi c’est le barbare qui agresse qui est malhonnête, criminel, représenté par des images d’animaux ou de dragons et autres monstres mythiques. On utilise jusqu’aux images d’enfants héroïques dans la résistance ou torturés dans l’innocence (l’ennemi c’est l’ogre qui dévore les enfants).




Naissance de la « guerre psychologique « par l’image, variations propagandistes au fil des ans

Propagande et images - naissance et envol à la faveur de la Grande Guerre
A mesure que la guerre se prolonge, de véritables offensives propagandistes par l’image sont menées avec pour objectif la sensibilisation de l’opinion au-delà des limites des frontières nationales. Les anglais utilisent en 1915 le naufrage du Lusitania coulé par la Kriegsmarine allemande pour influencer les américains et les pousser à rentrer en guerre contre l’Allemagne. La propagande française s’emploie à légitimer le rôle des troupes coloniales. Les sénégalais deviennent les défenseurs souriants de leurs amis blancs ( 1917 lancement de la pub Banania image type du fusionnel commercial politico militaire)

Puis on assiste à la multiplication d’images réalistes du conflit avec un graphisme épuré :aller à l’essentiel être compris par tout le monde, et sur des thèmes variés : drames humains, blessés, morts, sont représentés dans les journaux à grand tirage, les gravures et dessins. Les images satiriques et humoristiques abondent dans les journaux des tranchées ou les dessins y expriment l’optimisme forcé des combattants attendant la victoire, le réalisme conditionné par le militarisme et le patriotisme. Il est impossible de diffuser les images antimilitaristes qui se font plus nombreuses au fil des années.


La propagande et son support imagé survivent à la Grande Guerre

Cause fin de guerre vends Grosse Bertha
Cause fin de guerre vends Grosse Bertha
Des images nouvelles ( dans la presse d’avant guerre dominait le dessin ) des adversaires, des prisonniers, des combats, principalement des photos, vont nourrir la presse d’après - guerre et contribuer à élaborer une mémoire réaliste de celle-ci, nourrissant des débats engagés à propos de l’érection des monuments aux morts. L’image de la guerre a été construite après coup.

La propagande de guerre a surtout été une propagande primitive « pour la guerre » utilisant des techniques restreintes de mise en image, et des thématiques répétitives. L’entre deux- guerres va voir s’affiner cette propagande par l’image. (Sujet du prochain article…)

Bibliographie : Images et propagande Fabrice d’Almeida édition xxème siècle casterman giunti 1995

en pièce jointe : bourrage de crâne dans la presse française pendant la Grande Guerre

bourrage_de_crane_medianet_art2_pj1.doc bourrage de crâne medianet art2 pj1.doc  (27.5 Ko)


Jeudi 7 Octobre 2004
Mireille Delamarre



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