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Iran

Pourquoi une telle bellicosité entre Israël et l' Iran ?

Depuis plusieurs mois la rhétorique belliqueuse à la fois israélienne et iranienne n’a cessé de s’amplifier, chacun menaçant l’autre de destruction. Le président iranien prophétise la disparition de l’entité sioniste, et l’entité sioniste prévient qu’avant même que l’Iran n’agisse pour la détruire, l’Iran serait déjà réduit en poussière. Pourquoi une telle animosité qui ne date pas d’hier ? Quels sont dans l’histoire le ou les évènements qui peuvent expliquer cette bellicosité ?



Pourquoi une telle bellicosité entre Israël et l' Iran ?

Pourquoi une telle bellicosité entre Israël et l’ Iran ?

L’Iran : une exploitation honteuse des richesses du pays par les grandes puissances coloniales

Pour resituer cette bellicosité dans son contexte historique retour en arrière. Sans vouloir se plonger profondément dans l’histoire de l’Iran, c’est important de noter l’exploitation honteuse des immenses réserves de pétrole iraniennes pendant plus d’un siècle par les puissances coloniales d’abord la Russie, puis la Grande Bretagne, et ensuite les Etats-Unis. En 1906, un gouvernement constitutionnel fut mis en place mais il eut une courte vie, jusqu’en 1911. Cette année là, les russes envahirent l’Iran semant la destruction. Beaucoup d’intellectuels éduqués en occident furent assassinés, des bibliothèques et musées brûlés, et des journaux fermés pour s’assurer de la soumission des iraniens. Les russes et les britanniques ont même été jusqu’à se partager l’Iran entre eux en créant des « zones d’influence ». Plus tard, l’Iran a été obligé d’accorder à la Grande Bretagne la seule concession pour l’exploitation de toutes ses réserves de pétrole et raffineries, bénéficiant en retour d’une «protection» contre la Russie.

Apres la seconde guerre mondiale, la colère du peuple iranien contre le monopole anglais de ses champs de pétrole s’est accru. En 1951, le nouveau et populaire premier ministre élu le DC Mohammed Mossadegh a nationalisé l’industrie pétrolière. En Août 1953, la CIA a organisé un coup avec l'aide des services secrets britanniques et installé le Shah Mohammad Rez de la dynastie Pahlevi à sa place. La transformation de l’Iran d’une démocratie en monarchie absolue est restée un traumatisme national pour des générations d’iraniens, au même titre que l’invasion russe.

Le Shah a essayé rapidement d’introduire une modernisation et sécularisation à la Ataturk mais a eu recours à la force brutale pour accomplir cela employant la célèbre police secrète, la SAVAK, que la CIA et le Mossad (services secrets israéliens) ont aidé à créer. Les élites étaient corrompues, et les concessions pétrolières sont de nouveau tombées aux mains d’étrangers. Le Shah a renforcé et reconstruit l’armée cherchant pour cela des soutiens. Il a signé des marchés d’approvisionnement en armes et fait venir des instructeurs des Etats-Unis et d’Israël. Des entreprises dirigées par un petit nombre d’élites et des investisseurs étrangers remportèrent de vifs succès accentuant le fossé social et créant les conditions de la révolution de 1979 qui a donné naissance à la République islamique.

L’accord semi public entre Israël et l’Iran du Shah a été une importante composante de la doctrine de « l’alliance périphérique » géopolitique d’Israël. Selon cette doctrine, les pays et les communautés non musulmanes dans la région, de la Turquie à l’Ethiopie, jouaient un rôle politique, militaire et conceptuel dans la diversification de la région et la réduction de la domination arabe à un moment ou le pan arabisme était en progression et menaçait Israël – sans mentionner un approvisionnement bon marché et sûr en pétrole. Le pétrole mis de côté, les Etats Unis voyaient le régime du Shah comme une sorte de barrage contre le communisme.

Le prix à payer

Les émissaires d’Israël en Iran ont été témoin de la répression politique, des tortures, des persécutions mais ils ont continué à soutenir leur théorie que c’était le prix à payer pour moderniser et occidentaliser un pays « primitif », comme les colons sionistes avaient « fait fleurir le désert » en Palestine, apportant là aussi selon leurs dires, « la civilisation, le modernisme et ses prouesses technologiques » aux bénéfice des autochtones. De plus, certains parmi les sionistes sont retournés s'installer en Iran à titre individuel et ont fait fructifier leurs intérêts, sont devenus riches et politiquement puissants et bien connus dans les cercles politiques israéliens, principalement grâce aux ventes d’armes. Des envoyés du Mossad et d’autres personnels de l’armée israélienne sont devenus des «experts scientifiques» et commentateurs des affaires iraniennes.

Puis tout a changé en 1979 avec la révolution et la création de la République islamique. Même si, pendant la guerre de 8 ans, dans les années 80, entre l’Irak et l’Iran, Israël de même que les Etats-Unis (l’affaire Iran –Contra), ont fourni des armes à l’Iran. Il est vrai qu’Israël ne pouvait qu’applaudir à cette guerre entre deux puissances cataloguées par le régime sioniste comme de sérieuses menaces. Les deux pays sont sortis affaiblis de ce conflit, l’un (l’Irak) a été ensuite pratiquement détruit par les Etats-Unis et l’autre (l’Iran) est actuellement menacé de subir le même sort, Israël poussant en coulisse la communauté internationale à agir dans ce sens.

Ainsi donc, cette collaboration étroite des sionistes israéliens avec la dictature du Shah a très certainement contribué à cette animosité contre l’état sioniste qui s’est développée non seulement au sein des dirigeant politiques iraniens mais aussi au sein de la population iranienne, en plus du soutien iranien apporté à la cause palestinienne. Ce n’est d’ailleurs pas la seule collaboration étroite entretenue par le régime sioniste israélien avec des dictatures et ou régimes totalitaires (Régime d’Apartheid d’Afrique du sud, dictature de Pinochet au Chili…) soit au niveau de son gouvernement, soit par le biais de ventes d’armes par des trafiquants sionistes israéliens avec la bénédiction du ministère de la défense israélienne grand pourvoyeur d’armes, et de trafiquants souvent anciens des commandos d’élite de l’armée israélienne.

Est-ce ainsi que l’état israélien entend jouer son rôle auto proclamé de « lumière « au sein des nations ?


Stratégie politique israélienne au Moyen Orient

Dimanche 21 Mai 2006
Myriam Abraham

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