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Pourquoi une telle Armada européenne navale et aérienne face aux côtes libanaises ?

L’extraordinaire construction d’une force militaire et navale autour des côtes libanaises est hors de proportion avec la mission des contingents européens qui se sont joints à l’UNIFIL élargie et qui ont pour objectif principal de créer une zone tampon entre Israël et le Hezbollah.



Pourquoi une telle Armada européenne navale et aérienne face aux côtes libanaises ?

La sécurité du Liban, prétexte à une Babel navale encerclant les côtes libanaises

Une enquête rapprochée des sources militaires et du renseignement de DEBKAfile’ révèle que « la sécurité du Liban » et le maintien de la paix n’est pas le but de l’exercice. C’est lié à une anticipation générale d’un clash militaire entre d’un côté les Etats-Unis et Israël, et de l’autre l’Iran et éventuellement la Syrie, à un moment ou un autre, entre maintenant et novembre.

En prévision de cela, a été réunie une Armada européenne maritime et aérienne, la plus importante depuis la seconde guerre mondiale :

2 portes avions avec 75 avions de combat, des avions espions et des hélicoptères sur leurs ponts

15 navires de guerre de différents types – 7 français, 5 italiens, 2 -3 grecs, 3-5 allemands, et 5 américains ; des milliers de marins – français, italiens et allemands de même que 1800 marins Us.

C’est peu probable que tout cela soit en soutien aux quelques 7000 soldats européens qui sont déployés au Liban pour empêcher les 4 -5000 soldats israéliens dont le nombre baisse, et quelques 15-16 000 combattants du Hezbollah de s’affronter, ou pour mener à bien des tâches humanitaires surprenantes.

Un expert militaire occidental a fait remarquer à DEBKAfile’ que les forces navales européennes qui naviguent le long des côtes libanaises sont en gros 10 fois plus nombreuses que ce que requiert la couverture des contingents de l’UNIFIL, spécialement quand les missions de celle –ci sont strictement non combattantes. Apres tout, aucun des contingents de l’ONU ne sera chargé de désarmer le Hezbollah ou de bloquer le flot d’armes venant de Syrie et d’Iran.

Alors si ce n’est pour le Liban, pourquoi ce superbe déploiement de puissance navale est-il là ?

Premièrement, selon nos sources militaires, les participants européens ont besoin d’assurer une présence navale forte dans l’est de la Méditerranée pour éviter qu’une possible guerre entre l’Iran et les Etats-Unis et Israël n’ait comme conséquence une attaque iranienne sur l’Europe avec des missiles de longue porte Shabab; deuxièmement, comme dissuasion contre la possibilité pour la Syrie et le Hezbollah d’ouvrir un deuxième front contre les américains et Israël à partie de leurs côtes est méditerranéennes.

Les chiffres seuls ne rendent pas compte des capacités opérationnelles immenses et de la puissance de feu accumulée face au Liban. Prenons en premier les 3 principaux vaisseaux menant les flottes:

Le Charles De Gaulle le porte avion nucléaire français de 38 000 tonnes, avec 40 avions de combat Rafale M qui peuvent décoller à intervalle de 30 secondes et voler dans un rayon de 3340 kms. Le Charles De Gaulle a aussi 3 bateaux de surveillance E-2C Hawkeye. Le centre de contrôle de combat du porte avion français peut prendre en charge simultanément 2000 cibles. Il dirige une flotte de combat de 7 bateaux de guerre avec 2800 marins français.

Le Charles De Gaulle possède aussi un centre logistique flottant faisant fonctionner des machines de désalinisation d’eau de mer pour 15 000 hommes et a en stock suffisamment de nourriture pour nourrir une armée pendant 90 jours.

Le USS Mount Whitney a le centre de commande et de contrôle le plus sophistiqué du monde. Comme le Charles De Gaulle, il commande une force de 1800 marins, des Marines, des aviateurs, du personnel médical et autre qui servent à bord du USS Barry, du USS Trenton, du HSV Swift et du USNS Kanawha.

A disposition du commandant de la flotte, le vice amiral Us J. « Boomer » Stufflebeem, formellement nommé commandant du corps expéditionnaire commun au Liban, l’unique système de pointe de commande et de renseignement le C41, à travers lequel il peut transmettre des données fournies par le renseignement à chaque commandant américain n’importe où entre l’est de la Méditerranée jusqu’au Golfe Persique et l’Iran. Le système de communication de l’USS Whitney est décrit comme étant inégalé en matière de sécurité de transmission des données d’un point à l’autre du monde à travers les HF, UHF, VHF, SHF, et EHF.

Le troisième porte avion rejoignant les deux autres c’est le porte avion - hélicoptère italien le Garibaldi, qui a des rampes de lancement verticales pour les avions de combat Harrier 16 AV-8B ou les 18 Sikorsky SH-3D Seak King sea-choppers (ou des hélicoptères italiens Agusta Bell AB212) conçus pour attaquer des sous marins et des bateaux équipés de missiles.

Selon des experts militaires, le Garibaldi transporte actuellement 10 avions de combat et 6 hélicoptères.

La nouvelle concentration navale européenne vient en plus des forces stationnées en permanence en Méditerranée est, la sixième flotte américaine basée en Italie, quelques 15 bateaux israéliens équipés de missiles, et une demi douzaine de sous marins et la flotte de l’OTAN de bateaux canadiens, anglais hollandais allemands espagnols grecs et turcs. Ils patrouillent contre al Qaeda (avec approximativement 45 petits affréteurs en Méditerranée et dans l’Océan Indien). Les anglais ont des bases aériennes et navales permanentes à Chypre.

La faiblesse principale de cette énorme force selon les sources militaires de DEBKAfile’ c’est son manque de commandement unifié. Une brusque tension au Liban, en Syrie ou en Iran pourrait semer la confusion à travers la force entière.

Sur le papier elle a trois commandants :

  • 1.Le général français Alain Pellegrini qui est le commandant des forces aériennes terrestres et navales de l’UNIFIL élargi. En 2007, il passe le commandement à un général italien qui dirige le contingent le plus important européen de 3000 hommes. Il est difficile de s’imaginer que la France acceptera de placer son prestigieux vaisseau le Charles De Gaulle sous commandement non français.

  • 2. Les forces américaines stationnées en face des côtes du Liban sont directement sous commandement américain. Depuis octobre 1993, et la débâcle de la force de maintien de la paix sous drapeau ONU en Somalie, Washington n’a jamais plus placé ses militaires sous commandement de l’ONU (il n’y a pas de contingent américain dans les forces terrestres de l’UNIFIL non plus).

En d’autres termes, l’USS Mount Withney, tout en servant les flottes européennes comme centre opérationnel et de renseignement resterait sous le commandement du vice amiral Stufflebeem en toutes circonstances.

  • 3. De même, les flottes de l’OTAN resteraient sous commandement de l’OTAN et les forces aériennes et navales israéliennes prendraient leurs ordres des quartiers généraux de la marine à Haïfa et du commandement central à Tel Aviv.

La Babel navale qui s’entasse à l’est de la Méditerranée pourrait alors se trouver en cas de conflit armé, sous tirs croisés. L’Iran, la Syrie, et le Hezbollah pourraient se servir de cette faiblesse comme d’un avantage stratégique jouant en leur faveur.

Source et copyright : article paru le 4 septembre 2004 sur le site israélien DEBKAfile’s www.defka.com. Un site israélien réputé proche des renseignements militaires et bien sûr 100% pro israélien. DEBKA en hébreu courant veut dire

Remarques

La principale thèse de cette article c’est que :

« Un expert militaire occidental a fait remarquer à DEBKAfile’ que les forces navales européennes qui naviguent le long des côtes libanaises sont en gros 10 fois plus nombreuses que ce que requiert la couverture des contingents de l’UNIFIL, spécialement quand les missions de celle –ci sont strictement non combattantes. Apres tout, aucun des contingents de l’ONU ne sera chargé de désarmer le Hezbollah ou de bloquer le flot d’armes venant de Syrie et d’Iran »

On peut faire les remarques suivantes :

Même si les forces européennes déployées dépassent largement ce qui est nécessaire pour assurer une couverture des forces terrestres de l’UNIFIL qui sont engagés dans une mission non combattante, il n’en reste pas moins qu’en cas de nécessité de les soustraire, en cas de 1) nouvelle attaque israélienne contre le Liban, 2) un affrontement entre l’UNIFIL et le Hezbollah, ces forces semblent correspondre à ce type de besoin.

L’hypothèse de tirs de missiles iraniens sur l’Europe semble être typiquement une extrapolation israélienne. Pourquoi l’Iran irait tirer des missiles contre l’Europe (encore faudrait-il qu’il puisse atteindre l’Europe ce qui n’est pas prouvé) alors qu’il peut en tirer sur Israël une cible plus proche et qui serait probablement directement impliquée en cas de conflit. Il n’existe pas de volonté d’en découdre avec l’Iran côté européen tout simplement parce qu’en cas d’attaque sur l’Iran le détroit d’Hormuz serait bloqué ce qui va à l’encontre des intérêts économiques européens. Pour l’instant les européens ne sont pas prêts à suivre les américains dans une aventure militaire contre l’Iran. (L’Allemagne par exemple réalise une grosse partie de ses exportations vers l’Iran). Aucun pays européen ne soutiendrait une attaque contre l’Iran si elle n’est pas adossée à une résolution du conseil de sécurité même pas la Grande Bretagne dont le principal soutien à Bush, Tony Blair est en « pré retraite ».

Si Israël devait reprendre son agression contre le Liban, et enclencher une guerre régionale impliquant éventuellement la Syrie et l’Iran, l’armée israélienne n’a absolument pas besoin de cette Armada européenne dans les parages de même que l’armée américaine si elle devait appuyer les israéliens (pour défendre « la seule démocratie au Moyen Orient » comme l’a affirmé Bush). Cette Armada européenne présente sur le théâtre des opérations militaires risque au contraire d’empêcher toute attaque « préventive » américano sioniste contre le tandem Syrie Iran (qui ont signé un accord de coopération y compris militaire l’année dernière, donc attaquer l’un c’est attaqué l’autre).

Cependant ce qui est intéressant de noter, outre l’inventaire des forces présentes, c’est qu’effectivement tout ce déploiement semble plutôt être le fruit du scepticisme européen quant au devenir du « cessez le feu » actuel, voire la possibilité d’une guerre régionale, d’où la nécessité d’avoir à disposition le nécessaire pour un repli stratégique éventuel d’urgence.

En tout état de cause ces informations n’augurent rien de bon d’où la nécessité de se mobiliser partout contre les guerres en cours et à venir.



Action Urgente contre les livraisons d'armements à Israel

Dimanche 10 Septembre 2006
Mireille Delamarre

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