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Pourquoi est-il Important de Bloquer Sarkozy ? Jean Bricmont

L'Amour du Maître ou de la Démocratie ? Jean Zin

"Ce qui caractérise aussi Sarkozy, et c’est ici que la lutte se joue au niveau des symboles, c’est qu’il est l’espoir de la réaction au niveau mondial... En France, le seul vrai croyant, le seul analogue français de Reagan, Thatcher, Blair ou Bush, c’est Sarkozy. Il serait paradoxal, et catastrophique pour les luttes dans le reste du monde, que le « modèle » ultra-réactionnaire qui domine le monde depuis près de trente ans, finisse par triompher en France, au moment même où il fait eau partout ailleurs."



Pourquoi est-il Important de Bloquer Sarkozy ? Jean Bricmont

Pourquoi est-il important de bloquer Sarkozy ?

Beaucoup de gens de la « gauche de gauche » semblent hésiter à se mobiliser à fond pour faire barrage à Nicolas Sarkozy, ou, à tout le moins, à limiter les dégâts, c’est-à-dire en pratique, à voter et à encourager à voter pour Ségolène Royal. Je ne peux pas le prouver, mais je suis convaincu que l’immense majorité des progressistes et des amis de la France à l’étranger, de la Russie au Venezuela, en passant par le Moyen-Orient, sont atterrés par cette attitude, et cela pour une raison très simple : ils ont en face d’eux, dans leur pays, une droite qui sait ce qu’elle veut et qui veut Sarkozy. Les gouvernements américains et israéliens veulent Sarkozy. Bien sûr, ils s’accommoderont de Ségolène Royal, mais, si elle gagne, ce ne sera pas leur victoire. La victoire de Sarkozy sera une nouvelle révolution « colorée », après la Serbie, le Liban, l’Ukraine, une victoire obtenue par une manipulation médiatique massive-sur les thèmes de l’insécurité et du déclin.

Il y a trois facteurs qui empêchent la mobilisation contre Sarkozy : une sous-estimation de la dimension symbolique des luttes, une vision essentialiste des partis politiques et une attitude quasi-religieuse vis-à-vis du vote. Commençons par le premier point, qui est le plus important et le plus long à discuter.

En gros, on peut dire que la gauche, lorsqu’elle n’a pas de projet politique autonome, et elle n’en n’a plus depuis le tournant de la rigueur sous Mitterrand en 1983, fait la même politique que la droite, mais en traînant les pieds et avec moins d’éclat. L’inconvénient de la gauche au pouvoir, c’est qu’elle réussit souvent mieux que la droite à museler le mouvement social. C’est pourquoi il est souvent légitime de dire « blanc bonnet et bonnet blanc » lors d’une confrontation gauche-droite et de s’abstenir. Ce serait sans doute le cas si on avait affaire à un affrontement Chirac-Royal, par exemple. Mais, bien que ce soit impossible à prouver, il est probable que, si Gore avait été élu à la place de Bush en 2000, des centaines de milliers d’Irakiens seraient encore vivants, ce qui n’est pas un détail. La question du « blanc bonnet et bonnet blanc » ou du « vote utile » dépend des circonstances, et ne peut pas être tranchée a priori.

Ce qui caractérise Sarkozy, c’est qu’il sort du cadre habituel des politiciens de la 5ème République, comme Le Pen si on veut, sauf qu’il est un Le Pen éligible. Aucun politicien «normal » n’a sa vulgarité (racaille, Karscher etc.), digne d’un Berlusconi. Aucun politicien «normal » ne fait à ce point allégeance aux États-Unis et à Israël. Aucun politicien « normal » ne parle de Jeanne d’Arc ou du christianisme comme il le fait. Aucun politicien « normal » n’a fondé à ce point sa carrière sur les médias, ainsi que sur l’exploitation des thèmes de la sécurité et du déclin. Il faut aussi comprendre que si tant de gens de droite le craignent et voudraient l’arrêter (de Chirac à Bayrou), c’est parce que, contrairement à beaucoup de gens de gauche, ils le connaissent personnellement, et qu’en termes d’ambition personnelle et de caractère, il est aussi hors norme. On peut très bien être de droite et hésiter à confier à Sarkozy le feu nucléaire.

Ce qui caractérise aussi Sarkozy, et c’est ici que la lutte se joue au niveau des symboles, c’est qu’il est l’espoir de la réaction au niveau mondial. Les Français, vivant dans un pays capitaliste et « mondialisé », en réalité pas très différent des autres, ne comprennent pas toujours bien comment la France est perçue à l’étranger. Elle y est vue comme le seul pays européen important qui résiste à l’hégémonie culturelle et politique américaine, qui continue à considérer l’égalité comme un idéal, et qui est un bastion de la laïcité. Bien sûr, comme toutes les images, celle-ci est à la fois surfaite et basée sur des réalités historiques. Néanmoins, la victoire de Sarkozy sera vue comme la victoire de la France de la Restauration, de Versailles et de Vichy sur l’autre France, celle de la Révolution, de la Commune et de la Libération, que les bourgeoisies du monde entier détestent.

Bien sûr Royal ne fera pas une « autre politique », et certainement pas une politique progressiste. Mais c’est elle la candidate de la continuité, et Sarkozy celui du bouleversement (réactionnaire) et c’est bien pour éviter le pire qu’il faut voter Royal. Il faut également situer le problème dans un cadre plus général- celui de la crise du néo-libéralisme au niveau mondial et de l’échec du projet néo-conservateur au Moyen-Orient. Même la banque mondiale ne défend plus le consensus de Washington, et, en Amérique Latine, le rejet populaire du néo-libéralisme est général. Aux États-Unis les seules questions que l’on se pose, parmi les dirigeants, c’est comment quitter l’Irak sans perdre trop de plumes, arrêter le déclin du dollar et stopper la crise de l’immobilier.

Évidemment, vu que la politique néo-libérale a été verrouillée au niveau européen par le Traité de Maastricht, aucune autre politique n’est possible, à moins de changements bien plus radicaux que ce qu’une élection peut produire. Mais ce qui est important, et qui donne un certain espoir pour l’avenir, c’est que les mouvements populaires en Amérique Latine, le mouvement altermondialiste, et les résistances au Moyen-Orient ont provoqué une crise dans l’offensive pro-capitaliste et pro-impérialiste commencée avec Reagan et Thatcher à la fin des années 70, et à laquelle la gauche européenne (toutes tendances confondues) n’a jamais trouvé de réponse. En France, la droite comme la gauche ont essentiellement suivi un mouvement réactionnaire global, mais sans véritable enthousiasme et certainement sans en prendre l’initiative ou la direction. En France, le seul vrai croyant, le seul analogue français de Reagan, Thatcher, Blair ou Bush, c’est Sarkozy. Il serait paradoxal, et catastrophique pour les luttes dans le reste du monde, que le « modèle » ultra-réactionnaire qui domine le monde depuis près de trente ans, finisse par triompher en France, au moment même où il fait eau partout ailleurs.

Beaucoup de gens invoquent les diverses « trahisons » du parti socialiste (guerre d’Algérie, Mitterrand, guerre du Kosovo) pour ne pas voter Royal. Mais le parti socialiste, comme les autres partis et comme d’ailleurs les parlements, est une « caisse d’enregistrement » qui réagit aux mouvements idéologiques et sociaux qui se passent en dehors de lui. Le parti socialiste a aussi participé au Front Populaire et à la création de la sécurité sociale. Bien sûr, il ne fera rien d’aussi progressiste aujourd’hui, parce que les circonstances ne l’y contraignent pas, mais un vote Royal sans illusions permettrait d’éviter le pire, surtout vis-à-vis de l’étranger, et de continuer à reconstruire un véritable mouvement social, en dehors du PS.

Finalement, il est curieux de remarquer que ce sont souvent ceux qui dénoncent le plus violemment les « illusions du cirque électoral », et qui en tirent argument pour ne pas voter, qui sont en fait les principales victimes de ces illusions. En effet, si la démocratie représentative, combinée à la concentration des moyens d’information entre des mains privées, est effectivement très imparfaite, c’est une raison de plus pour ne pas sacraliser le vote et, par conséquent, pour voter. Il ne faut pas voir le vote comme une délégation (ou abdication) de pouvoir (comme le veut le discours dominant sur la démocratie), mais comme une forme de lutte parmi d’autres, au même titre que signer une pétition ou manifester. Il est parfaitement cohérent de voter pour X demain, comme « moindre mal », et de lutter contre sa politique après-demain.

La « gauche de gauche » doit utiliser le 1er mai pour lancer une gigantesque mobilisation contre Sarkozy, non pas en effrayant les gens par des discours radicaux, comme elle aime tant le faire, mais en expliquant patiemment que sa politique non seulement ne va pas sauver la France, mais, au contraire, va en faire le dernier pays à subir l’expérience amère d’une thérapie de choc et d’un alignement sur Washington qui sont peu à peu rejetés partout ailleurs.

Jean Bricmont

Note

Comme le note le journaliste américain d'investigation Wayne Madsen (un ancien officier de marine ayant servi à l'Agence à la Sécurité Nationale sous l'administration Reagan) sur son blog ( 27-29 avril 2007) : "Il semble que les néo cons, ayant perdu leurs bases d'opérations à Rome, Madrid, et probablement bientôt à Londres, et à la Banque Mondiale (Wolfowitz risque fort d'être contrain de démissionner du poste de directeur de la BM pour corruption ndlt), essaient de déplacer leurs opérations à Paris. Dans ce contexte, les elections présidentielles françaises ont des ramifications significatives pour l'Europe et le reste du monde." A propos des accusations de "tactiques staliniennes" portées par le directeur de campagne de Sarkozy, Claude Gueant, contre Beyrou, qui reprochait à Sarkozy d'utiliser ses connections dans les medias et les affaires pour faire pression, Wayne Madsen écrit : " Nous avone entendu la même phraséologie des néo cons aux US répondant aux critiques, spécialement de la part d'un néo con américain qui maintient une maison en France et qui a plus qu'un simple interêt éphémère à ce que Sarkozy soit élu comme président de la France. En fait, selon un officier français de la DST, des écoutes (accréditées par la loi française) de ses appels internationaux, spécialement ceux en direction des Etats Unis et d'Israel, ont produit bien plus qu'un simple engouement passager des néo cons américains pour le futur politique de Monsieur Sarkozy.

Blog De Wayne Madsen

Réfutations

Un film de THOMAS LACOSTE (66')

" Seize militants et chercheurs, seize regards acérés sur le monde que nous prépare Nicolas Sarkozy. Ni haine, ni diabolisation, mais la réalité d'une droite décomplexée en passe d'accéder au pouvoir. Une déconstruction implacable de la rhétorique sarkozyste, à voir d'urgence... Avant qu'il ne soit trop tard ! ".

Avec la participation de Jeanne Balibar (comédienne), Monique Chemillier-Gendreau (juriste), Anne Debrégeas (Fédération Sud-Energie), Eric Fassin (sociologue), Hélène Franco (Syndicat de la magistrature), Susan George (économiste), Michel Husson (économiste), Bruno Julliard (Uunef), Christian Lehmann (médecin), Nacira Guenif-Souilamas (sociologue), Thomas Heams (Convention pour la 6e République), Richard Moyon (Réseau Éducation Sans Frontière), Thomas Piketty (économiste), Emmanuel Terray (ethnologue), Louis-Georges Tin (maître de conférence, CRAN), Alain Trautmann (Sauvons la Recherche !).

Le film Réfutations est libre de droit. Nous vous invitons à en assurer la diffusion la plus large (le faire connaître, circuler, projeter, etc.). Il peut aussi être publié sur des sites internet. Nous vous demandons cependant une seule mention obligatoire :

"Pour soutenir cette action, qui en appelle de nouvelles, vous pouvez acheter le DVD du film Réfutations sur le site www.lautrecampagne.org ou par chèque (10 euros) à l’ordre de l’Autre association, 3 rue des Petites Ecuries, 75010 Paris."

Acces au film

Autre Video pour apprecier le soutien des néo cons à Sarkozy par le biais de Fow News

Video





L'amour du maître ou de la démocratie ? Jean Zin 26/04/2007

Il faut le dire, les élections présidentielles relèvent d'une conception fasciste de la démocratie, favorisant la démagogie et l'appel dune dictature de la majorité sur toutes les minorités. C'est encore plus marqué cette fois-ci, au niveau des discours au moins, avec le retour du "/Travail, Famille, Patrie/" et même de la religion? C'est un rappel à l'ordre brutal pour la génération 68. Espérons que ce ne soit qu'une dernière divagation avant la « démocratie des minorités « et des droits de l'homme dont nous avons tellement besoin pour une société écologisée et plus conviviale.

En tout cas, c'est à peu près plié semble-t-il. Il y a bien peu de chance qu'on évite le pire maintenant, mais c'est tout de même assez serré pour que ce ne soit pas complètement impossible. Du coup, même si l'abstention d'une élection anti-démocratique est l'attitude la plus logique normalement, cela deviendrait trop irresponsable cette fois, alors qu'il faut se mobiliser sans attendre pour « faire barrage » à la tentation autoritaire d'un Etat répressif. Il ne s'agit pas de faire confiance à Ségolène Royal, qui a bien des défauts assurément. Si elle avait de bonnes chances d'être élue je n'aurais même pas idée d'aller voter pour elle, mais, pas de confusionnisme pour autant, ce n'est pas bonnet blanc et blanc bonnet. Il y a une différence de logique radicale entre les discours des deux candidats : il faut choisir si nous voulons un maître, qui nous aime, et nous promette la lune, ou si nous voulons une démocratie pour nous gouverner nous-mêmes.

Certes, il y a des ressemblances entre les deux candidats qui peuvent troubler le jugement : le même populisme, l'appel aux valeurs et aux sentiments, les déclarations d'amour même, signes des égarements du temps. Il ne faut pas s'en réjouir car ce pouvoir charismatique déchaîne le plus souvent un irrationnel meurtrier. Seulement, le relatif échec de Ségolène Royal la soustrait justement, pour une part au moins, à cette pente savonneuse. Il apparaît clairement désormais qu'on a d'un côté l'amour du chef (à poigne) et de l'autre l'amour de la *démocratie* (participative). Malgré les apparences, ce n'est pas le Père contre la Mère, le pouvoir masculin contre le pouvoir féminin, même si l'arrivée des femmes au pouvoir est plus que souhaitable. Certes, on avait pu craindre un côté un peu trop Madone et ancien régime, mais la promotion de la démocratie participative introduit des médiations et des procédures en lieu et place d'un supposé lien mystique entre la Nation et son chef. Il y a bien d'un côté le projet d'une démocratie égalitaire et de l'autre la restauration d'une société hiérarchique et policière.

Bien sûr, traiter Sarkozy de « fasciste » semble très exagéré, voire grotesque, mais c'est bien un discours fasciste qu'il tient, des valeurs fascistes qui reviennent avec toute leur mise en scène. Il n'y a pas de doute là dessus même si c'est un fascisme /light/, berlusconien. C'est un fascisme médiatique, un peu de pacotille, mais qui peut faire très mal malgré tout son ridicule... Retour du refoulé inévitable sans doute, mais auquel il faut s'opposer tout aussi inévitablement, et même si les chances sont bien minces d'une victoire immédiate car c'est une question de conception du pouvoir et de la démocratie.

Quand le pire est le plus probable il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour l'éviter même quand cela ne sert à rien ou pas grand chose, comme de mettre son bulletin dans l'urne ! Nous avons sans doute mérité le sort qui nous est fait, il faudra éprouver durement les leçons que l'histoire nous inflige, mais ce n'est pas une raison pour renoncer à se battre au moment où on a le plus besoin de notre résistance. De toutes façons, et quel que soit le résultat, il faudrait surtout se persuader qu'on n'a pas grand chose à attendre d'un « pouvoir central » sinon les pires ennuis. Coincés entre l'Europe, les marchés et les médias, les politiques ont perdu l'essentiel de leurs pouvoirs (monétaire entre autres), ce qui reste n'est pas négligeable (fiscalité notamment) et notamment le pouvoir de nuire, mais il n'y a pas de quoi mettre trop d'espoirs dans une élection comme si tout devenait possible
comme par magie !

Il y a pourtant bien besoin effectivement de tout changer, face aux bouleversements que nous vivons depuis notre entrée dans l'ère de l'information et du travail immatériel, sans compter les urgences écologiques qui se font de plus en plus pressantes et l'exigence de plus de démocratie, mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, il ne faut compter pour cela que sur nous, au niveau local, pour une véritable révolution de nos modes de vie et de production. C'est par l' »écologisme municipal » qu'on pourra reconstruire l'écologie politique et mettre en place des alternatives locales à la globalisation marchande, mais c'est bien loin de la campagne actuelle, c'est pour les municipales de l'année prochaine, et pour l'instant il faut tout faire pour que Ségolène Royal gagne les élections...

Source : http://jeanzin.free.fr/index.php?2007/04/26/87-l-amour-du-maitre-ou-de-la-democratie

Sarkozy un homme dangereux

Humour Sarkostique

Samedi 28 Avril 2007
Mireille Delamarre

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