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Pourquoi L’Iran Ne Peut Pas Faire Confiance A La France Et A La Russie Pour L’Enrichissement De Son Uranium

La proposition de l’AIEA, dite « Accord de Genève », présentée sous pression du groupe P5+1, demandant à l’Iran d’expédier son LEU à l’étranger était au départ difficilement faisable. Compte tenu des précédents historiques, L’Iran ne peut faire d'emblée confiance à la Russie, encore moins à la France, pour son enrichissement d’Uranium, sauf d'avoir des garanties spécifiques de l'AIEA. Explications.



Pourquoi L’Iran Ne Peut Pas Faire Confiance A La France Et A La Russie Pour L’Enrichissement De Son Uranium

L’AIEA sous pression du groupe P5+1 - 5 membres permanents du CSONU + l’Allemagne et on devrait aussi ajouter Israël qui œuvre en coulisse - a proposé à l’Iran d’envoyer environ 80% de son LEU produit à la centrale de Natanz (environ 1200kg) en Russie puis en France pour qu’il soit enrichi de 3.8 à 19.75% et converti en barres de combustible pour approvisionner le centre nucléaire de recherche médical iranien prés de Téhéran qui fournit les isotopes nécessaire à plus de 200 hôpitaux pour les traitements contre le cancer. L’AIEA a obligation de fournir à l’Iran, qui est signataire du TNP, cet uranium enrichi à 19.75% pour utilisation à des fins pacifiques et cela sans contre partie. Sa demande est par conséquent injustifiée et témoigne simplement de la main mise des puissances occidentales et du régime sioniste (non signataire du TNP) sur l’AIEA.

L’Iran n’a pas répondu immédiatement à cette proposition, laissant la porte ouverte à de possibles négociations sur les conditions techniques de cet «échange », mais aussi afin d’obtenir des garanties que son LEU lui serait effectivement bien retourné sous forme de barres de combustible enrichi à 19.75%. L’Iran, pour tester le sérieux et l’honnêteté du P5+1- et plus précisément pour ce deal du P3 (Les US, la France, et la Russie) – a dit qu’il serait prêt à livrer leur LEU en plusieurs fois à condition qu’on le leur retourne enrichi à chaque fois, et ce dés le premier envoi. La réaction américano européenne ne s’est pas faite attendre : « inacceptable », révélant en fait l’objectif principal de ce « deal» : confisquer l’uranium enrichi à 3.8% par les iraniens (sous stricte surveillance de l’AIEA) sous prétexte que l’Iran pourrait l’enrichir à 98% pour fabriquer une bombe nucléaire.

L’Iran, par expérience, avait de bonnes raisons dés le départ de ce méfier de cet arrangement bidon.

La France n’a pas été un partenaire fiable de l’Iran en matière d’enrichissement d’uranium

L’Iran fait peu confiance à la France et depuis l’élection de Sarkozy - un pion sur l’échiquier sioniste en Europe, et une catastrophe pour la diplomatie française et l’influence de la France dans le monde. L’hostilité quasi incessante de ce dernier et des agents sionistes infiltrés au Quai D’Orsay (Kouchner et Lellouche) n’ont fait qu’accroître cette méfiance.

Mais celle-ci remonte bien avant la main mise sarkosioniste sur la France. Le consortium Eurodif, fondé en 1973 par la France, la Belgique, l’Espagne, et la Suède, possède une centrale d’enrichissement en France. En Juin 1974, le Shah Mohamad Reza Pahlavi etle Dc Akbar Etemad, qui dirigeait à l’époque l’Organisation à l’Energie Atomique en Iran sont venus en visite officielle à Paris. La France et l’Iran ont alors ratifié un accord, par lequel la France s’engageait à fournir 5 réacteurs nucléaires de 1000MW chacun pour enrichir de l’uranium et aider à la création d’un centre de recherche nucléaire en Iran.

Afin de s’assurer que l’Iran reçoive ce LEU, le Shah a accepté d’acheter les 10% de parts que la Suède possédait dans Eurodif. La Cogema, une entreprise publique française, et l’Iran ont créé la Sofidif Société Franco-Iranienne pour l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse, qui appartient pour 60% à l’état français et pour le reste à l’Iran. Sofidif a alors acheté 25% d’Eurodif, l’Iran devenant ainsi directement actionnaire à concurrence de 10% d’Eurodif.

L’Iran a payé 1 milliard de $ en 1975 et 180 millions de $ en 1977, en échange de 10% de la production du LEU d’Eurodif. Mais le régime du Shah a été renversé en Février 1979 par la Révolution islamique. Depuis, la France a refusé de donner à l’Iran sa part de LEU ou même de rembourser les parts de l’Iran dans la société. Par conséquent, à la base, il existe des raisons historiques solides pour que l’Iran se montre méfiante vis-à-vis de la France sur la question de l’enrichissement d’uranium.

La Russie zig zag selon ses intérêts

L’Iran a aussi de bonnes raisons historiques de se méfier de la Russie. Cette dernière s’est emparée de vastes territoires de l’Iran dans le Caucase en 1813 et 1827 et ne les a jamais rendus. La Russie a aussi aidé les contre révolutionnaires lors de la Révolution Constitutionnelle de 1905-1911, et s’est opposée par le biais de proxies iraniens à l’industrialisation de l’Iran au XIXème et XXème siècles.

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’Union Soviétique a refusé de quitter le territoire iranien et ne l’a fait que sous la pression des pays de l’Ouest en 1946. Il a tiré avantage de la faiblesse du gouvernement iranien de l’époque et a pillé le caviar de l’Iran et ses zones de pêche dans la Mer Caspienne de 1927 jusqu’au milieu des années 50 quand le coup de la CIA a ramené au pouvoir le régime du Shah soutenu par l’Occident. C’est seulement à ce moment là qu’un accord bilatéral a été signé par les deux nations.

L’Union Soviétique et l’Iran ont signé deux traités en 1921 et en 1940, qui interdisaient aux deux nations d’agir unilatéralement concernant les ressources naturelles de la Mer Caspienne, pourtant c’est ce qu’a fait la Russie, signant des accords bilatéraux, malgré les fortes objections de l’Iran, avec d’autres états du littoral de la Caspienne, dont l’Azerbadjan, le Turkmenistan, et le Kazakhstan.

De même, c’est devenu un rituel annuel pour la Russie d’annoncer chaque début d’année que le réacteur nucléaire de 1000MW qu’il construit à Bushehr va démarrer en milieu d’année. Quand on arrive en milieu d’année, il est annoncé que le réacteur sera opérationnel «au début de l’année suivante». L’Iran supporte bon gré mal gré ce stratège car la Russie représente régionalement un partenaire stratégique.

L’Iran se méfie, l’opposition à cet accord se développe dans le pays y compris chez les adversaires d’Ahmadinejad

Cet « Accord de Genève » a été dénoncé par l’opposition iranienne menée par Hossein Mousavi qui a qualifié ce dernier «d’étonnant ». La semaine dernière il a dit «si l’Accord de Genève est mis en pratique par l’Iran, cela détruira le travail et les réalisations de milliers de scientifiques iraniens. »

Le Dc Etemad, qui vit en exil en France, a dit lors d’une interview : «C’est un mauvais deal. Eux (le groupe P5+1) veulent s’emparer de l’uranium de l’Iran. On ne peut faire confiance à la Russie et à la France sur le fait que si elles reçoivent l’uranium de l’Iran elles le renverront. Elles ont par le passé rompu leurs promesses ».

Pour l’instant le gouvernement iranien n’a pas fait connaître officiellement sa réponse.

Aujourd’hui, la presse iranienne (Press TV proche du gouvernement) rapporte qu’un haut responsable politique iranien, Alaeddin Boroujerdi, qui dirige le Comité de Sécurité Nationale et de Politique Etrangère du Majlis (parlement iranien) a dit qu’il était hors de question pour l’Iran d’envoyer son LEU à l’étranger ni en une seule fois ni en plusieurs fois. « L’Iran ne va pas donner à l’autre partie ces 1200kg de Leu produit pour recevoir de l’Uranium à 20%. La cargaison ne sera ni envoyée dans sa totalité ni en plusieurs fois. » Il a dit que l’Iran étudiait actuellement d’autres moyens de se procurer l’uranium enrichi à 20%, que le représentant de l’Iran auprès de l’AIEA, Ali-Asghar Soltaniyeh, en discutait afin de trouver une solution mais qu’aucune décision n’avait été prise pour le moment. Il a également rejeté l’idée qu’une date limite ait été fixée pour que l’Iran donne sa réponse à la proposition de Genève.

Le ministre des affaires étrangère iranien, Manouchehr Mottaki, a rappelé que son pays , s’il acceptait l’Accord de Genève, ne livrerait son LEU qu’en plusieurs fois en échange d’uranium enrichi à 20%, les questions techniques devant d’abord été résolues et des garanties « spécifiques » au préalable apportées.

Actualisation 08/11/09

Selon Press TV, l'Iran cherche à obtenir un accord sur un échange en deux étapes de son LEU pour de l'uranium enrichi à 20%.

L'Iran a besoin de 110kg de cet uranium enrichi à 20% pour approvisionner son réacteur de recherche médical à Téhéran qui produit des isotopes pour le traitement contre le cancer.

Selon certains diplomates proches des négociations l'Iran a proposé d'échanger en deux fois et simultanément 400kg de son LEU pour 60kg d'uranium enrichi à 20%, une proposition honnête et raisonnable.

Le P3 sera -t-il lui aussi raisonnable, ou toujours enclin à récupérer le LEU de l'Iran sans rien échanger en retour ?

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, doit se rendre cette semaine à Washington puis Paris. Gageons que sa mission principale sera de faire pression sur Obama et Sarkozy pour qu'ils refusent ce deal.

Réponse dans quelques jours.

Selon la réponse, on saura qui dirige réellement les Etats Unis et la France.

Samedi 7 Novembre 2009
Mireille Delamarre

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