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Pour L’Iran Le Respect Est Primordial

« …Les US en particulier n’ont pas encore pris la mesure des nouvelles réalités politiques de l’Iran et espèrent encore un retour en arrière politique qui verrait resurgir à Téhéran un homme de paille, c'est-à-dire un régime vassal… »



Pour L’Iran Le Respect Est Primordial

Pour L’Iran Le Respect Est Primordial
Avec le problème, ou plutôt l’attitude, de respect qui émerge lentement comme puissant élément des négociations actuelles avec l’Iran, la crise devrait être réglée d’abord au plan émotionnel, psychologique et cognitif, avant que ne puisse être défait ce nœud d’aveuglement.

C’est parfaitement clair eut égard à l’accent mis par les dirigeants iraniens, inclus le Président Ahmadinejad et le ministre des affaires étrangères Manouchehr Mottaki, sur l’importance du respect déployé dans l’attitude des représentants des « Six pour l’Iran », qui contraste totalement avec leur attitude passée.

Ainsi, tandis que Mottaki faisait l’éloge de « l’attitude respectueuse » du chef de la politique étrangère de l’UE, Javier Solana, lors de sa visite récente à Téhéran, Ahmadinejad a fait l’éloge du respect de l’envoyé des US lors de discussions récentes à Genève, le sous secrétaire d’état William Burns. Burns s’est limité à quelques phrases lors de la rencontre, réitérant la demande des US que l’Iran stoppe son programme d’enrichissement d’uranium.

Cela souligne la signification réelle de cet élément dans le contexte de discussions en cours sur le nucléaire, discussions marquées par une « diplomatie à double voie » qui utilise simultanément des sanctions et autres mesures punitives contre l’Iran.

La réponse est enracinée dans l’histoire et l’identité moderne collective iranienne, meurtrie par de multiples blessures infligées par l’interventionnisme étranger et les violations des droits souverains de l’Iran, qui remontent au XIX ème siècle avec les manipulations impériales européennes du paysage politique iranien, dont il était fait référence comme à la « question Perse », jusqu’au siècle suivant, avec les US remplaçant la vieilles nation hégémonique britannique, après la seconde guerre mondiale, et participant au coup de 1953 qui a renversé le gouvernement démocratique de Mohammed Mossageh et l’a remplacé par la dictature d’un homme qui a duré un quart de siècle. L’éruption volcanique de la Révolution Islamique en 1979 a alors brisé les chaînes de l’ancien régime et mis en place une nouvelle politique islamique qui mélange des éléments républicains et théocratiques, et qui, 30 ans plus tard, a toujours les qualités innovantes d’un laboratoire d’expérimentation.

Pourtant, les US en particulier n’ont pas encore pris la mesure des nouvelles réalités politiques de l’Iran et espèrent encore un retour en arrière politique qui verrait resurgir à Téhéran un homme de paille, c'est-à-dire un régime vassal, au lieu de l’actuel ordre anti-hégémonique qui a dévasté les projets des US et de leurs alliés pour la région, dont leur grandiose plan de « remodelage du Moyen Orient ».

Ainsi, les racines du manque de respect des US envers l’Iran qui continue à dominer la politique de Washington, se reflètent souvent par l’utilisation péjorative par les représentants politiques américains du terme de « mullahs » pour désigner les responsables religieux dirigeant l’Iran. L’effet négatif d’une telle sémantique humiliante et irrespectueuse joue un rôle important dans l’environnement empoisonné entre les US et l’Iran (l’utilisation par l’Iran du terme de « Grand Satan » en référence aux US est aussi péjoratif, bien qu’il maintienne intact un certain niveau de respect).

Aux vues du récent paquet d’avantages présenté à l’Iran qui s’engage à respecter la souveraineté de l’Iran, les US doivent maintenant supprimer leur désir impérial et accepter un compromis qui ne corresponde pas totalement à l’ interventionnisme au Moyen Orient de l’après 11 septembre. C'est-à-dire, reconnaître la réalité de la République Islamique et faire pour le mieux pour tirer le système post révolutionnaire vers une direction en accord avec l’ordre mondial.

Il existe une limite structurelle à ce dernier point, compte tenu de l’élan révisionniste de la révolution islamique concernant la hiérarchie mondiale dominée par l’Occident. Cela veut dire que l’idéal d’harmonie parfaite entre les US et l’Iran est ce qu’il est, car les intérêts collusifs de la superpuissance occidentale et ceux de la puissance régionale établie ne sont pas réconciliables, quelque soit les intérêts communs.

Sur le papier, le paquet d’avantages offre à l’Iran l’opportunité de jouer un « rôle constructif « dans les affaires internationales. Ceci, est également une «question de respect » fondamental qui doit se traduire par des actes tangibles tel qu’une invitation aux conférences de paix sur le Moyen Orient, comme l’Iran a été intégré aux différentes conférences sur l’Irak.

Malheureusement, un certain nombre d’experts US continuent d’ignorer l’importance du respect et d’éléments liées, telle que la « dignité » qui forgent la politique étrangère de l’Iran, au lieu de cela parlant souvent de l’ »émotionnel » de l’Iran et même de sa « xénophobie » (Lire l’article « The Persian puzzle, ou la CIA’s » Asia Times Online, 3 decembre 2004). De telles analyses de parti pris sur le caractère national iranien doivent être corrigées si l’Occident veut comprendre les subtilités du comportement diplomatique de l’Iran, comme pré requis pour que la diplomatie sur le nucléaire réussisse.

Tenant compte du « populisme nucléaire » de l’Iran, le respect de l’Occident à la table des négociations ouvre la voie à une attitude plus flexible de l’Iran en assurant que le prix politique d’un compromis sur le front nucléaire ne sera pas exorbitant, risquant d’ébranler la légitimité du régime.

Quand on parle de légitimité, la valeur la plus importante de respect c’est de conférer une légitimité à une administration qualifiée comme faisant partie de « l’Axe du Mal » aux côtés de l’Irak et de la Corée du Nord, ou de »régime voyou » ou « financier en chef du terrorisme international » pour citer la désignation annuelle de l’Iran faite par le Département d’Etat. Le déni péjoratif d’une telle légitimité doit cesser si les US sont sérieux sur le paquet d’avantages qu’ils ont signé parallèlement à la lettre des ministres des affaires étrangères des « Six pour l’Iran » que la secrétaire d’état US, Condoleezza Rice a également signé, et qui débute en rendant hommage à l’Iran en tant que nation ancienne. Les autres pays sont la Grande Bretagne, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne.

« Même un orchestre à un dirigeant » a écrit Karl Marx, et en terme de géo politique régionale, l’Iran occupe, résultat d’une unique combinaison de variables géo économiques et géo politiques, de plus en plus la place vide de la direction régionale qui inclut une partie de l’Asie Centrale et le vieux Moyen Orient.

Au lieu de regarder avec les jumelles faussées de la « nouvelle guerre froide », on peut concevoir qu’ Israël ait la possibilité d’adopter une perspective complètement différente qui demande une déférence respectueuse vis-à-vis des autres plus importants acteurs, tels que l’Egypte et l’Iran, qui ont pour eux le poids de l’histoire.

Pour se faire, Israël doit reconnaître les possibilités de la politique étrangère de l’Iran, comme, pour donner un exemple, la possibilité que le Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, soit invité dans un futur proche à Téhéran et que l’Iran accueille favorablement l’idée d’une « solution à deux états ».

Pour que de tels ajustements importants puissent se faire vis-à-vis de l’Iran il existe un pré requis pour Israël qui a récemment pris de nouvelles initiatives en participant au processus méditerranéen lancé par les français, et en adoptant une attitude de compromis avec ses ennemis jurés – à Gaza, au Liban, et en Syrie. Il n’y a pas de raison que cela ne soit pas maintenant étendu à l’Iran, qui n’a pas de frontière commune avec Israël, et qui a des préoccupations géostratégiques plus urgentes dans son environnement immédiat, plutôt qu’avec un Israël « hors zone ».

Un bon début serait pour les dirigeants israéliens de dénoncer publiquement les propos incendiaires d’une attaque nucléaire contre l’Iran, en s’engageant à ne pas utiliser en premier des armes nucléaires, suivant en cela la voie tracée par la Chine. Un tel engagement ouvrirait la voie à un noble objectif de non prolifération régionale.

Kaveh L. Afrasiabi 25 juillet 2008 – Commentaire, Asia Times Online www.atimes.com

Kaveh L Afrasiabi, PhD, est l’auteur de “ After Khomeini: New Directions in Iran's Foreign Policy (Westview Press) et co-auteur de "Negotiating Iran's Nuclear Populism", Brown Journal of World Affairs, Volume XII, Issue 2, Summer 2005, avec Mustafa Kibaroglu. Il a aussi écrit "Keeping Iran's nuclear potential latent", Harvard International Review, et est l’auteur de “ Iran's Nuclear Program: Debating Facts Versus Fiction.”

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org





Jeudi 24 Juillet 2008
Mireille Delamarre

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