Le XIX siècle voit l'essor de la médecine classique basée sur la chimiothérapie. Botanistes, herboristes et chimistes ont réussi à percer le secret des plantes et de nombreux principes actifs sont isolés des végétaux tels des alcaloïdes : la morphine, la quinine, la codéine, colchicine, cocaïne etc. Au début du XX siècle la reproduction par synthèse de remèdes et la découverte de nouveaux médicaments a déclenché l'ère de la chimiothérapie aux dépends de la phytothérapie.
Pourtant, depuis quelques décennies, la médecine par les plantes connaît de nouveau un engouement extraordinaire à travers le monde dans une société profondément marquée par la recherche d'une vie saine, d'un retour à la nature, aux valeurs essentielles. Qualifiée de médecine douce la phytothérapie agit en douceur et en profondeur sans agresser l'organisme, en stimulant ses défenses plutôt que de se substituer à elles. Son action est ainsi plus efficace, durable et surtout dépourvue d'effets secondaires.
Au XX siècle la médecine par les médicaments produits au laboratoire à partir des principes actifs extraits des plantes ou reproduit artificiellement par synthèse a relégué au dernier rang la phytothérapie parce qu'elle apparaissait plus efficace et plus rapide. En effet les médicaments chimiques ont permis de sauver des millions de vies humaines durant ce siècle mais cette efficacité s'est accompagnée de nombreux incidents parfois dramatiques qui incitent aujourd'hui à la prudence. Selon l'OMS 60% des maladies actuelles seraient dues aux médicaments chimiques. Cela a entraîné une prise de conscience et un retour à la phytothérapie dont le succès s'explique avant tout par le niveau de maîtrise technique et scientifique atteint dans ce domaine. Meilleure connaissance des principes actifs des plantes, découvertes de nouvelles propriétés, nouvelles présentations plus simples d'utilisation et conçues pour s'adapter aux besoins de la vie actuelle. L'agronomie, la chimie et la
pharmacologie ont permis en progressant de mettre au point des formes thérapeutiques et galéniques plus sûres, plus adaptées et plus efficaces.
La phytothérapie aujourd'hui propose des remèdes à base de plantes (graines, feuilles, racines, tiges etc) adaptées au mal à traiter, prescrits sous forme de tisane, ou de sirop ou d'onguent ou d'inhalation, de gélules etc, les officines, certaines spécialisées, sont très sollicitées. En effet, lorsque les malades désespèrent de la médecine classique, et très souvent pour soigner des maladies chroniques telles les allergies, l'arthrose, les maladies respiratoires telles l'asthme, les rhinites, les sinusites ou les maladies digestives tels les ulcères, les colites, la constipation etc. ils y ont recours. Néanmoins, Il faut également noter que devant des cas de médecine «classique» qui nécessitent une prise en charge hospitalière par exemple, le phytothérapeute oriente le patient vers le médecin ou le chirurgien montrant ainsi les limites de la phytothérapie. Elle peut aussi être dans certains cas, un accompagnement à la médecine classique, et agir en complémentarité sans que soient reniées ses spécificités.
Il faut par ailleurs rappeler que les recettes de «grand-mère» telles celles à base d'huile d'olive, cumin, cannelle, ail rouge, henné, écorce de grenade, origan, menthe, marjolaine, Eucalyptus, feuille d'olivier, d'amandier, orge, carotte,queues de cerises, figues sèches,
romarin, clous de girofles, armoise blanche, verveine, alaterne, miel pur d'abeille etc. ont toujours leur place dans certaines traditions familiales partout dans le monde, transmises de génération en génération, notamment à la campagne, pour traiter certaines affections telles que l'eczéma, les aphtes et le muguet ou l'érythème des bébés, la chute de cheveux, la cicatrisation des petites plaies, les diarrhées, les coliques etc.
La phytothérapie, médecine douce, a toujours su rebondir d'une époque à l'autre, preuve que l'homme et les plantes médicinales ont non seulement un passé mais un présent et un avenir commun, si on ne néglige pas de les préserver et de préserver ces savoirs ancestraux fruits d'un longue coopération transfrontalière sur notre terre patrie.