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Vendredi 08 Août 2008
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Peintures de Fernando Botero : Torture US à Abu Ghraib, IrakLes terribles images qui ont circulé dans les médias et sur internet sur les atrocités commises par les Etats-Unis à la prison d'Abu Ghraib ont profondément marqué l'un des plus célèbres peintres actuellement en vie, Fernando Botero, qui a décidé de réaliser toute une série de dessins et peintures sur la torture des prisonniers irakiens par le personnel de sécurité US, comme autrefois Picasso, choqué par les atrocités de Guernica, avait réalisé une grande fresque anti-guerre à la mémoire de ceux massacrés.
Peintures de Fernando Botero : Torture US à Abu Ghraib, Irak – Mini Expo Virtuelle
Fernando Botero, 74 ans, dont les études d'art plastiques l'ont conduit de Colombie son pays natal, à l'Espagne, l'Italie, puis pendant certaines périodes de sa vie à Mexico Ville, et aux Etats-Unis, vit actuellement à Paris. Il a été Interviewé par le San Francisco Chronicle alors que la plupart de ces dessins et peintures sur Abu Ghraib ont été exposés fin janvier au Centre des Etudes Latino Américaines de Berkeley. Il a expliqué comment il a commencé ces séries sur Abu Ghraib :
« Le monde entier et moi-même, avons été très choqués du fait que les américains torturaient des prisonniers dans la même prison que le tyran qu'ils étaient venus chasser. Les US se présentent comme des défenseurs des droits de l'homme, et bien sûr en tant qu'artiste j'ai été très choqué et en colère. Plus je lisais sur ce sujet, plus je devenais motivé… Je pense que l'article de Seymour Hersh a été le premier article que j'ai lu alors que j'étais en avion, et j'ai pris un crayon et du papier et j'ai commencé à dessiner. Puis je suis arrivé à mon studio, et j'ai continué par des peintures à l'huile. J'ai étudié toute la documentation que je pouvais trouver. Cela n'avait aucun sens de copier, j'essayais de visualiser ce qui se passait réellement là bas. » Au total c'est 87 dessins et peintures qu'il a réalisés sur le sujet. Ces oeuvres ont d'abord été exposées pour la première fois à sa Galerie de New York, à la suite de quoi il a reçu des mails haineux l'accusant d'être anti-américain. Bien sûr, il s'en est défendu : « Ce n'est pas anti-américain…Anti-brutalité, anti-inhumanité, oui. Je suis la politique de près. Je lis plusieurs journaux chaque jour… » Ces dessins et peintures ne sont pas à vendre, Botero s'y refuse absolument. Ce qu'il recherche c'est un musée à qui donner ses œuvres avec comme exigence que certaines d'entre elles y soient exposées en permanence. Il a déjà une offre d'Allemagne mais souhaite que celles –ci restent aux Etats-Unis ou soient exposées à Bagdad. Sur ce qu'apporte en plus ces dessins et peintures par comparaison avec les photographies qui ont circulé, Botero dit : « L'art est important dans le temps…Il apporte une sorte de réflexion sur le sujet. Nous avons analysé cela à partir d'éditoriaux, de livres, mais quelque part, cette vision par un artiste complète ce qui est arrivé. Il peut rendre visible ce qui est invisible, ce qui ne peut être photographié. Dans une photo, vous faites juste un click, mais en art, vous devez y mettre une certaine énergie. Cette concentration d'énergie et cette attention disent quelque chose qu'un autre média ne peut dire… » Botero a passé un an et demi sur ses dessins et peintures. Dans les années 60, il avait consacré une grande partie de son temps et de son énergie à des caricatures de dictateurs. En 2000 il a fait des séries de peintures sur la tragédie de son pays : le gangstérisme des seigneurs de la drogue et le combat pour une bonne gouvernance. Ces œuvres ont été données au musée national de Bogota. S'aventurer à faire de la torture un thème pictural est particulièrement éprouvant. Il faut à un moment ou à un autre savoir y apporter une touche finale. « Un jour, je n'ai plus rien eu à dire,… vous vous sentez comme vide et rempli d'une sorte de calme. Vous avez extirpez toute votre colère et toute votre frustration. » Ce qui reste, c'est la conviction d'avoir fait quelque chose de juste et de nécessaire. L'art est important parce que quand les gens commencent à oublier, l'art leur rappelle ce qui est arrivé. Comme « Guernica ». Les gens ne se seraient pas souvenus de la tragédie de Guernica aujourd'hui s'il n'y avait pas eu cette peinture, cette déclaration visuelle anti-guerre de Picasso qui interpelle en profondeur. Expo Source de certaines informations le San Francisco Chronicle du 29 janvier 2007 www.sfgate.com
Jeudi 15 Février 2007
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