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MONDE ARABE

Palestine : Pas de Place pour Deux Etats - La Solution d’Un Etat pour la Palestine est Irréfutable

Y a-t-il vraiment un espoir pour la création d’un état palestinien viable souverain vivant côte à côte avec Israël en paix ? Malheureusement, j’en doute beaucoup, tout du moins dans le futur proche, compte tenue des conditions locales, régionales et internationales



Palestine : Pas de Place pour Deux Etats - La Solution d’Un Etat pour la Palestine est Irréfutable

Palestine : Pas de Place pour Deux Etats - La Solution d’Un Etat pour la Palestine est Irréfutable

La création d’un état palestinien ne devrait pas être regardé comme une fin en soi, mais plutôt comme un moyen de résoudre un long conflit historique complexe. Par conséquent, notre raisonnement sur la formule proposant un état ne devrait pas tant reposer sur le fait qu’elle respecte des conditions nécessaires et formelles mais plutôt qu’elle satisfasse à un critère dominant : servira-t-elle une fois pour toute à mettre fin à ce conflit prolongé ?

Après tout, l’existence concrète d’un état palestinien avec certaines spécificités pourrait en elle-même devenir un instrument dans le conflit s’opposant au progrès fait vers une solution. Le conflit entre les palestiniens et le mouvement sioniste ne porte pas sur des frontières disputées ou des intérêts matériels, et, par conséquent, pouvant être résolu en arrivant tout simplement à un accord sur des frontières permanentes et une solution du donner et recevoir concernant les intérêts matériels. C’est plutôt un conflit entre deux identités, chacune d ‘elle affirmant un droit unique de propriété sur un territoire donné. Un tel conflit ne peut pas être résolu suivant les normes de résolution des conflits internationaux.

Les conflits d’identité peuvent seulement être résolu de deux façons, soit par une défaite écrasante de l’un des partis soit par un compromis, après que les deux partis soient finalement convaincues que de jouer à ce jeu ou personne ne gagne, alors qu’un gain pour l’un des partis résulte en une perte pour l’autre, ne mènera pas à la victoire de l’un et l’élimination de l’autre.

Je crois que dans le cas de conflits d’identité, un compromis n’est seulement possible que s’il y a reconnaissance par chacun des partis de l’égalité des droits de l’autre.

Si on devait appliquer ce concept au conflit palestino sioniste, une solution de compromis nécessiterait que les deux côtés s’engagent complètement sur deux conditions indispensables et complémentaires. La première c’est qu’ils acceptent une partition juste et égale du territoire en dispute. La seconde c’est qu’ils acceptent une égalité totale des droits et devoirs dans le cadre du processus de construction de relations pacifiques, amicales et leur bénéficiant mutuellement. Malheureusement, il n’y a aucun signe que ces conditions puissent être respectées aujourd’hui ou même dans un futur proche.

La totalité du territoire désigné pour un état palestinien comme solution proposée au conflit ne représente pas plus de 10% de l’actuel territoire disputé, qui est la Palestine historique. De plus, la zone désignée n’est pas une entité géographique contiguë mais consiste plutôt en morceaux de territoires séparés et isolés. Si et quand cet état était crée, il n’aura pas d’armée ni aucun moyen autonome de se défendre et ses frontières seront sujettes à une surveillance constante par air terre mer. Mais s’il devait toutefois voir le jour, cet état fantôme devra d’abord reconnaître le droit d’Israël à 90% du territoire disputé, le caractère purement juif de cet état, et donc son droit de rester éternellement ouvert aux juifs du monde entier, de même qu’au droit de cet état à avoir une armée immensément puissante, équipée de toutes les armes disponibles dont des missiles nucléaires.

Evidemment il ne peut il avoir quoi que ce soit de ressemblant à l’égalité entre deux états aussi disparates. Un état palestinien aussi encombré de restrictions et de conditions ne peut qu’être dépendant d’Israël et sujet au contrôle total d’Israël. Ce n’est pas une solution pouvant déboucher sur une coexistence pacifique durable, parce que de telles conditions de dépendance et de subordination aux israéliens continueront d’alimenter le besoin brûlant des palestiniens pour une véritable indépendance nationale, et sa concrétisation. En même temps, c’est difficile de percevoir comment un tel état, aussi handicapé à la naissance qu’il ne serait qu’un protectorat israélien, pourrait éventuellement évoluer vers un état entièrement viable capable de protéger les droits des palestiniens et remplir leurs aspirations.

Il y a plusieurs raisons pour cela. Premièrement, Israël n’a montré aucune indication de sa volonté de mettre de côté sa politique d’imposer des réalités de facto par la force des armes pour favoriser une recherche d’un compromis historique, ce qui veut dire qu’Israël cherchera perpétuellement à maintenir sa supériorité qualitative – supériorité militaire en particulier – non seulement sur les palestiniens mais sur toutes les nations arabes et islamiques réunies.

Deuxièmement, les US ne peuvent plus ne serait ce que maintenir une façade d’impartialité maintenant que leur position sur le conflit au Moyen Orient est devenu pratiquement identique à celle d’Israël. En fait, certaines forces puissantes et influentes aux US sont plus pro sioniste que les sionistes israéliens et ont jeté tout leur poids derrière les forces les plus extrêmes en Israël, forces qui rejettent d’emblée toute solution basée sur un compromis historique avec les Palestiniens. C’est donc impossible d’envisager un gouvernement américain ayant la volonté et pouvant faire pression sur Israël pour qu’il accepte les conditions pour une solution juste et durable.

Troisièmement, les efforts conjoints israélo US ont réussi à exclure l’ONU de toute implication dans le processus de paix, résultant dans le fait qu’on a effectivement enlevé à ce processus toute légitimité internationale. C’est vraiment flagrant de voir que toutes les résolutions internationales et les outils servant comme base des négociations ont été démantelées, à la seule exception de la Résolution 242 qui favorise la position d’Israël en matière de négociation, et ouvre la voie à une solution qui reflète l’actuel déséquilibre des pouvoirs sur le terrain, et ce en opposition aux principes de justice et d’équité inscrits dans d’autres résolutions et outils de l’ONU.

Quatrièmement, la cause palestinienne n’occupe plus la priorité qu’elle occupait sur l’agenda de l’ordre officiel arabe. Ce qui était par le passé une cause centrale unificatrice arabo musulmane a effectivement été réduite à un problème local qui concerne d’abord les seuls Palestiniens. Les gouvernements arabes se cachent derrière l’actuel désaccord inter palestinien, auquel ils ont contribué pour une grande part, pour dissimuler leur changement de position, et ils sont ainsi devenus complices du blocus criminel par Israël du peuple palestinien, qui a pour but de forcer les palestiniens à se mettre à genou et à accepter les conditions israéliennes d’un règlement du conflit. De nouveau, il n’y a pas de signe que cette situation soit sur le point de changer dans un futur proche.

Clairement alors, le soi disant état palestinien qui est supposé émerger de l’actuel « processus de paix » ne conduira jamais à une solution juste et durable du conflit. En fait, cette conception de l’état a été spécifiquement conçue pour aider Israël à écarter ce qu’il considère comme la menace la plus importante qu’il appelle sans retenue aucune « la bombe démographique palestinienne ». * Avec beaucoup de persévérance et de dextérité, Israël a réussi à mener les négociations actuellement en cours avec l’Autorité Palestinienne dans un sombre et long tunnel, la seule étincelle de lumière à la fin du tunnel étant un état congénitalement défiguré qui finalement s’avèrera être un moyen d’enflammer les tensions plutôt que d’y mettre fin.

Il me semble donc que les Palestiniens et les Arabes n’ont pas d’autres choix que celui d’abandonner la solution à deux états et à réhabiliter la solution adoptée par l’Organisation de Libération de la Palestine jusqu’au milieu des années 80 avec la création d’un seul état unifié démocratique dans lequel tous ses citoyens – Musulmans, Chrétiens, Juifs – sont égaux.

Certains pourraient argumenter contre cette proposition disant qu’elle est irréaliste que son seul effet sera de pousser les Palestiniens et les Arabes à courir après un nouveau mirage. Naturellement, de tels sceptiques trouveront facilement un soutien à leurs arguments, spécialement étant donné qu’Israël n’acceptera jamais une telle solution ou même puisse l’envisager sérieusement comme base de négociation. Ces sceptiques ont peut être là un point, mais je vais montrer que cette proposition n’est pas moins idéaliste que l’initiative de paix arabe. En même temps elle est supérieure de bien des façons.

La solution à deux états, telles que définie dans l’initiative de paix arabe adopté lors du sommet arabe de Beyrouth, est radicalement différente de la solution à deux états selon l’interprétation par les israéliens de la « vision » de Bush. Bien qu’Israël et les US n’aient jamais ouvertement rejeté l’initiative arabe, et seulement récemment annoncé qu’ils accueillaient favorablement certains de ses « points positifs », ils n’on aucune intention de l’adopter, telle qu’elle, comme base de négociation avec les Arabes. Etant donné l’actuel déséquilibre des pouvoirs, les Arabes n’ayant ni le pouvoir d’imposer leur initiative ni la capacité de se retirer de l’actuel « processus », même s’ils le voulaient, leur initiative serait progressivement affaiblie jusqu’à ce qu’il en reste corresponde à la « vision » de Bush comme interprétée par Israël. Cette éventualité ramènera ainsi le processus de paix à son point de départ et la pression sans fin d’Israël pour imposer ses propres conditions pour trouver une solution au conflit recommencera. Puisque les Arabes ne sont pas prêts à une confrontation militaire directe avec Israël, reformuler la position arabe sur la base d’une solution à un état offrirait une porte de sortie bien plus rationnelle - et bien moins coûteuse – pour la situation difficile dans laquelle ils se trouvent.

La solution à un seul état bi national démocratique a l’avantage de se conformer aux principes démocratiques modernes officiellement accepté par l’Occident et Israël lui-même. Il pourrait par conséquent avoir une bonne chance de susciter une réponse positive à l’étranger, qui aurait du poids, spécialement si les Palestiniens et les Arabes s’unissaient derrière cette alternative de manière sérieuse et constructive. En plus, la solution favoriserait des solutions innovantes pur surmonter les obstacles les plus ténus à un règlement – notamment les questions de Jérusalem et des réfugiés palestiniens. Les chances d’assurer l’administration des lieux saints chrétiens, juifs et musulmans par des autorités religieuses indépendantes dans un climat de liberté et de tolérance sont plus grandes et sont plus facilement sauvegardées dans un état démocratique. Ainsi on peut aussi résoudre le problème des réfugiés palestiniens au sein d’un état unifié si cela est lié au droit de retour étendu à la fois aux Juifs et aux Palestiniens.

J’évalue entièrement les difficultés se dressant comme obstacles sur le chemin vers la création d’un état démocratique unifié séculier en Palestine dans le futur proche. Cependant, à long terme, c’est la seule solution capable de maintenir le Moyen Orient et le reste du monde à l’écart du dangereux bord vers lequel tous se dirigent. D’un côté cela peut empêcher la victoire du racisme sioniste qui ouvrirait les portes aux forces de la bigoterie et de l’intolérance, forces qui trépignent et poussent sur les bas côtés, réclamant que le feu rencontre le feu. D’un autre côté, si cette solution devait réussir en Palestine, cela mettrait en marche un mouvement de démocratisation qui balaierait toute la région, comme cela s’est passé en Europe de l’Est dans les années 90. En plus, cela empêcherait la fragmentation de la région et stimulerait un processus dynamique de développement social et économique.

Hassan Nafaa – Le Caire - Al Ahram Weekly 7-13 février 2008 N° 883 Copyright al Ahram
Hassan Nafaa est professeur de science politique à l’université du Caire.

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org


*Sur ce que les sionistes appellent avec impudence « la bombe démographique palestinienne »

Les médias sionistes évoquent régulièrement la démographie palestinienne, et des universitaires se consacrent à son évolution, publiant régulièrement des rapports souvent très orientés politiquement à l’extrême droite c'est-à-dire ouvertement racistes. Un dernier rapport publié récemment a provoqué un vent de panique chez les sionistes.

En effet, dans ce dernier on constate que la population palestinienne de Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de la Bande de Gaza est passée de 2,89 millions environ à 3,76 millions d’âmes environ au cours des dix dernières années - recensement de 2007 publié début 2008 - soit pratiquement 1 million de plus en une décennie. 2,345 millions environ sont en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et 1,416 millions environ à Gaza. Mais il semblerait que la population palestinienne de Jérusalem-est soit sous-évaluée.

En septembre 2007, la population d’Israël se composait de 5,45 millions environ de Juifs, 1,4 million environ d’Arabes et 310.000 environ d'individus appartenant à d’autres groupes.

Donc sur toute la Palestine historique il y a actuellement 5,45 millions de Juifs, pour 5,47 millions de Non Juifs dont 5,16 millions d’Arabes Palestiniens. On comprend qu’à la lecture de ces chiffres un vent de panique se soit emparé des responsables sionistes, car le taux de natalité est traditionnellement bien plus élevé chez les Palestiniens que chez les Juifs à l’exception des ultra religieux, donc la tendance n’est pas prête de s’inverser.

D’autant que, si l'on en croit les projections du Bureau Central des Statistiques israélien, 20 000 Juifs Israéliens quittent le pays chaque année, alors que seuls 14 400 nouveaux immigrants Juifs sont venus s’installer en Israël en 2007. D'après un sondage, un quart des Israéliens a envisagé de quitter le pays en 2006, année de la guerre contre le Liban. Dans un autre sondage, 62% des Israéliens nés en Israël disent qu'ils auraient préférés naître ailleurs. (Source des informations chiffrées: http://filastinya.site.voilà.fr)

Les revendications sionistes sur Jérusalem

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Jeudi 14 Février 2008
Mireille Delamarre

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