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Samedi 30 Août 2008
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Impérialisme Américain
Observer le Liban de Seymour M. Hersh – Collusion USA Israël avec L'Iran en ligne de mireL'administration Bush a été associée de près à la planification des attaques de représailles d'Israël. Le président Bush et le vice président Dick Cheney étaient convaincus, que le succès d'une campagne aérienne de bombardements par l'armée de l'air israélienne contre les installations du Hezbollah pourrait soulager les préoccupations sécuritaires d'Israël, et servaient aussi en prélude à une possible attaque préventive américaine pour détruire les installations nucléaires iraniennes, dont certaines sont également situées en profondeur.
Americanosionisme
Observer le Liban de Seymour M. Hersh
Dans les jours qui ont suivi l'infiltration du Hezbollah du Liban en Israël le 12 juillet, pour kidnapper* 2 soldats, provoquant une attaque aérienne israélienne sur le Liban, et une guerre totale, l'administration Bush semblait étrangement passive. Au sommet du G8 à St Petersbourg le 16 juillet, le président G. Bush, a clarifié la position de son administration en disant « maintenant c'est devenu clair pourquoi nous ne pouvons avoir de paix au Moyen Orient. » Il a décrit la relation entre le Hezbollah et ceux qui le soutiennent, la Syrie et l'Iran, comme étant à la racine des causes d'instabilité et par conséquent cela dépendait de ces deux pays de mettre fin au conflit. Deux jours plus tard, malgré l'appel de plusieurs gouvernements pour que les Etats-Unis prennent la tête des négociations pour mettre fin aux combats, la secrétaire d'état Condoleezza Rice a dit qu'un cessez le feu devrait être mis de côté jusqu'à ce que les conditions soient favorables.
Cependant, l'administration Bush a été associée de près à la planification des attaques de représailles d'Israël. Le président Bush et le vice président Dick Cheney étaient convaincus, selon ce que m'ont dit des sources des milieux du renseignement et diplomatiques en activité ou non, que le succès d'une campagne aérienne de bombardements par l'armée de l'air israélienne contre les installations puissamment fortifiées de commande et de contrôle souterraines du Hezbollah, ainsi que de ses installations de stockage de missiles, pourrait soulager les préoccupations sécuritaires d'Israël, et servaient aussi en prélude à une possible attaque préventive américaine pour détruire les installations nucléaires iraniennes, dont certaines sont également situées en profondeur. Les experts militaires et des renseignements israéliens avec qui j'ai parlé ont insisté sur les problèmes immédiats de sécurité du pays comme une raison suffisante pour se confronter au Hezbollah, sans considération pour ce que voulait l'administration Bush. Shabtai Shavit, un conseiller à la sécurité nationale au parlement israélien qui a dirigé les services secrets israéliens du Mossad de 1989 à 1996, m'a dit « nous faisons ce que nous pensons être le mieux pour nous, et si cela converge avec les exigences américaines, ceci fait partie de la relation existant entre deux amis. Le Hezbollah est armé jusqu'aux dents, et entraîné à la plus moderne des guérillas utilisant la haute technologie. Ce n'était qu'une question de temps, nous devions nous occuper de cela. » Le Hezbollah est vu par Israël comme une organisation terroriste particulièrement menaçante, qui opére sur leurs frontières, avec un arsenal militaire qui, avec l'aide de l'Iran et de la Syrie, et qui est devenu de plus en plus fort depuis la fin de l'occupation israélienne du sud Liban, en 2000. Le dirigeant du Hezbollah, Sheikh Hassan Nasrallah, a mis en doute la légalité d'Israël. Selon une estimation du renseignement israélien au début de la guerre aérienne, le Hezbollah avait environ 500 roquettes Fajr – 3 de moyenne porté, et des roquettes Fajr – 5 et quelques douzaines de roquettes Zelzal de longue portée ; les Zelzals, qui ont une portée d'environ 200 Kms, pouvaient atteindre Tel Aviv. (L'une d'entre elles a touché Haïfa le lendemain du kidnapping). Il a aussi plus de 12 000 roquettes de proximité. Depuis le début du conflit ; plus de 3000 de ces roquettes ont été tirées en Israël. Selon un expert du Moyen Orient qui connaît la façon de penser des gouvernements israéliens et américains actuels, Israël avait programmé un plan pour attaquer et l'a partagé avec les responsables de l'Administration Bush bien avant les kidnappings du 12 juillet. Cela ne veut pas dire que les israéliens ont tendu un piège dans lequel le Hezbollah est tombé, dit-il, mais il y avait un sentiment très fort à la Maison Blanche que tôt ou tard les israéliens allaient le faire. L'expert sur le Moyen Orient a dit que l'administration avait plusieurs raisons de soutenir la campagne de bombardement israélienne. Au sein du Département d'état cela était vu comme un moyen de renforcer le gouvernement libanais pour qu'il puisse asseoir son autorité sur le sud du pays, dont une grande partie est contrôlée par le Hezbollah. Il a continué en disant que la Maison Blanche était plus concentrée sur le fait d'enlever ses missiles au Hezbollah, car, s'il devait prévaloir l'option militaire contre les installations nucléaires iraniennes, il fallait se débarrasser des armes que le Hezbollah pourrait utiliser en possible représailles contre Israël. Bush voulait les deux. Bush pourchassait l'Iran, comme faisant partie de l'axe du mal, et ses sites nucléaires, et il était intéressé de pourchasser le Hezbollah comme faisant partie de sa campagne de démocratisation, le Liban étant les bijoux de la couronne de la démocratie au Moyen Orient. Des responsables de l'administration ont nié qu'ils connaissaient les plans d'Israël pour une guerre aérienne. La Maison Blanche n'a pas répondu à une liste détaillée de questions. En réponse à une requête séparée, un porte parole du Conseil de Sécurité Nationale a dit qu'avant l'attaque du Hezbollah sur Israël, le gouvernement Israélien n'avait pas fourni aux responsables de Washington de raison de croire qu'Israël planifiait une attaque. Même après l'attaque du 12 juillet, nous ne savions pas ce qu'étaient les plans israéliens a dit un porte parole du Pentagon, alors que le gouvernement des Etats-Unis restait attaché à une solution diplomatique au problème iranien de son programme clandestin d'armes nucléaires,* et a nié l'histoire, comme l'a fait le porte parole du département d'état. Les Etats-Unis et Israël ont partagé des renseignements et bénéficié d'une coopération militaire rapprochée pendant des décennies. Ainsi en début de printemps, selon un ancien haut responsable des renseignements, des planificateurs de haut rang de l'armée de l'air américaine, pressés par la Maison Blanche de développer un plan de guerre pour une frappe décisive contre les installations nucléaires iraniennes, ont commencé à consulter leurs homologues de l'armée de l'air israélienne. « La grande question pour notre armée de l'air, c'était de frapper successivement toute une série de cibles dures en Iran « a dit l'ancien haut responsable des services secrets. Qui est l'allié le plus proche de l'armée de l'air américaine dan ses planifications ? Ce n'est pas le Congo, c'est Israël. Tout le monde sait que des ingénieurs iraniens ont conseillé le Hezbollah sur les tunnels et les lieux de stockage souterrain des armes. Et donc l'armée de l'air est allée vers les israéliens avec de nouvelles tactiques et leur a dit, « concentrez vous sur les bombardements, et partageons ce que nous avons sur l'Iran et ce que vous avez sur le Liban. Les discussions sont remontées jusqu'au niveau des chefs d'état major et du secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, » a –t-il dit. Alors les israéliens nous ont dit que cela serait une guerre bon marché avec de nombreux avantages, nous a dit un consultant du gouvernement Us qui a des liens étroits avec Israël. Alors pourquoi s'y opposer ? On sera capable de pourchasser et de bombarder les stocks de missiles, de tunnels, de bunkers du ciel. Ce serait une démonstration pour ce qui se passerait pour l'Iran. Un consultant du Pentagon a dit que la Maison Blanche de Bush "s'était agitée pendant un certain temps pour trouver une raison de frapper préventivement le Hezbollah". Il a ajouté : "C'était notre intention d'affaiblir le Hezbollah, et maintenant nous avions quelqu'un qui le faisait à notre place". (Alors que cet article allait sous presse, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté une résolution de cessez-le-feu, bien qu'il ne soit pas très sûr qu'elle change la situation sur le terrain.) Selon Richard Armitage, qui a été Secrétaire d'état-adjoint, pendant le premier mandat de Bush - et qui avait dit, en 2002, que le Hezbollah "était peut être la principale bande de terroristes" - la campagne d'Israel au Liban, qui a fait face à des difficultés inattendues et à une large critique, peut, en fin de compte, servir d'avertissement à la Maison Blanche au sujet de l'Iran. "Si la force militaire la plus importante dans la région – les Forces de Défense Israéliennes - ne peut pas pacifier un pays comme le Liban, avec une population de quatre millions d'habitants, vous devriez soigneusement revoir ce plan pour l'Iran, qui a une profondeur stratégique et une population de soixante-dix millions de personnes." a déclaré Armitage. "La seule chose que les bombardements ont réussi jusqu'ici, c'est d'unir la population contre les Israéliens." Plusieurs fonctionnaires en poste ou non actuellement et impliqués au Moyen-Orient m'ont dit qu'Israel avait vu l'enlèvement des soldats comme le moment opportun pour débuter sa campagne militaire qu'il avait prévu contre le Hezbollah. "Le Hezbollah, réglé comme une horloge, tentait tous les mois ou deux des petites initiatives", déclare un consultant du gouvernement américain ayant des liens avec Israel. Deux semaines plus tôt, en juin, les membres du Hamas, le groupe palestinien, avaient percé un tunnel sous la clôture séparant le Sud de Gaza et Israel et avaient capturé un soldat israélien. Le Hamas avait également lancé une série de roquettes sur des villes israéliennes près de la frontière avec Gaza. En réponse, Israel avait lancé une large campagne de bombardements et réoccupé des parties de Gaza. Le consultant du Pentagon a remarqué qu'il y avait eu également des incidents frontaliers impliquant Israel et le Hezbollah, des deux côtés, depuis un certain temps. "Ils s'attaquaient les uns les autres" dit-il. "Chaque côté pouvait souligner certains des incidents et dire : "Nous allons faire la guerre à ces types - parce qu'ils étaient déjà en guerre." David Siegel, le porte-parole de l'ambassade israélienne à Washington, a déclaré que l'Armée de l'Air israélienne n'avait pas cherché une raison d'attaquer le Hezbollah. "Nous n'avons pas projeté la campagne. Cette décision nous a été imposée." Il y avait des signes permanents que le Hezbollah "voulait se battre", dit Siegel. "Le Hezbollah attaquait tous les deux ou trois mois", mais le kidnapping des soldats a augmenté l'enjeu. Dans des interviews, plusieurs universitaires, journalistes, militaires à la retraite et officiers des renseignements israéliens ont tous fait une remarque : ils croyaient que c'était le gouvernement israélien, et non Washington, qui avait décidé de déclencher une guerre contre le Hezbollah. Les sondages d'opinion ont prouvé qu'un grand nombre d'Israéliens soutenait ce choix. "Les néocons à Washington sont peut-être contents, mais Israel n'a pas eu besoin d'être poussé, parce qu'Israel voulait se débarasser du Hezbollah." explique Yossi Melman, un journaliste du quotidien Haaretz, qui a écrit plusieurs livres au sujet des services de renseignements israéliens. "En provoquant Israel, le Hezbollah a procuré une occasion". "Nous faisions face à un dilemme", dit un responsable israélien. Le Premier Ministre Ehud Olmert "a dû décider s'il allait donner une réponse locale, ce que nous faisons toujours, ou une réponse globale : s'en prendre vraiment au Hezbollah une fois pour toutes." Olmert a pris sa décision, dit le responsable, seulement après qu'une série de tentatives pour délivrer les soldats israéliens capturés aient échoué. Le consultant du gouvernement américain en lien étroit avec Israel m'a dit, pourtant, que, du point de vue israélien, la décision d'agir avec force était devenue inévitable quelques semaines plus tôt, après qu'un groupe des renseignements de l'armée israélienne, connu sous le nom d'unité 8200, ait intercepté des intentions belliqueuses à la fin du printemps et au début de l'été, impliquant le Hamas, le Hezbollah, et Khaled Meshal, le chef du Hamas vivant maintenant à Damas. L'un des messages interceptés a eu lieu lors d'une réunion en mai entre la direction politique et militaire du Hamas, à laquelle participait Meshal par téléphone. "Le Hamas croyait que l'appel de Damas était brouillé, mais Israel avait déchiffré le code", dit le conseiller. Bien avant sa victoire aux élections palestiniennes en janvier, le Hamas avait réduit ses actions terroristes. Au cours de la conversation interceptée fin mai, m'a dit le conseiller, la direction du Hamas a déclaré : "qu'ils n'en obtenaient aucun bénéfice et qu'ils perdaient à se tenir parmi la population palestinienne". La conclusion était, dit-il : "Revenons au terrorisme et puis essayons d'obtenir des concessions du gouvernement israélien". Le conseiller m'a dit que les États-Unis et Israel ont conclu que si la direction du Hamas faisait cela, et que si Nasrallah les soutenait, il y aurait "une réponse à grande échelle". Dans les semaines qui ont suivi, quand le Hamas a commencé à creuser le tunnel vers Israel, a dit le conseiller, l'unité 8200 "a intercepté des messages impliquant le Hamas, la Syrie, et le Hezbollah, disant, en gros, qu'ils voulaient que le Hezbollah "réchauffe" le Nord". Dans l'un des messages interceptés, ajoute le conseiller, Nasrallah se référait à Olmert et au Ministre de la Défense Amir Peretz "comme semblant être faibles", en comparaison avec les anciens premiers ministres Ariel Sharon et Ehud Barak, qui avaient une grande expérience militaire, et disait "qu'il pensait qu'Israel répondrait légèrement et localement, comme il l'avait fait par le passé." Au début de cet été, avant les kidnappings du Hezbollah, dit le consultant du gouvernement américain, plusieurs responsablse israéliens sont venus à Washington, séparément, "afin d'obtenir un feu vert pour l'opération de bombardements et pour voir à quel point les Etats-Unis les soutiendraient." Le conseiller a ajouté : "Israel a commencé par Cheney. Il voulait être sûr qu'il avait son soutien et le soutien de son bureau et celui du bureau concernant le Moyen-Orient du Conseil de Sécurité Nationale". Après cela, "persuader Bush n'a jamais été un problème, et Condi Rice était dans le coup." dit le conseiller. Le plan initial, comme l'ont décrit les Israéliens, réclamait une campagne importante de bombardements en réponse à la prochaine provocation du Hezbollah, selon l'expert sur le Moyen-Orient connaissant bien l'opinion des Américains et des Israéliens. Israel croyait que, en visant l'infrastructure du Liban, y compris les routes, les dépôts de carburant, et même les pistes d'atterrissage civiles de l'aéroport de Beyrouth, il pourrait persuader les importants populations chrétiennes et sunnites du Liban de se retourner contre le Hezbollah, selon le haut responsable des renseignements. L'aéroport, les routes, et les ponts, entre autres, ont été frappés dans la campagne de bombardements. La semaine dernière, l'armée de l'air israélienne avait effectué près de neuf mille missions. (David Siegel, le porte-parole israélien, a dit qu'Israel avait visé seulement des sites liés au Hezbollah ; le bombardement des ponts et des routes étant censé empêcher le transport des armes.) Le plan israélien, selon l'ancien haut responsable des renseignements, était "une copie de ce que les Etats-Unis avaient projeté pour l'Iran." (Les propositions initiales de l'U.S. Air Force pour qu'une attaque aérienne détruise la capacité nucléaire de l'Iran, qui comprenaient l'option du bombardements intenses d'infrastructures civiles à l'intérieur de l'Iran, avaient rencontré une opposition de la part de la direction de l'armée, de la marine, et des corps de marines, selon des responsables anciens et actuellement en poste. Ils expliquent que le plan de l'armée de l'air ne fonctionnera pas et mènera inévitablement, comme dans la guerre des Israéliens contre le Hezbollah, à l'implication des troupes sur le terrain.) Uzi Arad, qui a servi pendant plus de deux décennies au Mossad, m'a indiqué que, d'après ce qu'il savait, les contacts entre les gouvernements israéliens et américains étaient courants, et que : "dans toutes mes réunions et conversations avec des responsables du gouvernement, je n'avais jamais entendu quelqu'un faire référence à une coordination préalable avec les Etats-Unis". Il était préoccupé par une question : la vitesse avec laquelle le gouvernement d'Olmert était parti en guerre. "Jamais de ma vie, je n'avais vu une décision de déclencher une guerre prise aussi rapidement", dit-il. "Nous passons habituellement par de longues analyses." Le haut responsable de l'armée était le Général Dan Halutz, le chef d'état-major de l'armée israélienne, qui, au cours de sa carrière dans l'armée de l'air israélienne, a travaillé sur l'éventualité d'une guerre aérienne contre l'Iran. Olmert, ancien maire de Jérusalem, et Peretz, ancien dirigeant syndical, ne pouvaient pas rivaliser avec son expérience et son expertise. Au début des discussions avec les responsables américains, m'ont dit l'expert sur le Moyen-Orient et le consultant du gouvernement, les Israéliens ont à plusieurs reprises souligné la guerre au Kosovo comme exemple de ce qu'Israel cherchait à réaliser. Les forces de l'OTAN commandées par le Général Wesley Clark de l'armée américaine ont méthodiquement bombardé et mitraillé non seulement des cibles militaires mais des tunnels, des ponts, et des routes au Kosovo et ailleurs en Serbie, pendant soixante-dix-huit jours avant de contraindre les forces serbes à se retirer du Kosovo. "Israel a pris comme modèle la guerre au Kosovo", dit le consultant du gouvernement. "Les Israéliens ont dit à Condi Rice : "Vous l'avez fait pendant environ soixante-dix jours, mais nous n'avons besoin que de la moitié : 35 jours." Il y a, naturellement, de vastes différences entre le Liban et le Kosovo. Clark, qui s'est retiré de l'armée en 2000 et s'était présenté sans succès en tant que Démocrate aux élections présidentielles en 2004, a contesté l'analogie : "S'il est vrai que la campagne israélienne était basée sur l'approche américaine au Kosovo, alors elle a raté son objectif. Le nôtre était d'utiliser la force pour obtenir un objectif diplomatique : elle n'avait pas pour but de tuer les gens." Clark avait noté dans un livre en 2001, "Faire une Guerre Moderne", que c'était la menace d'une possible invasion au sol ainsi que les bombardements qui ont forcé les Serbes à mettre fin à la guerre. Il m'a dit que : "de par mon expérience, les campagnes aériennes doivent être soutenues, finalement, par la volonté et la capacité à finir le travail sur le terrain." Le Kosovo a été cité publiquement par des responsables et des journalistes israéliens depuis le début de la guerre. Le 6 août, le premier ministre Olmert, répondant à la condamnation des Européens pour les décès des civils libanais, a dit : "Où ont-ils pris le droit de faire la morale à Israel ? Les pays européens ont attaqué le Kosovo et tué des dizaines de milliers de civils. 10.000 ! Et aucun de ces pays n'avait eu avant à souffrir d'une seule roquette. Je ne dis pas que c'était une erreur d'intervenir au Kosovo. Mais s'il vous plait : ne venez pas nous sermonner sur le traitement des civils". (Human Rights Watch a estimé le nombre de civils tués par les bombardements de l'OTAN à 500; le gouvernement yougoslave a estimé le nombre entre 1200 et 5000.) Le bureau de Cheney a soutenu le plan israélien, de même qu' Elliott Abrams, un conseiller-adjoint à la Sécurité Nationale, selon plusieurs responsables anciens et en poste. (Le porte-parole de la N.S.C. a nié qu'Abrams l'avait fait.) Ils croyaient qu'Israel devrait progresser rapidement dans sa guerre aérienne contre le Hezbollah. Un ancien dirigeant des renseignements a déclaré : "Nous avons dit à Israel : 'Regardez, si vous les gars vous devez y aller, nous serons derrière vous de toute façon. Mais nous pensons que cela devrait être plus tôt que trop tard – Plus vous attendrez, moins nous aurons de temps pour évaluer et préparer des plans pour l'Iran avant que Bush ne sorte du bureau.'" La question de Cheney, dit l'ancien haut responsable des renseignements, était que : "Si les Israéliens exécutent leur partie d'abord, et que c'est vraiment réussi, alors ce sera génial. Nous pourrons apprendre comment faire en Iran en observant ce que les Israéliens font au Liban." Le consultant du Pentagon m'a dit que les renseignements sur le Hezbollah et l'Iran sont manipulés par la Maison Blanche de la même manière que l'ont été ceux en 2002 et début 2003, sur les ADM de l'Irak pour justifier la guerre contre ce pays. Dans la communauté du renseignement actuellement, on se plaint beaucoup du fait que tout ce qui est important est envoyé directement à l'échelon le plus élevé sur insistance de la Maison Blanche et n'est pas du tout analysé, ou à peine, a – t-il dit. De fait, c'est une politique terrible qui viole les règles de la NSA (National Security Agency, Agence Nationale de Sécurité) et si vous vous plaignez de cela, vous vous retrouvez dehors, a-t-il dit. C'est Cheney qui a la main là dessus. L'objectif à long terme de l'administration c'était d'établir une coalition arabe sunnite comprenant des pays comme la Jordanie, l'Arabie Saoudite, l'Egypte, qui rejoindraient les Etats-Unis et l'Europe pour faire pression sur les mullahs shi'ites au pouvoir en Iran. Mais l'arrière pensée de ce plan, c'était qu'Israël inflige une défaite au Hezbollah, et non pas soit vaincu, le consultant avec des liés étroits avec Israël a dit. Quelques fonctionnaires du bureau de Cheney et certains au NSC avaient été convaincus, sur la base de conversations privées, que ces pays modéreraient leur critique publique d'Israël et blâmeraient le Hezbollah pour avoir créer la crise ayant conduit à la guerre. Bien que c'est ce qu'ils aient fait au début, ils ont changé de position à cause des protestations du public dans leur pays contre les bombardements israéliens. La Maison Blanche a été clairement déçue alors, quand, le mois dernier, le prince Saud al-Faisal, le ministre des affaires étrangères saoudien, est venu à Washington, et lors d'une rencontre avec Bush, a demandé au président d'intervenir immédiatement pour mettre fin à la guerre. Le Washington Post a rapporté que Washington avait espéré rallier les états modérés arabes dans un effort pour faire pression sur la Syrie et l'Iran pour qu'ils freinent le Hezbollah, mais la démarche saoudienne …. A semble-t-il relégué cette initiative. La force surprenante de la résistance du Hezbollah, et sa capacité continuelle de lancer des roquettes sur le nord d'Israël face à un bombardement israélien constant, est un revers massif selon cet expert pour le Moyen Orient, pour la Maison Blanche qui voulait utiliser la force aérienne contre l'Iran. Et ceux qui avancent l'argument que les bombardements créeront du mécontentement interne et de la révolte en Iran ont également essuyé un revers. Néanmoins, certains officiers servant avec les états majors unifiés restent profondément inquiets que l'administration fasse une interprétation beaucoup plus positive de la campagne aérienne qu'elle ne devrait le faire, l'ancien haut responsable des renseignements a dit. Rumsfeld et Cheney n'en tireront pas la conclusion qu'il faut, a-t-il dit. Quand la fumée se dissipera, ils diront tous que c'était un succès, et ils renforceront leur plan d'attaque de l'Iran. A la Maison Blanche, tout spécialement au bureau ovale de la vice présidence, beaucoup de fonctionnaires pensent que la campagne militaire contre le Hezbollah fonctionne, et devrait être continuée. En même temps, selon le consultant du gouvernement, quelques responsables politiques dans l'administration ont conclu que le coût du bombardement de la société libanaise était trop élevé. Ils ont dit à Israël que c'est le moment de réduire les attaques sur les infrastructures. Des divisions similaires apparaissent en Israël. David Siegel, le porte parole israélien a dit que les dirigeants de son pays pensaient des le début août que la campagne aérienne avait été un succès, et avait détruit plus de 70% de la capacité du Hezbollah à lancer des missiles de longue et moyenne portée. Le problème, ce sont les roquettes de proximité, sans les lanceurs, Qui peuvent être tirées des zones civiles et des maisons, a dit Siegel. La seule façon de résoudre ce problème c'est une opération terrestre, si les dernières démarches diplomatiques ne réussissent pas. Cependant, la semaine dernière, il y avait des preuves du trouble du gouvernement israélien quant au progrès de la guerre. Le général Moshe Kaplinsky, aide du chef d'état major Halutz, a été désigné par ce dernier pour prendre en charge les opérations, une décision inhabituelle, le général Udi Adam étant mis de côté. En Israël, on s'inquiète d'une possible escalade de la crise, Nasrallah pourrait décider de lancer des missiles sur Tel Aviv. Il y a un grand débat sur l'importance des dommages que pourrait infliger Israël pour empêcher cela, a dit le consultant. Si Nasrallah frappe Tel Aviv, que devrait faire Israël ? Son but c'est de dissuader Nasrallah en lui disant qu'il détruira son pays s'il ne s'arrête pas, et de rappeler au monde arabe qu'Israël peut le ramener 20 ans en arrière. On ne joue plus selon les mêmes règles. Un officier des renseignements européens m'a dit que les israéliens ont été pris dans un piège psychologique. Les années précédentes ils on cru qu'ils pouvaient résoudre leurs problèmes avec dureté. Mais maintenant, avec le martyr islamique, les choses ont changé, et ils ont besoin de solutions différentes. Comment effrayez vous des gens qui aiment le martyr ? Le problème en essayant d'éliminer le Hezbollah, l'officier des renseignements a dit, c'est les liens du groupe avec la population shi'ite du sud Liban, de la vallée de la Bekaa et des banlieues sud de Beyrouth, où le Hezbollah gère des écoles, des hôpitaux, une station radio, et d'autres organisations de charité. Un planificateur militaire américain de haut rang m'a dit, « nous avons beaucoup de vulnérabilité dans la région, et nous avons discuté de certains des effets d'une attaque du Hezbollah ou de l'Iran contre le régime saoudien et sur les infrastructures pétrolières. Il y a une préoccupation particulière au sein du Pentagon, a-t-il ajouté, concernant les pays producteurs de pétrole situés au nord du détroit d'Hormuz. Nous devons anticiper des conséquences inattendues, a-t-il dit. Serons nous capables d'absorber un baril de pétrole à 100 dollars ? Il y a cette idée presque comique que vous pouvez tout faire du ciel même lorsque vous combattez une armée irrégulière avec des capacités souterraines. Vous ne serez pas victorieux si vous n'avez pas de présence terrestre, mais la direction politique ne prend jamais en considération le pire scénario. Ces types veulent seulement entendre le meilleur scénario. » Il y a des preuves que les iraniens prévoyaient la guerre contre le Hezbollah. Vali Nasr, un expert sur les musulmans shi'ite et l‘Iran qui est assistant au conseil des relations étrangères et enseigne aussi à l'école de la marine à Monterey Californie a dit « tout mouvement américain négatif contre le Hezbollah est vu par l'Iran comme faisant partie d'une campagne plus vaste contre elle. Et l'Iran a commencé à se préparer pour la confrontation en fournissant au Hezbollah des armes plus sophistiquées, des missiles antitanks, antinavires et a entraîné ses combattants à leurs utilisations. Et maintenant, le Hezbollah teste les nouvelles armes de l'Iran. L'Iran perçoit l'administration Bush comme essayant de marginaliser son rôle régional, alors il fomente des troubles. Nasr, un américain iranien qui a récemment publié une étude sur les divisions entre shi'ites et sunnites intitulé « la renaissance shi'ite » a dit aussi que la direction iranienne croit que le but ultime de Washington c'est d'avoir une force internationale pour séparer la Syrie du Liban, pour isoler le Hezbollah et le désarmer, la principale route de ravitaillement en armes passant par la Syrie. Une action militaire ne peut pas obtenir le résultat voulu a dit Nasr. La popularité du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, un critique virulent d'Israël, est au plus fort dans son pays. Une attaque Us sur les installations nucléaires iraniennes pourrait faire d'Ahmladinejad un autre Nasrallah, la star rock de la rue arabe. Donald Rumsfeld, l'un des plus puissants responsables de l'administration Bush à s'exprimer, a dit peu de chose sur la crise du Liban. Son silence relatif, comparé avec sa visibilité agressive lors de la préparation de la guerre d'Irak, a provoqué un débat à Washington sur sa position sur le problème. Certains responsables des renseignements actuellement ou non en service, qui ont été interviewés pour cet article, croient que Rumsfeld n'est pas d'accord avec Bush et Cheney sur le rôle des américains dans la guerre entre Israël et le Hezbollah. Le consultant du gouvernement Us avec des liens étroits avec Israël a dit que quelque part il y avait un sentiment que Rumsfeld était blasé dans son approche de la guerre israélienne. Il a ajouté que la force de l'armée de l'air et quelques opérations d'unités spéciales au sol avaient réussi en Afghanistan, et il a essayé de faire la même chose en Irak. C'était la même idée mais cela n'a pas fonctionné. Il pensait que le Hezbollah était trop bien retranché et que le plan d'attaque israélien ne fonctionnerait pas, et ce dont il ne voulait surtout pas c'était d'une autre guerre pendant son mandat, qui accroîtrait les risques courus par les forces américaines en Irak. Un diplomate occidental a dit qu'il comprenait que Rumsfeld ne connaissait pas toutes les subtilités du plan de guerre. Il était aussi en colère et inquiet pour ses troupes en Irak, selon le diplomate. Rumsfeld a servi à la Maison Blanche pendant la dernière année de la guerre au Vietnam, d'où les troupes américaines se sont retirées en 1975, et il ne voulait pas voir quelque chose d'identique ayant un impact en Irak. Le souci de Rumsfeld, a ajouté le diplomate, c'était que l'extension de la guerre à l'Iran pourraient accroître le risque d'attaques contre les troupes américaines en Irak par les milices shi'ites pro iraniennes. Au cours d'une réunion de la commission des armées du Sénat le 3 août , Rumsfeld n'était vraiment pas enthousiasme sur les implications de la guerre pour les troupes américaines en Irak. Questionné sur le fait de savoir si l'administration avait en tête l'impact de la guerre en Irak, il a testifié que lors de ses rencontres avec Bush et Condoleezza Rice, il y avait eu « une sensibilité vers un désir de ne pas avoir notre pays ou nos intérêts ou nos forces mis en plus grand danger comme résultat de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah…Il y a différents types de risques que nous affrontons dans la région, et c'est une situation difficile et délicate. » Le consultant du Pentagon, a démenti ce qui a été dit sur une décision au sommet de l'administration, et dit simplement, « Rummy est dans l'équipe. Il adorerait voir le Hezbollah humilié, mais il est aussi une voix soutenant moins de bombardements et plus d'opérations terrestres innovantes israéliennes. » L'ancien officier des renseignements décrit aussi Rumsfeld comme étant très satisfait qu'Israël soit notre homme de paille. Il y a aussi des questions sur le statut de Condoleezza Rice. Son soutien initial pour la guerre aérienne israélienne contre le Hezbollah a été apparemment modéré par les effets des attaques sur le Liban. Le consultant du Pentagon a dit que début août, elle a commencé en privé à s'agiter à l'intérieur de l'administration pour obtenir la permission de commencer des discussions diplomatiques directes avec la Syrie, mais jusqu'ici sans succès. La semaine dernière, le Times a rapporté que Rice avait ordonné à un fonctionnaire de l'ambassade à Damas de rencontrer le ministre syrien des affaires étrangères, bien que la rencontre n'ait pas aboutie. Le Times a aussi rapporté que Rice se voyait comme essayant d'être non seulement une faiseuse de paix à l'étranger, mais aussi une médiatrice entre les partis en conflit au sein de l'administration. L'article pointait vers une division entre des diplomates de carrière, au sein du département d'état, et les conservateurs du gouvernement inclus Cheney et Abrams, qui poussaient pour un soutien américain fort à Israël. Le diplomate occidental m'a dit que son ambassade croit qu'Abrams a émergé comme un politicien clé sur l'Iran, et dans l'actuelle crise Hezbollah Israël, et que le rôle de Rice avait été relativement diminué. Rice ne voulait pas faire le voyage le plus récent au Moyen Orient, a dit le diplomate. Elle voulait seulement y aller si elle pensait qu'il y avait vraiment une chance réelle d'obtenir un cessez le feu. Le plus grand supporter de Bush en Europe continue d'être le premier ministre anglais Tony Blair, mais beaucoup au Foreign Office (ministère des affaires étrangères), comme la dit un ancien diplomate, croient qu'il a été trop loin notamment en acceptant le refus de Bush de demander un cessez le feu immédiat entre Israël et le Hezbollah. Blair est seul là-dessus, selon cet ancien diplomate. Il sait qu'il est le dindon de la farce, bientôt dehors, mais il continue de gober la politique de Bush. Il boit la politique de la Maison Blanche comme tous à Washington. La crise commencera vraiment fin août, quand les iraniens diront non à l'arrêt de l'enrichissement de l'uranium comme stipulé dans l'ultimatum de l'ONU. Même ceux qui continuent de soutenir Israël dans sa guerre contre le Hezbollah, sont d'accord pour reconnaître qu'il a échoué à atteindre son but principal de monter les libanais contre le Hezbollah. Cela fait 90 ans que les bombardements stratégiques aériens sont un échec en matière de concept militaire, malgré tout, les armées de l'air partout dans le monde continuent de suivre ce concept, m' a dit John Arquilla, un analyste de la défense à l'école militaire de la marine. Arquilla a mené campagne depuis plus d'une décennie, avec de plus en plus de succès, pour changer la façon dont les américains combattent le terrorisme. La guerre d'aujourd'hui ce n'est pas de masse à masse. Pour détruire un réseau vous devez chasser comme le fait un réseau. Israël s'est concentré sur le bombardement du Hezbollah, et, quand cela n'a pas fonctionné, il est devenu plus agressif au sol. La définition de la folie c'est de continuer à faire la même chose en espérant un résultat différent. Seymour M. Hersh 14.08.06 www.newyorker.com Copyright The New Yorker Traduction bénévole pour information à caractère non commerciale par MD pour Planète Non violence *Enlèvement de 2 soldats israéliens en territoire israélien : cette version des faits, qui est celle de l'armée israélienne et qu'elle a largement diffusée, est contestée, les deux soldats auraient été capturés lors d'un accrochage frontalier en territoire libanais. Ce n'est pas la première fois que des soldats israéliens auraient pénétrés en territoire libanais en mission de reconnaissance, de même que les observateurs de la Finul de l'ONU, stationnés à la frontière et dont 4 ont été délibérément tués par l'armée israélienne, n'ont cessé de rapporter pendant des mois les violations quotidiennes de l'espace aérien libanais par l'armée de l'air israélienne. * sur le programme d'armes nucléaires clandestin iranien, cela reste du domaine de l'hypothèse puisqu'à ce jour l'AIEA n'a rien trouvé, et ce malgré de multiples inspections répétées et pointilleuses des installations iraniennes, inclues des inspections menées à l'improviste. Armement d'Israel par les USA Mardi 15 Août 2006
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