information critique contre l'islam conquerant supremaciste le terrorisme
archives histoire traditions 2004-2008

Objection de conscience

Retrospective sur les luttes pour que l'objection de conscience soit reconnue en France, sa reconnaissance tardive, son application restrictive et à reculons.



Objection de conscience

Avec le vote le 21 mars 1905 de la loi instaurant la conscription obligatoire pour tout mâle pour une durée de 2 ans, sont apparus les premiers objecteurs de conscience en France (une loi instituant la conscription et le service obligatoire avait déjà été votée en 1798 mais abolie par Louis XVIII). L’antimilitarisme français s'est développé parce qu’à maintes reprises la troupe a été envoyée pour briser les révoltes populaires. La Première Guerre mondiale et l'horreur suscité par les millions de morts et blessés, amplifie et légitime la cause des objecteurs. Le mot objecteur de conscience (Consciencious objector) apparaît pour la première fois au début du XX ème siècle et désigne tout d’abord le mouvement d’action non-violente de Gandhi et de ses partisans. Sa signification alors c’est la transgression collective au nom de certaines valeurs d’une loi afin d'atteindre un objectif défini. Elle prend un sens restreint par la suite pour ne plus concerner que les individus refusant de prendre part à la guerre et devient le baromètre national de l’antimilitarisme et de l’insoumission. Dès 1924, un premier collectif pour l'objection de conscience se met en place.

Plus tard, pendant la guerre d’Algérie, des jeunes refusent la conscription et sont jetés en prison. Certains y resteront plusieurs années. Ils sont soutenus par des anarchistes libertaires, des surréalistes et des trotskistes qui s’opposent ouvertement à la guerre d’Algérie, et soutiennent les combattants algériens. Ce soutien se renforce avec les anticolonialistes et cette avant-garde intellectuelle lance en 1960 la déclaration dite des 121 pour le droit à l’insoumission qu’aucun journal n’ose publier. En 1962, soutenu par ces minorités, un pacifiste libertaire âgé de 74 ans Jean Lecoin, ayant passé pour ses positions pacifistes une dizaine d’années en prison, entreprend un jeûne de 22 jours pour obtenir la libération des objecteurs de conscience maintenus en détention. Il obtient gain de cause et la promesse du vote d’une loi sur le statut des objecteurs de conscience. L’année suivante en 1963 la loi tardant à être votée, Lecoin menace en août d’entamer une grève de la faim. Finalement une première et timide reconnaissance légale de l’objection est entamée : la loi sur l’objection de conscience est votée le 22 décembre 1963. Loi restrictive puisqu’elle instaure un service civil dont la durée est double de celle du service militaire, le statut d’objecteur est accordé avec parcimonie et les affectations dépendent du bon vouloir de l'administration. La diffusion d’informations concernant l'objection de conscience est interdite.

Dans les années 70, objection de conscience et antimilitarisme font de nombreux adeptes. Ces luttes trouvent un écho favorable dans la société, l’armée et l’état se retrouve sur la défensive. En mars 1973, d’importantes manifestations ont lieu à Paris et dans les principales villes de province regroupant plusieurs centaines de milliers de manifestants, des lycéens qui chantent « L'armée, ça pue, ça tue, et ça rend con ! » L’objectif : la dénonciation de la loi dite " loi Debré " tendant à supprimer les sursis au service militaire au-delà de 21 ans. "De plus en plus de Français comprennent et soutiennent la démarche des pacifistes" écrit en février 1974 le journaliste du Monde Michel Castaing. Au cours de ces années, la presse clandestine antimilitariste se développe malgré les poursuites, les condamnations, les interdictions. Les actions ponctuelles se multiplient : renvois ou destructions de livrets militaires, grève de la faim, inscriptions sur les bâtiments militaires et sur les monuments aux morts, destructions publiques de drapeaux nationaux, interventions lors de cérémonies militaires, journées d'action le 14 juillet et le 11 novembre ect. Les jeunes adoptent face aux obligations du service national une attitude générale de refus, certains passent dans la clandestinité. Ainsi en juin 1974 on compte 14654 jeunes recherchés (Denis Langlois Guide du militant).

Dans les années 80 les choses vont progressivement changer. En août 1981, le gouvernement Mitterrand amnistie plusieurs milliers d'insoumis et libère, toutes tendances confondues, près de 500 jeunes incarcérés dans les prisons françaises pour refus d'obéissance. Mais, cette amnistie tourne à la farce quelques semaines plus tard quand ces derniers reçoivent un nouvel appel à aller effectuer leur service militaire. Les soutiens aux objecteurs restent fortement mobilisés n’ayant pour l’instant pas obtenu gain de cause. Les sinistres tribunaux permanents aux forces armées sont dissous remplacés par les tribunaux civils pour infractions militaires qui distribuent des peines sanctionnant les insoumis dits "volontaires" comprises entre 15 et 16 mois fermes (années 82 /83 enquête publiée par Avis de Recherche).

En 1983, est voté un nouveau statut de l'objection de conscience qui marque une avancée par rapport au précédent : son obtention est automatique avec une lettre type, sa promotion n'est plus interdite, le service s'effectue dans des associations choisies par les objecteurs. Il est inclus comme une forme civile du service national, l'objecteur sert la nation. Mais le statut reste discriminatoire (durée double de celle du service militaire), son règlement est encore militaire, son obtention est limitée dans le temps. Il ne satisfait pas non plus les insoumis et les déserteurs qui refusent ce qu’il perçoivent comme un compromis. Le Mouvement pour l’Objection de Conscience, le MOC, va jouer un rôle capital dans l’aide apportée aux objecteurs de conscience pour faire valoir leurs droits, notamment en s’appliquant à militer pour qu’ils soient améliorer, et en gérant un service minitel proposant des postes dans les milieux associatifs pour effectuer ce service civil substitut du service militaire. D’autres organisations solidaires des objecteurs vont faire de même. Si certains s’accomodent de ce statut, d’autres utilisent des méthodes non-violentes pour défendre l’insoumission et la désertion, utilisant les procès intentés pour ce qui est défini comme des infractions comme tribune contre l’état militariste.

En 1991, le service en objection passe de 2 ans à 20 mois. Au fur et à mesure, cette durée régresse grâce à 3 mois de congés sans solde qui, pris en fin de service permet de n'avoir plus que 7 mois supplémentaires par rapport à un service militaire. La guerre du golfe et l’engagement de troupes françaises dans ce conflit ravive le débat sur les limites de la loi sur l’objection de conscience et la répression contre les insoumis et déserteurs. En 1993, un mouvement de désertion collective lancé par le MOC redynamise le mouvement et le soutien aux objecteurs en poste et aux réfractaires. Les clivages au sein du mouvement pour l’objection contre le militarisme étatique sont dissipés. C’est dans ce contexte de solidarité retrouvée, que naît le Réseau d'Information aux Réfractaires (RIRe) qui va servir de lien entre les différents groupes de soutien aux réfractaires, de façon à sortir leurs luttes de l'isolement. Ce réseau existe à travers un périodique, le RIRe, un journal qui relaie les mobilisations autour des procès des réfractaires, les luttes contre la conscription en général. Il vise aussi à sortir le milieu de l'impasse du "tout anticonscription" et ouvre ses colonnes à toutes les dimensions de l'antimilitarisme. Le service de l’objection reste minoritaire concurrencé par des formes de services militaires non armés moitié moins longs que celui de l’objection. Les objecteurs sont dés lors majoritairement des personnes qui adoptent ce service par convenance personnelle, pour vivre une première expérience professionnelle en milieu associatif, rien à voir avec les militants antimilitaristes du début. Ils deviennent une main d’œuvre bon marché pour un milieu associatif «capitalisé».


1996 marque un tournant pour l'objection de conscience. L’objection de conscience est «privatisée», les organismes d’accueil doivent désormais prendre en charge 75 % de la solde de l'objecteur. Le nombre de propositions de postes chute et de nombreux objecteurs sont obligés de renoncer à leur statut. Cette même année, le 28 mai, le gouvernement Chirac annonce la «professionnalisation» des armées et la fin de la conscription (déjà en 1934 le colonel Charles de Gaulle avait dénoncé les effets nocifs de la conscription et préconisait la création d'une armée mécanisée et formée de professionnels éprouvés).

Subsiste le rendez-vous citoyen auquel se substitue ensuite l'Appel à la Préparation de la Défense et l'Armée qui devient un moyen de recrutement pour l’armée transformée en entreprise qui embauche et qui utilise tous les supports de communication médiatiques pour valoriser l’engagement volontaire au sein des armées.

Le bourrage de crâne lui continue, la Der des Der de la lutte antimilitariste n’a pas encore débuté.

Néanmoins, cette évolution permet au mouvement antimilitariste de sortir des limites restrictives dans lesquelles les problèmes de la conscription l’ont enfermé, et, comme l’ont montré les manifestations planétaires massives antiguerre contre le déclenchement de la guerre d’Irak, de rallier à cette cause des millions de personnes venant d’horizons différents, que le combat pour la non-violence et la paix rassemble.

Lire notre article culture de guerre mythes et réalités










Jeudi 12 Mai 2005
Mireille Delamarre



Dans la même rubrique :
1 2 3

Humour Les Folles D'Allah | Terrorisme Islamo-fascisme | International | Immigration clandestine | France XXI | Communautarisme Islamisation racialisation | Europe | Empire USioniste du Chaos | LIBERTE D'EXPRESSION D'INFORMATION | COLONIALISME JUDEO SIONISTE | GUERRE DE L'INFORMATION | Propagande | DICTATURE UE | PALESTINE | FRANCE | MONDE ARABE | ASIE | archives Armement Sécurité Stratégies Militaires | archives Droit International ONU | archives histoire traditions 2004-2008 | archives sciences écologie 2004-2008 | archives société 2004-2008 | archives culture | archives ressources educatives | archives informations 1 | archives informations 2