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Obama N' A Pas Réussi A Obtenir Du Roi Abdullah D'Arabie Saoudite Des "Gestes" En Faveur D'Israël

Début Juin, une visite passée sous silence par les médias occidentaux rivés au "discours historique" d'Obama adressé au monde musulman au Caire, et à ses visites en Allemagne et en France. En Arabie Saoudite, c'est une véritable douche froide qu'a reçu Obama.



Pour consoler Obama, Abdullah lui offre une médaille - Photo CopyrightKevin Lamarque/Reuters
Pour consoler Obama, Abdullah lui offre une médaille - Photo CopyrightKevin Lamarque/Reuters

Les relations US Arabie Saoudite, supposées être perpétuellement au beau fixe, ont connu quelques avatars lors de la récente visite du Président Obama à Riyadh le 3 Juin dernier. Le roi Abdullah l'a reçu dans son ranch dans la banlieue de la capitale saoudienne. Selon deux responsables américains, parlant sous couvert d'anonymat, cités dans un article du 1707/09 du site www.foreignpolicy.com (une branche internet du WashingtonPost Newsweek Interactive) l'un s'étant rendu récemment là bas et l'autre actuellement en mission sur place, la rencontre ne s'est pas bien passée , tout du moins pas comme Obama l'aurait souhaité.

Obama espérait persuader le roi Abdullah d'être prêt à faire des gestes envers Israël, en échange de quoi ce dernier, sous la "pression" de Washington suspendrait la construction dans les colonies, afin de faire avancer le processus de paix régionale et la création d'un état palestinien.

Selon ce responsable US, " plus le temps passait plus la rencontre saoudienne devenait un évènement dilué". " C'est la première fois que le Président Obama, comme sénateur, candidat ou président, en utilisant son pouvoir personnel de persuasion, n'a pu pratiquement rien obtenir, aucun geste." Pourtant, Obama avait changé son agenda initial pour faire cette visite extrêmement importante pour lui à Riyadh.

Selon des hauts responsables saoudiens appartenant à l'équipe de sécurité nationale, la visite du président Obama a été mal préparée et selon eux "il venait demander de grandes faveurs sans aucune préparation " mais "les Saoudiens n'offrent jamais rien de "grand" dans une telle situation."

Dennis Ross, un proche conseiller sioniste d'Obama, nommé récemment par ce dernier à un poste de direction du NSC ( National Security Council) pour la "Region Centrale" ( incluant le Moyen Orient et AfPak) a dit à des collègues qu'Obama était " trés dépité" après la rencontre " car il n'a rien obtenu de celle-ci". Apparemment le roi Abdullah se serait lancé dans une tirade très critique contre Israël, pas du tout enclin à faire le moindre geste et dévier de la proposition saoudienne faite en 2002 pour un accord de paix avec le régime sioniste : retrait de tous les territoires occupés en 1967, partage de Jérusalem, et une solution négociée pour les réfugiés palestiniens.

La Maison Blanche a cherché à minimiser l'échec de l'entrevue Obama-Abdullah d'Arabie Saoudite, en disant que n'avait participé à la rencontre, outre les deux principaux intéressés, que seulement deux fonctionnaires des deux côtés, et que seuls ceux qui y étaient connaissent le contenu de ce qui s'est dit, allant même jusqu'à accuser quiconque parlait d'échec de raconter des histoires. La Maison Blanche a affirmé que l'objectif principal s'était de continuer à construire une relation et non pas de revenir avec en main des "offres" saoudiennes.

N'empêche, l'un des présidents américains les plus charmeurs et les plus doués en matière de rhétorique est rentré bredouille à la Maison Blanche.

Selon F. Gregory Gause, un expert sur l'Arabie Saoudite et le Golfe Persique de l' Université du Vermont US la démarche d'Obama peut se résumer ainsi :

" Il fait pression sur les Israéliens, mais il veut montrer qu'en faisant pression sur eux cela rapproche aussi les Arabes" d'une paix avec Israël. " Il veut que les Saoudiens fassent quelques gestes pour que ce soit plus facile pour les Israéliens de stopper la construction des colonies".

Il continue en disant à propos des Saoudiens : " ils ne sont pas intéressés... leur ligne de conduite est la suivante : nous avons déjà fait cela et n'avons rien obtenu en retour. Nous avons fait cela en 2002 avec le plan de paix d'Abdullah et l'avons renouvelé en 2007, et nous avons obtenu de tous les membres de la Ligue Arabe de le signer. Maintenant pourquoi faire plus ? Nous avons fait tout cela et n'avons rien obtenu en retour".

Obama essaie également de lier les progrès dans le conflit israélo palestinien et la question du programme nucléaire iranien, en espérant des pays arabes dits "modérés", si des progrès sont faits d'un côté, qu'ils puissent se montrer plus conciliants à l'égard du durcissement de la politique américaine vis à vis de Téhéran, voire même qu'ils adoptent une "neutralité bienveillante" si Israël décidait d'attaquer l'Iran. Une grossière erreur d'appréciation semble -t-il.

Selon Chas Freeman, un ancien ambassadeur US en Arabie Saoudite, " côté américain, Washington a sans arrêt mal compris ou a été déconcerté par les Saoudiens sur des problèmes liant l'Iran et Israël. La notion que d'une façon ou d'une autre les Saoudiens fermeront les yeux sur une attaque israélienne contre l'Iran est un mauvais calcul". Il a également dit que l'idée que si les Israéliens suspendent la construction des colonies "cela amènera certains gestes des Arabes" est une idée que Riyadh rejette."Ils ont parcouru ce chemin encore et encore avec Madrid et Oslo". L'initiative de paix arabe de 2002 est prudemment cadrée, et selon lui " si les Israéliens et Palestiniens trouvent une solution acceptable pour les deux parties... alors la récompense sera une totale normalisation des relations entre le monde arabe et Israël". Mais, toujours selon Freeman, Riyadh le voit comme un "bonus" et "non pas quelque chose sur lequel on marchande". C'est à prendre ou à laisser.

Obama semble s'être fait des illusions sur ses capacités à convaincre le monde Arabo Musulman en général et le roi Abdullah d'Arabie Saoudite en particulier, de faire des "gestes" en faveur d'Israël, alors que le gouvernement Netanyahou sur le terrain continue et amplifie la colonisation, affirme qu'en ce qui concerne le statut de Jérusalem, il n'y a rien à discuter, et que les Sionistes peuvent s'installer partout où ils le souhaitent en Cisjordanie, allant même, comble de l'arrogance cynique sioniste, jusqu'à dire que ce serait discriminatoire voire raciste de les en empêcher.

Illusions, ou complicité pour maintenir le statut quo favorable à la colonisation en accéléré de la Palestine par Israël, avec qui les Etats Unis entretiennent depuis des décennies une "relation d'amitié particulière" au point de subventionner ce 51ème état à coups de milliards de $ tout en refusant d'accorder une aide financière à l'état de Californie en faillite.

Lundi 20 Juillet 2009
Mireille Delamarre

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