Alors que certains pays montrent actuellement un regain d'intérêt pour le nucléaire civil en substitution du pétrole dont les réserves finiront par s'épuiser face à une consommation exponentielle, la Russie et les Etats-Unis ont concocté un plan de construction de centres pour fournir de l'uranium enrichi à des fins civiles et retraiter les matières radioactives à des pays qui voudraient se fournir en énergie.
Ces centres seraient exclusivement situés en Russie et aux Etats-Unis, ces deux pays se réservant en quelque sorte le nouveau monopole de la fourniture de cette énergie en voie d'expansion. Poutine en a parlé dans son discours à la presse il y a peu, et Bush a évoqué le développement du nucléaire civil en substitution au pétrole dans son récent discours de l'Union. Moscou envisage donc de faire à d'autres pays la proposition qu'il a fait à l'Iran avec l'approbation de Washington.
Ce projet risque d'enterrer encore un peu plus le TNP (Traité de Non Prolifération) qui autorise notamment tous les pays à enrichir de l'uranium à des fins pacifiques.
Selon Poutin "nous proposons de construire un réseau de centres pour enrichir l'uranium, et tous ceux qui veulent partager le développement de la technologie nucléaire pourront en bénéficier à égalité…. Nous parlons d'accès sans discrimination… La Russie est le partenaire qu'il faut pour résoudre de tels défis, étant donné ses connaissances avancées en ingènierie nucléaire, ses connaissances scientifiques, son personnel qualifié, et ses infrastructures nucléaires développées."
Bush dans la présentation de son budget fiscal pour 2007 a soutenu ce partenariat avec la Russie.
A l'AIEA, la Russie a dernièrement voté pour qu'un rapport soit fait dans un mois devant Conseil de Sécurité concernant le programme nucléaire iranien, les iraniens devant discuter de la proposition russe de fourniture d'uranium enrichi selon le programme décrit ci-dessus le 16 février prochain.
Dans un monde où les ressources énergétiques risquent de manquer de plus en plus face à une consommation en constante augmentation, l'énergie nucléaire semble pour certains pays particulièrement attractives et pour d'autres particulièrement rentable surtout s'ils s'en assurent le monopole de production, sous couvert de refuser la prolifération d'une technologie nucléaire qui pourrait, selon eux, être détournée à des fins militaires. Il est vrai aussi que l'industrie nucléaire russe a désespèremment besoin de pouvoir exporter pour survivre et aussi pour moderniser et mettre ces centrales en conformité.
Source presse canadienne
Mettre fin à l'hystérie sur le programme nucléaire iranien