L'un des commentateurs du quotidien israélien Haaretz, Aluf Benn, dans un article publié aujourd'hui, écrit que Netanyahou mérite de gouverner Israël car depuis des années il fait campagne contre le programme nucléaire de l'Iran, affirmant que c'est la pire menace existentielle pour Israël.
Netanyahou a été l'un des plus actifs pour engager une campagne de sanctions économiques contre l'Iran, arpentant les corridors du Congrès et des bureaux des Lobbies Sionistes à Washington pour faire passer le message jusqu'aux plus hauts lieux US de décision. Bibi connaît Washington comme sa poche, il y a été ambassadeur, et y a gardé de nombreux contacts.
Bibi pense que ses prédécesseurs auraient pu faire plus pour restreindre la menace iranienne et lui-même veut convaincre le président américain, Barak Obama, que sa présidence sera jugée en fonction des résultats qu'il obtiendra sur cette question. Lors de l'entretien qu'il a eu avec lui l'été dernier quand Obama s'est rendu en Israël, Bibi a dit à Obama
" l'objectif est plus important que la méthode". Il est convaincu qu'Obama après avoir "dialoguer" passera à des méthodes plus musclées, qu'il a à sa disposition de nombreuses façons de frapper l'Iran, et que, contrairement à son prédécesseur, il aura plus de légitimité pour utiliser la force, parce qu'il aura d'abord "négocier" et ensuite parce qu'il est sur le point de désengager une grande partie des troupes américaines d'Irak. Jusqu'à présent, les Américains craignent que des frappes contre l'Iran soient suivies de représailles iraniennes contre leurs troupes en Irak, soit directement par les Gardes de la Révolution Islamique, soit indirectement par les groupes armés Shi'ites irakiens très proches de Téhéran.
Netanyahou considère que ce qui va se passer entre les US et l'Iran est la clé des progrès qui seront faits dans le processus diplomatique, concernant les "concessions " israéliennes - suspension provisoire de la construction de nouvelles colonies israéliennes - dans les territoires occupés.
Bibi pense qu'en matière d'affaires étrangères il y a lieu d'appliquer la règle de la réciprocité et qu'il n'est pas prêt à donner sans recevoir en retour. C'est du donnant donnant. Quelques gestes pour faire croire que le processus de paix n'est pas mort, alors que Netanyahou et sa coalition d'extrême droite s'opposent à la création d'un état palestinien. Bibi se prépare à convaincre Obama que la création d'un état palestinien n'étant pas sur son agenda, il ne faut pas le "pousser", que cela ne fera que durcir la position de sa coalition d'extrémistes sionistes.
Netanyahou est à l'origine d'un rapport rédigé en 1996 et intitulé
"une rupture nette : une nouvelle stratégie pour renforcer la nation", en cours d' éxécution. Ce document met en lumière les projets belliqueux et hégémoniques de l’état sioniste à l’échelon régional, concrétisés par ses actions coloniales et conquérantes, ses attaques "préventives", son mépris de l’environnement géopolitique et humain dans lequel il s’est établi par la force, son influence clairement revendiquée sur la politique étrangère américaine et les guerres d’agression menées par les USA.
Actuellement, la paix mondiale n'est pas menacée par le programme nucléaire iranien, mais par la nouvelle coalition d'extrême droite qui se met en place à Tel Aviv avec à sa tête Netanyahou et qui dispose, elle, de l'arme nucléaire, une première dans l' Histoire.