Le 6 octobre 2005, après trois jours d'interrogatoire, menotté, en garde à vue et incarcéré avec des droits communs, Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes, a été inculpé par le juge Philippe Courroye. Il est en liberté sous caution (80 000 euros à verser d'ici février). On lui a retiré son passeport et interdit de quitter la France. Et, il a appris que le compte bancaire finançant ses activités politiques était gelé.
Gilles Munier est accusé de…
Extrait de l'ordonnance du juge :
"Trafic d'influence passif commis par un particulier :
d'avoir entre 1998 et 2003, depuis temps non couvert par la prescription, sur le territoire national, en sa qualité de responsable d'association (notamment l'association franco-irakienne), sollicité et agréé en violation des dispositions de l'ONU sur le programme Pétrole contre nourriture (notamment Résolution 986), des allocations de barils de pétrole irakien (estimés en l'état à 7,6 millions de barils) vendus à la société AREDIO, en contrepartie de son influence réelle ou supposée auprès des autorités françaises pour défendre les intérêts irakiens et obtenir la levée des sanctions contre l'Irak."
et de :
"Corruption d'agents publics étrangers :
d'avoir, sur le territoire national, entre 1998 et 2003, depuis temps non couvert par la prescription, en violation de la Résolution 986, proposé sans droit, à des agents publics irakiens, à tout moment, directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, présents ou des avantages quelconques, en l'espèce en leur rétrocédant sur des comptes à l'étranger une partie du produit des ventes de la société AREDIO d'allocations de barils octroyés par la SOMO, pour obtenir de ces fonctionnaires irakiens de nouvelles allocations de barils."
Gilles Munier est donc poursuivi pour avoir violé la Résolution 986 de l'ONU, en fait pour avoir tenté d'obtenir la levée des sanctions contre l'Irak, conformément aux décisions de l'Association des Amitiés franco-irakiennes. On lui tient rigueur rétrospectivement de s'être opposé à l'agression des Etats-Unis contre ce pays sans défense, privé de nourriture et de médicaments. En poursuivant Gilles Munier, c'est en réalité la politique arabe de la France que l'on met aussi en cause et ses défenseurs que l'on tente de bâillonner.
La tragédie du peuple irakien est sciemment travestie. On détourne l'attention de l'opinion publique en lançant des enquêtes de diversion et des procès- spectacles afin de camoufler plus d'un million et demi de morts victimes de l'embargo et le pillage par les occupants des trésors de l'Irak (banques, pétrole, archéologie). Plus que jamais, nous devons affirmer que ni la morale, ni le droit ne sont du côté de ceux qui ont déclenché une guerre à grand renfort de mensonges.
De plus, à notre connaissance, la loi française ne prévoit aucune sanction pénale à la contestation par des personnes privées de résolutions des Nations unies, lesquelles ne se justifiaient plus depuis l'évacuation du Koweït par l'Irak en 1991. Dans ces conditions, c'était un droit, et aux yeux de beaucoup un devoir, d'aider le peuple irakien à résister à l'oppression génocidaire à laquelle il a été soumis pendant plus d'une décennie.
Novembre 2005
APPEL
Aujourd'hui, pour avoir combattu l'embargo et condamné une agression désavouée par les Nations unies, des Français de bonne foi se voient humiliés et traînés devant les tribunaux.
Le comité que nous constituons pour soutenir Gilles Munier lance un appel à tous ceux qui en France, en Europe, dans les pays arabes et dans le monde, militent pour la justice et soutiennent la résistance du peuple irakien. Il leur demande de faire de son procès celui de l'embargo, celui de l'agression contre l'Irak, et celui du dangereux projet américain de « Grand Moyen-Orient ».
Gilles Munier a servi la cause des Droits de l'Homme en Irak. Il sert maintenant celle du Droit, et le respect de la légalité dans sa soumission à la loi morale.
PREMIERS SIGNATAIRES (11 novembre 2005) :
Georges Labica (Philosophe) - Philippe de Saint Robert (Ecrivain) - Jacques Gaillot (Evêque) -Claude Gaucherand (Contre-Amiral en 2ème Section, ancien président de l'Institut Charles de Gaulle) - Marc Bourreau d'Argonne (Cinéaste) – Sliman Doggui (Neurologue) – Pierre Gallois (Général – cr) – Père Michel Lelong – Yves Vargas (Philosophe – Fondateur de l'Appel franco-arabe) – Michel Debray (Amiral en 2ème Section) – Amaury Couderc (ex élu régional) – Maurice Cannet (Général – cr) – Roshdi Rashed (Directeur de recherche émérite au CNRS, Professeur honoraire à l'Université de Tokyo, Vice-Président de l'Académie Internationale d'Histoire des Sciences) - Alain Corvez (Colonel - e.r)
COMITE DE SOUTIEN A GILLES MUNIER
J'apporte mon soutien à Gilles Munier pour faire de son procès celui de l'embargo et de l'agression contre l'Irak
Nom : Prénom :
Fonction (facultatif) :
Adresse : Courriel :
Date et signature :
Faire un copié collé du texte, le remplir et le renvoyer soit par mail soit par courrier postal aux adresses indiquées ci dessous.
Pour permettre aux Amitiés franco-irakiennes et à Gilles Munier de poursuivre leurs activités, je verse la somme de (facultatif) :
(Chèque à l'ordre de : AFI – Comité de soutien G. Munier)
Courriel : soutien-gmunier@maktoob.com
Adresse provisoire : c/o Gilles Munier, 7 rue de Sarzeau, 35700 Rennes
Premier bilan de la campagne de solidarité avec Gilles Munier
Au 28 novembre 2005 :
Plus d'une centaine de messages de soutien reçus, 71 personnes se sont engagées à faire de son procès celui de l'embargo et de l'agression de l'Irak, 1 220 euros ont été collectés pour permettre aux Amitiés franco-irakiennes et à Gilles Munier de poursuivre leurs activités. A suivre…
Bagdad-Paris, le choix des images - EXPOSITION Au Musée du Montparnasse jusqu'au 15 janvier 2006