En fait la coopération de l'outil de guerre – l'armée en place – est nécessaire. Thoreau se pose des questions sur la psychologie des hommes qui participent à cette guerre, et qui peut être tuent d'autres personnes par obéissance. Il conclut que les soldats, du fait de leur totale obéissance à l'état, deviennent en quelque sorte moins qu'humains.
Il écrit : "Que sont-ils maintenant ? Sont-ils des hommes ? ou des fortins et arsenaux ambulants, au service d'un homme sans scrupule au pouvoir ? Visiter le territoire de la Marine, et observer un marine, voilà l'homme que le gouvernement peut générer, ou plutôt ce qu'il peut faire d'un homme – une ombre furtive, un reste d'humanité". C'est de cette façon que la "masse" des hommes employée par l'état se sacrifie pour lui. Non pas en qualité d'hommes mais en tant que machines, avec leurs corps. Se faisant ces hommes renoncent à l'exercice libre de leur sens moral et ainsi se mettent au même niveau que le bois, la terre et les pierres."
Thoreau pose la question :
"Comment doit se comporter un homme actuellement vis à vis du gouvernement américain ? Je réponds qu'il ne peut s'y associer sans se déshonorer".
Mais ses voisins "bien intentionnés" même ceux qui étaient opposés à l'esclavage et à la guerre mexicano américaine, s'associaient et obéissaient au gouvernement américain. Thoreau attribue leur comportement à l'ignorance et conclut "qu'ils feraient mieux s'il savaient comment s'y prendre".
Néanmoins, le problème subsiste, puisque des personnes comme Emerson – qui ne peut être appelé un ignorant – se soumettent totalement à des lois avec lesquelles ils ne sont pas d'accord ?
Une raison manifeste c'est que les gens qui croient qu'ils ont besoin d'un gouvernement sont prêts à en accepter un qui soit imparfait. Pour Thoreau, ces personnes acceptent le gouvernement comme "un mal nécessaire". D'autres personnes soutiennent le gouvernement par intérêt personnel ; Thoreau mentionne tout particulièrement les commercants du Massachusetts qui profitent de la guerre et de l'esclavage.
Mais d'autres obéissent aussi parce qu'ils ont peur des conséquences de la désobéissance. Là c'est le voisin qui dit "si je refuse l'autorité de l'état quand il me présente sa feuille d'impôt, il se saisira bientôt de ma propriété et me harcèlera moi et ma famille continuellement". Thoreau sait que son voisin est correct en ce qui concerne ce qui peut lui arriver. "Quand je discute avec les plus libres de mes voisins," écrit-il,
"je perçois... qu'ils redoutent les conséquences pour leurs biens et leurs familles de la désobéissance...c'est dur. Cela rend impossible pour un homme le fait de vivre honnêtement et en même temps confortablement, et avec des égards extérieurs".
Thoreau, quant à lui, était d'une certaine façon chanceux. Il n'avait ni bien à saisir ni enfant menacé par la faim. De ce fait, il ne critiquait pas les hommes qui obéissaient à un ordre unjuste en rechignant par crainte pour leurs familles.
Traduction bénévole non commerciale par MD pour Planete Non Violence /deuxième partie article de Wendy McElroy paru dans Freedom Daily 25/7/05
Texte original copyright Freedom Daily
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