Des ministres sont entrain de planifier l’implantation sous la peau de milliers de détenus de micro puces « lisibles par une machine » dans le contexte d’un projet de marquage électronique permettant de libérer plus d’espace dans les prisons britanniques.
Le Ministère de la Justice, préoccupé par les problèmes de sécurité des systèmes de marquage existants et la surpopulation carcérale, est entrain d’étudier l’utilisation de la technologie satellitaire et celle de la fréquence radio pour contrôler les criminels.
Mais, au lieu qu’elles soient contenues dans des bracelets portés autour de la cheville, les minuscules puces seraient insérées chirurgicalement sous la peau des criminels dans la communauté pour aider à maintenir les couvre feu. Les marqueurs identifiés par fréquence radio (RFID) d’une longueur équivalente à deux grains de riz, sont capables de porter des informations personnelles scannables sur les individus, dont leurs identités, adresse et casier judiciaire.
Les marqueurs, dénommés « spy puces « par des militants, sont déjà utilisés dans le monde pour suivre la trace des chiens, chats, bétail et bagages d’aéroport, mais il n’y a pas de donnée sur l’utilisation de cette technologie pour contrôler les criminels dans la communauté. Les puces sont également envisagées comme méthode pour aider à maintenir l’ordre à l’intérieur des prisons.
Un haut responsable du Ministère de la Justice a confirmé la nuit dernière que le Ministère espérait même aller plus loin, en étendant la portée géographique des puces internes par un système de lien satellitaire identique au système utilisé pour suivre la trace des voitures volées.
« Toutes les options sont sur la table, et c’est une des options que nous aimerions adopter » a ajouté la source.
Cette initiative concorde avec une proposition de Ken Jones, le Président de l’Association des Officiers en Chef de la Police (Acpo), que des puces électroniques soient implantées chirurgicalement chez les pédophiles condamnés, et les criminels sexuels, pour suivre plus facilement leur trace. La technologie GPS (Global Positioning Systèm) est considérée comme la méthode ayant la faveur pour le contrôle de tels criminels pour les empêcher de s’approcher de « zones interdites »telles que les écoles primaires.
« Cela fait plusieurs années que nous voulions tirer avantage de cette technique parce que cela semble une solution raisonnable aux problèmes auxquels nous devons faire face dans ce domaine » a dit la nuit dernière un ministre de haut rang.
« Nous l’avons étudiée, sommes revenus vers elle, et nous nous sommes préoccupés de son côté pratique et des problèmes d’éthique soulevés, mais quand vous regardez les défis auxquels le système de justice criminelle est confronté , il est temps d’y venir ».
Le gouvernement a été obligé de revoir la politique des condamnations à cause d’un sérieux problème national de surpopulation carcérale, alors que la population dans les prisons a connu une croissance exponentielle, passant de 60 000 en 1997 à 80 000 actuellement. Dans le cadre de cette crise, le nombre des détenus emprisonnés dans les cellules de la police a été multiplié par 13 l’année dernière, les commissariats de police hébergeant en 2007 plus de 60, 000 fois des personnes ayant commis des infractions, alors que l’année précédente le chiffre était de 4,617. La Grande Bretagne à le taux le plus élevé de population carcérale per capita en Europe Occidentale, et le gouvernement projette 30 000 places supplémentaires pour un coût de £3.8 billions – incluses trois nouvelles « super prisons » gigantesques – dans les six années à venir.
Plus de 17 000 individus, dont des criminels et suspects libérés sous conditionnelle, sont sous contrôle électronique en permanence, sous couvre feu exigeant d’eux de rester jusqu’à 12 h par jour chez eux. Mais les chiffres officiels révèlent que presque 2000 personnes par an ayant commis une infraction échappent au contrôle en manipulant leur marqueur à la cheville ou en les arrachant. Les violations de couvre feu sont passés de 11,435 en 2005 à 43,843 en 2006 – une augmentation de 283 %. Le système de surveillance, qui s’appuie sur la technologie du portable, peut être défaillant lorsqu’il y a une panne de réseau.
Un projet de multi millions de £ basé sur une surveillance satellite des repris de justice a été mis au placard l’année dernière après la publication d’un rapport révélant que de nombreux criminels grattaient le marqueur situé sur la cheville et enlevait le système de traçage du portable qu’on leur fournissait. Le projet de « prison sans barreau » n’a pas non plus réussi à suivre les repris de justice quand ils se trouvaient dans l’ombre de hauts immeubles.
The Independent (quotidien britannique ndlt), a révélé dimanche que des ministres ont fait des estimations sur les mérites d’une technologie de pointe qui rendrait pratiquement impossible à des individus d’enlever leurs marqueurs électroniques.
Les marqueurs, injectés dans le dos du bras avec une aiguille hypodermique, consistent en une capsule de verre durci contenant une puce informatique, une antenne en cuivre et un « condensateur » qui transmet des données stockées sur la puce quand actionnée par un lecteur électronique.
Mais les détails de cette option dramatique pour renforcer la surveillance des criminels britanniques ont provoqué la colère des officiers de probation et des groupes pour le respect des droits civils. Shami Chakrabarti le directeur de Liberty a dit
« si le Home Office ne comprend pas que d’implanter une puce chez quelqu’un c’est pire que le bracelet à la cheville, ils n’ont pas besoin de défenseur des droits de l’homme pour leur expliquer ; ce qu’ils ont besoin c’est de bon sens. »
« Traiter les repris de justice de cette façon dégradante n’aidera pas à leur réhabilitation et ne fera rien pour notre sécurité, car certains trouveront le moyen de contourner cette nouvelle technologie ».
Harry Fletcher, l’assistant secrétaire général de l’Association Nationale des Officiers de Probation, a dit que cette proposition ne rendrait pas la vie plus facile à ses membres et serait dégradante pour leurs clients. Il a ajouté :
« j’ai entendu parler de cette suggestion, mais nous pensons que le système fonctionne suffisamment bien tel qu’il est. Savoir où se trouvent les criminels tels que les pédophiles cela ne veut pas dire savoir ce qu’ils sont entrain de faire. »
« C’est le type d’idée stupide avancée par le Ministère de temps en temps, mais marquer les gens de la même façon que nous marquons nos animaux domestiques cela ne peut pas faire avancer les choses. Traiter les personnes comme des morceaux de viande ne semble pas représenter un progrès du système en ce qui me concerne. »
Le leader sur le marché, US VeriChip Corp, dont une société parente a vendu des marqueurs radio pour les animaux depuis plus d’une décennie, a vendu 7,000 micro puces RFID dans le monde, dont 2,000 ont été implantées chez des humains. La société affirme que ces Verichips sont utilisées dans plus de 5,000 domaines, allant de la santé, à la sécurité, sur des marchés gouvernementaux et industriels, mais elles ont aussi été utilisées pour vérifier les membres de boîtes de nuit, permettant au porteur d’entrer directement – et déduisant le prix de leurs boissons d’un compte pré payé.
L’intérêt éventuel de cette technologie pour le système judiciaire anglais a été signalé il y a 18 mois par Mr Jones d’Acpo qui a suggéré que les puces puissent être implantées chez des coupables d’offenses sexuelles. Les implants seraient pistés par satellite permettant aux autorités d’établir des « zones » dont des écoles, des terrains de jeu et les maisons d’anciennes victimes, où les individus auraient interdiction d’aller.
« Si nous sommes prêts à suivre la trace de voitures, pourquoi ne pas le faire pour les personnes ? » a dit Mr Jones.
«On pourrait implanter chirurgicalement des puces chez les coupables d’offenses sexuelles les plus dangereux, qui acceptent d’être contrôlés ».
Position pour :
« Nous sommes prêts à suivre les voitures à la trace, pourquoi pas les personnes ? »
Le gouvernement bataille pour garder la trace de milliers de repris de justice dans la communauté et est préoccupé par un système carcéral surpeuplé sur le point d’exploser. Le marquage interne offre une solution qui pourrait imposer plus efficacement qu’actuellement des couvre feu et étendre le système en maintenant les coupables d’offenses sexuelles hors des « zones interdites ».
« Si nous sommes prêts à suivre la trace des voitures, pourquoi ne pas le faire avec les personnes » a dit Ken Jones, président de l’Association des Officiers en Chef de la Police (Acpo).
Des responsables avancent que les marqueurs internes permettent aux autorités de faire respecter des milliers de décisions de justice en s’assurant que les coupables restent à l’intérieur de chez eux pendant les heures de couvre feu – et permet la vérification immédiate des détails d’identité quand nécessaire.
Les marqueurs internes peuvent également être utilisés pour maintenir l’ordre dans les prisons. Aux Etats Unis, ils sont utilisés pour suivre la trace des membres des gangs à l’intérieur des prisons.
Les coupables eux-mêmes préfèrent un marqueur qu’ils peuvent oublier plutôt que le kit embarrassant porté autour de la cheville.
Position contre :
« cela pourrait être appliqué à tous ensuite. »
Des professionnels au sein du système de justice criminelle maintiennent que l’actuel système est efficace à 95 %. La technologie basée sur l’identification par radio fréquence (RFID) n’a pas fait ses preuves. La technologie est en fait plus invasive, et contient plus d’information sur le porteur. Les critiques ont dénoncé ces appareils comme des « spypuces « et ont alerté sur le fait qu’ils pourraient transmettre des données sur les mouvements d’autres personnes à leur insu.
L’expert en vie privée des consommateurs Liz McIntyre a dit qu’un collègue a déjà prouvé qu’il pouvait « cloner » une puce.
« Il peut pénétrer la puce de la personne et siphonner le signal unique de la puce en quelques secondes » a-t-elle dit.
Une société projette de fabriquer des implants plus performants qui pourraient vibrer, faire subir à la personne implantée des électrochocs, envoyer un message, ou servir de microphone pour transmettre des conversations.
«Certains peuvent stupidement écarter ou minimiser tous ces cauchemars futuristes, car le marquage est proposé pour les criminels comme les violeurs et les assassins, » a dit Ms McIntyre.
« Cela pourrait être appliqué à tous ensuite. »
Pour donner votre opinion sur le sujet visiter www.independent.co.uk/IoSblogs
Brian Brady, Editeur Whitehall, Independent 14/01/08
Source
Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
Information complémentaire
La fin de Vérichip la puce électronique ?
Une scientifique activiste le Dr. Katherine Albrecht (site http:// www.spychips.org) critique sévèrement la multinationale américaine en annonçant que l'implant, la micro puce VeriChip provoque des tumeurs cancéreuses malignes. Aux États Unis, tout le monde parle de cette affaire. Cette Micro puce la VeriChip, ou la RFID (Radio Frequency Identification) destinée à l'implantation sur des espèces animales et humaine ainsi que celle destinée à tous les biens de consommation, fonctionne avec des micros ondes ou ondes radios réputées être cancérigènes.
Dans des usines américaines, la puce sert de contrôle pour les entrées et sorties des employés, ainsi que dans certaines discothèques. Par exemple, le Baja Beach Club de Rotterdam, célèbre club hollandais, s’est récemment doté d’un moyen de paiement par puces RFID. Un espace VIP est réservé aux 70 clients particuliers qui ont accepté de payer 1000 euros pour se faire implanter une puce RFID leur permettant de ne pas faire la queue devant le club, mais surtout de régler leur achat simplement en présentant leur bras.
Pour avoir plus d’information visiter le
site du Dr. Katherine Albrecht
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