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Nucléaire

Moyen Orient : Le réel danger nucléaire vient de l’état d’Israël

Si l’une des puissances belligérantes devient une puissance nucléaire l’autre suivra.

La crise iranienne ne peut être comprise que comme le résultat inévitable du monopole au Moyen Orient par Israël d’Armes de Destruction Massive (dont des armes nucléaires) avec le soutien américain.



Centrale nucléaire de Dimona Israel
Centrale nucléaire de Dimona Israel

Moyen Orient : Le réel danger nucléaire vient de l’état d’Israël

Si la communauté internationale s’alarme de voir l’Iran devenir puissance nucléaire, on prête cependant peu d’attention au pourquoi de cette démarche. Cela saute aux yeux : il y a actuellement une puissance nucléaire au Moyen Orient, Israël, qui insiste pour conserver son monopole.

La crise actuelle est prévisible depuis des décennies, et s’est déclenchée par l’émergence d’une nouvelle puissance nucléaire dans la région.

Alors l’Iran est-il responsable de la crise ?

Au Moyen Orient, c’est Israël qui est responsable de cette course à l’armement nucléaire. La non prolifération doit être universelle. Si, dans une zone de conflits, comme l’est le Moyen Orient, et ce depuis des décennies (la création de l’état d’Israël y étant pour beaucoup), l’un des protagonistes acquiert la bombe, il est bien évident que ses adversaires vont chercher aussi à l’acquérir. Peu importe qu’Israël soit devenu une puissance nucléaire dans les années 60, avec la complicité entre autres, de la France qui a aidé à la construction de la centrale nucléaire de Dimona, la Grande Bretagne qui a vendu le combustible nécessaire à la fabrication de la bombe, et d’autres complicités plus ou moins avouées.

Israël avait pourtant assuré son protecteur, le gouvernement américain, qu’il ne serait pas le premier à introduire l’arme nucléaire au Moyen Orient. La CIA, qui surveillait le développement nucléaire israélien, en 1963 avait mis en garde contre cette prolifération, y voyant un moyen pour Israël d’exploiter sa supériorité nucléaire pour devenir plus intransigeant vis-à-vis des pays arabes et des palestiniens, escalant ainsi le conflit, et appliquant une pression « psychologique », fortement teintée de menaces, sur ses voisins. Sous Kennedy et Johnson, l’administration américaine voyait d’un mauvais œil le fait qu’Israël devienne une puissance nucléaire par crainte que cela ne provoque des tensions entre l’USA et les pays arabes, ces derniers les accusant de favoriser un tel développement préjudiciable à la paix dans cet endroit du monde. Le gouvernement américain, sous Nixon, n’a pas suivi ses prédécesseurs. Au lieu de cela, les Etats-Unis ont conclu un accord secret avec le gouvernement israélien autorisant Israël à avoir un programme nucléaire secret, à condition qu’il reste « secret ».

Israël a fait usage de cette menace nucléaire de façon irresponsable, arguant lui-même d’une menace «de destruction possible ».

Mais qui jusqu’à ce jour peut détruire qui ?

La création de l’état d’Israël a provoqué un véritable déséquilibre dans une région du monde déjà instable, mais où régnait néanmoins un certain ordre, en allumant les feux de la violence, et par le nettoyage ethnique de la population palestinienne autochtone. Un tel état colonial ne pouvait de fait se légitimer qu’en restaurant les droits des palestiniens qu’il avait violé par sa création et son développement.

Mais cette possibilité, Israël ne l’a jamais envisagée, ne serait ce qu’un instant, dans une simple démarche de réflexion éthique, et a toujours cherché à développer la colonisation de la Palestine jusqu’à aujourd’hui. Son pouvoir nucléaire, qui s’ajoute à sa supériorité militaire indéniable du fait de la collaboration étroite avec l’armée américaine et l’aide financière massive des Etats Unies obtenue depuis des décennies, ne fait que renforcer son intransigeance et sa bellicosité. Shimon Peres, actuel vice premier ministre israélien et reconnu comme le « père de la bombe atomique israélienne » n’a-t-il pas affirmé lui-même :

« L’acquisition d’un système d’armements supérieur, cela veut dire la possibilité de l’utiliser pour contraindre », c'est-à-dire, forcer la partie adverse à accepter les exigences d’Israël. De même Moshe Sneh un stratégiste israélien réputé a lui-même affirmé : « je ne veux pas que les négociations israélo palestiniennes soient conduites dans l’ombre d’une bombe nucléaire iranienne. » Les pays arabes voisins ont pourtant, eux, du négocier à l’ombre de la bombe nucléaire israélienne.

Trois possibilités pour solutionner cette crise provoquée par la bombe nucléaire israélienne :

Israël insiste pour conserver son monopole, réussissant à manipuler la communauté internationale via l’administration Bush pour faire pression pour que l’Iran ne devienne pas une puissance nucléaire y compris en utilisant des moyens militaires. Ainsi donc les américains, leur supplétifs européens et autres, n’agiraient-ils, en fait, que pour protéger l’arsenal nucléaire israélien y compris au prix d’une guerre nucléaire initiée soit par les Etats-Unis soit par Israël.

En supposant qu’on évite ce scénario extrême, une guerre conventionnelle par les américains pour le compte d’Israël serait, selon certains experts militaires, catastrophiques pour les Etats-Unis déjà en difficulté en Irak et dont la flotte stationnée dans le Golfe Persique pourrait complètement être détruite par des armes soviétiques très sophistiqués, aux mains des iraniens. Un autre « Pearl Harbor » pourrait alors déclancher une guerre nucléaire.

Autre possibilité : l’Iran devient puissance nucléaire et Israël renonce à son monopole, et on rentre dans une période de « guerre froide » au Moyen Orient, où chacun joue la dissuasion vis-à-vis de l’autre, les mollahs et autres rabbins qui tirent les ficelles de chaque côté n’étant pas suffisamment irresponsables, espérons-le, pour provoquer une destruction réciproque.

Troisième possibilité : l’Iran abandonne ses ambitions nucléaires, des pressions sont exercées sur Israël pour qu’il fasse de même. Mais cela impliquerait un changement radical de la politique américaine dans la région.

Pour vivre en paix, Israël n’a pas besoin de l’intransigeance dont il fait preuve en s’appuyant sur le nucléaire, qui, en aucun cas, ne peut lui apporter la sécurité, si c’est cela qu’il recherche comme il le claironne partout.

Aujourd’hui l’Iran, demain un autre pays, Israël, assis sur sa bombe, minimise ses chances de survie dans un environnement géopolitique qu’il a contribué à rendre violent et à nucléariser.

Note

Israël possède actuellement entre 200 à 400 têtes nucléaires, dont certaines en "kit" prêtes à un assemblage rapide, et les moyens appropriés pour les « délivrer » (avions, sous marins, missiles). Israel a toujours refusé de reconnaître posséder des armes nucléaires, et n'est pas signataire du TNP.

Une israélienne à la pointe de la lutte antimilitariste dans son pays

Lundi 1 Mai 2006
Mireille Delamarre

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