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Vendredi 19 Mars 2010
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Monde Arabe
Moyen Orient : La Russie Est de Retour, La Syrie En ProfiteLa guerre en Georgie a des répercussions au Moyen Orient où la Russie depuis l’effondrement de l’ex Union Soviétique avait perdu son influence. Cherchant à se repositionner sur la scène internationale et notamment dans les zones de fortes tensions, la Russie renforce son alliance avec la Syrie, fidèle alliée, au grand dam d’Israël, mais aussi, fait nouveau, ouvre une aire de coopération avec la Jordanie.La Syrie Reçoit Une Récompense Russe
Quand les armées de la France et de la Grande Bretagne ont commencé une vaste opération en Egypte en octobre 1956, pour punir Gamal Abdul-Nasser de la nationalisation du Canal de Suez, le premier dirigeant mondial à se rendre au Kremlin c’était le Président syrien Shukri al-Quwatli. Il a plaidé auprès de Nikita Kroutchev pour que celui-ci y envoie « La célébre armée rouge qui a vaincu(Adolph) Hitler »
52 ans plus tard, l’armée georgienne a pénétré avec fracas dans la région séparatiste d’Ossétie du Sud le 7 août, avec la bénédiction des US provoquant la colère des Russes. La « célébre armée rouge qui a vaincu Hitler » a répondu par des bombardements massifs, puis est rentrée en Ossétie du Sud, chassant l’armée géorgienne de Tskhinvali. Puis elle a avancé en Georgie envoyant une onde de choc dans le monde et provoquant des protestations à Washington. Le premier ministre, Vladimir Poutine, a accusé la Georgie de commettre un « génocide » tandis que le Président Dmitry Medvedev a dit que le rôle de la Russie s’était de « protéger la vie et la dignité des citoyens russes partout où ils se trouvent ». Selon Medvedev, 90% des Ossétes du Sud possèdent un passeport russe et par conséquent bénéficie de la protection de la Russie selon l’Article 80 de la Constitution russe. Les Georgiens ont également crié au génocide, et ont accusé Moscou de vouloir changer le régime en Georgie à cause de la politique pro américaine du Président Mikheil Saakashvili. La Secrétaire d’Etat US, Condoleezza Rice, a accusé la Russie de se mettre « hors la loi » et a menacé de l’isoler politiquement et économiquement. Le Secrétaire à la défense US, Robert Gates, a essayé de calmer les craintes internationales en défendant la Georgie mais en ajoutant : « pas de guerre froide avec la Russie ». L’aventure de la Georgie en Ossétie du Sud porte partout sur elle les empreintes digitales de l’Amérique. Cette fois, comme cela a été le cas en 1956, les Syriens ont été les premiers à atterrir au Kremlin, afin de complimenter « la célébre armée rouge qui a vaincu Hitler ». Le Président Bashar al – Assad, a atterri en Russie le 20 août, moins de deux semaines après le début de la guerre d’Ossétie du Sud. Envoyant un message fort aux Russes avant son voyage, il a dit au journal russe Kommerstant : « sur l a question de l’Ossétie du Sud et de la Georgie nous soutenons entièrement la Russie. Les Américains continuent leur politique de la Guerre Froide… La guerre, qui a été déclanchée par la Georgie, est le point culminant de tentatives d’encerclements et d’isolation de la Russie » a-t-il ajouté. « La Georgie a démarré la crise, mais l’Ouest blâme la Russie. Partout il y a une totale désinformation, distorsions de faits, et tentatives internationales pour isoler la Russie. » Puis il a ajouté «le Caucase et l’Europe s’est impossible sans la Russie… Je pense qu’après la crise avec la Georgie, la Russie est effectivement devenue plus forte. « Il a conclu en disant : «c’est important que la Russie adopte la position de superpuissance, et alors toutes les tentatives pour l’isoler échoueront. » Les Russes, enchantés par la déclaration de soutien qu’ils attendaient de la part d’un ami traditionnel, ont renvoyé l’ascenseur par des mots et des offres lucratives de vente d’armes. « Notre position c’est que nous sommes prêt à coopérer avec la Russie pour tout projet qui puisse renforcer sa sécurité » a ajouté le Président syrien. Quand on lui a demandé si son pays accepterait une offre de système de défense aérien des Russes, Assad a répondu : « en principe, oui, nous n’y avons pas encore réfléchi ». Peut être que pour expliquer le soutien important d’Assad au Kremlin il y a une déclaration faite par le général Anatoly Nogovitsyn, le vice chef d’état major de l’armée russe qui a accusé Israël d’armer les troupes georgiennes avec « 8o types de véhicules militaires, d’explosifs, de mines terrestres et d’explosifs spéciaux pour le nettoyage de champs de mine ». Dans son interview, Assad a noté que « je pense qu’en Russie et que partout dans le monde tout le monde a conscience du rôle d’Israël et de ses consultants militaires dans la crise en Georgie. Avant certaines personnes en Russie pensaient que ces forces pouvaient être amicales. Maintenant je pense que personne ne pense plus comme cela. » Beaucoup en Russie aimerait sans nul doute punir les Israéliens pour leur soutien à la Georgie, une punition de proxy visant les US. Une priorité sur la liste de Poutine. Les Américains, mis à part de grands mots provenant de la Maison Blanche et du Département d’Etat, ne se confronteraient jamais à « la célèbre armée rouge qui a vaincu Hitler », pour sauver un non membre de l’Organisation du Traité de l’Alliance Nord-Atlantique( tout du moins pas quand la crise a fait éruption). Ils doivent aussi prendre en compte l’influence internationale de la Russie, les dommages que cela peut causer, et le fait que la Russie est le principal fournisseur de l’Europe en pétrole et en gaz. De leur côté, les Russes ont également réalisé qu’ils ont aussi des limites dans ce qu’ils peuvent faire aux Américains dans le cadre de cette « guerre froide ». Ils voient en Assad un bon allié, un homme qui réalise que les Russes sont de retour, et celui-ic a l’intention d’utiliser cette forte réalité pour faire avancer les intérêts de son propre pays, face aux US et les discussions de paix indirectement en cours entre la Syrie et Israël via la Turquie. Une option serait d’acquérir des armes sophistiquées russes, pour effrayer les Israéliens et les pousser à finaliser un accord de paix avec la Syrie, même après qu’Ehud Olmert ait quitté sa fonction de premier ministre en Septembre. Cela devrait être fait avec beaucoup de délicatesse, car les Syriens ne veulent pas froisser les Européens ou la prochaine Administration américaine, dans l’espoir que ce soit celle des Démocrates qui défera tout le mal fait aux relations américano syriennes sous l’Administration de George W. Bush. Après plusieurs années de stagnation, les Européens ont ouvert un nouveau chapitre avec les Syriens, via le Président français, Nicolas Sarkozy en juillet. Toute initiative avec les Russes ne doit pas froisser les Européens. La Syrie pourrait vouloir acquérir des systèmes de défense auprès de la Russie, comme elle l’a fait par le passé, et en réponse, travailler dur pour faire de la Conférence de Paix de Moscou (prévue en Octobre) un succès. Les Russes veulent qu’elle soit une réussite, pour contrebalancer l’échec de la tentative de rapprocher les Arabes et les Israéliens à Annapolis aux US en Novembre 2007. Si les Syriens y participent et l’appuie de tout leur poids, la Conférence de Moscou fera de l’ombre, et de loin, à celle d’Annapolis des Américains. Les Syriens veulent mettre la dernière touche à un accord de paix avec Israël, et bien qu’ils aient également appelé les Français, les Indous et les Russes à soutenir les discussions, ils ont réalisé - eux et les Israéliens - que la paix est impossible sans les Américains. Selon l’ancien Président des US, Jimmy Carter, 85% des problèmes essentiels ont été résolus par les deux parties, avant même que les discussions actuelles n’aient commencées en avril 2008. Le reste a besoin d’un parrainage et de garanties américains. Et jusqu’à maintenant, bien que l’Administration Bush n’a pas mis son veto aux négociations d’Istambul, elle a aussi de façon répétée refusé de donner son aval. Cette administration croie que la Syrie est plus intéressée par un processus de paix que par un accord de paix, dans le but de mettre fin à l’isolation de la Syrie par les USA depuis 2003. Une étude plus détaillée montre cependant que même sans l’accord de paix le boycott de la Syrie dirigée par les US a pris fin grâce aux accords de Doha et le fait que Sarkozy, qui courtise la Syrie, prévoie une visite à Damas début Septembre. Ce qui veut dire, si on tire les bonnes ficelles, que les Américains pourraient être convaincus de « mettre les syriens et les Israéliens autour d ‘une table et s’asseoir avec eux, pour préserver l a paix ». Cela noierait certainement la conférence de Moscou qui n’a jamais enthousiasmé les Américains. Cela détournerait aussi l’attention du monde sur l’incapacité de l’Amérique – à cause des raisons mentionnées ci-dessus – de punir les Russes pour ce qui est arrivé en Ossétie du Sud. Cela couvrirait également les tentatives folles de l’Amérique et de la Georgie de défier l’armée russe dans l’arrière cour de l’ex Union Soviétique. Cela détournerait l’attention du monde des échecs répétés en Irak (contrairement à l’image rose qu’en donne le premier ministre Nuri al-Maliki) et le chaos qui continue de se déployer avec l’Iran. Les Américains ont fait des menaces et annoncé des dates limites pour les Iraniens. Le Président Mahmoud Ahmadinejad a grimacé et ignoré ces dates limites, continuant ses ambitions nucléaires affichant un total mépris des US. L’Amérique fixe de nouvelles dates limites, tandis que l’Iran sourit et continue de les jeter par la fenêtre. La précédente visite d’Assad à Moscou a eu lieu en décembre 2006, et depuis il a réussi à maintenir des relations fortes avec les Russes, qui étaient alliés depuis 1970 avec son père, le défunt Président Hafez al-Assad. Bien qu’Hafez al-Assad ait refusé de signer un accord d’amitié avec eux pendant les 10 premières années de sa présidence, il s’est néanmoins reposé sur les experts soviétiques pour entraîner et armer l’armée syrienne, construire des routes, des ponts et le fameux barrage sur l’Euphrate. Les relations se sont refroidies après l’effondrement de l’ex Union Soviétique en 1991, mais ont été réactivées par Bachar al-Assad après son arrivée au pouvoir en 2000, faisant trois visites d’état à Moscou. Le voyage le plus récent arrive après que le dirigeant syrien a réparé les liens avec les français en juillet dernier, après avoir aidé à résoudre la crise présidentielle et du cabinet au Liban, et rendu visite à Paris, invité par Sarkozy. Medvedev fera aussi une visite en Syrie avant la fin de 2008. Une société russe travaille actuellement sur deux usines de production de gaz dans le centre de la Syrie, avec une capacité de production de 10 billions de m3 de gaz par jour, tandis qu’une compagnie pétrolière russe fait actuellement des excavations dans la région d’Abu Kamal. Il y en aura plus après la visite du Président syrien à Moscou. Les Syriens n’ont pas besoin de convaincre les Russes. Ils ont réalisé à quel point les US et Israël étaient impliqués dans la situation au Caucase. Le fait que la Syrie soit courtisée par les Français, les Turcs, les Allemands et les Quataris rend d’autant plus facile la coopération des Russes avec Damas. Ils sont déjà furieux des menaces de Washington d’ »isoler « Moscou et de l’invitation faite à la Georgie de devenir un membre de l’OTAN. Cette semaine, Rice est venue en Europe pour signer un accord pour placer un système d’interception de missiles en Pologne, un ancien satellite soviétique, mettant encore plus le Kremlin en colère. Parlant sur Fox News, Rice a surenchéri dans ses insultes en disant : « nous allons aider à reconstruire la Georgie pour qu’elle devienne un état fort. Les Russes auront échoué dans leurs efforts pour miner la Georgie », et a répété que Moscou avait « utilisé une force disproportionné contre un petit voisin ». Les médias américains ont spéculé sur une éventuelle opposition des US à l’entrée de la Russie dans l’OMC, où sur son exclusion du G8. Poutine et Medvenev ont répondu en déployant plusieurs rampes de lancement de missiles en Ossétie du Sud, plaçant la capitale de la Georgie,Tbilisi, à portée de tir. En général, la crise avantage la Syrie, qui l’utilise pour renforcer ses liens avec un vieil ami revenu, envoyé des messages à un ennemi traditionnel ( Israël) et faire pression sur les US pour changer sa politique vis-à-vis de Damas. Bien que la «célèbre armée rouge qui a vaincu Hitler » n’ait jamais fait le poids face à l’armée américaine qui a mis fin à la Seconde Guerre mondiale (sans l’aide de l’armée rouge qui a enfoncé le front allemand à l’Est l’armée américaine n’aurait jamais débarqué pour attaquer le front Ouest, l’auteur est influencé par la propagande hollywoodienne simpliste sur la Seconde Guerre Mondiale ndlt) et qui a aidé à l’effondrement de l’ex Union Soviétique ( là aussi simplification historique douteuse ndlt) elle a toujours été un acteur influent sur la scène politique complexe du Moyen Orient, et c’est apparemment le signe que les Russes sont de retour et que les Syriens en tirent un maximum de profit. Damas – 23/08/08 Sami Moubayed Introduction et Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org Sami Moubayed est un analyste politique syrien Source : www.atimes.com Olmert veut savoir ce que Moscou veut vendre - Coopération Russie Jordanie
La récente visite du Président syrien, Bachar al – Assad à Moscou a suscité l’inquiétude deTel Aviv, qui a, depuis le début de la guerre en Georgie, essayé de faire profil bas à cause de son implication militaire dans ce conflit. Le Premier Ministre israélien, Ehud Olmert, qui devrait démissionner après la mi septembre, impliqué dans des affaires de corruption, aurait prévu de se rendre à Moscou, éventuellement pendant la première quinzaine de ce mois, pour, selon un article du quotidien israélien en ligne Ynet du 23/08/08, « découvrir ce qu’ils prévoient de vendre à la Syrie ». Les israéliens craignent que la Russie ne vende du matériel militaire très performant à la Syrie.
Selon un responsable israélien, Olmert veut « découvrir ce que la Russie projette de vendre, et selon la nature de l’accord, il pourrait essayer de bloquer cet accord ». Selon l’agence d’information russe Interfax qui a cité une source diplomatique à Moscou, la Syrie et la Russie ont travaillé sur des accords complexes portant sur l’achat de systèmes anti aériens et de missiles anti tanks, mais aucun détail n’a filtré. Bien que la Russie affirme ne vendre que du matériel militaire « défensif » à la Syrie, Israël craint que ces nouveaux accords d’armement entre la Syrie et la Russie ne lui fassent perdre sa supériorité militaire, notamment aérienne. Effectivement, si Moscou fournissait à la Syrie ses missiles anti aériens S-300 cela rendrait difficile toute frappe aérienne israélienne contre la Syrie. Les Israéliens se plaignent que la Syrie se fournit en armement en Russie mais oublient qu’ils bénéficient des armes les plus sophistiquées produites aux US. Par exemple, pendant la guerre du Liban en 2006, ils ont utilisé des véhicules blindés M-113A1/A2 et M-577A2 d’origine américaine. Les hélicoptères AH-1E/Bell-209, CH-53D Stallion, UH-60 Blackhawk, S-70A et AH-64 Apache le sont également. Toute l’artillerie, notamment les missiles AMRAAM, AIM-120B, AIM-95 et le lanceur de missiles multiples MRLS de 227 mm, proviennent de même d’outre-Atlantique. Sans oublier l’aviation d’assaut, de bombardement et de chasse. Alors quand on bombarde soi-même un pays étranger avec des bombes et des munitions étrangères, peut on encore jouer aux victimes en tentant de saboter des ventes d’armes défensives à la Syrie ? . Le roi Abdullah II de Jordanie, à l’invitation du Président russe, Dmitri Medvedev, a fait une visite de deux jours (samedi et dimanche) à Moscou pour mettre au point une coopération russo jordanienne renforcée. Il a également rencontré le premier ministre russe Vladimir Poutine. Les deux parties sont prêtes à signer un nouvel accord de collaboration. Abdullah II a visité un camp militaire près de Moscou où on lui a présenté du matériel militaire hight tech. Jusqu’à présent, la Jordanie, bénéficiant d’une aide substantielle financière de Washington, notamment après la signature d’un accord de paix avec Israël, a toujours été totalement dépendante des US en matière d’armement. Source Ynet 23/08/08 Toujours selon Ynet, Israël ne veut pas se mettre à dos la Russie pour pouvoir bénéficier de son soutien pour satisfaire ses propres intérêts politiques au Moyen Orient. Synthèse Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org Plus d'information sur les ventes d'armes russes à la Syrie, la Jordanie Dimanche 24 Août 2008
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