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Moqueries - Mots moqueurs…Maux destructeurs

Agressions verbales, ces « vannes » au quotidien sapent le moral, cassent la confiance en soi. Attitudes à adopter pour s'en prémunir.



Les moqueries: des violences verbales courantes

Moqueries - Mots moqueurs…Maux destructeurs
Les moqueries sont des agressions verbales qui se veulent souvent amusantes: utilisation de mots scabreux, surnoms, qualificatifs rigolos, noms d'oiseaux ect. Elles visent l'aspect physique, certains traits de caractère, certaines attitudes, et ont pour but de ridiculiser, d'humilier en public la personne ainsi visée. Si certaines peuvent parfois s'apparenter à des taquineries, ce n'est pas le cas de la plupart d'entre elles qui sont mal vécues par ceux qui en sont la cible, sont à l'origine de souffrances psychiques qui laissent des traces.

Les mots choisis pour se moquer ne sont pas anodins, ils s'attaquent à l'intégrité de la personne, sont l'expression d'un manque de respect. Quelles s'expriment sous forme de railleries, de sarcasmes, les moqueries cherchent à rabaisser, parfois exclure car souvent claironnées au sein d'un groupe vis-à-vis d'une personne présente ou non. Dans les deux cas, le moqueur renforce sa position au sein du groupe généralement pour se mettre en valeur au dépend d'autrui, et asseoir son appartenance au groupe.

Quant à ceux qui l'écoutent, ils se sentent confortés dans cette appartenance, sécurisés, même si parfois les moqueries les mettent mal à l'aise ; ils se taisent, ou bien rient, blaguent, bref échappent aux sueurs froides d'être eux-mêmes la risée.

Dans tous les cas, la responsabilité est la même pour ceux qui se moquent ou qui encouragent à la moquerie en participant activement ou passivement. Les spectateurs sont le faire valoir des moqueurs, ils les encouragent et les confortent dans leur violence verbale, sont parties prenantes des souffrances infligées à la victime des moqueries.

Les moqueries: comment s'en prémunir

Face aux moqueries plusieurs attitudes peuvent être adoptées en fonction des circonstances, de la gravité de la situation, et de la personnalité de la personne touchée par ces violences verbales.

Mais, en aucun cas, la victime ne doit consentir à ces abus verbaux surtout si elles sont répétées, autrement dit rentrer dans le jeu du ou des moqueurs pour être incluse dans le cercle des « initiés » ou reconnue comme partie prenante d'un mode de fonctionnement sociétal qu'on veut imposer. Les moqueries sont à l'opposé de tout vrai lien social mutuellement agréé, basé sur le respect réciproque, puisqu'elles sont par essence une violence psychique faite à autrui.

  • Ignorer l'insulte ou faire semblant d'écouter, prendre ses distances ou fuir

    S'il s'agit d'une insulte isolée, faire la sourde oreille, ou faire semblant d'écouter en retirant son attention de ce qui est dit peut aider à se protéger contre toute blessure psychique. On peut aussi tout simplement décider d'ignorer celle-ci. Si possible, s'éloigner physiquement du moqueur, cette « mise à distance physique », est une façon simple de diminuer l' exposition à ses attaques.

    Dans certains cas, si des moqueries répétitives deviennent un véritable abus psychologique, et que les esprits échauffés peuvent induire un passage à l'acte ( bousculade, geste agressif, coups) la personne victime à le droit de fuir, non seulement le droit mais le devoir pour se preserver. Il ne s'agit pas d'une faiblesse mais d'une force conduisant à un acte raisonné qui demande réflexion, maîtrise de soi et sagesse.
  • Dédramatiser, répliquer avec diplomatie et fermeté, prendre le contre-pied par quelques remarques humoristiques

    S'efforcer de garder son calme, rester respectueux (pour soi et à l'égard du moqueur) peut désarmorcer la montée en puissance des moqueries, tourner le rire franc, en un rire jaune, qui s'éteindra de lui-même. Montrer du respect à cette personne ne veut pas dire lui concéder quoi que ce soit sur une attitude qui reste critiquable. Lui parler c'est déjà répondre à l'attention qu'elle cherche à attirer sur elle, mais pour quoi dire ? Il est toujours possible de renchérir sur ses moqueries, les faire siennes pour les neutraliser. Apres tout nul n'est parfait, ni la personne visée, ni le moqueur.

    Si les moqueries visent essentiellement à ridiculiser et humilier autrui, l'humour lui s'applique d'abord à soi-même, rire de soi parce qu'on reconnaît ses limites, son imperfection, ce que les moqueurs, en mal de "supériorité", ne sauraient accepter donc pratiquer. Renchérir sur les moqueries de façon humoristique est une façon de les neutraliser, de neutraliser celui qui les débite, lui rappeler courtoisement, qu'il est l'égal de tous, avec ses qualités et ses défauts.

    En dernier ressort, il importe de faire comprendre que l'humour est porteur à la fois d'une auto-critique et d'une critique raisonnée, alors que la moquerie répond souvent au seul besoin de blesser avec effet boomerang puisqu'on s'expose soi-même une fois entré dans ce jeu à ces blessures verbales qui causent souvent plus de souffrances qu'une gifle ou qu'un coup de poing.



Lundi 07 Mars 2005

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