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Main Mise US sur le Pétrole Irakien : l’affaire est Faite. Pepe Escobar

« En 2010 nous aurons besoin de 50 millions de barils de pétrole en plus par jour. Le Moyen Orient, avec 2/3 du pétrole et le coût le plus bas, c’est là où se trouve le butin » - Vice Président Dick Cheney, alors directeur exécutif d’Halliburton, Londres automne 1999.



Main Mise US sur le Pétrole Irakien : l’affaire est Faite. Pepe Escobar

Main Mise US sur le Pétrole Irakien : l’affaire est Faite

Le président Georges W. Bush et le vice président Dick Cheney pourraient tout aussi bien déclarer la guerre terminée. En ce qui les concerne, eux et les énormes intérêts énergétiques qu’ils défendent, maintenant seulement la mission est-elle accomplie. Plus de 1 mille milliards de dollars ont été dépensés et peut être un demi million d’irakiens tués, pour en arriver à cela.

Lundi, le cabinet du premier ministre Nuri al-Maliki à Bagdad a approuvé le projet de la nouvelle loi irakienne sur le pétrole. Le gouvernement le considère comme « un projet national majeur ». Le point clé de cette loi c’est que l’immense richesse en pétrole de l’Irak (115 milliards de barils de réserve sûre, la troisième dans le monde après celle de l’Arabie Saoudite et de l’Iran) sera sous la loi de fer d’un organisation floue : le « Conseil Fédéral pour le Pétrole et le Gaz » s’enorgueillissant d’«un comité d’experts venant d’Irak et de l’extérieur de l’Irak ». C'est-à-dire, comprenant principalement des directeurs de grosses compagnies pétrolières US.

La loi n’est pas moins que le viol constitutionnel et le pillage de la richesse pétrolière de l’Irak. Elle représente la mise à mort de la nationalisation des ressources irakiennes (ayant eu lieu entre 1972 et 1975) maintenant remplacée par des accords de production partagée (PSAs Production Sharing Agreements) – se traduisant par une privatisation sauvage et des taux de profits monstres jusqu’à 75% pour les grosses compagnies pétrolières (Big Oil) principalement US. 65 des 80 champs de pétrole déjà connus seront offert à Big Oil pour exploitation. Comme si ce n’était pas assez, la loi réduit en pratique le rôle de Bagdad à un minimum. La richesse pétrolière, en théorie, sera distribuée directement aux kurdes dans le nord, aux shi’ites dans le sud et aux sunnites au centre. Pour des raisons pratiques, l’Irak sera divisée en trois minis états. La plupart des réserves du pays sont dans le sud dominé par les shi’ites, tandis que le nord kurde possède les meilleurs perspectives en matière de forage.

L’approbation en mars du projet de loi par le parlement irakien fragmenté comprenant 275 membres, ne sera que pure formalité. Hussain al-Shahristani, le ministre du pétrole irakien est aux anges. De même que le douteux Barnham Salih, un kurde, une majorette ayant soutenu l’invasion et l’occupation, alors député premier ministre, un grand fan du PSA, et à la tête d’un comité qui discutait la loi.

Mais il n’y avait pas grand-chose à débattre. Le projet de loi a été conçu à la base, derrière des portes closes, par une société de conseil US engagée par l’administration Bush, et retouché avec soin par Big Oil, le Fond Monétaire International, la Banque Mondiale sous la direction de l’ancien secrétaire à la défense Paul Wolfowitz et l’agence USAID (qui dépend directement du Pentagon ndlt). C’est pratiquement une loi US (sa langue d’origine est l’anglais pas l’arabe).

L’opinion publique irakienne n’a scandaleusement pas connaissance de cette loi – sans mentionner la grande majorité des parlementaires irakiens. Si on avait un vrai parlement irakien représentatif, tout changement de législation concernant la question hautement sensible de la richesse pétrolière aurait été approuvé par un referendum populaire.

Dans la réalité, les intérêts vitaux nationaux de l’Irak sont dans les mains d’un petit groupe de technocrates très influençables (ou complètement corrompus). Les ministères ne sont que des domaines féodaux sous la coupe de partis politiques ; l’intérêt national n’est jamais pris en considération, seuls les intérêts privés, ethniques et sectaires le sont. La corruption et le vol sont endémiques. Big Oil en profitera largement – et à long terme, 30 ans minimum, avec de fabuleux taux de retour sur investissement – une nation passant du statut d’ancien pays en développement solide à celui de nation en échec.

Obtenez moi un PSA à temps.

Ces dernières semaines, l’ambassadeur US Zalmay Khalilzad a joué un rôle crucial pour calmer les kurdes. Finalement, en pratique, les kurdes pro US auront tout pouvoir pour signer des contrats pétroliers avec les compagnies de leur choix. Les sunnites seront plus dépendants du ministère du pétrole à Bagdad. Et les shi’ites seront plus ou moins à mis chemin entre une totale indépendance dans le sud et le dictat du pouvoir de Bagdad (qu’ils contrôlent de toute façon). Mais le point crucial reste que personne ne signera quoi que ce soit sans l’accord des « conseillers » du Conseil Fédéral pour le Pétrole et le Gaz manipulé par les US.

Personne ne veut plus avaler de force de PSA de style colonial. Selon l’Agence Internationale à l’énergie, les PSA s’appliquent seulement à 12% des ressources mondiales de pétrole, dans le cas ou les coûts sont très élevés et personne ne sait ce qu’on trouvera (ce qui n’est certainement pas le cas de l’Irak). Aucun grand producteur de pétrole du Moyen Orient ne travaille avec des PSA. La Russie et le Venezuela les renégocient tous. La Bolivie a nationalisé son gaz. L’Algérie et l’Indonésie ont de nouvelles règles pour les futurs contrats. Mais bien sûr l’Irak n’est pas un état souverain.

Big Oil est certainement en extase – non seulement ExxonMobil, mais aussi ConocoPhillips, Chevron, BP et Shell (qui ont rassemblé des informations inestimables sur les 2 plus grands champs pétroliers irakiens), TotalFinaElf, Lukoil de Russie et les grosses sociétés chinoises. L’Irak a jusqu’à 70 champs pétroliers sous développés – les « petits » représentent un minimum d’un milliard de barils. Alors que le désert ouest de l’Irak n’a jamais été exploité, les réserves pourraient y atteindre 300 milliards de barils – beaucoup plus que l’Arabie Saoudite. Des profits gargantuesques sous l’accord de PSA sont en eux mêmes incomparables. Le coût d’extraction du pétrole irakien est de 1 dollar le baril. Avec le baril valant 60 dollars et plus, les jours heureux sont de nouveau là.

Le revenu versé aux régions sera distribué aux 18 provinces selon la taille de la population – une concession apparente aux sunnites, dont les régions centrales ont peu de réserves assurées.

La « muqawama » (résistance) arabe sunnite a certainement d’autres idées – futur tonnerre se répercutant contre les pipelines, les raffineries et le personnel occidental. L’indépendance du pétrole irakien ne sera pas tranquillement détruite – tout du moins en ce qui concerne les sunnites. Le même jour que la loi sur le pétrole a été approuvée une puissante bombe a explosé au ministère des municipalités tuant au moins 12 personnes et en blessant 42, dont le vice président Adel Abdul Mahdi. Madhi a toujours été un fervent supporter de la loi sur le pétrole. Il est un haut responsable du parti shi’ite le SCIRI, le Conseil Suprême de la Révolution Islamique d’Irak.

On peut faire toute une affaire de la livraison du Saint Graal de l’Irak par le SCIRI à Bush et Cheney et Big Oil – en échange de ne pas se faire chasser du pouvoir par le Pentagon. Abdul Aziz al-Hakim, le dirigeant du SCIRI, est plus un allié de Bush que ne l’est Maliki, qui appartient au parti Da’wa. Pas étonnant que l’organisation Badr du SCIRI et ses escadrons de la mort n’ont jamais été la cible de la colère de Washington – pas comme l’armée de Medhi de Muqtada al – Sadr (Muqtada est extrêmement opposé à la loi sur le pétrole). Le SCIRI a certainement écouté la Maison Blanche qui a toujours été clair sur le fait que les fonds supplémentaires pour le gouvernement irakien sont liés au passage de la loi sur le pétrole.

Bush et Cheney ont obtenu leur gâteau pétrolier – et ils le mangeront aussi (ou s’aspergeront à sa gloire). Mission accomplie : des bases militaires permanentes s’étalant de façon tentaculaire sur le flanc est de la nation arabe et contrôle d’une partie de la plus grande richesse pétrolière non encore exploitée de la planète – un but géostratégique clé de la «Nouvelle Stratégie Américaine ». (Plan américain conçu par les néocons ndlt). Maintenant il est temps de bouger à l’est, bombarder l’Iran, imposer par la force un changement de régime et – quoi d’autre ? – Faire avaler de force aux perses un PSA.

Pepe Escobar 28 février 2007

Copyright 2007 Asia Times Online Ltd.

Traduction bénévole pour information à caractère non commercial Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

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Mardi 27 Février 2007
Mireille Delamarre

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