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MONDE ARABE

Liban/Syrie - La Syrie et les Deux Michels

Le dilemme qui dure depuis un certain temps concernant la présidence du Liban est finalement sur le point d’être résolu grâce à la nouvelle formule proposée par la Ligue Arabe.



Liban/Syrie - La Syrie et les Deux Michels
Damas – Le dilemme qui dure depuis un certain temps concernant la présidence du Liban est finalement sur le point d’être résolu. Le bureau présidentiel au Liban est vide depuis que le terme de l’ex président Emile Lahoud s’est terminé le 24 novembre.

Cette semaine, la Ligue Arabe a appelé à l’amendement immédiat de la Constitution Libanaise pour permettre au commandant de l’armée Michel Suleiman de devenir président. Elle a aussi étendu les pouvoirs du président Maronite en lui accordant le droit de nommer 10 ministres dans le gouvernement libanais à venir.

10 autres seront nommés par l’opposition menée par le Hezbollah, tandis que les 10 autres restants seront entre les mains de la Coalition du 14 Mars soutenue par l’Arabie Saoudite, les US et la France et dirigée par Saad Hariri. La majorité parlementaire dirigée par Hariri continuera d’occuper le poste de premier ministre. Ainsi, les postes au sommet à Beyrouth seront répartis comme suit : 1 anti syrien (premier ministre) 1 pro syrien (le porte parole du parlement) et 1 relativement pro syrien (le président). La nouvelle formule divise le pouvoir à égalité entre les adversaires libanais, sans donner une influence majeure à l’un des partis sur un autre.

Certains y ont vu un coup contre les Sunnites du Liban, puisque cela donne au président Maronite plus de pouvoir qu’il n’en a jamais bénéficié depuis la signature de l’Accord de Taïf à la fin de la guerre civile libanaise en 1989. En ce qui concerne la position de la Syrie, c’est OK tant que l’un de ses alliés se trouve au palais présidentiel du Liban. Si un président anti-syrien était au pouvoir cela voudrait dire que lui, et l’équipe dirigée par Hariri, contrôleraient 20 sièges au sein du gouvernement libanais.

La Syrie aurait certainement dit « Non ». Ce serait trop dangereux pour les Syriens car ils ont toujours dit qu’ils ne toléreraient jamais un régime anti-syrien à Beyrouth. C’est un fait que les Syriens ont perdu la majorité des Sunnites Libanais qui ont rejoint Saad al-Hariri après 2005. Ceux qui sont restés pro syriens sont plus ou moins des poids plume sur la scène politique à Beyrouth. Pour affaiblir le bloc Hariri, la Syrie accepte une formule qui donne du pouvoir à un président Maronite allié avec les Shi’ites. S’il faut cela pour écarter du pouvoir et des prises de décision la Coalition du 14 Mars, alors que cela soit ainsi. Cela pourrait expliquer pourquoi le vice président Farouk al-Shara est allé au Vatican il y a environ 2 mois.

A première vue, cette formule n’est pas trop satisfaisante pour le Hezbollah et l’ex commandant de l’armée Michel Aoun, car ils demandaient un tiers de blocage au cabinet. Mais c’était trop ambitieux – ce qu’ils ont probablement réalisé – et ont opté pour la deuxième meilleure solution offerte par la Ligue Arabe au Caire. Un solution gagnant -gagnant, la nouvelle formule cela veut dire que le bloc mené par Hariri ne pourra imposer une majorité des deux tiers sur la prise de décision, mais l’opposition menée par le Hezbollah n’aura pas non plus un tiers de vote pour bloquer la législation. Les Syriens rayonnent face à ces résultats- bien que la Coalition du 14 Mars insiste sur le fait que cette formule a été acceptée seulement après que l’Arabie Saoudite et l’Egypte aient exercé une pression intense sur Damas. Incapables d’accepter que cette formule puisse convenir aux intérêts de la Syrie, ils disent qu’elle a été imposée à la Syrie. Ils affirment que la Syrie a accepté la résolution seulement après que l’Arabie Saoudite ait menacé de boycotter le prochain Sommet Arabe qui doit se tenir à Damas en Mars 2008. Ce n’est pas vrai. C’est en fait ce que les Syriens voulaient depuis le début.

Pendant la campagne présidentielle à Beyrouth, la Syrie s’est abstenue de dire « nous voulons Mr X comme Président. » C’était très clair, cependant, qu’elle ne tolérerait pas un membre de la Coalition du 14 Mars. Etant donner les maigres chances de placer un candidat de 14 Mars au pouvoir, à cause du veto du Hezbollah et de son allié le général Aoun, les seuls candidats pour le poste présidentiel étaient Aoun, Suleiman, Riad Salameh, le gouverneur de la Banque Centrale du Liban, et autre possibilité Michel Edde, un vétéran, soutenu par le patriarche Maronite Mar Nasrallah Boutros Sfeir. Finalement, la campagne s’est résumée au deux Michels : Aoun ou Suleiman.

Beaucoup à Beyrouth pensaient que la Syrie voulait Aoun. Cela semblait pourtant logique : Aoun est allié au Hezbollah et le Hezbollah est allié à la Syrie. C’est l’impression donnée par la Syrie – sans même le dire. Cela a en fait ruiné Aoun dans sa communauté chrétienne et a été utilisé agressivement contre lui par ses opposants du 14 Mars. Cela a été fait volontairement. Les Syriens en fait craignaient Aoun comme Président. L’homme a un passé anti-syrien chargé, et on a porté à son crédit le Syrian Accountability Act (Acte de Responsabilité Syrienne) passé en 2003.

Quand ils étaient à Beyrouth, les Syriens l’ont empêché de revenir au Liban à cause de sa critique inébranlable de la Syrie et de leur allié N° 1 de l’époque le premier ministre Rafik al - Hariri. Les Syriens n’ont pas oublié que dans les années 90, Aoun a écrit une lettre ouverte à Bill Clinton alors président des US, disant : « même si nous ( et les Syriens) sommes du même peuple, nous n’avons pas les mêmes valeurs, donc il y a une grande différence entre nous. »

Dans une interview avec le Middle East Quarterly en 1996, on a demandé à Aoun s’il n’aimait pas les Etats-Unis. Il a répondu : « mon grand père et des cousins ont combattu dans l’armée américaine. Ma mère était née aux Etats-Unis, ma sœur et sa famille vivent aux US. J’ai étudié aux US. Je n’ai jamais été contre les Etats-Unis et j’ai toujours respecté les Américains, un peuple démocratique qui a transmis ses valeurs et la paix, comme nous le faisons. Je ne peux pas être contre les US; de plus, politiquement, je suis lié à la politique Américaine. »

Que peuvent attendre les Syriens de quelqu’un avec un tel passé ? Mais, néanmoins, Aoun la joue sage actuellement car il réalise que le seul moyen de devenir un dirigeant pan libanais c’est d’être allié à la fois à des Chrétiens et des non Chrétiens. Puisque le Hezbollah constitue la majorité numérique, il ne peut pas développé ses ambitions présidentielles sans eux. Inversement, ils ont besoin d’un patriote chrétien fort avec eux pour désarmorcer les accusations comme quoi ils veulent établir une République Shi’ite au Liban.

Qui gagne et qui perd ? La formule de la Ligue Arabe produit plusieurs vainqueurs et perdants au Liban.

Gagnant 1 :

Le président à venir Suleiman est certainement un gagnant, car non seulement il accèdera au pouvoir, mais il aura aussi plus de pouvoirs que les présidents précédents Lahoud et Elias Hrawi. Du fait, après tout, que son poste ne deviendra pas aussi cérémonial, il bénéficiera de plus d’influence dans la rue Libanaise, particulièrement parmi les Chrétiens libanais.

Gagnant 2 :

La Syrie est définitivement une gagnante car elle a obtenu ce qu’elle voulait, n’a pas eu à changer sa politique, et pourtant à montrer au monde qu’elle coopérait sur le dossier Libanais.

Gagnant 3 :

Le Hezbollah et son dirigeant Hasan Nasrallah. Le groupe militaire craignait pour son sort au cas ou un président du 14 Mars aurait été porté au pouvoir. Après tout, viendrait en premier sur son agenda l’application de la Résolution 1559 de l’ONU, qui demande le désarmement du Hezbollah. Il aurait aussi respecté la Résolution 1701 de l’ONU, passé après la guerre de l’été 2006, maintenant le Hezbollah loin de la frontière libano israélienne. Encore pire, il rallierait 10 ministres au complet derrière le 14 Mars pour mener à bien le Tribunal International Hariri sous le Chapître 7 de la Charte de l’ONU.

Maintenant, avec Suleiman comme président, cela devient hautement improbable. Le nouveau président est un ami du Hezbollah. Il croit dans la mission de ce dernier de libérer les fermes de Sheeba occupé par Israel et ne semble pas ennuyé qu’ils soient un état dans l’état de même qu’il ne se sent pas menacé par les armes qu’ils détiennent. Ces armes, dit-il, ne seront jamais utilisées contre les Libanais.

Perdant 1 :

Michel Aoun. L’ancien commandant de l’armée était obsédé par le fait de devenir président, de la même manière que le président français Nicolas Sarkozy a dit une fois qu’il avait pensé à la présidence de la France depuis l’âge de 17ans. Aoun est actuellement âgé de 72 ans et lors des prochaines élections en 2010, il sera probablement trop vieux pour se présenter comme président.

Perdant 2 :

L’Iran qui voulait Aoun comme président. Elle craint un rapprochement Syrie US via Suleiman- une formule qui rapproche la Syrie et les US au dépend de l’Iran. En avril et mai 2007, les Iraniens ont dit clairement qu’ils n’étaient pas impressionnés par la rencontre Syrie US de Sharm al-Sheikh ou la visite à Damas de la dirigeante du parti Démocrate au Sénat Nancy Pelosi. Des informations concernant les tentatives iraniennes ont été publiées dans le quotidien saoudien Al-Hayat. Les Syriens ont toujours défendu leur alliance avec les Iraniens. Ils ont affirmé – et continuent de le faire – que Washington ne pouvait pas continuer à ne pas parler à la fois à Téhéran et Damas.

Il doit parler à l’un d’eux et la Syrie est le partenaire le plus probable car elle est modérée et raisonnable et n’a pas d’histoire d’anti-américanisme. La Syrie peut parler aux Iraniens et leur dire de modérer leur comportement, comme elle l’a fait quand les 15 marins Britanniques ont été arrêtés dans les eaux iraniennes. A la demande du premier ministre de l’époque Tony Blair, les Syriens ont aidé à obtenir leur libération. Les Iraniens craignent que Suleiman soit un nouveau lien entre Damas et Washington. Néanmoins, cette attitude n’est pas sure, de même que ce n’est pas permanent. Cela inquiète seulement les iraniens.

Perdant 3 :

La Coalition du 14 Mars.

Non seulement elle n’a pas obtenu que l’un de ses membres soit élu président, elle a aussi du accepter que 10 sièges soient dévolus au président pro Hezbollah Suleiman. Le 14 Mars a déjà considéré qu’elle a fait, en premier lieu, une énorme concession en acceptant Suleiman. Elle doit maintenant tolérer pendant deux ans quelqu’un qui bloquera toute loi anti-syrienne à Beyrouth.

Les Chrétiens gagnent. Les Syriens gagnent. Et le Hezbollah gagne.

Sami Moubayed 9 janvier 2008 – Copyright Asia Times on line www.atimes.com

Sami Moubayed est un analyste politique Syrien

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

Note

L'élection du président vient une nouvelle fois d'être reportée. Il semblerait donc que la Coalition du 14 Mars, les US, la France, l'Arabie Saoudite qui la soutiennent continuent de vouloir sacrifier le Liban sur l'autel de leurs interêts géostratégiques pour les uns, et de collaborateurs des occidentaux pour les autres. 13/01/08

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Jeudi 10 Janvier 2008
Mireille Delamarre

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