Les rayons des supermarchés destinés notamment aux produits pour le petit déjeuner croulent sous les paquets de dizaines de boîtes prometteuses. Les publicités sont alléchantes, montrant des bols remplis de céréales et de lait, à vous faire saliver, et les messages ne laissent aucun doute sur la qualité des produits : c'est, clame t-on, le petit déjeuner le plus sain qu'on puisse trouver, le grain est complet, riches en fibres diététiques, calcium et toute une longue liste de vitamines et minéraux.
Les publicités vantent des produits qui répondent aux besoins des enfants à la recherche d'une alimentation attrayante au niveau aspect et goût, et qui satisfont les besoins des parents qui cherchent pour leurs enfants un produit de valeur nutritionnelle élevée.
Les céréales sont juste un exemple de nourriture considérée comme saine mais qui ont en fait subi un long processus complexe de transformation industrielle. Le but de ce processus ce n'est pas d'enrichir la santé des consommateurs mais de remplir les poches des fabricants et des revendeurs. Ce processus est basé sur le démantèlement puis le réassemblage de ce type d'aliments parfois jusqu'au niveau moléculaire, aliments pourtant qualifiés de « sains » et de « naturels » dans les publicités.
Sont-ils vraiment sains, sont-ils vraiment naturels ?
Les jus de fruits par exemple ont souvent subi plusieurs processus changeant tellement leur nature qu'il est difficile voire même dans certains cas illégal de les appeler « jus ». Alors pour contourner le problème et surtout ne pas attirer la suspicion des consommateurs, ils sont vendus sous la dénomination « nectar » ou « boisson fruitée ».
Les céréales pour le petit déjeuner sont apparues aux Etats-Unis au XIXème siècle. Les premières ont été produites par les frères Kellogs qui utilisaient des procédés de cuisine et de cuisson. Les flocons désignés comme étant une nourriture saine pour les patients de sanatorium ayant des problèmes digestifs, ont ensuite été développés.
Puis, dans les années 50, les céréales ont été produites industriellement utilisant des technologies qui ont encore cours actuellement. Des grains déchiquetés sont placés dans de vastes machines où ils sont cuits à 150 degrés, sous pression, ce qui a pour effet de les transformer en une espèce de pâte à qui on donne une forme – des boules ou des flocons par exemple.
Les grains perdent la plus grande partie de leur valeur nutritionnelle au cours du processus et même si des vitamines sont ajoutées, les céréales ainsi fabriquées n'ont plus rien à voir avec les céréales d'origine.
La plupart des céréales pour le petit déjeuner contiennent de grandes quantités de sucre, parfois 4 fois plus de sucre que de grains. La plupart des céréales couramment achetées du type Frosties sont composées de 1/3 voire la moitié de sucre équivalent poids. Même les céréales des marques comme All Bran qui sont dites plus « saines », ont entre 10 et 30 % de leurs calories fournies par les sucres qu'elles contiennent.
La publicité faite pour ces céréales vise essentiellement les enfants. Les paquets attirants représentent souvent des animaux, des personnages célèbres de bandes dessinées, et proposent une liste de différentes vitamines. Et cela marche, beaucoup d'enfants (et de parents) se laissent embobiner. Car plus le produit vise les enfants et les adolescents plus le taux de sucre est élevé. Comme c'est considéré comme de la nourriture saine, car la publicité faite là-dessus depuis de longues années a produit sont effet, les parents sont rassurés et pensent que les enfants mangent des produits nutritifs. En fait en terme de nutrition, les céréales ne sont guère différentes des biscuits et gâteaux trouvés sur les rayons des grandes surfaces. Mais, si pour ces derniers une certaine vigilance est de mise chez les parents, pour les céréales il n'en ait rien, car après tout c'est « bon pour la santé ».
En Occident, la dépendance aux produits alimentaires manufacturés est de plus en plus grande, surtout chez les jeunes générations. On est « accro » aux céréales souvent depuis le plus jeune âge, et souvent « ad vitam éternam. »
La flambée des cours des céréales notamment du blé dont le cours a bondi depuis le début de l'année de 43 % ne semble pas régresser. Le climat pluvieux qui domine actuellement eu Europe et en particulier en Angleterre, en Allemagne et en France laisse penser que les niveaux de production de ces pays seront à la baisse. Le marché redoute également des dégâts potentiels sur les récoltes australiennes et argentines, dus à de trop faibles précipitations. Pourtant, la flambée des prix n'entraîne nullement une baisse de la demande. Au contraire, par exemple, l'Egypte, gros importateur de blé, a acheté près d'un million de tonnes de blé en moins d'une semaine auprès des Etats-Unis et de la Russie. Le pays vient même d'annoncer une nouvelle commande.
Ce qui risque probablement de provoquer à la rentrée une valse des étiquettes, des prix à la hausse. Cela fera peut être réfléchir les consommateurs sur leurs habitudes alimentaires, car pour l'instant ce qui échappe le plus à leur attention c'est le prix qu'ils paient en matière de santé en consommant des produits transformés riche en sucre, sel, et graisses, des céréales vantées comme étant « bonnes pour la santé ».
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