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Dimanche 20 Juillet 2008
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Les atrocités du Général Pinochet et des Etats-UnisLe Modèle CondorEn tant qu'américain, la mort du général Pinochet ravive de nombreux souvenirs du coup d'état militaire et du rôle joué par mon gouvernement dans le renversement violent d'Allende. Dés son élection en septembre 1970, l'Administration Nixon a monté une campagne clandestine contre lui. Henry Kissinger, alors conseiller à la sécurité nationale de Nixon, avait déclaré : « je ne vois pas pourquoi nous devrions rester les bras croisés et regarder le pays devenir communiste à cause de l'irresponsabilité de son propre peuple. »
Les atrocités du Général Pinochet et des Etats-Unis -Le Modèle Condor
Le 11 septembre 1973, à Santiago, j'ai vu les jets de l'aviation militaire chilienne voler au dessus des têtes. Peu après, j'ai entendu des explosions et vu des boules de feu et de la fumée remplir le ciel alors que le palais présidentiel brûlait. Salvator Allende, le président socialiste élu du Chili est mort dans le palais.
En tant qu'américain, la mort du général Pinochet ravive de nombreux souvenirs du coup d'état militaire et du rôle joué par mon gouvernement dans le renversement violent d'Allende. Dés son élection en septembre 1970, l'Administration Nixon a monté une campagne clandestine contre lui. Henry Kissinger, alors conseiller à la sécurité nationale de Nixon, avait déclaré : « je ne vois pas pourquoi nous devrions rester les bras croisés et regarder le pays devenir communiste à cause de l'irresponsabilité de son propre peuple. » Des semaines plus tard, le chef de l'armée pro constitutionnaliste était assassiné lors d'une tentative avortée de stopper la cérémonie d'entrée en fonction d'Allende. Pendant les trois années qui ont suivi, des groupes terroristes soutenus par la CIA ont commis des attaques à la bombe et détruit des chemins de fer publics, des usines électriques, des autoroutes pour créer le chaos et empêcher le pays de fonctionner. Le but c'était de « faire crier l'économie » comme Nixon en avait donné l'ordre. Les multinationales US comme IT&T ont également participé à ces efforts pour déstabiliser le pays. En plein milieu du combat pour le contrôle du Chili, Allende a insisté, avec un entêtement certain, pour maintenir les institutions démocratiques du pays. Il bénéficiait d'un soutien populaire immense, d'en bas, même dans les derniers jours de son gouvernement, alors que l'économie était en lambeaux, et que pratiquement tout le monde croyait qu'une confrontation était imminente. Je n'oublierai jamais la dernière manifestation importante le 4 septembre 1973, quand l'avenue principale de la partie basse de Santiago, l'Alamenda, s'est remplie de milliers de marcheurs tous avec l'intention de passer devant le palais présidentiel où Allende se tenait au balcon faisant des signes de la main à la foule. Ce n'était pas une manifestation orchestrée par le gouvernement avec des gens amenés par camion des barros et de la campagne. Ces gens venaient poussés par un profond engagement, une croyance que c'était leur gouvernement et qu'ils le défendraient jusqu'au bout. Pendant la période qui a suivi le coup d'état, plus de 3000 personnes ont péri, dont deux de mes amis américains, Charles Horman, et Frank Terrugi. Les Etats-Unis, au courant de ces atrocités se sont précipités pour soutenir le régime militaire, déliant les cordons de la bourse de l'aide économique qui avait été refusée à Allende. Quand les proches de Horman et de Terrugi ont demandé qu'une enquête sérieuse soit conduite sur leurs disparitions et leurs morts, l'ambassade des US et le département d'état, se sont retranchés derrière un mur de silence au côté de la nouvelle junte militaire. 4 semaines après le coup militaire, je me suis enfui à travers les Andes pour revenir aux Etats-Unis et faire tout mon possible pour dénoncer les crimes de Pinochet et de mon gouvernement. Je suis retourné au Chili pour le plébiscite de 1988 qui a finalement obligé Pinochet à renoncer au pouvoir après 17 ans de longues années brutales. Mais pendant 8 ans encore sa sombre emprise a pesé au dessus du Chili alors qu'il continuait à être commandant en chef de l'armée. Finalement, résultant d'années de travail acharné effectuées par le mouvement international des droits de l'homme, Pinochet a été détenu à Londres en octobre 1998, pour crimes contre l'humanité. 500 jours plus tard, il a été renvoyé au Chili, soi disant pour des raisons de santé. Là, les tribunaux chiliens dirigés par le juge Juan Guzman, s'arrangeant avec les supporters de droite du général et l'armée, afin qu'il soit poursuivi en justice, l'ont privé de son immunité de « sénateur à vie », une fonction qu'il s'était lui-même octroyée. Alors que les procédures contre Pinochet avançaient, des informations concernant la complicité des US dans le coup d'état et la répression ont refait surface, surtout concernant le rôle de Kissinger. Les tribunaux chiliens ont essayé d'obliger Kissinger à témoigner, mais ils n'ont reçu aucune coopération du département de la justice des US. Des tribunaux français ont également émis des mandats pour interroger Kissinger, lui faisant réaliser que comme Pinochet il ne bénéficiait d'aune impunité internationale en matière de poursuite judiciaire. Pas étonnant que Kissinger ait écrit un article dans le magazine Foreign Affairs, critiquant l'utilisation du « principe universel de juridiction » par les tribunaux pour traduire en justice les violateurs des droits de l'homme. Au Chili, la présidente Michèle Bachelet, dont le père est mort en prison sous Pinochet, a refusé à l'ex dictateur des funérailles nationales. Seul des orchestres militaires sont autorisés à jouer pour son enterrement. Eduardo Contreras, un avocat chilien pour la défense des droits de l'homme a déclaré: « Pinochet aurait du être enterré comme un vulgaire criminel », ajoutant, « le dictateur est mort le 10 décembre, jour de commémoration internationale des droits de l'homme. C'est comme si l'humanité avait choisi ce moment spécial pour peser dans son jugement final, déclarant « ça suffit » avec Pinochet. » L'enterrement de Pinochet arrive au moment ou les atrocités et crimes de guerre de l'Administration Bush, beaucoup plus horribles que ceux commis par l'ancien dictateur, sont scrutés. C'est aussi une autre ironie de l'histoire que Pinochet soit mort le dernier jour passé par Rumsfeld comme secrétaire à la défense. Comme Pinochet et Kissinger, Rumsfeld pourrait passer le reste de sa vie à essayer d'échapper à des poursuites devant les tribunaux US et internationaux. 11 prisonniers irakiens détenus à Abu Greib, et un Saoudien détenu à Guantanamo, ont déposé des plaintes pour crimes auprès de tribunaux allemands contre Rumsfeld et d'autres civils US et responsables militaires, y compris contre le Général Alberto Gonzalez. Et, alors que vendredi dernier Rumsfeld prononçait son discours de départ devant ses cohortes du Pentagon, des avocats de l'ACLU (American Civil Liberties Union – Union des Libertés Civiles Américaines) affirmaient devant un tribunal fédéral de Washington DC que Rumsfeld et trois hauts responsables militaires devraient être tenus pour responsables de la torture de détenus irakiens et afghans. L'affaire Pinochet a façonné toute une nouvelle génération d'activistes des droits de l'homme et d'avocats. Ils sont déterminés à mettre fin à l'impunité des responsables publics y compris les dirigeants militaires et civils aux Etats-Unis qui s'adonnent au terrorisme d'état et aux violations des droits de l'homme tout en violant les traités internationaux comme la Convention de Genève. Roger Burbach 11 décembre 2006 Source et copyright : http://www.counterpunch.org/ Traduction bénévole pour information à caractère non commercial Mireille Delamarre www.planetenonviolence.org Roger Burbach est directeur du centre pour l'étude des Amériques (CENSA) et universitaire invité à l'Institut des Etudes Internationales, à l'Université de Californie, Berkeley. Il est co auteur avec Jim Tarbell de « "Imperial Overstretch: George W. Bush and the Hubris of Empire," son dernier livre : "The Pinochet Affair: State Terrorism and Global Justice. "Cherchez partout - Seul danger ici pour vous - La Poésie" Pablo Neruda lors de la fouille de sa maison apres le coup fasciste du 11 septembre 1973 au Chili. Coups d'Etat: la politique interventionniste des US depuis plus d'un Siècle Mardi 12 Décembre 2006
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