Des le 15ème siècle, des dessins décoratifs de carreaux de céramiques recouvrant des chefs d’œuvres de l’architecture musulmane avaient atteint une telle complexité que certains les ont identifié comme étant des modèles
« quasicristallins» selon ce qu’ont écrit dans le journal Science les professeurs Peter Lu de l’université d’Harvard et Paul Steinhardt de l’université de Princeton.
C’est seulement dans les années 70 que le mathématicien britannique et cosmologiste Roger Penrose a été le premier à décrire ces modèles géométriques en Occident. Des dessins quasi cristallins comprennent une série d’unités entrelacées dont les dessins ne se répètent jamais, même quand ils s’étendent à l’infini dans toutes les directions, et possèdent une forme spéciale symétrique.
« C’est absolument étonnant » selon Lu. I[« Ils ont fait des céramiques qui reflètent les mathématiques, c’était tellement sophistiqué que nous n’en n’avons compris le sens que ces 20, 30 dernières années. »]i
Lu et Steinhardt citent en particulier des modèles sur l’édifice de pélerinage de Darb-i Imam à Isfahan, en Iran, construit en 1453.
La tradition musulmane interdit toute représentation picturale dans les travaux artistiques. Les mosquées et d’autres édifices importants construits par des architectes musulmans à travers le Moyen Orient, l’Asie Centrale, et ailleurs, sont souvent recouverts de modèles de céramiques et tuiles savamment emboîtées formant des dessins géométriques élaborés.
Les murs de nombreux édifices musulmans médiévaux portent des dessins géométriques somptueux d’étoile et de polygone. L’étude montre que dés 1200 une importante percée avait été faite dans les mathématiques musulmanes et les modèles, comme illustrés par ces modèles géométriques.
« Vous pouvez les regarder et voir l’évolution grandissante d’une sophistication géométrique. Ainsi ils commencent avec des modèles simples puis passent à des modèles plus complexes» au fil du temps selon Lu.
Alors que l’Europe était plongée dans l’obscurantisme, la culture musulmane fleurissait à partir du 7ème siècle, avec des réussites en mathématiques, médecine, engenieurie, céramique, art, textiles, architectures et d’autres domaines. Les nouvelles découvertes suggèrent, selon Lu, que la culture musulmane était beaucoup plus avancée que ce que l’on croyait auparavant. En voyageant en Uzbekistan il a découvert un édifice datant du 16 ème siècle portant des tuiles avec un motif décagonal évoquant l’existence de céramiques musulmanes quasicristallines. Un autre chercheur, Emil Makovicky, de l’Université de Copenhague au Danemark avait aussi noté dans les années 90 le lien entre ces modèles et une forme de modèle quasicristalline. Makovicky s’est intéressé plus particulièrement à une tombe datant de 1197 à Maragha en Iran.
Sources des informations une dépêche de Reuters du 26/02/07 reproduite sur le site :
http://www.asharq-e.com/news.asp?section=7&id=8132
Traduction/Synthèse Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
Cibler l'Iran : Discussion Seymour Hersh et Scott Ritter
Pions britanniques d'un jeu iranien de Pepe Escobar