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Mardi 9 Février 2010
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archives Impérialisme Américain 2005-2008
Les Etats-Unis de Barbarie –Des Prisons Secrètes de la CIA dans votre Arrière CourLe Législatif américain vient de négocier avec le président Bush pour transformer les Etats-Unis en République bananière. Le «commandant en chef» (Bush) a tout pouvoir pour décider qui torturer (étrangers accusés arbitrairement de «terrorisme» ou de financement ou de soutien au «terrorisme»), et comment le faire, et n’a aucun compte à rendre, ni lui, ni ses hommes de main, à la justice américaine complètement muselée par le politique. Comme dans toute dictature, aux Us les tribunaux militaires d’exception vont fleurir. La CIA, elle, poursuit son programme d’enlèvement, séquestration, torture, partout dans le monde. Le programme de «séquestration extraordinaire» est une des facettes d’une histoire beaucoup plus vaste d’emprisonnements secrets qui s’étendent dans le monde entier. Quand un pays légalise la torture et fait disparaître des personnes, ce n’est pas seulement une question de politique, c’est aussi une question culturelle.
Domination Us
Les Etats-Unis de Barbarie
Le Sénat américain vient de négocier avec le président Bush pour transformer les Etats-Unis en République bananière. La semaine dernière, 3 sénateurs ont trouvé un accord avec la Maison Blanche qui permettra de facto à la CIA de continuer à torturer des personnes dans le monde entier. Et cet accord protège quiconque – inclus les fonctionnaires de l’administration Bush – contre toute poursuite pour acte de torture.
Ceci est le dernier signe que nos élus à Washington croient que le gouvernement fédéral mérite d’avoir un pouvoir absolu sur toute personne dans le monde. L’ex secrétaire d’état Colin Powell a prévenu récemment que les efforts de Bush pour saccager les Conventions de Genève conduiront le monde à «douter de la base morale de notre combat contre le terrorisme. » Mais plus important que cela, l’accord sur la torture Senat-Maison Blanche devrait provoquer chez les américains des doutes sur la base morale de la totalité du gouvernement. Apres le 11 septembre, les fonctionnaires de l’administration Bush semblaient déterminés à utiliser tous les moyens pour matraquer les personnes suspectées de terrorisme ou d’avoir des intentions terroristes. Le département de la Justice a fourni en août 2002 un mémo expliquant pourquoi Bush n’était pas lié par la loi portant sur les crimes de guerre ou celle contre la torture. Le mémo commençait par repousser largement les limites de la torture. Il expliquait alors pourquoi si même quelqu’un meurt sous la torture, le tortionnaire peut ne pas être responsable s’il pensait que la torture était nécessaire pour empêcher un mal plus grand. Le mémo concluait en révélant que le président a le droit d’ordonner la torture parce qu’il est au dessus des lois, au moins en temps de guerre (même si le Congres n’a pas déclaré la guerre). Le Département de la Justice a déclaré que le président peut effectivement exempter les fonctionnaires du gouvernement d’avoir à répondre devant la loi criminelle fédérale, notant que « le Congres ne peut obliger le président à poursuivre en justice les résultats de décisions prises conformément à la propre autorité du Président. Si le Congres le pouvait, il pourrait contrôler l’autorité du président en manipulant la loi criminelle fédérale. » L’absolutisme du mémo ferait sourire les despotes partout dans le monde : « Comme la Cour Suprême l’a reconnu... Le Président bénéficie d’une discrétion absolue dans l’exercice de son autorité de commandant en chef et dans la conduite des opérations contre les forces hostiles …Nous ne devons pas considérer de texte de loi criminel qui ne respecterait pas l’autorité suprême du Président dans ces domaines. » Par conséquent, la désignation le « commandant en chef » absorbe automatiquement le reste de la Constitution. Cependant, le recteur de l’université de droit de Yale Harold Koh a fait remarqué que « si le président a le pouvoir de commandant en chef de commettre des actes de torture, il a le pouvoir de commettre des génocides, d’autoriser l’esclavage, de promouvoir l’apartheid, d’autoriser les exécutions sommaires. » C’est la doctrine que l’accord Sénat -Maison Blanche codifie en grande partie. C’est le président qui déclarera qu’elles seront les méthodes d’interrogation que peuvent utiliser les agents de la CIA – pratiquement sans se soucier des Conventions de Genève. Ce sera au président de décréter qui subira un interrogatoire « brutal ». Les détails de l’accord sur la torture montre de façon éclatante comment nos politiciens n’en ont plus rien à faire de maintenir un semblant de procédure légitime. L’accord permettra l’utilisation dans des tribunaux militaires de confessions obtenues sous la torture – renvoyant le système judiciaire à ce qu’il était au 16ème siècle. Le Washington Post a noté que l’accord permet « aux avocats de la défense de contester l’utilisation des informations basées sur les oui dire et obtenues sous la torture dans des pays lointains « seulement s’ils peuvent prouver qu’elles ne sont pas fiables. » Ainsi donc, il y a une présomption d’exactitude concernant les accusations extirpées des gens dans les prisons secrètes dans le monde. Et ce sera presque impossible de démonter une accusation quand un avocat de la défense n’est pas autorisé à demander – ou peut être même à savoir – qui a porté les accusations. Mais ceci est suffisamment juste pour le Congres. Le New York Times a noté que l’accord « imposera des nouvelles normes juridiques qui interdisent aux Tribunaux d’appliquer ». Ainsi, ce sera impossible pour la grande majorité des détenus de Guantanamo de contester leur détention. Les accusations non vérifiées portées par les fonctionnaires du gouvernement des Us domineront la loi du pays. Les droits découlant de l’habeus corpus qui remontent à la Magna Charta de 1215 seront nuls et non avenus pour beaucoup si ce n’est tous les détenus, selon l’accord. Le scandale de la torture montre ce qui arrive quand des personnes nommées politiquement sont autorisés à redéfinir la barbarie sans limite. Si le gouvernement peut effectivement revendiquer le droit à la torture, alors toutes les autres limites concernant le pouvoir de gouvernance sont pratiquement hors de propos. Qu’est qui fera que le public accepte qu’on torture des américains ? Est-ce que simplement donner aux victimes une étiquette odieuse telle « membre d’un culte » à Waco, ou « musulman » comme pour John Walker Lindh (jeune américain capturé en Afghanistan en 2001 alors qu’il y combattait au côté des talibans) sera suffisant ? James Bovard 25 septembre 2006 http://www.fff.org/comment/com0609f.asp James Bovard est l'auteur de "Attention Deficit Democracy" 2006 (Attention Deficit de Démocratie) , "The Bush Betrayal" 2004, (la Trahison de Bush), "Lost Rights" 1994 (Droits Perdus) and "Terrorism and Tyranny: Trampling Freedom, Justice and Peace to Rid the World of Evil" (Palgrave-Macmillan, September 2003. Il est conseiller politique à la fondation pour la liberté future (The Future of Freedom Foundation). Note Dans son discours hebdomadaire à la radio américaine cette semaine, malgré les révélations d’une partie d’un mémo des services de renseignements américains déclassifiée affirmant que la guerre en Irak avait donné naissance à une nouvelle génération de « terroristes », Bush qui continue de nier la réalité a déclaré : « La seule façon de protéger nos citoyens chez eux c’est de porter l’offensive contre nos ennemis partout dans le monde…Nous continuerons donc l’offensive jusqu’à ce que les terroristes soient battus et ce combat gagné ». Si ce n’est pas une déclaration de guerre à la planète entière avec menace de guerre préventive contre tout état ou groupe jugé par le dictateur Bush comme « ennemi des Etats-Unis » ou selon le vocabulaire à la mode « terroriste » alors c’est quoi ? Des prisons secrètes de la CIA dans votre arrière cour.
La plus grande opération de la CIA depuis la guerre froide est menée non seulement par des sous traitants travaillant dans l’ombre du gouvernement dans les coins les plus sombres de l’Afghanistan, mais aussi par des américains irresponsables dans des endroits comme Dedham dans le Massachussets.
Quand des avions civils américains ont été repérés fin 2002 décollant et atterrissant sur la base de l’armée de l’air d’Andrews et faisant escale en Afghanistan et à Guantanamo Bay, des journalistes et des guetteurs d’avion se sont demandés ce qui se passait. Ce fut bientôt évident que ces avions faisaient partie de l’opération la plus grande depuis l’époque de la Guerre Froide. Appelée séquestration extraordinaire, cette pratique implique des fonctionnaires de la CIA et des sous traitants qui kidnappent des personnes les envoient dans des prisons secrètes partout dans le monde ou ils sont détenus et souvent torturés soit aux mains du gouvernement hôte soit par des agents de la CIA eux-mêmes. Le 6 septembre, après une longue période de silence officiel, le président Bush a reconnu l’existence de ce programme. Mais l’étendue de cette opération reste encore largement secrète. Quelle ampleur a-t-elle ? Trevor Paglen, un expert en installations militaires clandestines, et A.C. Thompson, un journaliste de mérite du San Francisco Weekly, ont passé des mois à traquer les vols de la CIA et les affaires qu’ils dissimulaient. Ce qu’ils ont trouvé c’est tout un réseau étonnamment étendu d’avions (y compris le Gulfsteam Jet appartenant à la société de Boston Red Sox dont le propriétaire est Philippe Morse), des sociétés fictives, et des prisons secrètes dans le monde entier. Ce qui est peut être le plus perturbant dans leur nouveau livre « Torture Taxi : On the Trail of the CIA’s Rendition Flights ( taxi pour la torture : sur la trace des vols de séquestration par la CIA) c’est la complicité des américains moyens dans cet énorme programme de la CIA. Des avocats en affaires civiles qui soutiennent les sociétés fictives, à la totalité d’une ville à Smithfield N.C, qui accueille les avions de la CIA et les pilotes, Torture Taxi est l’histoire de cette emprise énorme qu’est cette opération de séquestration inégalée et qu’on peut définir, selon l’expression d’ Hannah Arendt : la banalité du mal. Trevor et A.C Thompson ont été contacté par téléphone pour expliquer comme ils ont réussi à suivre une trace à partir de documents papier qui les a conduit à certaines des informations les plus fondamentales sur ce programme de séquestration extraordinaire. Onnesha Roychoudhuri (interviewer) : comment avez-vous eu l’idée de ce livre ? Trevor Paglen : J’ai fait de la recherche à Berkeley sur les secrets militaires et il y a un groupe là bas qui essaie de comprendre ce que sont les programmes militaires. A un moment donné, ce groupe dont c’est le passe temps, a pris conscience de l’existence de ces vols d’avions civils, qui agissaient comme s’ils faisaient partie d’un programme secret militaire. Des personnes de ce groupe ont commencé à traquer les avions les voyant en Libye et à Guantanamo Bay de façon répétée. C’est devenu pratiquement sûr que c’était une affaire de la CIA et que ces avions étaient impliqués dans le programme de séquestration extraordinaire. 0R : Quand est que les morceaux de cette histoire ont été assemblés ? TP : en fin d’année dernière, il y a eu une importante vague de protestation concernant des prisons dans l’est de l’Europe. Dana Priest du Washington Post a fait un scoop là-dessus et l’ONG Human Rights Watch a publié un communiqué de presse sur ce sujet. A ce moment là, les bribes d’informations récoltées ont commencé à avoir un sens et nous avons pu introduire nos explications de ce qui était entrain de se passer. Entre temps, j’avais pu regrouper un certain nombre de documents sur le sujet juste par curiosité. Je les ai apportés à A. C Thompson à son boulot, là où il a accès à un certain nombre d’outils pour faire du journalisme d’investigation. A.C. Thompson : Trevor avait cette expertise militaire et en aviation et toute cette information quand il est venu à mon bureau. J’ai fait des recherches sur les multinationales pendant des années, et quand nous avons commencé à examiner la possibilité de l’existence de sociétés de couverture pour la CIA en lien avec les avions, il est clairement apparu que nous avions à faire à des compagnies fictives. OR : Comment avez-vous traqué le programme de séquestration extraordinaire ? ACT : Nous voulions rassembler le plus d’informations possibles pour créer une mosaïque de preuves pour montrer l’étendue de ce programme de séquestration extraordinaire. Nous sommes allés de Smithfield, N.C, à Gardez, Afghanistan pour faire le lien. C’est quelque chose dont les gens n’ont eu jusqu’à présent qu’un vague aperçu. Nous avons remonté le programme à rebours. Nous avons utilisé des traces papier et des preuves laissées derrière, des registres des vols de la FAA (Fédéral Aviation Administration) et des témoignages d’anciens prisonniers en Afghanistan pour reconstituer le tout. TP : Nous avons conçu le livre comme un journal de voyage. Nous nous sommes présentés aux adresses indiquées dans ces traces papier et suivi la filière. L’objectif c’était de trouver l’histoire derrière l’adresse. Puis nous nous rendions à l’endroit ou ces compagnies faisaient voler leurs avions et fournissaient les pilotes. Puis quand nous avons vu que les avions atterrissaient fréquemment en Afghanistan, nous y sommes allés aussi. OR : vous vous êtes appuyés sur des renseignements fournis par des guetteurs d’avions situés dans le monde entier. Pouvez vous expliquer comment cela fonctionne ? TP : Il y a plein de sites internet de guetteurs d’avions avec des informations concernant ces avions et des photos. Les données peuvent être éparpillées et difficiles à utiliser. Mais certains de ces guetteurs d’avions ont développé des techniques sophistiquées pour obtenir des informations concernant les mouvements des avions. Cela nous a beaucoup aidé à regrouper tout cela. Si vous êtes un guetteur d’avion et que vous êtes intéressé pour connaître l’histoire d’un avion en particulier, vous savez qu’il y a plein de documents accessibles au public : les papiers d’enregistrement et les certificats d’autorisation de vol de la FAA. Vous pouvez aussi obtenir des données sur les vols de la FAA. Et dans les cas où ces données ont été bloquées, les gens ont trouvés des moyens de contourner ce blocage. Quand le groupe des guetteurs d’avions et les journalistes se sont rassemblés, cela a été l’un des seuls moyens d’avoir quelque idée de ce programme. OR : Le fait que la CIA utilise des avions civils en fait facilite leur traque ? TP : la loi civile en matière d’aviation est moins stricte que celle régissant le militaire. Les avions civils peuvent en principe voyager partout dans le monde. L’armée américaine doit obtenir une permission spéciale pour voler dans l’espace aérien d’un autre pays. L’utilisation de compagnies civiles aériennes est un moyen de créer une mobilité et d’éviter d’attirer l’attention. ACT : La CIA veut exister dans le monde civil. Elle veut créer ces entités de sorte qu’elle puisse se déplacer sans trop être scrutée. Mais, dans le monde civil vous devez constamment interagir avec d’autres institutions gouvernementales. Si vous créer une société fictive, qui est supposée être propriétaire d’un avion utilisé pour transporter des gens dans des donjons partout dans le monde, vous devez remplir des papiers d’enregistrement dans l’état où est basée la société. Quand vous y allez et obtenez ces papiers de la société vous pouvez analyser des choses comme la signature portée sur ces documents. OR : Nous avons trouvé Colleen Bornt qui faisait partie du conseil d’administration d’une société appelée Premier Exécutive Transport Services. C’était la société à laquelle appartenait l’avion qui a transporté Khaled el –Masri à Salt Pit. Quand vous examinez les documents signés par Colleen, vous constatez que chaque signature est différente. C’est parce que chaque signature a été effectuée par une personne différente. Quand nous avons essayé de trouver plus de traces de Colleen, nous n’avons trouvé aucune adresse personnelle, pas de numéro de téléphone, ni aucune autre preuve de son existence. C’est pareil pour toutes ces compagnies. Elles n’ont pas de siège social réel, de personnel, rien en dehors de ces documents papiers qu’elles remplissent pour être enregistrées, et une poignée d’avocats qui aident à créer ces compagnies et servent d’agents d’enregistrement pour celles-ci. Ce sont eux qui reçoivent les convocations et les plaintes concernant ces compagnies. OR : qui sont ces avocats ? ACT : ces avocats sont les seuls humains que vous pouvez trouver concernant ces compagnies. Nous sommes allés pour parler à des personnes à Keeler & Tate, une autre compagnie fictive impliquée dans l’enlèvement de el –Masri. Keeler & Tate – un cabinet d’avocats à Reno Nevada. Nous avons dit à la secrétaire « l’un des avocats ici est enregistré comme agent et vous avez été cités dans une poursuite judiciaire pour une relation avec la CIA et son programme de séquestration extraordinaire, qu’est que vous en pensez ? Elle n’a pas semblé du tout surprise, mais elle nous a jeté dehors très rapidement. OR : qui sont ces avocats ? ACT : les personnes dont nous parlons sont Dean Plakias à Dedham Mass, aux environ de Boston. Ce n’est pas quelqu’un de connu. C’est un avocat d’affaires civiles qui possède un petit cabinet et comment il a atterri dans ce monde est un mystère. C’est une histoire américaine, une histoire de voisinage. Quand nous avons commencé à examiner toutes ces compagnies fictives que la CIA avait créées, nous avons réalisé que nous voisins aidaient la CIA à créer ces structures. Ce sont ces avocats dans la périphérie du Massachussets et à Reno dans le Nevada. Des gens dans nos communes font le sale boulot pour la CIA. Cette affaire ne concerne pas seulement des personnes kidnappées dans un pays lointain et emmenées dans un autre pays encore plus éloigné. OR : Quand vous avez une fausse identité comme celle de Colleen Bornt signant des contrats d’achat d’avions, est ce que cela viole les lois commerciales ? ACT : selon mes connaissances, c’est 100% illégal selon le code de commerce et professionnel de tous les états. Je ne pense pas que cela puisse être légal quelque part. Je ne pense pas que ce soit légal pour un avocat d’établir dans un état un faux commerce pour des gens qu’ils savent ne pas exister. Cela viole aussi les règles éthiques de la plupart des associations d’avocats des états. En parlant strictement, c’est illégal. OR : Quelle a été l’endroit le plus intéressant où vous êtes allés ? OCT : nous sommes allés au Nevada, dans le Massachssets et à New York pour traquer les compagnies fictives. Nous sommes allés à la base militaire aérienne de Beale dans le nord de la Californie pour traquer les avions espions U2. Nous sommes allés à Smithfield, N.C, où sont installés les aéroports qu’utilisent la plupart de ces avions et d’où ils décollent. Puis nous sommes allés à Kabul et Gardez, en Afghanistan. Mais, les deux endroits les plus intéressants c’étaient les villes rurales de Smithfield et Kinston un peu plus loin, où il y a une autre piste d’envol que la compagnie Aero Contrators utilise. Aero est une compagnie qui assure la plupart de ces vols pour la CIA. Nous y sommes allés et nous avons parlé avec un pilote qui a travaillé pour Aéro sur ce qu’ils ont fait exactement et comment le programme fonctionnait. Il n’y a rien de particulier sur le fait que la CIA utilise cette zone rurale de Caroline du Nord. Si vous vouliez mener des opérations clandestines, c’est là que vous les feriez. C’est une zone où D. les fusils et les tripes règnent. OR : quand vous avez posé des questions, quel type de réponse avez-vous obtenue ? ACT : Ce dont vous vous rendez compte en passant un certain temps à Smithfield c’est qu’un grand nombre de personnes connaissent la compagnie et ont une vague idée de ce qui se passe à l’aéroport. La plupart ne veulent pas en parler et n’ont pas d’approche critique là-dessus. Des gens que nous avons rencontrés là bas enferment le débat dans un discours religieux. Les activistes à qui nous avons parlé étaient des chrétiens dévots des craignant D. qui pensaient que ce n’étaient pas ce pourquoi ils pratiquaient et que cela violait les principes religieux auxquels ils adhéraient. D’un autre côté, et c’est intéressant de le signaler, le débat semble venir du même endroit, mais aboutit à des conclusions différentes. Le sujet de savoir si la Bible autorise ou nom la torture a été discuté à l’église là bas – et beaucoup de fidèles pensent que oui c’est autorisé. TP : C’est une petite ville avec ce secret connu de tous et dont personne ne veut parler. Cela montre ce qui se passe culturellement. Quand un pays commence à faire des choses comme torturer et faire disparaître des personnes, ce n’est pas seulement une question de politique, c’est aussi une question culturelle. OR : quand vous avez commencé à rassembler les preuves sur le programme de séquestration qu’est que vous avez vu ? TP : Prenons Khaled el –Masri par exemple. Son cas est un cas exemplaire pour ce programme parce qu’on en a un rapport des plus complet. Il est réapparu en Allemagne après avoir disparu pendant 5 mois et a raconté une histoire incroyable. Ses interrogateurs lui ont dit de ne rien dire à personne parce que de toute façon personne ne le croirait. Mais quand vous creusez cette histoire, il y a une piste de preuves pour la corroborer. Il dit qu’il a été kidnappé en Macedoine, un certain jour. Il se trouve qu’une guetteur d’avion a pris une photo d’un avion de la Cia connu à Mayorque (Espagne) le jour précèdent le kidnapping de el-Masri. Des journalistes allemands sont allés à l’aéroport de Skopje (Macédoine) avec cette photo et ont vérifié que l’avion était bien là à cette date. L’avion avait aussi enregistré un vol de Macédoine à Kabul. El-Masri a dit qu’il avait été emmené à Kabul. A Kabul, il a dit qu’on l’a conduit en prison ce qui a pris 10mn. Il a dessiné une carte de ce qu’il pensait être le plan de la prison. Nous avons cherché sur Google Earth, regardé le plan de Kabul et encerclé les endroits où on peut se rendre en 10mn de l’aéroport. Puis nous avons comparé les bâtiments se trouvant dans ce cercle au plan dessiné par el-Masri. Nous avons trouvé un bâtiment qui ressemblait exactement à son plan. Nous y sommes allés. Il y a effectivement un gigantesque campement là avec des américains. Il n’a pas pu fabriqué cette histoire. OR : Vous vous êtes en fait rendus à l’un des endroits où el-Masri croit qu’il a été détenu – Salt Pit en Afghanistan. TP : Il y a eu au moins trois ou quatre sites secrets dans et autour de Kaboul en Afghanistan. Celui dont nous connaissions pour sûr la localisation c’était celui de Salt Pit. Nous avons trouvé un chauffeur qui nous y a emmenés. Quand vous vous rendez en voiture à Salt Pit, vous avez ces immenses plaines, c’est très isolé. On nous y conduisait et il y avait un embouteillage à cause d’un berger et son troupeau de chèvres sur la route. Comme nous attendions, le chauffeur s’est retourné et il portait une casquette avec l’inscription KBR – Kellog Brown et Root – (une succursale d’Halliburton). Comme nous roulions plus loin, nous avons vu un énorme complexe entouré d’un mur. Il y a des panneaux en anglais indiquant que c’est un camp militaire afghan, défense d’entrer. Puis il y a un check point. On nous a fait stopper. Nous avons dit aux gardes que nous allions retourner sur nos pas en direction de Kabul. Nous avons demandé ce qui se passait à l’intérieur et le garde nous a répondu qu’il ne savait pas vraiment. Puis nous avons demandé si il y avait des américains là bas et il a dit : « Oh, oui, il y a plein d’américains là bas ». Et nous avons vu plusieurs américains assis sur un Humvee (véhicule blindé tout terrain). OR : est ce que vous avez pu réaliser l‘amplitude du programme de séquestration en voyageant à travers l’Afghanistan ? ACT : Quand Trevor et moi-même sommes allés en Afghanistan, nous avons réalisé que cela ne portait pas seulement sur une poignée de prisons secrètes. L’armée américaine a construit quelque 20 centres de détention à travers l’Afghanistan – qui presque toutes fonctionnent dans le secret le plus total. Il y a des centres où n’ont pas accès l’ONU, le gouvernement afghan, les journalistes, les organisations humanitaires. Le programme de séquestration extraordinaire est une des facettes d’une histoire beaucoup plus vaste de secret et d’emprisonnement qui s’étend dans le monde entier. A Kabul et Gardez, nous avons interviewé beaucoup de personnes – au sein d’organisations des droits de l’homme, d’ONG, des journalistes locaux, et d’anciens détenus. Nous avons compris que la distinction que nous faisions entre les « trous noirs » (sites secrets) de la CIA et de l’armée, n’avait aucun sens pour ces gens car la torture utilisée par la CIA et l’armée est la même. C’est plus comme si les Etats-Unis traitaient ce pays comme un immense trou noir. TP : Ce programme de séquestration et de torture donne un avant goût de ce qui se passe réellement : les Etats-Unis kidnappent des personnes partout, les emprisonnent sans preuves et les torturent. ACT : après avoir interviewé un grand nombre de détenus et le Dc Rafiullah Bidar, directeur régional de la commission indépendante afghane sur les droits humains, il était évident que les américains s’étaient emparés de centaines et de centaines de personnes. Ils sont détenus sans accusation portée contre eux dans 20 différentes prisons. OR : qui sont ces personnes ? TP : quand ACT a interviewé des personnes qui avaient été détenues sur la base militaire de Bagram, des prisonniers lui ont dit qu’il y avait des irakiens, des yéménites, toute une gamme de personnes de différentes nationalités dans cette prison militaire. Alors qu’est qu’ils y font bordel ? Ce ne sont pas des séquestrations de personnes de haut niveau comme el-Masri ou Khaled Sheikh Mohammed. Donc qui sont ces types ? Comment sont-ils arrivés là ? Cela fait-il partie du programme de séquestration, ou d’une pratique de transferts de prisonniers de place en place partout dans le monde et qui serait devenu une pratique standardisée ? OR : Dans votre livre, vous avancez clairement que le programme de séquestration existe depuis des années. Qu’est ce qui a changé ? TP : Le programme a été établi au cours de plusieurs administrations, démocrates et républicaines. Par exemple, la compagnie Aero Contractors a été créée sous l’administration Carter. L’unité de contre terrorisme de la CIA a été crée sous l’administration Reagan, mais le programme de séquestration a été crée sous Clinton. C’est une accumulation de moyens et d’infrastructures. Apres le 11 septembre, la CIA s’est affairé à la création de l’ensemble de cette infrastructure. Matériellement ils ont commencé à lier les avions et les prisons, ils ont aussi mis en place une structure de compagnies, c'est-à-dire de compagnies fictives. Tout ceci était déjà en place, mais n’avait pas été consolidé. Tout contrôle sur ce programme semble ne plus exister. Ils ne planifient pas chaque opération de manière méticuleuse, et ne demande pas l’autorisation au président pour chacune d’entre elles. Nous en entendons parler parce que c’est devenu tellement énorme cela s’est étendu bien au-delà de ce que le programme prévoyait au départ. Ils ne se posent pas la question de savoir si certains de ces types qu’ils cueillent n’ont rien fait et ne sont pas ceux à kidnapper. L’une des différences entre avant et après le 11 septembre, c’est que la CIA est maintenant seule en charge de ce programme, avant le FBI l’était aussi. ACT : Le programme d’avant le 11 septembre était plus orienté vers le jugement au niveau national de personnes suspectées de crimes contre les citoyens américains. Ceci n’était pas vraiment si controversé que de diriger ce vaste programme qui kidnappe des personnes les emmènent dans des donjons secrets partout dans le monde. OR : Est-ce que vraiment d’autres pays ont été au moins partiellement au courant de ce programme américain, pour qu’il puisse fonctionner. Est-ce que vous avez pu vous rendre compte du niveau de collaboration ? TP : nous savons qu’immédiatement après le 11 septembre la CIA a crée un programme pour collaborer avec 80 pays à divers degrés. La CIA a aussi commencé à financer d’autres services secrets pour les utiliser comme proxis. Nous savons aussi que ces collaborations ont été gardées secrètes, il n’y a pas, semble –t-il, de trace papier de ces collaborations. OR : Est-ce que le fait qu’il n’y a ait pas de trace écrite provoque des problèmes techniques dans le programme ? TP : Ce qui est arrivé en octobre 2001, c’est que l’un de ces avions a atterri au Pakistan. Les services de renseignements pakistanais (ISI) ont récupéré un type nommé Jamil Qasim Saeed Mohammed. L’avion a atterri sur la piste ; ils avaient ce type enchaîné. Ce type a été livré aux américains et mis dans un avion Gulfstream. Ils étaient sur le point de le sortir du territoire, mais les contrôleurs aériens ont exigé une taxe d’atterrissage et ils ont refusé de payer. L’ISI est allé trouver les fonctionnaires de l’aéroport et leur a dit d’oublier la taxe pour que l’avion puisse décoller. Mais cela a provoqué une dispute, et attiré l’attention sur l’avion. Un journaliste pakistanais a entendu parlé de cette histoire et l’a publiée, avec le numéro de l’avion. Des journalistes américains ont eu vent de cela et se sont emparés de ce numéro, et c’est comme cela qu’a commencé à être révélé cette histoire de programme de séquestration. OR : Comme les journalistes ont commencé à traquer les numéros des avions, la CIA a essayé de remanier le programme. Ils ont changé le numéro de l’avion, ou ils ont changé le numéro de téléphone de la compagnie fictive. Quel résultat peut avoir l’examen par le public de tout cela ? ACT : Une tonne de résultats. Si les gens veulent que les actions de la CIA soient limitées, et s’ils pensent que nous ne devrions pas aller partout dans le monde et détenir arbitrairement et torturer des personnes, ils peuvent vraiment faire pression sur leur gouvernement pour que cela se fasse. Ils l’ont fait dans les années 70 avec Frank Church le sénateur de l’Idaho, et le Comité des Eglises. Ils ont sérieusement diminué les transgressions et les mauvaises actions de la CIA. Le fait est que beaucoup d’américains s’en fichent. Les européens qui jouent un rôle beaucoup plus restreint dans tout cela sont totalement choqués par tout cela, ainsi que leurs gouvernements. Le jour ou les américains décideront qu’on ne doit pas torturer, alors peut être verrons nous s’appliquer une quelconque pression pour que les choses changent. OR : Vous avez cité un membre de la commission du 11 septembre Jamie Gorelick dans votre livre : « En matière de justice criminelle ou vous poursuivez les suspects ou vous les relâchez. Mais si vous les traitez de manière à ne pas les poursuivre, vous êtes dans une zone de non droit. Que faites vous de ces personnes ? « Comme c’est difficile de sortir ces personnes de ce système extralégal, où pensez vous que ce programme de séquestration nous conduise? TP : C’est la question cruciale à laquelle nous sommes confrontée actuellement. Bush a transféré une poignée de ces types à Guantanamo, et a admis qu’ils avaient été détenus dans des prisons secrètes. Le Congres doit proposer un système pour les juger. C’est connu que ces types à Guantanamo sont des types ordinaires. Beaucoup ont été livrés par des chasseurs de primes. Mais les types que Bush a transférés à Guantanamo Bay sont des types que tous jugent mauvais. Le problème c’est qu’ils les ont torturés pendant des années et les preuves contre eux sont liées au programme de séquestration et de torture. Ce sont des types que les gens veulent voir jugés. Mais en les amenant à Guantanamo Bush lance un défi au Congrès américain et dit : « Si vous voulez juger Khaled Sheikh Mohammed vous devrez autoriser rétroactivement la torture, la séquestration, et le programme de « trous noirs » (prisons secrètes). Si le Congres accepte vraiment la version de la loi présentée par le président, il n’autorise pas seulement rétroactivement la torture, il crée un cadre légal pour le futur. Cela créera un système ou faire disparaître des personnes et les torturer fera partie de la loi. Article d’Onnesha Roychoudhuri publié le 22 septembre sur alternet www.alternet.org Copyright Independent Media Institute Traduction bénévole par MD pour information à caractère non commercial pour planéte non violence. Onnesha Roychoudhuri est une femme écrivain independante de Brookleen. Ancienne assistante d’édition d’ AlterNet, elle a écrit pour les sites internet AlterNet, MotherJones.com, Women's e-News, et PopMatters. CIA Partout Bush: Legitimation et Légalisation de la Torture Dimanche 1 Octobre 2006
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