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Les Etats Unis Une Maison De Fous, Obama Incompétent et Dépassé Selon Gore Vidal

Extraits d’une interview du célèbre essayiste et écrivain américain, Gore Vidal, qui ne mâche pas ses mots à la fois vis-à-vis des Etats Unis et de l’actuel Président Barack Obama.



Les Etats Unis Une Maison De Fous, Obama Incompétent et Dépassé Selon Gore Vidal

Il a 84 ans, est maintenant confiné dans une chaise roulante mais sa rage contre son pays, ses dirigeants et ses concitoyens continuent de brûler avec la même intensité. Johann Hari, l’a interviewé pour le quotidien britannique « The Independent » et cette interview a été publiée le 07/10/09 sous le titre : « Gore Vidal’s United States of Fury ». Né dans une famille aisée, il a accompagné son grand père, Thomas Pryor Gore, aveugle, Sénateur de l’Oklahoma, dés l‘âge de cinq ans dans ses lectures, le guidant également discrètement lors de ses sorties mondaines à Washington DC. Son grand père soutenait le peuple contre les pouvoirs concentrés aux mains de Wall Street et de la finance, représentant les cultivateurs de coton dont les activités ont été détruites par la spéculation des financiers de Wall Street sur les cours mondiaux du coton. « Populiste » comme lui, Vidal est aussi comme son grand père critique mais néanmoins compréhensif à l’égard de la populace qu’il considère comme idiote et droguée par la télévision et les fast foods. « Dés que nous sommes devenus un empire nous avons cessé d’enseigner la géographie dans les écoles donc personne ne sait où se trouve tel ou tel endroit. Ce n’est pas la faute des gens – on les a perverti les obligeant à penser à la manière impériale de façon à ce qu’ils soient des travailleurs dociles et des fidèles consommateurs .C’était cela le rêve et il est devenu réalité »

Devenu une figure emblématique de la gauche critique de la politique étrangère américaine, il a mis en garde contre la guerre du Vietnam et d’Irak, souvent d’ailleurs visionnaire, prédisant avec justesse ce qui allait se passer. Alors même que G.W. Bush, après les attentats du 11 Septembre était au sommet de sa popularité, il a dit : « retenez mes paroles – il quittera ses fonctions le plus impopulaire Président de l’histoire ».

Gore Vidal s’exprime de façon abrupte et ne mâche pas ses mots, décrivant les Etats Unis comme une « Maison de Fous » et l’actuel Président, Barack Obama comme « incompétent » et « dépassé ». Incarnation du siècle américain tout juste terminé, c’est le plus grand essayiste américain de son époque, ses romans sont ceux qui se vendent le plus. Mais c’est aussi le critique le plus acerbe de l’expérimentation américaine qu’il considère comme un « échec ». Pour lui tout ce qui a été fait l’a été pour rien bientôt le pays sera placé entre le Brésil et l’Argentine sur la liste des pays classés par importance et c’est la place qu’il mérite selon lui. L’Empire va s’effondrer militairement en Afghanistan, la nation va s’effondrer en interne quand Obama sera brisé par cette «Maison de Fous », et que les Chinois exigeront d’être remboursés des dettes contractées auprès d’eux par les US . Les Etats Unis ruinés seront « un poids pour l’homme jaune » et «ils nous emploierons à tirer leurs pousse pousse ou tout autre mode de transport qu’ils utilisent. »

Sur Obama, Gore Vidal dit avoir, comme beaucoup, considéré son élection avec optimisme. « Tout ce que nous avons dit sur l’intégration raciale a été complètement justifiée…Mais il est incompétent. Il sera battu lors de la réélection. C’est dommage car c’est le premier président intellectuel que nous ayons eu depuis des années, mais il ne peut pas tenir. Il n’est pas à la hauteur. Il est dépassé. Et qui ne le serait pas ? Les Etats Unis sont une maison de fous. Le pays devrait être mis de côté – et on nous demande de partir. Rien n’a de sens. Le Président veut être aimé de tout le monde et il a pensé que la seule chose qu’il avait à faire c’était de parler raisonnablement. Mais souvenez vous – le parti Républicain n’est pas un parti politique. C’est un état d’esprit, comme les Jeunesses d’Hitler. C’est plein de haine. Vous n’allez pas obtenir d’eux qu’ils coopèrent. N’essayez même jamais. La seule façon de les affronter c’est de les terrifier. Il est trop délicat pour cela. »

Lorsqu’il établit une comparaison entre Obama et son défunt ami, Jack Kennedy, il secoue la tête. «Il est deux fois plus intellectuel que ce qu’était Jack, mais Jack connaissait le vaste monde. Rappelez vous il a passé beaucoup de temps dans la Marine, perdant des navires. Ce gamin (Obama) n’a jamais entendu un coup de fusil tiré par colère de sa vie. Il est complètement sous l’emprise des généraux qui lui racontent des mensonges et il les croit. Il n’a rien fait…. Il n’est pas prêt pour le devant de la scène et il y est projeté sans cesse ».

Interrogé sur l’existence d’un quelconque espoir pour l’Amérique de s’en sortir il répond : « tout les signes que je vois sont sans appel . Mais les gens me disent « Oh, Mr Vidal, vous êtes trop négatif, ne pouvez vous pas dire quelque chose d’agréable sur l’Amérique ? C’est un pays merveilleux, tout le monde veut y vivre. Vraiment ? Quand est ce qu’un Norvégien muni d’une carte verte a souhaité venir s’installer ici à cause du système de santé ? Je vous paie si vous en trouvez un. »

Les bonnes nouvelles selon lui les voici : « L’Afghanistan sera fatal pour l’Empire américain, sûr. Ce qui est une manière plaisante de voir les choses. Nous serons rapidement éjectés du jeu impérial. Mais c’est trop tard pour le pays et sa constitution ».

Sur le peuple américain, il n’est pas tendre non plus. Les Américains sont-ils corrompus ? «Précisément, ils n’ont été bons qu’à devenir une puissance coloniale agitée – où plutôt la lie de celle-ci »

Gore Vidal a adopté la politique « isolationniste » de son grand père. « Je suis un patriote de la vieille république qui s’est lentement estompée pendant les années expansionnistes et a complètement disparue en 1950 quand l’Etat National Sécuritaire l’a remplacée…Je veux que nous passions d’une économie de période de guerre à une économie de temps de paix, et restaurer la constitution. Nous devrions laisser le monde tranquille, avant qu’il ne nous oblige à le faire. »

Selon lui, les US ne sont menacés que parce qu’ils menacent les autres. « En géopolitique comme en physique, il n’y a pas d’action sans réaction ». « Il n’y a pas eu de 11/09. Je veux dire – nos politiques étaient telles que nous allions avoir tout un tas de gens cinglés là bas dans le Monde Arabe qui allaient essayé de nous faire sauter à cause des crimes qu’ils pensaient que nous avions commis contre eux. N’importe quel fou pouvait le voir venir. Et je suis suffisamment fou pour l’avoir vu venir.»

Sur les attentats du 11 Septembre, il va bien plus loin et déclare abruptement que l' Administration Bush était « probablement » impliquée. « Cela leur correspond complètement, donc on ne peut pas nous accuser de commencer à penser de manière quelque peu conspirationnelle. Ils ont effectivement volé la grande élection de 2000 et ils ont d’une certaine façon mis la main sur la Cour Suprême des US, cet endroit sacré, et ont fait en sorte qu’ils fassent ce qu’ils voulaient avec la sélection et non pas l’élection, la sélection de George W. Bush comme Président. On n’a pas voté pour lui, les gens ne voulaient pas de lui. Et on les a d’une certaine manière trompés pour qu’il se retrouve en poste. »

Comme son grand père qui s’était opposé à toutes les guerres à l’étranger menées par les US, notamment celle, selon lui non nécessaire, contre l’Allemagne et le Japon, pensant qu’elles étaient le fait de Big Bizness pour servir leurs intérêts, Vidal pense également qu’ »aucune guerre à l’étranger ne vaut qu’on sacrifie la vie d’un américain ». Ce qu’il a dit avec un sourire de fierté, peut être le seul sourire ayant éclairé son visage pendant toute l’interview. Son grand père, en adoptant une telle position et en se prononçant contre le New Deal, a perdu son poste de Sénateur.

Dernière sortie satyrique de Gore Vidal, celle là sur Sarah Palin, la candidate pour la vice présidence républicaine aux dernières élections présidentielles américaines : « la dernière idole du long culte américain de la stupidité ». Et de l’Alaska il dit : « l’endroit ou tous les truands de l’Amérique vont se cacher. Et ils l’ont produite ».


Dimanche 11 Octobre 2009
Mireille Delamarre



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