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Les Activités Militaires Responsables De La Fonte Des Glaciers De L’Himalaya

Zofeen Ebrahim d’ IPS interview Arshad Abbasi, hydrologue, qui préconise la démilitarisation du plus grand glacier de l’Himalaya, Siachen.



Les Activités Militaires Responsables De La Fonte Des Glaciers De L’Himalaya

Q&R : L’activité militaire mène à une rapide fonte des glaciers

Karachi 15/12/09 (IPS/TerraVIVA) – Ces dernières années l’hydrologue Arsahd H. Abbasi a attiré l’attention sur la dégradation environnementale du Glacier Siachen, l’un des glaciers de l’Himalaya et le plus grand glacier mondial hors régions polaires.

Situé à la jonction stratégique entre l’Inde, la Chine et le Pakistan, le glacier est considéré comme un régulateur du climat et une « source écologique » pour l’Asie du Sud, dit Abbasi.

Qualifié de champ de bataille le plus élevé du monde, à plus de 6000 mètres au dessus du niveau de la mer, le glacier long de 77 km est entrain de fondre rapidement à cause de la présence militaire dans la région. Depuis 1984, l’Inde et le Pakistan revendiquent la propriété du glacier et depuis cette date des combats ont lieu sporadiquement.

Des troupes des deux côtés sont responsables de la destruction irrémédiable de la biodiversité de la région, de l’écologie et l’hydrologie, selon Abbasi, ancien directeur de la Commission de Planning au Pakistan, et actuellement conseiller auprès du Sustainable Development Policy Institute, un institut de recherche d’Islamabad spécialisé dans les politiques de développement durable.

Des experts disent que le changement de climat provoqué par l’homme a largement contribué à des changements alarmants dans les activités climatiques qui affectent en autres le taux de fonte des glaciers provoquant une vague de catastrophes naturelles telles l’augmentation des tremblements de terre, les éruptions volcaniques, et les tsunamis.

Selon des estimations, environ 200 tonnes de CO2 / J sont émises dans l’atmosphère à cause de l’utilisation de l’essence pour l’approvisionnement des troupes et le transport du matériel de guerre par voies terrestre et aérienne. A la fois l’inde et le Pakistan dépensent chacun un million de dollars par jour pour maintenir leurs troupes au Siachen – une somme énorme qui selon ce que disent des experts, pourrait servir amplement à combattre la pauvreté et la faim qui ravagent les deux pays.

3% des morts entre les deux forces armées qui luttent pour le glacier sont dus au combat, le reste est attribué à l’altitude, le climat et les avalanches.

Appelant le conflit du Siachen une guerre entre le glacier et les humains, et non pas un conflit entre l’Inde et le Pakistan, Abbasi dit que 97% des morts le prouvent car la majorité des soldats sont victimes d’engelures et de blessures provoquées par des accidents causés par des tempêtes de neige et d’autres causes naturelles et très rarement par des échange de coups de feu.

Lors d’une interview à IPS, Abbasi explique pourquoi la seule guerre qui vaille la peine d’être menée c’est celle de la protection du glacier et la préservation de l’écologie fragile de la masse de glace, qui pourrait bien ne plus être là d’ici peu supprimant des deux côtés le motif du combat.

Q : Comment et quand avez-vous commencé à appeler à la démilitarisation du Glacier Siachen ?

A : Cela a commencé lorsque j’ai reçu la première image satellite (des glaciers Himalayens) et l’ai comparée avec l’état de la masse de glace en 1978. Celui qui a perdu le plus de masse c’est Siachen. J’ai montré les images au directeur général du département de météorologie qui m’a dit que le glacier était surchargé par les armées des deux pays (l’Inde et le Pakistan).

Q : Pourquoi la fonte du Siachen est-elle catastrophique pour la région Sud Asiatique ?

A : Ces 25 dernières années, le glacier s’est réduit de 35% et est en retrait dans ses 3 dimensions, s’amincissant verticalement à un taux alarmant, de même qu’horizontalement ou il perd plus de 100m par an.

La fonte du Siachen et d’autres glaciers à cause de ce conflit (Inde Pakistan) est déjà à l’origine de variations dans la fréquence et l’intensité d’évènements climatiques extrêmes, mais son pire impact sur le niveau mondial de la mer reste sous estimé et sous étudié. La montée du niveau de la mer est la menace la plus sérieuse pour les populations qui vivent sur et le long des côtes.

Q : Est-ce que c’est sans précédent comparé aux autres glaciers de l’Himalaya ?

A : Des camps militaires permanents sur le glacier, des campements dans ses parages, des heures de vols d’hélicoptères pour récupérer les soldats blessés ou malades, pour le largage de nourriture, les collectes de détritus et déjections humaines, la pose de 120 km de pipeline de pétrole pour chauffer des igloos, le maintien des fusils chauds au dessus de poêles au kérosène, faire fondre de la neige pour les mitraillettes en les conservant dans de l’eau bouillante, la construction de bunkers en coupant et en faisant fondre de la glace vieille de millions d’années en l’aspergeant de produits chimiques et en utilisant des moyens mécaniques, et l’utilisation des glaciers comme routes pour atteindre les derniers camps – Kamar et Indra – tout ceci est la cause d’ une dégradation environnementale grave du glacier.

Q : Qu’elle est pour vous la solution au pillage du glacier de Siachen ?

A : Une démilitarisation urgente en négociant un retrait honorable et une interdiction de faire de l’alpinisme et d’autres activités prés des zones de glaciers. Ce serait l’aide la plus grande apportée au Siachen et aux autres glaciers de l’Himalaya, car l’activité humaine serait suspendue. Il n’y aurait plus d’activité aérienne quotidienne, voire d’heure en heure, comme c’est le cas actuellement. De nouveau le glacier va grossir ou tout du moins rester stable.

Q : Depuis des années on évoque l’idée d’un parc scientifique au Siachen et d’une zone de paix. Quel est votre point de vue là-dessus ?

A : Je soutiens seulement l’idée de la préservation des glaciers mais pas celle d’un parc scientifique. Dans l’ Antartique, depuis ces dernières décennies, les scientifiques de différentes nationalités qui y mènent des recherches n’ont jusqu’à présent pas réussi à développer de technique pour préserver les glaciers. D’un autre côté, leur présence a rendu le continent vulnérable et le glacier fond à un taux accéléré.

Q : Vous étiez présent aux trois jours de Dialogue Track II portant sur la résolution de conflit et la construction de la paix qui s’est tenu à Bangkok du 7 au 9 Octobre entre les deux adversaires. Il y a- t-on discuté de choses significatives vous donnant de l’espoir ?

A : Lors du Pak –India Trac II dialogue, on a discuté de la démilitarisation du glacier Siachen. Le major général Dipankar Banerjee, qui a servi à Siachen, essaie avec bienveillance de convaincre les décideurs politiques indiens de sauver le glacier de la fonte. D’autres experts des deux côtés tiennent des positions identiques. Préserver le Siachen et d’autres glaciers de l’Himalaya disent-ils c’est dans l’intérêt des deux pays et du monde en général.

Il est temps que la société civile, des chercheurs indépendants et des médias des deux côtés fassent pression sur leurs gouvernements respectifs pour sauver et préserver les glaciers, spécialement celui de Siachen. Je presserai aussi les deux côtés de faire un audit indépendant de la masse de glace pour comparer avec ce qu’elle était en 1984 par exemple pour avoir une idée des dommages causés par la présence militaire à Siachen.

Ceci a été publié dans le quotidien en ligne IPS Terra Viva pour la Conference de l’ONU on Climate Change à Copenhague



Mardi 15 Décembre 2009
Mireille Delamarre traduction

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