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Samedi 30 Août 2008
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Armements Stratégies Militaires
Le nucléaire iranien, celui des pays en développement, et les exigences postcoloniales des pays occidentaux.Ce qui se cache sous la dispute entre l'Iran et la Troika européenne ( UE -3) sur le problème de l'enrichissement de l'uranium, c'est un problème beaucoup plus fondamental : est-ce que les pays du Tiers Monde ont le droit de développer et d'utiliser toute technologie nucléaire, y compris celle de la production d'uranium enrichi comme autorisé dans le Traité de Non Proliferation (TNP) ou non ? Une analyse des enjeux.Les ambitions nucléaires iraniennes
Ce qui se cache sous la dispute entre l'Iran et la Troika européenne ( UE -3) sur le problème de l'enrichissement de l'uranium, c'est un problème beaucoup plus fondamental : est-ce que les pays du Tiers Monde ont le droit de développer et d'utiliser toute technologie nucléaire, y compris celle de la production d'uranium enrichi comme autorisé dans le Traité de Non Proliferation (TNP) ou non ?
L'Iran répond catégoriquement que « OUI » et les 116 pays non alignés (NAM) sont d'accord là-dessus. L'UE -3 comprenant la Grande Bretagne, la France, l'Allemagne, ne leur dénient pas ce droit. Mais ils veulent que Téhéran renoncent à ses prérogatives pour toujours en échange de l'engagement européen de construire les centrales nucléaires en Iran et d'améliorer les liens commerciaux avec la République islamique.De ce fait, lorsque les dernières négociations entre l'Iran et l'UE – 3 ont démarré en novembre dernier, les résultats ont abouti à une impasse. Pour faire en sorte que les Etats Unis ne sabotent pas leurs efforts diplomatiques, les européens les ont tenus éloignés de leurs plans. Par contre ils ont payé peu d'attention aux déclarations répétées des iraniens qu'ils n'accepteraient jamais de renoncer de façon permanente à leur droit à l'accés à un cycle complet de production nucléaire, notamment à la production d'uranium enrichi ( uranium qui se trouve en abondance en Iran), pour l'utiliser pour la production d'energie par le biais de centrales nucléaires, et de proceder au retraitement de l'uranium ayant servi, comme l'y autorise l'article IV du TNP. Les iraniens se sont appliqués à fournir à l'UE - 3 des « garanties objectives » de la nature pacifique de leur programme nucléaire. En mars, ils ont soumis des propositions détaillées pour que l'IAEA l'Agence Internationale à l'Energie Atomique puissse contrôler de façon tres stricte leur programme nucléaire. Les mesures proposées allaient bien au delà de ce qui est stipulés dans les recommandations du protocole additionnel qu'ils ont signé en décembre 2003. Les négociateurs européens ont reçu le document iranien sans toutefois l'accepter officiellement. Le cadre d'un « accord à long terme » proposé par les européens aux iraniens début août, posaient comme condition aux offres d'avantages commerciaux et de la construction de centrales nucléaires pour la production d'éléctricité, que Téhéran renonce pour toujours aux droits que lui confére le TNP. En même temps ils demandaient que Téhéran promette de ne pas quitter le TNP sous aucun pretexe – ce que la Corée du Nord a fait. L'Iran a rejeté les propositions européennes. Il a redémarré sa production à la centrale aupres d'Isfahan, ou l'oxide d'uranium ( appelé yellowcake) est converti en gaz d'uranium hexafluoride – mais sous l'oeil attentif des inspecteurs de l'IAEA. Ce gaz est utilisé dans les centrifuges pour enrichir l'uranium selon differentes étapes : 4 % pour les centrales productrices d'énergie, 20% pour les réacteurs utilisés pour la recherche, et 90% et plus pour l'armement nucléaire. Les européens criérent à la violation par l'Iran d'un accord passé avec eux de suspendre toute activité en relation avec la production d'uranium enrichi pendant les négociations avec eux. Ils ont menacé l'Iran de mener l'affaire devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Une menace vide car seuls les gouverneurs de l'IAEA peuvent le faire. Au cours de la réunion urgente des gouverneurs de l'IAEA à Vienne en août, les européens ont découvert qu'ils n'avaient pas la majorité parmi les 35 gouverneurs. Par conséquent ils ont seulement appelé Téhéran à suspendre de nouveau ses activités d'enrichissement d'uranium, et ont demandé au directeur de l'IAEA de faire un rapport sur le sujet et de le présenter le 3 septembre. Dans leur précipitation, les négociateurs européens de l'UE – 3 ont complètement négligé le fait que la seule possibilité de réferrer l'Iran au Conseil de Sécurité des Nations Unies c'était si l'Iran n'avait pas respecté le régime de non prolifération nucléaire tel qu'inscrit dans le TNP. Dans son dernier communiqué, l'IAEA dit qu'il n'avait trouvé aucune preuve que l'Iran était engagé dans un programme de fabrication d'armements nucléaires, ce qui est interdit par le TNP. Plus tard l'IAEA confirmait ce que l'Iran avait affirmé, que les traces d'enrichissement d'uranium trouvés dans des centrifugeuses de ses centres provenaient de matériel importé du Pakistan. C'est sans surprise que Washington a disqualifié les découvertes de l'IAEA. Parmi ceux qui restérent froidement convaincu des faits, 15 gouverneurs de l'IAEA, appartenant aux nations non alignées. Le NAM inclus des poids lourds comme le Brésil, l'Inde, l'Indonésie et l'Afrique du sud. A la réunion d'urgence de l'IAEA, Ramah Hussein de Malaisie, actuel président du NAM, a réitéré la position du NAM que tous les pays ont un droit basique et inaliénable de développer la production d'énergie atomique à des fins pacifiques – le principal objectif pour lequel fut créer l'IAEA en 1953 à l'intiative du président des Etats Unis Dwight Eisenhower. Volontairement ou non, l'Iran est apparu comme le champion des pays en voie de développement s'opposant avec courage et conviction aux pays occidentaux. Cela lui a valu une admiration discrète des gouverneurs du NAM, qui craignent que les limites imposées à l'Iran leur soient éventuellement étendues. C'est sans surprise que le nouveau secrétaire général du Conseil Général de Sécurité National iranien, Ali Larijani, a dit qu'il accueillait favorablement les discussions futures avec les gouverneurs de l'IAEA et ceux du NAM. Ceci a été mal vu à la fois par l'EU-3 et les Etats Unis. C'est clair maintenant que de nouvelles pressions sur Téhéran pour qu'il abandonne ses droits causeraient une brèche importante dans les relations entre l'Occident et le Tiers Monde. Article de Dilip Hiro paru dans The Nation online 31.8.05 copyright The Nation traduction bénévole pour Planète Non-Violence par MD Lire notre article : la guerre USA Iran a déjà commencé L´Occident est en train de créer un climat de tension autour de la question nucléaire
Ahmad Edrissian, ambassadeur de l´Iran à Cuba, a rappelé que le développement du nucléaire à des fins pacifiques est un droit que l´Organisation internationale de l´Energie atomique (OIEA) reconnaît à toutes les nations du monde.
Au cours d´une conférence de presse à La Havane, le diplomate iranien a déclaré que l´Occident est en train de créer un climat de méfiance et d´agiter des prétextes pour entraver le développement de l´Iran dans le domaine du nucléaire. Il a rappelé que le président de la République islamique, Mahmoud Ahmadinejad, a présenté à l´Assemblée Générale de l´ONU un plan visant à démontrer que l´Iran travaille dans le développement du nucléaire à des fins pacifiques. L´ambassadeur s´est référé à la dernière résolution du conseil des gouverneurs de l´IAEA, dont l´il a attribué l´adoption aux pressions politiques des Etats-Unis et de l´Union Européenne. Il a signalé que cette résolution exige de l´Iran l´abandon de ses projets nucléaires, même s´ils ont des fins pacifiques, dont la validité est pourtant reconnue par l´IAEA elle-même. Le diplomate iranien a rappelé qu´au moment de l´ouverture des négociations avec la troïka européenne, l´Iran avait suspendu toute activité dans ses installations pour entamer le dialogue. La République islamique avait également remis un rapport de 1 030 pages sur la question et permis la visite de 1 200 inspecteurs dans toutes ses installations, a-t-il souligné avant de rappeler encore que le secrétaire général de l´IAEA avait reconnu personnellement que le projet nucléaire iranien poursuit des objectifs pacifiques. L´ambassadeur iranien à La Havane estime que tout le problème vient du fait que les Etats-Unis et l´Union Européenne ne souhaitent pas que les pays en voie de développement puissent concrétiser leurs propres projets nucléaires et utiliser l´énergie atomique pour le bien-être de leurs peuples. L´ambassadeur Ahmad Edrissian a indiqué que l´ambiguïté et l´hypocrisie de Washington et des Européens saute aux yeux quand on sait qu´Israël n´est signataire d´aucun traité international sur le nucléaire alors que ce pays possède des ogives atomiques. "Les gouvernements qui critiquent l´Iran sont pourtant les mêmes qui ont aidé Israël à accéder à la technologie nucléaire à des fins militaires", a indiqué le diplomate iranien. A propos de la présentation du prétendu "problème nucléaire iranien" au conseil de sécurité de l´ONU, l´ambassadeur Ahmad Edrissian a conclu qu´il s´agit d´une manoeuvre politique des Etats-Unis et de l´Occident. La Havane 6.10.2005 Service en langue française Agence cubaine d'information. Copyright AIN www.ain.cu frenchnews@ain.cu Lire notre article : la guerre USA Iran a déjà commencé Dimanche 04 Septembre 2005
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